dimanche 23 février 2014

La parfaite lumière - Yoshikawa Eiji

 Et voilà le tome 2. La aussi, je remonte un ancient post, pulié en 2011, afin de rassembler les 2 tomes sur 2 jours

La Parfaite Lumière enchaîne donc exactement là où finissait La Pierre et le sabre, à savoir le trio Musashi, Jôtarô son disciple et Ôtsu la femme déterminée en partance pour Edo ( Tokyo), récemment promue nouvelle capitale, où Musashi espère faire carrière. Les trois sont évidemment très vite séparés, et on retrouve la structure du premier volume, à savoir les histoires parallèles des principaux personnages sur une durée de plusieurs années. Musashi va continuer son périple, prendre un nouveau disciple en la personne de Iori, petit paysan orphelin et débrouillard, être tenté par une carrière officielle au service d'un haut fonctionnaire, mais rester finalement rônin, jugeant qu'il ne pourra se perfectionner sur la Voie du sabre qu'en gardant son indépendance.

Ôtsu, d'abord rattrapée par son ancien fiancé, le pitoyable Matahachi, passe pas mal de temps au second plan du récit, pour ne revenir que sur la fin, sans avoir trop souffert car elle a toujours une chance incroyable qui la met régulièrement à l'abri des coups durs, lui laissant donc l'occasion de se lamenter sur son sort ( l'auteur se fait d'ailleurs plaisir en raillant un peu son personnage par la bouche de Jôtarô qui la recherche car il l'aime bien, bien qu'elle soit toujours d'humeur maussade, toujours en train de pleurer, ce qui n'en fait pas la compagne de voyage la plus agréable).

Jôtarô, ainsi que Matahachi, après quelques péripéties, tomberont dans les griffes d'un personnage très douteux, qui cache sous des dehors avenants et insoupçonnables, de noirs desseins politiques que je tairai ici, pour ne pas vous gâcher un ressort essentiel de l'histoire.Rassurez vous, ils s'en sortiront grâce à l'intervention providentielle de l'indispensable Takuan, toujours prêt à rendre service - à grands coups de pieds au derche si possible.

Ôsugi, la grand-mère de combat reste égale à elle même durant la majeure partie du roman, il est dommage d'ailleurs qu'elle change in extremis dans un retournement de situation à 100 pages de la fin assez peu convaincant il est vrai, qui la voit devenir inséparable d'Ôtsu, qu'elle vient pourtant de tyranniser pendant près de 1300 pages et 2 gros volumes.
Et bien sûr on retrouve l'éternel rival de Musashi, Sasaki Kojirô , dans le rôle du méchant, rongé d'ambition, dont le but unique est d'affronter Musashi en duel. Et bien que l'auteur fasse tout pour le rendre antipathique au possible, hautain, prétentieux, vantard, etc.. je continue à penser que c'est quand même l'un des personnages les plus intéressants ( car plus ambigu, mon monolithique que le héros, justement). Et comme vous le supposez, cet affrontement tant attendu sera la conclusion du roman, je ne vous ferai pas l'affront de vous donner le résultat, les deux protagonistes ayant existé , il est facile de le savoir en consultant n'importe quelle bonne encyclopédie ;)

D'ailleurs, tiens je viens de voir que Genzô Murakami, un autre écrivain, a écrit un roman consacré à Kôjirô, il serait intéressant de voir quel portrait en est fait, par contre, je ne sais pas du tout s'il en existe une traduction en français ou en anglais( apparemment, une chose que ne mentionne pas du tout Yoshikawa, Kôjirô était malentendant, ce qui peut changer l'éclairage quand à l'attitude hautaine et distante que stigmatise Yoshikawa)

Grosso modo, les points faibles sont un peu les mêmes que sur le premier volume: des coups de théâtre pas toujours convaincants. Dans le premier volume, tout le monde se ratait avec une régularité d'horloge suisse. Dans le second volume, surtout vers la fin, comme il faut bien amener le dénouement, tout le monde se retrouve comme par hasard dans la même petite ville, Iori retrouve comme par hasard aussi sa soeur abandonnée à la naissance et qu'il n'a jamais connu, des ennemis de 12 ans se réconcilient, des amis perdus de vue renouent.. vous voyez l'idée. C'est un peu maladroit et pas toujours convaincant.

L'autre difficulté de ce second volume, c'est le cadre historique: là où le premier était encore assez rural, avec juste quelques repères de noms ou de lieux, le deuxième est plus politique, puisqu'il traite en partie de l'ère Tokugawa, de l'installation du nouveau shogun à Edo, il ya des rebondissements politiques, et il n'est pas toujours évident de s'y retrouver, de savoir qui fait partie du clan Tokugawa, qui soutient le clan Toyotomi, qui fait allégeance à qui ou au contraire, qui complote contre les autres et pourquoi. Bon, l'avantage, c'est que le système politique est tellement complexe, à la fois féodal et incroyablement administratif, que maintenant, j'ai très envie d'en savoir plus sur cette période charnière.

En effet, et ça c'est une des forces du roman qui délaisse assez régulièrement le monde des samouraï et des courtisans pour s'intéresser à celui du peuple: paysans, commerçants, citadins... la société est en pleine mutation, le code d'honneur des nobles est en perte de vitesse au profit d'une caste montante, roturière mais souvent plus riche que les seigneurs: les commerçants. L'action se passe entre 1601 et 1614, donc quelques années avant la politique protectionniste de fermeture du pays, et les échanges commerciaux notamment avec les autres pays d'Asie sont florissants.

Je conclurai donc en disant que ce deuxième volume m'a un tout petit peu moins plu que le premier, par manque de connaissance sur la situation du pays, qui gêne un peu la fluidité de la lecture ( "attends voir, c'est qui lui déjà?" d'autant qu'une palanquée de nouveaux personnages viennent rejoindre ceux déjà présents), et à cause des ficelles narratives qui deviennent un peu trop visible sur les derniers chapitres. On est aussi dans quelque chose de plus philosophique, plus spirituel que ne l'était le début de la formation de Musashi, mais ça reste léger, hein, rassurez-vous encore une fois, il y a quand même une bonne grosse baston toues les 25 pages. Sinon, toujours cette ambiance un peu Dumas un peu western, que j'adore. Pour l'instant, les deux volumes de Musashi sont donc ma meilleure découverte de ce challenge... par contre, indispensable de ne pas laisser trop passer de temps entre la lecture des deux volumes, car il faut raccrocher les wagons immédiatement, car on oublie facilement  quelques détails du premier volume si on laisse passer trop de temps. Mais maintenant, en tout cas, j'ai envie d'en savoir plus sur l'ère Edo, le bushido, le zen, les rites shinto, etc...
pour le plaisir et parce que l'action de passe a Edo, une maquette représentant une rue d'Edo, avant qu'elle ne devienne Tôkyô.

La pierre et le sabre - Yoshikawa Eiji


Attention, coup de coeur! Mais coup de coeur géant!
 voici donc "la Pierre et le sabre" de Yoshikawa Eiji.. un pavé (780 pages et ce n'est que le premier volume d'un dyptique!) qui narre les aventures de Takezô et Matahachi, têtes brûlées et mauvais garçons d'un village de campagne du Kansai ( région d'Ôsaka/ Kyoto) qui rêvent de gloire et de brillante carrière militaire dans un pays encore plus ou moins féodal, mais sur le point d'être unifié par le shogun Tokugawa Ieyasu.

Comme il s'agit d'un roman historique, la plupart des personnages et des rebondissements importants sont véridiques et font partie de l'histoire du Japon. Takezô deviendra sous le nom de Musashi le plus célèbre escrimeur du pays, le parangon du samouraï même. Cette première partie narre ses exploits ( assez souvent contestables d'ailleurs) depuis la bataille de Sekigahara (octobre 1600, qui voit la victoire de Tokugawa Ieyasu et son accession au pouvoir) et l'évolution mentale, morale et technique du sauvageon Takezô et sa transformation en véritable kendoka digne de ce nom.

J'ai lu ici et là beaucoup de commentaires qui comparent le roman à "autant en emporte le vent", allez savoir pourquoi, pour moi, c'est plutôt du côté des "trois mousquetaires" qu'il faut lorgner. Et même, question structure, du côté du western. avec Musashi en bon - mauvais côté compris, Matahachi en truand ( un truand un peu minable qui usurpe l'identité d'un samouraï reconnu pour son propre profit), et Sasaki Kojirô en brute fière aux méthodes coercitives et aux motivations encore floues.

La bonne, la très bonne surprise, c'est que le roman mi action/mi philosophique ne traîne pas en longueur, la narration est bien maîtrisée en dépit de coups de théâtre un peu faciles - personnages qui se croisent et se recroisent à 500 m près sans jamais se voir), mais comme l'action est bien menée, ça passe bien. Et cerise sur le gâteau, l'auteur délaisse parfois son personnage central au profit des personnages secondaires souvent plus intéressants. Notamment les femmes. Que se soit Ôtsu, la groupie - désolée il n'y a pas d'autre mot!- de Musashi qui bien qu'elle pleure souvent, sait se montrer une femme de caractère, Akemi la malchanceuse exploitée depuis son enfance par sa maquerelle de mère, Yoshino Dayû la geiko symbole d'éducation et de classe, toutes ont leurs petits moments de gloire avec même quelques notations discrètement féministes qui font plaisir. Et surtout, allez savoir pourquoi, j'adore Ôsugi, la veille dame acariâtre qui a décidé de se venger d'un tort imaginaire que lui aurait causé le héros, et le poursuit avec une opiniâtreté souvent comique, n'hésitant pas, à 60 ans passés à provoquer en duel un escrimeur reconnu.

