dimanche 3 août 2014

Library wars ( film)

"Lire c'est penser, nous avons le devoir de garantir cette liberté, les nations qui détruisent leurs livres finiront pas détruire leur peuple", c'est sur cette phrase et sur le réglement intérieur d'une bibliothèque que s'ouvre le film. Immédiatement suivie par une fusillade menée par des costard-cravates dans une bibliothèque, les lecteurs sont dégagés manu militari, les livres sont incendiés.. Nous ne sommes pas en 1984, ni chez Ray Bradbury.. mais dans une uchronie, un futur alternatif.. du genre qu'on a vraiment pas envie de voir arriver.

Et si , en 1988, le Japon avait voté, après maints débats sur la liberté d'expression et la censure, une loi d'amélioration des médias pour restreinte la diffusion d'oeuvres pornographiques, violente ou discriminatoire, ç'aurait été une bonne idée?
Sauf que sous ce prétexte, et grâce à la création d'un "comité de surveillance des médias", les auteurs "à risques" son surveillés, les librairies dépouillées des oeuvres censurées, sous le nez des lecteurs, par des technocrates qui ne cesses de se militariser de plus en plus. Evidemment la population grogne, mais peut difficilement répliquer sous la menace d'armes. Sans compter les groupes de soutien à la loi, extrémistes, qui eux, ne prennent pas de gants avec la vie des lecteurs ou des employés.
2004: le "corps des bibliothécaires" se crée, pour lutter contre la censure: il pourra s'opposer au comité de surveillance et réquisitionner les livres condamnés à la destruction pour les conserver dans les bibliothèques et garantir leur libre accès.
nonon, ce n'est pas une policière, mais une bibliothécaire, puisque j'vous le dis

2019: la mignonne Iku s'engage comme bibliothécaire.. s'engage n'est pas un mot trop fort au vu de l'ambiance et de l'entrainement paramilitaire que nécessite le sauvetage (parfois musclé!) des livres. 15 ans plus tôt, elle a résisté pour sauver un livre pour ados ( du genre aussi subversif que Narnia, hein..), et a été secourue par un type du corps des bibliothécaires.. qui es devenu son modèle, son héros personnel. Mais comment retrouver quelqu'un qu'on a  vu juste une seule fois rapidement, et de trois quart dos, dans une situation tendue?

Ca sent l'histoire d'amour à deux balles hein? Hé bien faux!! Chose inattendue, le film dérive vers la comédie sur le quotidien de cette bibliothèque pas comme les autres: car Iku a de gros problèmes relationnels avec son chef, M. Dojo, petit, complexé, acariâtre, qui la fait bosser comme 15 sous les quolibets de ses collègues. LE chef casse-burette de base. Bon évidemment, elle est du genre flemmarde, on va dire qu'il la malmène car il a senti son potentiel qu'elle n'utilise pleinement que sous la contrainte. Et elle n'a pas son pareil pour repérer les types louches, ceux qui vont aux toilettes feuilleter des revues de mode.. pour en découper les pages " petites culottes et dentelles" - car ça aussi, c'est censuré!

Il y a aussi les collègues, certains cire-pompes, certains compatissants, qui font que finalement, le contexte SF reste en retrait par rapport à la comédie satyrique ( et dans le fond, on parle quand même de deux factions qui' s'affrontent à main armée, difficile de prendre complètement parti pour les bibliothécaires même si leur credo est d'éviter les débordement et surtout les victimes).
Donc autant se focaliser sur la quête d'Iku,  autant chercher  retrouver une aiguille das une meule de foin, sa colocataire ne manque jamais une occasion de la charrier sur ce fantasme , sur le chef ( va-t-il finir un jour par devenir sinon sympathique, du moins, un peu moins casse-pieds?)
j'aime énormément la tronche blasée du chef Dojo, un personnage plus subtil qu'il n'y parait

Ca n'est pas le film de l'année, mais j'ai bien aimé ce mélange bizarre entre comédie et film de guerre. Qui malgré ses gros flingues et ses gros sabots, n'oublie pas d'être assez subtil par moments: j'ai bien ricané sur un passage où on apprend qu'une série de meurtres a été commise par un ado qui possédait chez lui des "livres d'horreur violents" achetés au marché noir.. et on voit clairement le manga " death note".. zut  je l'ai lu, est-ce que ça fait de moi un monstre?. la faute est rejetée sur les livres par le gouvernement, et je trouve ce parallèle très pertinent, à l'époque où à chaque fois qu'un drame se passe, on met en cause  les jeux vidéos...

Mais voilà, en dépit de quelques longueurs, j'ai bien aimé ce mélange original, l'acteur principal vraiment bon (Okada Junichi) l'actrice principale attachante ( Eikura Nana) et la fin ouverte.  Je viens de voir qu'il est tiré d'une série de 4 romans, et que seul le premier a été adapté. Et que les romans ont été traduits en français, donc, à mettre dans un coin de ma mémoire. Il y a également une adaptation en manga et en dessin animé, mais je ne sais pas, ça m'inspire moins en fait.

En tout cas à voir si vous avez du temps libre et envie de voir un film divertissant, avec de l'action et de l'humour,  sans être écervelé.

catégorie cinéma

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