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lundi 22 juin 2026

Les carnets de l'apothicaire tomes 1 à 4 ( manga) - Itsui Nanako et Nekokurage

 Voilà une série que je voyais passer régulièrement à la bibliothèque, et c'est peu de dire qu'elle y fait un carton absolu. Depuis des mois, les premiers tomes étaient impossible à avoir, tant ils sont multi-réservés. J'ai donc sauté sur l'occasion de pouvoir récupérer les 4 premiers pour tenter le coup.

Et c'est une bonne pioche, j'ai beaucoup aimé cette histoire ( tirée d'un roman en plusieurs tomes, et les 4 premiers du manga correspondent précisément au premier tome de la série de romans): un seinen manga d'enquête dans une ambiance historique ( on est en Chine, au palais impérial, dans une époque indéfinie, mais probablement vers le XVII° ou XVIII° siècle, voire XIX° du moins je le suppose, car l'héroïne connait le cacao, qui est un produit rare et luxueux en Asie. Parce que " Chine impériale", c'est une réalité politique tellement vaste, de l'an - 221 à l'an 1912, ça fait une sacrée fourchette).

Hop, ce visuel là, il existe une autre adaptation manga, mais c'est celle-là que nous avons à la bibliothèque


Et donc tout commence lors que Mao Mao, 17 ans, apprentie apothicaire du quartier des plaisirs est enlevée et vendue comme esclave à la cour de l'empereur. On apprend plus tard que dans sa situation, l'esclavage est normalement interdit, il est illégal d'enlever des gens pour les vendre. Mais il est légal pour une famille pauvre de vendre des enfants qu'elle ne peut pas élever. Si l'acheteur n'est pas au courant de la situation , il n'est pas légalement fautif - ce qu'elle explique un peu plus tard à l'autre personnage important, un haut fonctionnaire de la cour. Mais bon, personne ne la croirait, hein... En attendant comme une bonne partie de son salaire est  envoyée à sa " famille", et donc détournée par ses ravisseurs, son plan est simple: buller , en faire le moins possible, cacher ses talents pharmaceutiques qui pourraient lui faire avoir une meilleur place et un meilleur salaire, et donc rapporter plus d'argent à ses ravisseurs.
Et ça lui est évidemment inacceptable. Sa seule issue est de faire du travail très médiocre pendant 2 ans, à l'issue desquels elles sera renvoyée pour incompétence.
En attendant, elle est nourrie, logée, doit travailler comme lingère.. ce qui dans le fond n'est pas pire que rester dans le quartier des plaisirs, où elle est plus ou moins bonne à tout faire dans un "établissement" de renom, mi salon de thé, mi bordel. Là aussi, son plan était de s'enlaidir autant que possible, afin que la patronne ne décide pas d'en faire une entraîneuse. Rester quelconque est son assurance vie en quelque sorte.
Au moins au palais impérial,  et plus précisément dans le quartier réservé aux femmes, les seuls hommes qu'elle risque de croiser sont des eunuques, donc.. un danger de moins. Et pour ce qui est de l'ambiance, c'est un panier de crabes, entre les concubines officielles qui se jalousent, les tentatives d'empoisonnement, le cirage de pompes envers les hauts fonctionnaires.. mais là encore rien de bien différent du monde de la nuit.
Son seul souci est qu'elle est séparée de son père adoptif, apothicaire vieillissant, qui la forme au métier, et auquel elle ne peut pas vraiment apporter d'aide financière avec le peu d'argent qui lui reste. Et sa frustration est devoir tout un tas de plantes, dont des plantes médicinales, et de ne pas pouvoir faire d'expériences sur elle-me^me.