Matahachi le double "raté" du héros est intéressant aussi, peu de choses séparent les deux amis, si ce n'est d'avoir été bien aiguillé en ce qui concerne Musashi, on a souvent la sensation qu'il s'en est fallu de peu pour que les choses soient totalement différentes. La rencontre avec le moine farfelu Takuan et ses leçons très peu orthodoxes, un peu de chance, un peu plus de discipline aussi.

Et, comme il y a un second volume , j'ai hâte de savoir  ce que vont devenir les héros en partance pour la nouvelle ville d'Edo (Tôkyô), d'en savoir plus sur le mystérieux et fanfaron Sasaki dont l'affrontement inévitable avec Musahi promet beaucoup, de retrouver Takuan l'imprévisible moine, et surtout la vieille rombière Ôsugi qui m'a bien fait rire à ses dépends. Tant de questions en attente de réponses!

et puis cerise sur le gâteau, comme tout le volume se passe dans le Kansai ou j'ai passé quelques jours, c'est un vrai plaisir de voir à quoi ressemblent les lieux auxquels il est fait référence. Alors pour le plaisir:
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A Nara (Livre II: l'eau) La pagode Kofûkji et le Todaiji (plus grand bâtiment en bois du monde qui contient une statue géante du bouddha)
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A Kyoto le Kyomizudera (livre II, mémé Ôsugi provoque Musashi en duel devant ce temple et les badauds médusés)
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Ginkakuji ( temple d'argent, mentionné plusieurs fois dans le livre IV)
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et Gion, le quartier des plaisirs célèbre pour ses geiko, mentionné aussi plusieurs fois.
Bon Osaka et Himeji sont aussi  évoqués, mais je ne suis allée à Ôsaka que de nuit, dans un quartier hypermoderne, et Himeji est en travaux depuis des années. Donc, pas de photo utilisable.

( remise à jour d'un article posté en 2010, les photos datent du printemps 2007, si vous êtes curieux)

samedi 22 février 2014

X-Day - Mizushiro Setona

Un shôjo lycéen, Hé oui!
Oui, mais attention pas n'importe lequel, on n'est pas ici dans le gentil-mignon-rose-cucul-la praline, puisqu'il va être question de souffrance psychologique chez des lycéens.. et un prof.

La première que l'on rencontre est Rika, élève de terminale, ancienne championne de saut en hauteur de son lycée, qu'une blessure à la jambe a  éloignée de la compétition pour quelques temps. Seulement voilà, si la blessure physique est guérie, le mental ne suit pas: elle n'arrive pas à se décider à reprendre, elle hésite elle cherche des faux-fuyants en prétendant se consacrer au bac, pour ne pas affronter sa peur. Aller au lycée chaque jour est devenu une véritable angoisse, car tout lui pèse, et surtout la sollicitude des camarades et de la prof de sport qui tentent de la convaincre de reprendre. D'autant que son petit ami vient de la quitter pour une autre athlète. Alors elle fait comme si. Comme si tout allait bien, comme si la rupture ne l'avait pas affectée, comme si elle était au régime pour expliquer son manque d'appétit .. et pour éviter de voir du monde, elle prend ses repas en salle informatique. Un jour, par curiosité, elle va aller voir le chat de l'intranet du lycée. Sous le pseudonyme de 11, elle lance la vague idée " le lycée m'ennuie, j'aimerais qu'il n'existe pas". Et certain vont prendre au sérieux cette idée, et la mettre en forme sur un chat personnel: puisque tous ont des problèmes liés au lycée, la solution est simple: le faire sauter, purement et simplement

Il y a "polaris", Nanaka au lycée, une fille très discrète, timide, qui ne se sent pas elle-même en uniforme, et change véritablement du tout au tout lorsqu'elle s'habille en Lolita gothique. Toujours sous pression, elle cache un véritable mal-être que la moindre petite contrariété peut pousser à des réactions violentes ou autodestructrices. D'autant que, même si ça n'est pas clairement dit, il semble que son caractère effacé au lycée fasse d'elle la "poire" idéale des corvées dont les autres veulent se débarrasser.

Il y a "Jangalian", M. Takano, le professeur de sciences naturelles, ce qui étonne les autres au premier abord. Mais lui aussi va au lycée à reculons: d'un caractère plutôt introverti, il n'aime que ce qui est "mignon" - chose mal vue chez un homme au Japon, et cache donc le plus possible cette part de sa personnalité. Et ce d'autant qu'une de ses collègues le harcèle sexuellement- ou en tout cas, il le ressent comme ça. Mais , comme Polaris, avec qui il s'entend au final très bien, c'est un personnage instable, pas taillé pour la lutte, et à qui le moindre événement quotidien peut faire péter un câble.

Et enfin, "Kin-san",  Kumihiko, dont tout le monde se demande ce qu'il fait là: élève de première  gentil, serviable, populaire, qui a de nombreux amis et de bons résultats scolaires. Alors pourquoi vouloir rejoindre ce projet explosif? En fait, il est le seul de la bande qui ai un réel problème, sérieux, et pas seulement du à des nerfs fragiles ou a une perception des événements quotidiens trop exagérée. Un problème qui a priori n'a rien à voir avec le lycée ( enfant battu par une mère instable mentalement) mais voilà, il veut se rendre "utile à quelqu'un" - même si l'auteur sous entend qu'il trouve là un exutoire aux coups qu'il se refuse à rendre.
Mon préféré de la bande des quatre, car justement, le seul qui vit réellement une situation tragique, et n'en fait pas - pas assez- une montagne. Lui et Rika sont plus crédibles car justement, moins outrés, moins excessif que les deux autres. On sent qu'ils peuvent faire face, ce qui risque d'être beaucoup plus compliqué pour la Lolita et le prof hypersensible. Et pourtant, pour avoir vécu successivement le harcèlement moral au collège et au travail, les situations de Polaris et Jangalian me "parlent" plus.
les couvertures de la première édition. Les 2 tomes ont depuis été réédites en un seul, c'est dommage,  car on perd la continuité entre les deux couvertures qui forment une seule image - voir en dessous

Et donc voilà, 2 tomes, où on assiste d'abord à la rencontre des différents personnages, et à la mise en place de leur projet dans le tome un. Vont-ils passer à l'action par la suite?

En fait, rien n'est moins sûr, car finalement, ces 4 laissés-pour-compte, qui souffrent de ne pouvoir être eux-mêmes au quotidien, peuvent se laisser aller entre eux à la tristesse, à dire leurs angoisses, à la crise de nerfs, ou simplement, compter les uns sur les autres. Ce qui fait le lien entre eux, c'est justement le fait d'avoir un projet dingue ( ils n'ont même pas conscience qu'en fait, ça s'appelle purement et simplement un attentat) et de trouver à chaque fois des raisons de le repousser. Car de complices, ils deviennent amis, ce qui leur manquait le plus à tous.

Donc un thème loin, très loin des amourettes habituelles, avec des sujets pas faciles, et en filigrane une critique de la société japonaise dans son ensemble, de la recherche de performance qui écrase les individus et leur sensibilité, de la nécessité de ne pas faire de vagues, même dans des cas graves, du harcèlement organisé ( l'ijime n'est pas implicitement cité, mais il plane dans le cas de Polaris). Le lycée est un microcosme carcéral -  l'éditeur français fait référence dans la post-face à l'étude de Michel Onfray sur le décor carcéral des institutions d'enseignement-  qui représente la société dans son ensemble. Les graphismes sont assez spéciaux, pas super mignons, mais c'est une caractéristique de cette mangaka très originale, donc on aime ou pas, mais elle a un style immédiatement reconnaissable de série en série (à l'occasion il faudra que je parle de "l'infirmerie après les cours" de la même dessinatrice/ scénariste)

Le tome 2 est complété par "le dernier dîner", un histoire de science-fiction par très réussie  et un peu trop  christique à mon goût: dans un monde ou n'existe plus ni pluie, ni soleil naturels, mais où l'on est habillé comme le petit Lord Fauntleroy, le bétail a été remplacé par des hybrides humains-bovins. Les vaches ont maintenant l'allure d'humains de très grande taille, doté d'oreilles de vaches. Et qui sont élevés pour leur viande. Un jeune humain va créer des liens d'amitié avec un veau, et refuser de le manger. Mouais, amitié sacrifice , tout ça, d'accord, mais le parti-pris de départ est quand même tiré par les cheveux: si on élève le bétail pour sa viande, en tout cas par ici, et si on le mange - enfin, à part les végétaliens - c'est bien PARCE QUE les bovins ne ressemblent pas à des humains. Donc des bovins humanoïdes, qui font preuve de jugement, de sensibilité, qui peuvent parler et essayer de fuir leur destin.. et tout ça sans que PERSONNE ne remette en cause cet état de fait, ben non, ça n'est pas convaincant. En fait, l'idée un peu boiteuse de départ aurait mérité paradoxalement d'être un peu plus développée ( un seul chapitre!) pour gagner en crédibilité. Là tel quel, on se demande où l'auteur veut en venir: allégorie sur l'esclavage? dénonciation de la consommation de viande? référence un peu relou a Jésus? ( car quand les japonais tentent d'exploiter les légendes - hé oui, je dis légendes! - chrétiennes, et c'est assez souvent, ça devient vite un gros bazar.
Donc, une courte histoire qui servait à faire le nombre de pages requises pour l'édition, mais tout à fait dispensable.