Car Mao Mao est un peu "maso maso".. et n'aime rien tant qu'élaborer des remèdes, tester des poisons, y compris à ses risques et périls. Lorsqu'elle entend parler d'une vague de morts suspectes d'enfants et de maladie chez les concubines, elle comprend vite qu'il s'agit d'empoisonnements accidentels au plomb, contenu dans les fards. Et en avertir nuitamment deux concubines. Evidemment, son projet de discrétion tombe à l'eau lorsqu'un haut fonctionnaire comprend qu'une lingère instruite a donné l'alerte, et l'identifie facilement.
Mais c'est un mal pour un bien: elle entre au service de Gyukuro, 19 ans concubine de l'empereur , en tant que goûteuse: à charge pour elle de tester les plats et de s'assurer qu'on ne veut pas empoisonner son employeuse.
Un travail cauchemardesque pour quiconque, une aubaine pour elle: elle peut négocier avec le haut fonctionnaire, Jinshi, la possibilité d'assister le médecin - incompétent- et de concocter des remèdes.
Jinshi voit aussi en elle une aubaine: sa connaissance des poison va être précieuse pour résoudre la multitude d'enquêtes et de morts mystérieuses qu'il a sur les bras, puisque tout le monde semble vouloir tuer tout le monde dans ce palais.

J'aime beaucoup le soin apporté aux personnages secondaires, et à leurs relations entre eux et avec Mao Mao, qui bien que personnage central, est assez détachée de tout ce qui est socialisation. Ce qui l'intéresse, c'est exclusivement, la pharmacopée, les poisons, la médecine.. elle sait naviguer en société, se faire des relations, les utiliser à bon escient, mais, ça n'est pas ce qui l'intéresse. Même si elle a noué rapidement un contact amical ( autant que faire se peut vu leurs catégories sociales respectives) entre Guykuro, ses dames de compagnie et elle, elle ne semble pas vraiment en avoir un besoin viscéral.
Et elle est d'autant plus appréciée qu'elle n'est pas perçue par les autres comme une rivale: elle n'a pas d'ambition de rester, n'aime pas se mettre en avant ni en valeur... et a bien du mal à savoir quoi faire de Jishi.
Là aussi, j'aime bien la manière dont se développe leur relation, pas exactement ce qu'on aurait attendu.

Jishi est un haut fonctionnaire, noble, doté d'un visage particulièrement androgyne ( Mao Mao le prend pour une femme jolie, mais hautaine, la première fois qu'elle le voit) qui lui vaut d'être courtisé par les hommes comme par les femmes. Lui-même a conscience d'être, du moins en partie, un appât lâché dans la cour des femmes, afin de tester la fidélité des concubines de l'empereur. Si elle lui font trop de plat, il devra le signaler et elle seront écartées de la cour.
Mao Mao a déduit de son apparence androgyne et de sa présence en ce lieu, qu'il s'agit d'un eunuque. Ses manières roublardes et charmeuses ne la trompent pas, et elle évite de trop se trouver embarquée dans ses manigances. Du moins, plus que nécessaire, puisqu'en tant qu'intendant qui l'a placée là, elle doit quand même travailler avec lui. Mais est opaque à son charme.
Pour Jishi, habitué à attirer les regards et à être le centre des attentions, c'est un sacré changement: elle le regard comme s'il était une bestiole répugnante, et il adore ça, enfin quelqu'un qui n'essaye pas de gagner ses faveurs. Il essaye malgré tout de se rapprocher d'elle, d'abord par jeu pour voir s'il va la faire plier, ensuite parce qu'il se rend compte qu'elle est probablement la seule personne qui soit réellement honnête envers lui, et en qui il puisse avoir confiance. Elle ne le trahira pas  - enfin, sauf par maladresse peut être-, pas seulement parce qu'elle a a y gagner, mais surtout parce qu'elle a un sens de la justice développée. Et le fait qu'elle ne l'aime pas en fait peut être la seule amie qu'il pourrait réellement se faire, sa position sociale faisant qu'il est entouré de faux-culs.