En tout cas hormis cet ajout peu convaincant, un manga que je recommande chaudement pour son sujet, sa dénonciation subtile de la pression sociale et ses personnages en marge qui tentent de s'en sortir.

vendredi 21 février 2014

Rashômon et autres contes - Akutagawa R.

Retour à la littérature, après plusieurs mangas.


Figures infernales: Ça attaque très fort avec l'histoire d'un peintre, très doué  mais excentrique et effrayant, qui sombre dans la folie lors qu'on lui commande un "paravent de figures infernales", et ne recule ni devant la torture ni devant le meurtre afin de disposer de modèles réalistes. Glauque mais intéressant.

Le nez: Un titre qui évoque évidemment la nouvelle de Gogol ( Akutagawa était un fin connaisseur de la littérature occidentale, soit dit en passant). Contrairement au héros de Gogol, que la disparition mystérieuse de son nez rendait fou, ici, c'est un moine, doté d'un appendice nasal en trompe d'éléphant, qui cherche toutes les solutions y compris les plus improbables et absurdes pour s'en débarrasser. Oui... mais le fait de changer d'apparence va-t-il régler son complexe?


Rashômon: Très courte nouvelle, mettant en scène un pauvre homme réduit à la misère qui hésite à abandonner toute dignité en devenant voleur, et une vieille femme, qui a déjà franchi la barrière de la malhonnêteté, en récupérant les cheveux de cadavres pour en faire des perruques. La morale à-t-elle encore un sens quand il s'agit de survivre? Soit dit au passage, malgré son titre, ce n'est pas ce texte là qui a inspiré le film Rashomôn de Kurosawa, mais la suivante.

Dans le fourré: Donc, voilà la nouvelle dont est tiré le film. Un cadavre est trouvé, dissimulé dans les fourrés aux environs de Kyoto. La nouvelle se présente comme un procès-verbal d'interrogatoires, pour trouver qui a fait ça. Tous les témoins ou suspects ayant leur propre version des faits, c'est finalement un chamane qui donnera la version finale, celle du fantôme du mort. J'ai beaucoup aimé cette histoire policière un peu loufoque.

Gruau d'ignames: la nouvelle la moins intéressante du recueil, où plutôt, je n'en comprends pas trop l'utilité. Un fonctionnaire de dernière catégorie, qui est la risée de tous ses camarades, va voir son rêve - manger à satiété du gruau d'ignames, un mets particulièrement recherché - se réaliser sans qu'il ne sache bien trop pourquoi. le lecteur non plus en fait. Ou alors je manque de clefs pour la comprendre, c'est possible aussi.

le dieu Susanoo
Les vieux jours du vénérable Susanoo raconte la retraite du dieu caractériel Susanoo, sur une île déserte, avec sa fille Suseri. Tranquillité vite troublée par un naufragé, qui bien évidemment s'éprend de  Suseri. On suit dont les diverses tentatives de Susanoo, le père possessif, pour se débarrasser du gêneur de manière expéditive.

Le fil d'araignée: Courte nouvelle, mignonne et assez triste, mettant en scène le bouddha çakyamuni, qui tente de sauver l'âme d'un condamné aux enfers, avec le fil d'une araignée.

Le martyr se passe à l'époque de la fermeture du japon, près de Nagasaki, lorsque les missionnaires chrétiens présents dans cette régions vont être chassés. Les prémisses de cette expulsion se manifestent par une suspicion envers les chrétiens, en général, à partir du moment ou une fille de la fille prétend être enceinte d'un jeune moine. La fin est assez surprenante.

Le rapport d'Ogata Ryôsai , comme la précédente, prend place au sein de la communauté chrétienne, considéré comme secte peu recommandable, avec ses rituels incompréhensibles pour la majorité des japonais. Car, c'est bien connu, on craint ce qu'on ne comprend pas. Un médecin de confession bouddhiste peut donc refuser de soigner une patiente chrétienne tant que sa famille ne renonce pas à sa foi. Pas inoubliable, non plus, mais je suppose que ce cas de figure a du exister.

Ogin est une fillette orpheline recueillie par un couple de japonais convertis au catholicisme, qui se retrouve arrêtée et condamnée au bûcher avec sa famille adoptive, pour hérésie. Une page assez sordide de l'histoire du Japon, qui met en avant la situation des chrétiens au XVII° siècle, brûlés s'ils ne renient pas, méprisés s'ils renient la foi catholique.

L'illumination créatrice: on revient à quelque chose de plus positif. Au XIX° siècle, l'écrivain Bakin en panne d'inspiration se morfond entre les critiques élogieuses qu'il trouve exagérées, les critiques négatives qui le démoralisent, les commandes pressantes de son éditeur, la censure omniprésente. Mais la nouvelle est très humaine, Bakin est un grand-père idéal, c'est très frais, j'aime beaucoup.

Chasteté d'Otomi: Retour à l'époque Meiji. dans le quartier d'Ueno, évacué pour une raison policière, pour sauver la vie d'un chat, la servante Otomi est à deux doigts de céder aux avances du vagabond Shinkô. Il ne se passera rien entre eux mais ce "presque" va les marquer tous deux à vie. Intriguant et sensuel.

Villa Genkaku: une nouvelle très sombre. Le vieux et riche Genkaku est mourant, sa famille se délite sous le regard d'une infirmière cynique qui se plait à jeter de l'huile sur le feu.

Le mouchoir: un professeur féru de littérature et de culture occidentale reçoit la visite de la mère d'un de ses anciens élèves, et constate toute la différence entre les manifestations émotionnelles européennes et japonaise. Pas inoubliable, mais instructif.
Une des bestioles les plus originales du folklore japonais


Les kappa: Un régal! Une parodie du Voyage de Gulliver à Lilliput, avec un soupçon d'Alice au pays des merveilles. Le narrateur suit un kappa ( une créature du folklore japonais, sorte de génie des eaux facétieux à l'apparence de batraciens dotés d'un bec et d'un crâne plat)
Il a une bonne bouille celui là
La visite du héros dans la société des kappa se mue en une satyre virulente et particulièrement bien sentie de la sienne. Car la société kappa est soit un miroir inversé de la société humaine - un monde par exemple où les dames kappa font du harcèlement sexuel particulièrement insistant conduisant parfois leurs mâles épuisés aux soins intensifs - soit un miroir grossissant des défauts de la société humaine - dans le monde des kappa il est de notoriété publique que les ouvriers sont exploités, tout le monde le sait, et personne n'y trouve à redire.. y compris lorsque les patrons mangent leurs ouvriers en grève.

Et, en conclusion, c'est une jolie découverte! J'ai beaucoup aimé ce recueil, a mi-chemin entre littérature européenne et fantastique japonais. Peut être un des auteurs japonais les plus facilement abordables que j'aie lu avec Yoshikawa. La préface vantait son aisance à passer d'un style à l'autre, je craignais que la traduction aie du mal à rendre cette versatilité, mais non, le traducteur arrive à bien la faire ressortir et c'est assez rare pour être signaler.
(également un article réédité)

jeudi 20 février 2014

A voir à Tôkyô (1) - Musée Ghibli, quartier Nakano et Horloge Miyazaki

Aujourd'hui, sur Le Cabinet de Curiosité, c'est thème "lieux geek" et j'ai choisi de parler du musée Ghibli et de l'horloge Miyazaki de Tôkyô, en faisant un détour par le quartier de Nakano.


Le Musée Ghibli est en fait plutôt qu'un musée une vitrine des productions Ghibli, qui présente l'univers de Miyazaki et ses collègues de travail, une reconstitution de son bureau de travail, une diffusion de courts métrages réservés à ce lieu, un toit orné du robot du château dans le ciel, un totoro dans le guichet d'entrée..
Pour s'y rendre le plus classique est de partir de la gare de Shinjuku (attention, c'est une gare de trains régionaux et de métros, mais immense. En 2007, elle recevait plus de 3,5 MILLIONS de passagers par JOUR, il est facile de s'y perdre et d'arriver en retard pour sa correspondance.. Selon l'endroit où on loge, il est beaucoup plus simple de partir de la gare de Yoyogi, beaucoup moins grande. En tout cas, comme il y a fort à parier que , de toute façons, vous deviez d'abord prendre la Yamanote, la ligne circulaire qui dessert les principaux lieux de Tôkyô, Yoyogi et Shinjuku sont deux arrêts qui se suivent sur cette dernière ligne, l'option Yoyogi me semble plus supportable, j'ai horreur des gares immenses bourrées de monde)
Ici un plan des transports de Tôkyô
Une fois trouvé le train,il suffit donc de descendre à la gare de Mitaka, et de suivre les panneaux ornés d'un totoro, tel que celui qui ouvre ce sujet..
ou suivre Mei ;)


Après je dois avouer que c'est un peu une déception, car d'une part, il est interdit de prendre des photos à l'intérieur, d'autre part, quand j'y suis allée en 2007, tout était en japonais, pas une traduction en anglais. Mais renseignement pris, ça n'a pas trop changé, malgré le ombre croissant de touristes non-japonais qui y vont.

Et puis, à l'intérieur, il y a un chatbus.. réservé aux enfants, impossible pour les grands enfants comme nous d'y aller, rhaaaa!
De mémoire je dirais que c'est assez sympa, on avait eu un mini bout de pellicule offert avec le billet d'entrée, à voir une fois, mais peut être pas deux, car ça reste assez frustrant au niveau explications.
Il y a une boutique minuscule, mais bourrée à ras-bord de goodies. Mais là aussi, pour qui veut retourner à la boutique, il faudrait re-payer l'entrée car elle est  l'intérieur du musée. Mais là aussi, on trouve assez facilement des goodies ailleurs ( Kiddyland sur Omotesando à Tokyo, boutique Ghibli dans le quartier Kyomizu à Kyoto,on en a même vu une à Shikoku..). Ceci dit, ça reste une excursion agréable, le musée est situé à côté d'un parc agréable, dans un quartier résidentiel, sans gratte-ciels, ça fait une coupure sympa après plusieurs jours en centre de Tokyo.
Comme j'y étais allée un jour de pluie, voilà la version " soleil", trouvé sur le site lejapon.fr
Et aussi, je n'avais pas eu de souci pour les billets, car m'on agence de voyage m'avait réservé le billet avant de partir depuis la France. Il faut préciser que le musée est accessible seulement sur réservation, soit depuis le Japon (moins cher) soit depuis l'étranger. Voilà toutes les modalités: comment acheter les billets pour le musée ghibli.
Et ici, une "visite virtuelle" du musée, pour voir quelques images de l'intérieur. Les billets sont datés, et donc valable pour un seul jour. A mon avis, une visite à 10h00 ou midi est une bonne idée, pour pouvoir consacrer son après-midi à autre chose.

Ce qu'on avait fait à l'époque, c'était d'aller au musée le matin ( 15 minutes de train depuis la gare de Shinjuku par la ligne chûo) et de s'arrêter  au quartier Nakano, qui se trouve sur la même ligne en rentrant vers Shinjuku, pour manger et faire du shopping.

Car il y a là un grand quartier nommé Nakano broadway, où on trouve des livres d'occasion, des goodies de mangas et dessins animés, des jeux, des maquettes...Pour ce genre de souvenirs, c'est clairement l'endroit que je préfère. Il y a peut être plus de choix à Akihabara pour tout ce qui est jeux videos et goodies de ce genre, mais je préfère Nakano, moins étendu, mais avec plus de variétés de babioles, et moins densément peuplé ( enfin, tout est relatif, on est au Japon!)
Les photos, par contre, datent de mon deuxième voyage en 2012, je n'en avais pas prises lors du premier voyage.
on y trouve aussi des bds franco belges!

une petite collection de figurines de divers dessins animés. Je vendrais ma famille pour la figurine Albator ( et la femme pirate qu'on ne voit pas sur la photo)
C'est un bon plan pour ramener des porte-clefs et autres, j'ai même trouvé au fond du premier étage un magasin (nommé robot robot) qui proposait exclusivement des goodies "chibi" ou SD, un peu comme sur ma photo ci dessus.
,
oui.. de nuit, hélas je n'ai pas pu y aller avant

Et dernier lieu : l'horloge Miyazaki. Quartier Shiodome, un quartier du sud deTokyo, pas très intéressant en soi ( quartier d'affaires) Mais le building de la télévision " nippon television network" est décoré d'une horloge géante imaginée par Hayao Miyazaki, donc.
Une énorme horloge steampunk qui s'anime pendant 3 minutes tous les jours à 10h00, 12h00, 15h00, 18h00 et 20h00. Ou plus exactement, qui s'anime 3 minutes avant ces heures là, je me suis faite avoir, j'ai du y retourner le lendemain! Ce n'est pas trop difficile à trouver, sauf que je suis arrivée par Shimbashi, une gare un peu plus éloignée, et le temps que j'arrive la première fois, c''était trop tard. Donc il vaut mieux préférer la gare Shiodome (Ligne violette E " oedo" sur ce plan-ci, accessible aussi par Higashi Nakano, pas loin de Nakano, ou depuis Yoyogi en correspondance)* ou arriver bien en avance. Je suppose que les jours fériés ou de repos, il doit y avoir pas mal de monde qui s'agglutine devant, donc en semaine aussi, c'est peut-être une meilleure idée

Donc je ne vous propose pas mes photos de nuit, avec mon appareil qui n'est pas très bon en faible luminosité, mais on peut en voir de bonnes ici
et aussi, quelqu'un a filmé en intégralité cette très sympathique animation, visible ici

Ca par contre c'est quelque chose que je retournerais volontiers voir, de jour ou de nuit, car il faut vraiment avoir les yeux partout en même temps.

* Dans les choses "qui ne font pas plaisir", autant le dire de suite, tout est loin de tout à Tôkyô, tant la ville est immense, et les transports sont cher, il vaut mieux prévoir un bon budget transports

mardi 18 février 2014

Saint Seiya tomes 19 à 28 - Kurumada Masami

Suite et fin de de l'épique manga de Kurumada..

Souvenez-vous, l'histoire sur Poséidon se terminait.. hahaha, en queue de poisson, je n'ai pas honte de le dire. On aurait donc à peu près pu s'en passer, il y aurait eu moyen d'amener le nouveau personnage, frère jumeau de vous-savez-qui ( ou pas) de manière, on va pas dire subtile, mais qui aurait au moins eu le mérite d'éviter 5 volumes sans grand intérêt.

Du volume 19...
Et là, j'ai envie de dire ENFIN!!!
Ca y est, les chevaliers d'or, les plus forts des plus forts qui n'en fichaient pas une rame jusqu'à présent se bougent les fesses, il était temps. En particulier, le chevalier du bélier, qui se défilait jusqu'à présent, la honte pour tous les béliers. Hein? quoi? Oui, bon, je suis bélier, si vous voulez savoir. C'était un peu dommage d'être représentée par "celui dont on ne sait même pas ce qu'il sait faire, au juste". Donc, il passe à la castagne, et attention, ça fait mal! Car il cachait bien son jeu, le cool, le pacifique bélier. Pareil pour maître Yoda le chevalier de la balance, savez? Le type tout vieux qui a passé en gros 250 ans assis devant une cascade? Il cachait bien son jeu lui aussi

Donc, enfin, on sait pourquoi cette inertie globale des chevaliers d'or dès qu'il fallait se bagarrer: nan, mais c'est la consigne. Poséidon c'était de la petite friture,  ( comprendre - on peut y envoyer les sous fifres), si Athéna est revenue sur terre, ce n'est pas pour ça, c'est pour se filocher avec Hadès, oui le dieu des enfers, rien que ça. Car cette fois, après tonton Poséidon, c'est tonton Hadès qui se fait remarquer. Et du coup les 6 gros bras sont là pour attendre qu'Hadès daigne leur rendre visite. Oui, 6.. Car rappelons que les représentants des Gémeaux, Cancer, Verseau, Capricorne et Poissons se sont fait dégommer dans la première partie, et que le poste du Sagittaire est toujours vacant depuis 13 ans.

Résultat: au moins pendant quelques volumes , les héros de bronze passent au second plan, et ça fait du bien. Oh oui!! Car le plan génial d'Hadès est d'envoyer une armée de spectre sur le sanctuaire, pour zigouiller Athéna, et prendre enfin possession de la terre. Comme c'est original...

Aparté: Je me demande ce que foutent les autres Dieux qui se laissent envahir sans rien dire.. C'aurait été une occase d'enfer (pwapwapwawawawa) de faire intervenir Zeus , Gaïa ( la terre, quand même!), Demeter ( qui a un contentieux avec Hadès depuis l'antiquité..). Dommage.

Hadès envoie donc ses spectres, plus, c'est la cerise sur le gâteau, les ex chevaliers d'or morts au combat, momentanément ressuscités pour venir mettre la pâtée à ceux qui ont survécu.. haaaa.Trop bon! De la marave XXL entre chevaliers d'or, le retour du précédent grand pope revenu du monde des morts lui aussi...
Toi qui entre ici, abandonne tout espoir d'échapper au spoil!


Allez un bon gros spoil: meuh non, ils n'ont pas tourné casaque, ils font croire qu'ils vont buter Athéna, mais non, ils viennent juste la prévenir qu'elle doit se rendre elle même aux enfers pour mettre de l'ordre. Mais arrivent trop tard: cette gourdasse qui n'en loupe jamais une a juste oublié d'emporter son armure,comme une tête de linotte qu'elle est.

eEt donc seconde partie: ha zut! va falloir aller dans le monde des morts pour amener l'armure à Athéna. CA c'est une mission pour nos sous-fifres surexploités! Et comment se rendre dans le monde des morts? Oui, j'aurais dit pareil: on meurt.

Sauf qu'un mort ne peut pas agir librement dans le monde des morts (pas de chance,  les Enfers d'Hadès ressemblent énormément à ceux de la Divine Comédie, avec cercles de punitions pour les gens qui n'ont pas été cools. Bref.). Non, il faut aller vivant dans le monde des morts. Et le seul moyen de survivre dans le monde des morts, c'est, après avoir trouvé le 7 ° sens dans l'arc Sanctuaire, de trouver le 8° sens, un truc encore plus super!

Hé les amis, je vous le dis tout de suite: le 8° sens, c'est un truc hyper balèze,que seul le chevalier de la vierge est censé connaître.. sauf que rassurez vous, les 4 chevaliers de bronze savent faire + le phénix qui revient une fois de plus d'on ne sait où ( il devait avoir des RTT à poser), + les 3 chevaliers d'or qui s'y font précipiter par accident + le chevalier des gémeaux-bis. Donc tout le monde ou presque, fallait bien ça niveau scénario.

Et là, grand renversement: en fait le 8° sens, c'est celui de l'humour! Youhou! Ca couvait depuis un petit moment, mais ça y est c'est officiel, Kurumada se permet des GAGS! A commencer par Charon, le passeur des enfers qui chante (mal!) sur sa barque comme un gondolier. Le tribunal des enfers, où il ne fait faire absolument aucun bruit ( et surtout pas pêter. Ok, c'était un gag pas fin, mais un gag quand même) Et surtout surtout, les ennemis sont ...enfin, là, l'auteur se lâche complètement. Comme il n'y avait plus de constellation ou d'étoiles à exploiter, on a donc des armures totalement tirées de son imagination: l'armure du crapaud, du papillon, du ver de terre...c'est classe ça, un combat chevalier d'or contre ver de terre! Des étoiles terrestres de ceci, des étoiles célestes de celà.


S'ensuivent quelques combats bien épique et rigolos contre des ennemis bien folkloriques, car les enfers, c'est comme la Samaritaine: on trouve de tout.

- Des personnages mythologiques: Cerbère, Eurydice à moitié changée en rocher, Orphée pas loin qui joue du pling pling, Charon le gondolier des enfers, Minos et Rhadamante et Eaque ( authentiquement juges du monde des morts dans la mythologie grecque, revus et corrigés en authentiques losers), Pandore  qui ne peut toujours pas résister, dès qu'elle voit une boîte, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle l'ouvre.
- Des ennemis divers et variés représentant chacun un monstre/ une créature imaginaire: la mandragore, la harpie, le golem, le griffon, le minotaure, le basilic, le troll, le sphinx ( un pharaon caractériel), un balrog (yep, du seigneur des anneaux)...
- des dieux qu'il va falloir ratatiner: Thanatos, le dieu de la mort et Hypnos dieu du sommeil (un peu faiblards comme dieux) Hadès en Boss de fin qui ne se montrera vraiment que dans les derniers chapitres du dernier volume

Parmi ceux-là, je dois dire que je suis fan du combat contre le troll, le plus court de l'histoire du manga de baston (3 cases, dont une pleine page du plus pur style allégorique: le troll se faisant démolir d'une main...), et qui malgré ça a droit à une armure fignolée comme les autres.
Autre gag que je n'aurait osé espérer trouver là: Eaque juge représentant le Garuda (oiseau mythique, symbole de l'Indonésie, un peu de culture ne fait pas de mal), qui nous fait un bon gros Corny gag à la Tex Avery - je lance mon adversaire en l'air, je trace une croix par terre et j'attends qu'il tombe- j'ai envie d'ajouter " that's all folks" en bas de la case, moi! Et avec autant de succès sur le phénix que le Coyote en a sur le Bipbip, c'est dire! Ah, ces " juges, ils sont tellement nullos que je les aime bien en fait!

...au volume 28. Enfin une couv' sobre et pas trop flashante. Et des persos de 3/4 pas trop foirés.
Donc bien sûr, après tout ça, la fin laisse un peu à désirer, une apparition éclair des deux touristes de la fin de l'arc Poséidon ( pour faire croire qu'il avait une utilité) on tabasse le dieu de la mort, le dieu du sommeil, et le dieu des enfers (graphiquement réussi, si on excepte sa coupe de cheveux "super saiyan"), et hop on a gagné. Et ça finit LA! Pas de retour triomphal, pas de retrouvailles de Seiya avec sa soeur, pas de retrouvailles des héros avec leurs potes, NADA! On a gagné, la terre est sauvée. La fin frustrante par excellence! Mais dites donc, mettre hors d'état d'agir le dieu du sommeil, le dieu de la mort et le dieu des enfers, ça va avoir des menues répercussions sur notre vie quotidienne: plus besoin de dormir, immortalité, tout ça, non? non? bah.. on ne saura pas.

Donc, au final et en visualisant l'ensemble, j'ai bien aimé, il n'a pas fallu trop que je me pousse pour finir. 28 tomes, c'est une longueur acceptable pour un shônen, je pensais avoir plus de mal, moi qui cale généralement au delà de 20 tomes.
Première partie parfois un peu longue (surtout la mise en place), mais qui décolle bien à partir de l'arrivée au Sanctuaire,
Deuxième partie oubliable,
Et troisième partie plutôt bonne, qui perd un peu en sérieux, mais ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre.
Mais les 3 ont des fins frustrantes qui auraient pu être plus développées, ne serait-ce que 2 ou 3 pages de plus. Là ça donne l'impression que l'auteur a conclu vite fait parce qu'il ne lui restait plus qu'une feuille et que la papeterie était fermée.

Avec une telle profusion de personnages, souvent anecdotiques, parfois très intéressants, c'est donc un peu dommage que Seiya, le valeureux héros soit si omniprésent au détriment d'autres qui auraient mérité d'être plus mis en avant. Largement. Dommage parce qu'il l'a compris un peu tard, et a décidé de se préoccuper de ce que faisaient les chevaliers d'or avant le début de l'histoire, on va savoir enfin pourquoi les méchants sont méchants, les gentils gentils. Sauf que Kurumada se charge du scénario et fait bosser un stagiaire pour le dessin. du coup, après avoir feuilleté le premier volume de Saint Seiya G , je vous jure j'ai essayé... je trouve le graphisme vraiment trop immonde, avec des grands yeux et des membres grèles, j'attendrais qu'on me le prête parce que ça va pas être possible sinon.. et encore je me demande si je ne vais pas plutôt m'orienter sur Lost Canvas, dessiné par quelqu'un d'autre et qui s'intéresse à la précédente guerre, 200 ans auparavant, avec comme fil directeur, le chevalier de la balance, qui a ici, souvenons-nous, plus de 200 berges, mais a été eune, un jour. Un peu comme si on vous racontait la jeunesse de maître Yoda, ça peut être intéressant)

Ah oui, hein, une curiosité à souligner: c'est vraiment la série qui fait tomber des têtes: chaque partie commence par une décapitation dès le premier chapitre  -bon ok, en rêve, en prémonition, en illlusion... mais quand même c'est un leimotiv plutôt original). Pis l'autre point qui me laisse perplexe: c'est quand même un manga de bourre-pif, baston en tout genre,supposément un peu bourrin.
MAIS tout le monde passe son temps à pleurer, pas seulement les chochottes de service. J'ai rarement vu autant de personnages chougner, parfois pour pas grand chose. Ce qui fait, enfin, de mon point de vue, un décalage plutôt marrant avec la castagne de gros bras.

Donc au final un manga de longueur acceptable, avec des tomes mollassons, mais plein de bonnes idées donc recommendable malgré ses défauts.

Saint Seiya tomes 14 à 18 - Kurumada Masami


Aheum, donc la suite, deuxième étape (il y en aura encore une), volumes 14 à 18, qui constitue une histoire - un arc en jargon de geek -  à part, indépendante de ce qui précédait, ou à peu près, même si le volume 14 reprend à peu près la où le 13 finissait:

Attention, peut contenir du spoil de ce qui se passait avant ce qu'il y a après, on sait jamais des fois que vous auriez envie de le lire, j'adore faire des légendes hyper longues comme ça pour rien, moi.

Du volume 14...
Donc: nous retrouvons nous fiers héros, pas mal défraîchis après leurs précedentes aventures, qui prennent un repos bien mérité en unité de soins intensifs, car mine de rien, combattre les forces du mal, c'est pas de la tarte.
Les gentils ont gagné, les méchants -plus quelques gentils aussi, dommages collatéraux obligent -sont allés passer des vacances éternelles dans le monde des morts.

Tout allait à nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand, vous vous en doutez, un nouvel ennemi vient semer la pagaille. Cette fois, c'est Poséidon lui même qui fait des siennes, et menace de noyer la terre entière sous une pluie digne du déluge s'il n'obtient pas ce qu'il demande.

Poséidon est à la base, un des dieux les plus importants du Panthéon grec, révéré comme dieu de la mer, craint comme dieu des tremblements de terre, bref, un qui en impose. Aïe! Premier problème: il a pris possession du corps d'un fils à papa richissisme (et qui, comme Poséidon se fait très discret, ignore qu'il est possédé). Or ce qu'il veut, c'est la main de Saori -Athéna, qui lui a opposé une fin de non-recevoir. Vexé, alors qu'il cherche un moyen de se venger, voilà qu'il tombe sur un mystérieux personnge qui lui révèle son identité divine. ni une ni deux, le fils à papa éconduit  décide, puisqu'il est un dieu, quelque part de se venger: puisqu'elle ne veut pas de lui, NA! il va déclencher un déluge qui va noyer la terre et ses habitants, à elle d'accepter la demande en mariage pour éviter ça ( techniquement, rappellons qu'Athéna est ta nièce, vieux pervers)

Vous me direz, c'est un peu léger comme raison pour déclencher un cataclysme planétaire: c'est vrai,  rétorquerai-je, mais un: il va changer de motivation en cours de route, et deux, les dieux grecs ne s'embarrassaient pas forcément de subtilité quand il s'agissait de se bagarrer entre eux (et ces deux là particulièrement étaient prompts à se chamailler sur tout et n'importe quoi, pour savoir par exemple, qui des deux serait le dieu majeur d'Athènes)

Donc, cette gourdasse de Saori tombe encore dans un panneau visible de loin brave Athéna n'écoutant que son devoir, se précipite chez Poséidon, quelque part au fond de l'eau près du cap Sounion. Evidemment c'est une très mauvaise idée, puisque, prise au piège et toujours rétive à l'idée d'épouser tonton, elle accepte de se laisser enfermer dans un pilier creux qui va progressivement se remplir de l'eau destinée à recouvrir la terre, et si personne ne la sauve dans un délai de quelques jours, va se noyer. Ca serait ballot, pour une déesse.

Et voilà, c'est reparti pour un tour: Athéna en danger, il faut la sauver, vite sortons les chevaliers de bronze de leur coma, filons leur des armures neuves, et hop! A la castagne.
Au début, on se demande quand même un peu pourquoi ce ne sont pas ces faignasses de chevaliers d'or qui y vont, puisqu'en tant qu'élite, ils pourraient facilement défaire les sbires de Poséidon d'une pichenette et en se recoiffant, mais non, ils se contentent de filer un peu de sang... non pas aux blessés mais aux armures ( car comme le vampire ou le moustique, l'armure sacrée carbure au sang. la question se pose: pourquoi pas celui des ennemis qui depuis le début de l'histoire, les ont copieusement aspergées? Mystère et mastic de chios). Bon il y a aussi une explication, mais qui arrive au 3° arc, faisant donc passer les chevaliers d'or pour une bande de bons-à-rien flemmards durant 5 tomes.

Et là, rebelotte, c'est exactement la même chose qu'avant: Poséidon est retranché dans son temple, comme l'était le Pope dans l'arc Sanctuaire, pour l'atteindre, il va falloir tabasser les gardiens des piliers des 7 mers, les 5 héros vont se coltiner chacun un adversaire, être en fâcheuse posture, mais s'en sortir grâce à , au choix: l'intervention d'un des 4 autres, un des gadgets de l'armure de la balance, un frère qu'on croyait disparu. Ils vont: retrouver un pote qui a mal tourné, redevenir aveugle pour le dragon, ramener quelques méchants dans le droit chemin  au culte d'Athéna,  battre Poséidon himself pourtant plus fort que tout le monde réuni, libérer Athéna de son pilier et le fils à papa de sa possession divine, et du même coup, empêcher la pluie de tomber. Rien que ça.

Vous avez deviné: autant la première partie était assez sympa malgré ses défauts, autant celle là est assez ennuyeuse: les ennemis sont le décalque des ennemis précédents, le côté jeu vidéo " il faut battre tout le monde avant d'atteindre le boss de fin" est encore plus marqué que précédemment. Bref, ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Et puis, le mystérieux dragon des mers qui n'est autre que le frère jumeau démoniaque et caché d'un personnage du premier arc, ho que c'est facile , ho que c'est téléphoné . En plus il s'appelle Canon, je ne m'y fait pas (traduc' foireuse, je suppose qu'il est censé faire référence à Kannon de la mythologie japonaise, un avatar du bouddha). Mais là, au mieux ça fait appareil photo, au pire... non vu la manière dont l'histoire tourne, c'est plutôt Boulet que Canon (hahaha, non je n'ai même pas honte de ce genre de jeux de mots moisis!)

Si, toutefois, on sent qu'une chose est en train de se produire discrètement : l'apparition de quelques gags à la Tex Avery, sisi, je vous jure: dans le premier chapitre, un "corny gag" sur un tête faussement coupée tout droit sortie d'un cartoon Merry Melody, la femme représentant la sirène (nordique, avec queue de poisson) qui se fait traiter de poulpe, carpe, thon par un gamin ( là le traducteur a du se retenir comme un fou pour ne pas écrire morue... c'est presque dommage, tiens).

...au volume 18, ouf! de moins en moins flashy.
Par contre, et ça n'est pas propre à ce manga là, ça doit être une sorte de code: pourquoi, à chaque fois qu'il y a un ennemi -ou un allié - à la fois méchant et un peu débile, est-il toujours représenté aavec une tronche pas possible dans une posture voûtée totalement ridicule? (Kassa dans cette partie, l'hydre dans la première). c'est pénible, on devine d'emblée que ce personnage là va se faire dézinguer comme un bleu de manière particulièrement risible, et que limite, on peut passer à la suite sans remords, pour avoir de la vraie baston avec un vrai ennemi (encore que là, bon, ils sont à peu près tous oubliables,même Poséidon, qui se révèle au final un écolo aux manières extrémistes, qui, oubliant la déconvenue avec Athéna, veut juste rayer les humains pollueurs de la carte du manière un chouia radicale, tout en ne faisant pas grand chose lui même).


Dommage encore une fois, le design des armures aquatiques était sympa, on sent qu'il y avait matière à mieux que ça, et surtout la conclusion abominablement gnian-gnian, qui vient souligner que la force de l'amitié blablabla...., acheve de faire de ce passage un passage raté. Heureusement il n'y a que 5 volume, et, comme j'ai lui le début du 3° arc, je peux le dire: la suite s'annonce mieux, ouf, car ça devenait assez laborieux
(réédition itou, vous commencez à avoir l'habitude!)

lundi 17 février 2014

Saint Seiya tomes 1 à 13 - Kurumada Masami

Après un Shôjo peu convaincant, je vous sors un bon gros manga de baston old school de derrière les fagots.Voilà qui est plus dans mes habitudes de lectrice douce et délicate  :D

Donc Saint Seiya, ou, pour les gens qui sont à peu près de ma génération et ont vu le dessin animé qui en était tiré: les chevaliers du zodiaque. Petite précision, à l'époque j'étais au collège, et je n'avais plus trop de temps pour les dessins animés, j'avais donc vu quelques épisodes de ci et de là, sans vraiment suivre, ça ne me branchait pas plus que ça, y'avait un ou deux personnages que je trouvais sympas, un ou deux autres qui me sortaient par les yeux, mais c'était tout.
Et je suis récemment tombée sur une parodie du dessin animée, ici:  
Pleine d'humour, de références, pointant les absurdités de la série originale, hilarante, bref, un très bon moment. Avec des gags tellement bien trouvés que je n'arrivais même pas à imaginer quel pouvait bien être le dialogue original. J'ai eu envie de savoir, j'ai trouvé le manga d'occase, et j'ai pu comparer. Et me rendre compte que, tour de force, la parodie s'éloigne très peu de la trame originelle, tout en grossissant le trait.
hmmm les bonnes couleurs flashy des 80's!

Donc pour ceux qui auraient raté un épisode, Saint Seiya s'inspire vaguement de la mythologie grecque, en ce sens qu'une des figures centrales est la déesse Athéna, qui s'incarne de temps en temps sous forme humaine pour venir mettre de l'ordre dans les guéguerres que se livrent les dieux tous les deux ou trois cents ans pour s'occuper.
Athéna? la déesse de la guerre? Oui, mes amis. 
Donc normalement, je dis bien normalement, elle devrait être capable de régler ça toute seule. Seulement, non: elle est coincée dans un corps d'adolescente, et finalement pas capable de grand chose. Ou plutôt, elle ne fout rien strictement rien, et recrute une armée d'ados pour se battre à sa place contre les forces du mal. Oui car on est en plein manga dit " nekketsu" ( héros ados orphelins, pouvoirs magiques, combats épiques contre de gros méchants  10 fois plus balèzes qu'eux mais dont ils triomphent presque sans dommage.. mais nous sommes en 86 là, c'est du old school ou vous dit à l'époque c'était original), donc pas de problème, tout ce qu'on attend, c'est de la baston épique, on est pas là pour s'embarrasser de crédibilité.
Donc tout commence plan plan, avec une multinationale qui a l'idée de génie de relancer les combats de gladiateurs entre gamins - 13 ans de moyenne d'âge- gamins orphelins qu'elle a fait enlever aux 4 coins du monde, enfermés sans vergogne, puis envoyer s'entrainer dans des conditions dignes de la légion étrangère afin qu'ils gagnent leurs galons de chevaliers et les armures de bronze qui vont avec, chacun dorénavant sous la protection d'une constellation. Avec à la clef un tournoi qui désignera in fine le meilleur d'entre eux, lequel remportera l'armure d'or du sagittaire. Bon, déjà des combats de gladiateurs de 14 ans, apparemment tout le monde trouve ça normal, mais que fait la police!
Ok, on l'a dit, laisser le sens critique au placard, et puis les mangas de baston récents ne sont pas plus crédibles. Plus humoristiques, oui, sans aucun doute. Là on est dans le sérieux sérieux, et c'est justement ça, rétrospectivement, qui est involontairement drôle.

Bon, bien sûr, rien ne se passe comme prévu, un premier méchant vole l'armure en plein tournoi, il faut aller la récupérer, les 4 meilleurs sont envoyés se castagner contre le vilain et ses sbires, doubles démoniaques des héros, les gentils gagnent, ramènent l'armure au bercail et le vilain dans le droit chemin,rien de bien palpitant jusque là. Et là, coup de théâtre, on enlève la responsable de la multinationale (14 ans, cherchez l'erreur)! Patatras! On découvre en même temps que tout était un coup monté par elle, qui est la réincarnation d'Athéna pour faire bouger les vrais méchants, planqués en Grèce et qui vont vraiment se fâcher, va falloir aller régler ça directement sur place.

Et là ça commence à devenir un peu, juste un peu comique: les méchants de niveau supérieur, les chevaliers d'argent, sont quand même un peu pitoyables...enfin, pas possible qu'un personnage comme (comment il s'appelle déjà) le chevalier du lézard, crétin narcissique tellement content de lui qu'il se fait laminer comme un bleu en quelques pages, soit sérieux, c'est un gag! C'est obligé! Je me refuse à croire que c'est du sérieux, ça vaudra mieux pour ma santé mentale.
Comme le héros en pyjama étoilé. Ou le second rôle tout content d'avoir enfin une réplique. Ouf, ça fait du bien, un tout petit peu d'humour. D'humour volontaire.

Donc bien sur une fois défaits les boss un peu nuls que sont les chevaliers d'argent, place au sérieux. Ben voui! Bronze, argent.. on s'y attend les suivants sont chevaliers d'or, la crème de la crème, du gros bras d'élite au moins 100 fois plus forts que nos pov' chevaliers de bronze, mais vaille que vaille,va falloir les ratatiner pour attendre le big boss de fin. Il y en a 12 en tout, associés aux constellations du zodiaque, voila le pourquoi du comment du titre français.

Et là, c'est la foire a neuneu aux neuneux, car à force de vivre reclus  au sommet d'une montagne grecque à garder des temples où personne ne fout jamais les pieds (hé bien voui, faudrait déjà passer le premier...du coup, le 12° a largement le temps de jardiner tranquillement), 24/24h, en armure s'il vous plaît, dès fois qu'un ennemi..
Ben, mine de rien, ça vous aigrit le caractère et ça perturbe le ciboulot.
 Après le bélier (pacifique) le taureau (caractériel), on aura donc un festival de tarés en tout genre: le chevaliers des gémeaux, complètement schizo; le chevalier du cancer: un taré sadique - plutôt réussi dans son genre, ce personnage me fait bien marrer, mais ça n'est probablement pas le but. Le chevalier du lion, un type cool, mais sous influence, qui délire à plein tubes. Le chevalier de la balance: 261 ans au compteur, de faux-airs de maître Yoda, parti prendre une retraite bien méritée à la montagne, le chevalier de la vierge: un mégalo qui se prend pour un dieu, le chevalier des poissons: un peu le même genre que le lézard narcissique, mais en encore plus tordu.

A noter que, sans en dire plus, le méchant final changeait un peu par rapport aux standards de l'époque: pas 100% mauvais, un peu complexe, et au final, intéressant, par rapport aux autres adversaires.

Finalement, allez, à la question que vous n'avez pas posée mais que vous brûlez de me poser si vous avez eu le courage de lire jusque là: "mais t'as pas quand même un chouchou?". Allez, disons que du côté des héros, j'aime bien Shiryu , le chevalier du dragon (parce qu'un dragon, c'est cooooool, pas ridicule comme mettons au pif, un cygne..), alias " le gars qui passe son temps à se mettre à poil on ne sait pas trop pourquoi"
 Et côté chevaliers d'or, j'aime bien le chevalier du Scorpion. Pourquoi?

- c'est un des seuls qui réfléchit, quand ses copains semblent avoir mis le cerveau définitivement au placard. Il réfléchit beaucoup.. même un peu trop. Arrête un peu de parler et bagarre-toi, t'es aussi bavard que Purple sur son blog.
- sa permanente résiste à tout, y compris un double saut périlleux arrière vrillé, c'est-y-pas la classe ça? ( ou le fait d'un dessinateur un peu faignant qui a juste retourné la case précédente pour s'économiser un dessin, damned! il n'a pas pensé qu'une tignasse de hippie subit aussi la loi d'attraction universelle!)
- son casque, totalement inutile en combat réel ( comme la plupart d'ailleurs), mais très décoratif, quand le Capricorne  nous sort un casque qui gagne haut la main de la palme du ridicule. Oui, le design des armures, c'est quand même LE truc qui a fait le succès de la série.
- Il survit sans dommages à la rencontre avec les petits blanc becs, contrairement à plusieurs ses collègues. Enfin un qui mérite son statut d'élite- Je sens que c'est un personnage qui a du potentiel comique, sisi... Après tout un scorpion qui fait de l'acupuncture à sa manière, c'est drôle!
- C'est grosso modo le seul des 12 qui me semble un peu sociable, en tout cas, le personnage est un peu plus développé que les autres, ça le rend un poil plus sympa.

Sinon , que dire de plus. Le graphisme des premiers volumes n'est pas vraiment terrible, on l'a dit, c'est du pur années 80, les personnages de 3/4 face sont plus souvent ratés que réussis, les perspectives souvent un peu fausses, mais ça s'améliore vers vers le volume 10. Par contre, je dois souligner une chose: j'ai rarement vu des pages couleurs de début de chapitre qui passent aussi bien en niveaux de gris. Il n'y a pas  à dire: les colorisations à la main, ça donne toujours mieux que les colorisation numériques, le rendu est vraiment meilleur lors de l'impression monochrome. On regrettera quand même quelques bourdes de traduction chez Kana ( j'espère qu'ils auront corrigé pour la réédition), car le traducteur n'a visiblement pas ouvert un bouquin d'astronomie de sa vie. Voir quelque chose comme " Canis Mayol, constellation du chien géant", ça pique les yeux!

donc négatif:
- une histoire un peu tirée par les cheveux (à propos de cheveux , au moins les personnages du manga n'ont pas les couleurs de cheveux de folie de la version animée, exit les tignasses vertes et bleues, grand classiques de cette époque, qui font mal aux yeux)
- didious, que ça se prend au sérieux par moments
-il n'y en a que pour le héros, comme souvent dans ce genre, alors que ce n'est pas forcément le personnage le plus intéressant. J'aurais vraiment aimé en savoir un peu plus sur les chevaliers d'or qui ont l'air d'avoir du potentiel, mais faute de background suffisant passent tous pour de gros sociopathes (le verseau! Sans rire, l'armure est superbe, j'aime bien sa tête,en plus c'est un psychorigide de première sans états d'âmes.. mais on ne sait même pas pourquoi! Mais cornegidouille, j'veux savoir moi, pourquoi il fait autant la gueule. Ben non, à moi de trouver une raison... Alors que c'est quand même le seul personnage pour qui est faite une vraie référence culturelle un peu pointue, via Albert Camus, et l'execution aux aurores dans l'étranger.. c'est du gâchis de bons personnages ça!)

- Des graphismes pas toujours top ( mais ca reste quand même regardable, même si tout le monde semble faire 10 ans de plus que son âge, contrairement à la Préquelle Saint Seiya G, que je ne lirai pas pour cause de graphisme immonde!

Là je sens que  vous voulez des preuves. Ok, va pour les preuves. Prenons au hasard, ce gros taré de chevalier du cancer - parce que c'est encore plus flagrant avec lui.

Version 1: dessin animé - très proche du manga d'origine, je n'ai pas trouvé d'image de taille correcte. Version 2: manga Saint seiya G..
Oui ceci est bien...
...le même personnage qu'à côté













D'un côté un méchant crédible, flippant, et plutôt classe dans l'ensemble
De l'autre euh... ça fait peur, mais pas dans le même ordre d'idée.
Mais même problème que plus haut: pourquoi est-il aussi méchant? Parce que!

merci au site: http://www.saintseiyapedia.com, à qui j'ai piqué les deux images 

positif:
- 28 tomes, ça reste acceptable pour ce genre de séries, les shônens actuels tournent facilement  autour des 50 volumes. A la limite, vous pouvez même vous contenter des 13 premiers, si seul l'arc que vous avez vu en dessin animé vous intéresse
- Ca ne traîne pas en longueur: pas de bastons interminables sur plusieurs tomes. Il y a bien quelques flash back de ci de là, mais ils ne prennent pas 3 volumes entiers à chaque fois. Chaque bagarre occupe un ou deux chapitres maxi, et c'est réglé.
- le méchant final n'est pas totalement ridicule: ATTENTION SPOIL FINAL ( d'ailleurs la fin est même vraiment trop vite expédiée après la dernière baston, ça aussi c'est du gâchis de bon personnage, je n'arrive pas à croire ce qui se passe dans les 5 dernières pages.Le bad guy se repent, se suicide -en 1 case- cash! Et tout le monde s'en fout, même pas une remarque là dessus. The end!)
- Pas d'histoire d'amour mièvre, ça repose, il y a peu de personnages féminins, qui ne servent pas trop à grand chose, surtout à faire joli. Donc pas de potiche geignarde! Juste des potiches en tenue heu...vous pouvez me rappeler l'âge du public visé? La chevalière du caméléon a quand même une armure vachement SM)
- c'est plutôt drôle pour peu qu'on le lise au Xième degré. Mais attention tout de même, c'est un peu saignant, on va déconseiller aux plus jeunes ( volume 3, y'a quand même un type qui se faire proprement - heu non, pas proprement justement - dépecer.. même si c'est un rêve). Miam, de la violence gratuite!
Toujours aussi flashy, mais un poil mieux travaillé

En conclusion, ce n'est pas le manga du siècle, mais j'ai passé un moment sympathique de lecture, l'univers est assez original pour m'intriguer même si le prétexte mythologique se dilue assez vite, l'auteur - qui a l'air assez barré - s'est amusé comme un petit fou a dessiner ses armures, et a brodé un scénario rien que pour ça. Ca aurait pu être totalement bâclé, mais malgré un morale un peu naïve ( on arrive à tout quand on bosse en équipe), non, finalement, c'est comment dire, à la fois un peu balourd, mais attachant. Bon je lirais la suite, apparemment, après Athéna, c'est Poséidon qui va faire les frais de l'imagination délirante de M. Kurumada, et j'ai envie de savoir jusqu'où il va aller dans l'improbable rencontre de la mythologie et du manga de baston.

Tiens ça me rappelle qu'à la même époque, il y a avait un autre dessin animé qui exploitait le filon, mais en version "mignonne": la petite Olympe et les dieux. Ne me demandez pas l'histoire, j'ai déjà eu assez de mal à me souvenir du titre!

(là aussi, article réédité  de mon autre blog, les deux arcs suivants vont d'ailleurs suivre tout de suite)

dimanche 16 février 2014

une idée à emprunter (2)

J'avais prévenu la dernière fois:  l'idée à emprunter, ça peut être quelque chose d'utile, de sympa ou même un truc complètement portenawak. Et là, justement on est dans le nawak . Mais j'assume!


Le porte-clef "mugen puchi-puchi", le truc inutile qu'une copine m'avait ramené lors de son voyage. Et impossible d'en ramener à mon tour pour les gens un peu barges de mon entourage. La rotation des produits est tellement rapide au Japon, que 6 mois plus tard, il sera impossible de se procurer ce qu'on trouvait auparavant partout
donc "mugen puchi puchi", c'est à peu près " le pouitch pouitch sans fin". Un simulateur de plastique à bulles. Et oui, je fais partie des gens qui deviennent dingues en présence d'un morceau de plastique à bulles.

Tous les cents "pouitchs", le porte-clefs émet un son , genre aboiement, miaulement, pas super discret, qui risque de conduire vos voisins à faire "pouitch " à leur tour sur votre tête si vous vous amusez avec en public trop longtemps.

Et attention, vous n'avez pas encore vu la pub qui va avec..

m'en fous, même s'il est gros ( à peu près 5cms/4cms/1cm) et lourd, même si la publicité est un supplice pour les yeux et les oreilles, même si ça fait criser tout le monde, je l'aime bien, moi, mon porte-clefs pour timbrés du plastique à bulles.

vendredi 14 février 2014

otaku girls tomes 1&2 - Konjoh Natsumi

  Voilà un manga parodique dont j'avais lu beaucoup de bien ici et là, Otaku Girls, de Natsumi Konjoh, qui aborde le sujet de l'Otaku en version féminine (nommées les fujoshi )et sur le mode de la rigolade.

 Problème: ça reste quand même un shôjô au dessin ultra classique, qui va nous parler d'amourettes lycéennes. Autant dire qu'il ne part pas gagnant, car ce genre de cadre commence à me fatiguer sérieusement.

Donc nous avons d'un côté le lycéen standard, Abe, qui par un concours de circonstance assez marrant devient le modèle attitré de Rumi Asai, seule membre du club d'arts plastiques de son lycée. Rumi est sympa, pétulante, voire un peu trop, et le naïf Abe en pince vite pour elle. Mauvaise pioche: Rumi est une donc une fujoshi, une fille otaku, fan de yaoi ( histoires d'amour homosexuelles plus ou moins sentimentales ou plus ou moins hot selon le cas), et elle ne voit le monde qu' à travers le prisme de sa passion.
Et se persuade donc qu'Abe est en couple avec son meilleur ami, mascotte du lycée, poursuivi par toutes les filles du coin, et qui voit dans ce malentendu l'occasion de se débarrasser de ses admiratrices pot de colle. Le trio est d'ailleurs vite rejoint par Matsui, une autre otaku, qui a du mal à assumer son obsession pour la série Gundam notamment, et va tenter de pousser Rumi dans les bras d'Abe, afin de se réserver l'autre garçon. Vous suivez? non? c'est normal! Vous n'êtes pas otaku, tant mieux pour votre santé mentale.

Car il faut bien le dire, le titre ne parlera pas à tout le monde, ce n'est pas la peine d'insister si déjà les mots "shojo, otaku, et yaoi" vous laissent perplexes. Et c'est bien là le problème. Autant le début est assez sympa, avec quiproquos rigolos, autant ça tourne très vite en rond, laissant de côté le lecteur qui n'est ni familier, ni spécialement fan de l'univers en question. et le manque d'un mini lexique (par exemple pour "otome road" quartier de Tokyo surnommé ainsi " la rue des jeunes filles", pour son grand nombre de librairies spécialisées, oui, je suis passée là bas un peu par hasard, c'est vrai qu'il y en a à la pelle, aux vitrines décorées d'affiche sans équivoques.. ou plutôt très équivoques).

D'autre part comme je ne suis absolument pas fan de Yaoi, et autres du même style (en fait, ce qui compte pour moi, c'est le scénario, et on ne peut pas dire que le Yaoi brille en général par cet aspect, en tout cas le peu que j'ai pu voir). Donc ça reste quand même très "private joke", le lecteur se retrouve vite dans la peau du héros qui ne comprend rien au fonctionnement des deux folles-dingues. Sauf qu'il persévère. Ce que je ne vais surement pas faire. Apparemment il y a7 volumes, je lis un peu partout que ça se dégrade vers le 4 ou le 5°, sauf que l'ennui pointe déjà son nez dès la moitié du premier pour moi. Ce quatuor de choc qui se veut original sombre déjà dans la banalité, avec des situations téléphonées au possible, on devine déjà la fin, qui dérive sur une très banale double histoire d'amour bien plate, avec héroïne barrée mais finalement très fleur bleue pour ne pas dire potiche.

En fait ce titre aurait pu me plaire mais il est arrivé après d'autres parodies en milieu lycéen qui m'ont plus parlé: Switch Girl, plutôt drôle bien qu'inégal sur le côté négligé que cache toute fille digne de ce nom -impossible de ne pas s'y reconnaître un peu-, et surtout Host Club ( ne fuyez pas devant ce titre qui laisse présager le pire), qui tire à boulets rouges sur tous les clichés du manga lycéen, et même du manga tout court, des scénarios improbables, des films de yakuza, des jeux vidéos, avec cette fois, une héroïne pas potiche du tout, et une autre otaku, beaucoup plus drôle.

Sujet réedité de mon autre blog, mais en relisant ce que j'ai écrit il y a 3 ans, je m'aperçois que je n'avais plus aucun souvenir de ce manga, ce qui confirme donc ce que je disais pas ailleurs:  un titre qui ne pas vraiment, voire pas du tout marquée, et que je n'ai pas envie de poursuivre (ou alors si on me le prête, par curiosité, je n'irais clairement pas l'acheter Je n'ai même pas réussi à trouver preneur pour un échange ou une revente sur les sites mangas. Donc, si vous êtes tentés, ces deux tomes sont disponibles à l'échange ou à l'achat.

mercredi 12 février 2014

Le pont flottant des songes - Tanizaki Junichirô

En voilà un que j'ai sélectionné tout à fait par hasard, en fait,  le titre m'a plu, l'illustration aussi, il ne coûtait pas cher.. et je l'ai donc acheté sans savoir du tout de quoi ça parlait ni avoir même lu la quatrième de couverture.

Réflexion faite, grand bien m'en à pris, car au final, le résumé ne correspond pas vraiment au contenu ( "un merveilleux éloge de la maternité" d'après l'éditeur.. rien que ça, ça m'aurait dissuadée d'entrée, de peur de tomber sur quelque chose de gnangnan).

Mais au final, je ne sais pas vraiment quoi penser de cette nouvelle, d'une part j'y ai en partie trouvé mon compte, comme le suggère la couverture, il y est fait référence à la calligraphie, le titre est tiré d'un chapitre du très célèbre roman médiéval "Le dit de Genji", on y trouve pas mal d'éléments qui me parlent et correspondent à ce que j'ai cherché en voyage: maison de thé en bois, bassin aux carpes, koto.. et j'ai aussi enfin appris le nom de cet objet qui symbolise dans mon idée le jardin japonais idéal: le sôzu.. cette fameuse fontaine de bambou qui se remplit puis se vide en claquant un coup sec.. allez savoir pourquoi, j'adore ça!

 Et elle a un rôle récurrent dans la nouvelle.

Par contre sur le contenu lui même, je suis plus réservée: ça commence bien, par un évocation de sa petite enfance par le héros, qui perd sa mère en bas âge, et n'arrive plus bien à distinguer dans ses souvenirs lesquels datent de sa mère et lesquels datent de sa belle mère, la seconde ayant été choisie pour sa ressemblance avec la première. D'autant que le père et la belle mère se sont arrangés pour qu'ils ne fasse absolument plus de distinction, la seconde femme se comporte exactement comme un décalque de la première.
Là dessus, bon, on a franchement du mal à saisir l'intérêt de la chose, car l'amour du père et de la mère de substitution devient plutôt étouffant, peu de scènes en dehors de la maison familiale, on est assez proche du huis-clos, parents qui abandonnent le demi-frère sans ciller (une raison est évoquée: l'action se passe à une époque où la conscription n'était obligatoire que pour le second fils d'une famille, le premier étant exempté en tant que  soutien de famille, l'auteur nous dit qu'il n'était pas rare de "louer" en quelque sorte le second garçon à une famille d'accueil pour lui éviter le service militaire) ..Mais franchement lorsque le père meurt et fait promettre à son fils d'épouser une fille qu'il lui désigne d'office afin de se mettre tous deux au service exclusif de la belle-mère, on se dit qu'on est plus proche de parents abusifs que d'autre chose. Limite, le lecteur est content  pour le héros que sa mère adoptive meure aussi assez vite pour qu'il puisse enfin vivre à sa guise.

Donc je dirais que je l'ai trouvé pas mal, sans plus, il ne me laissera pas non plus un grand souvenir, mais méfiez vous du résumé trompeur!

( article repris de mon autre blog)