Soyons clairs, dans la vraie vie, un patron comme Jishi serait insupportable et souvent à la limite du harcèlement sexuel ( mais comme Mao Mao soit n'en a pas conscience, soit s'en fiche, ses approches charmeuses tombent systématiquement à l'eau, et puis être harcelée par un eunuque, elle ne risque pas grand chose, hein...), mais du fait qu'elle l'envoyer bouler et souvent inconsciemment, c'est drôle. Dans le fond, il est n'est pas méchant, mais facétieux, et se prend d'affection pour cette fille dans le fond aussi solitaire que lui et qui ne rampe pas devant lui ni, bien qu'elle soit socialement loin en dessous de lui. Lui a besoin d'une alliée fiable dans son travail, elle a besoin de quelqu'un qui lui permette de pratiquer la médecine.

Reste à savoir comment ça va évoluer. quelque chose me dit que l'intendant cache quelque chose. Enfin, quelqueS choseS, et que contrairement à ce que suggère son apparence, on va apprendre qu'il est encore en possession de toutes les parties de son corps, placées aux bons endroits, et que ça va être un ressort comique aussi. Il y a déjà quelques gags dans ces 4 tomes, pas forcément olé olé, mais égrillards ( les dames de compagnie qui mangent du gâteau aphrodisiaque et semblent avoir passé un moment satisfaisant entre filles, Jishi qui reçoit en cadeau d'un homme des brioches aphrodisiaques, le soldat qui rêve d'aller passer une soirée dans un bordel de luxe, l'opulente poitrine de Lifa, une des concubines, et la suggestion que Mao Mao lui fait sur la manière de l'utiliser. Rien n'est dit pour les chastes yeux des mineurs, mais.. on comprend bien que la suggestion que seuls les adultes ont devinée était une obscure histoire de cravates et de notaires. Mao Mao qui se dit que si Jishi n'est pas un eunuque, sa présence n'est justifiée que pas le fait de ne pas être un danger pour les femmes et donc qu'il est possiblement homosexuel, et "favori" de l'empereur chargé de surveiller ses femmes. *).

 * Ce serait une très mauvaise idée, ceci dit rien ne prouve que le personnage LGBT soit exclusivement G et non B, et dans ce cas, aussi intéressé par les femmes, hein...

Quoi qu'il en soit, pour le moment c'est une bonne pioche, je vais donc continuer au fil des retours de tomes. Je dois avouer avoir envie de lire le roman d'origine, mais je ne pense pas qu'il ait été traduit. Ceci dit,  ce serait intéressant de mettre la main sur l'autre adaptation manga, histoire de voir comment deux auteurs traitent le même roman.

mercredi 6 août 2025

Le pays des cerisiers ( manga) - Kôno Fumiyo

 6 aout 1945. Il y a précisément 80 ans, se produisait l'un des pires drames de l'histoire récente ( enfin, on peu considérer toute la seconde guerre mondiale comme un cataclysme mondial, composé d'une multitude de drames).

Une date précise qui a marqué les mémoire, tout comme 3 jours plus tard, le bombardement de Nagasaki.
Mais la tragédie est aussi dans la suite de ces bombardements. Car ceux qui ont survécu aux bombardements n'ont pas été sortis d'affaire.

la couverture est jolie, en aquarelle aux couleurs vives.
Vous n'êtes pas prêts pour le contenu.
Ha et si le personnage central marche pieds nus en tenant ses chaussures à la main, c'est parce qu'elle vit dans la misère et ne veut pas abimer sa seule paire de chaussure en marchant des kilomètres aller et retour dans la poussière pour aller au travail.
Et la misère n'est même pas l'élément le plus tragique de l'histoire



Et dans ce court manga, on suit 3 générations d'une même famille:
Années 50, à Hiroshima, Minami, âgée de 23 ans, rescapée de la bombe, vit dans la misère avec sa mère, seule autre survivante de sa famille ( avec son petit frère qui était à Tokyo chez ses oncle et tante au moment des bombardements et y est bien évidemment resté ). Son père et une de ses soeurs sont morts dans l'explosion, sa soeur aînée est morte quelques semaines plus tard d'un syndrome d'irradiation aigu. Minami a bien du mal à s'en remettre psychologiquement et finit tant bien que mal par accepter l'affection d'un de ses collègues de travail.. sans savoir qu'elle est mourante. En effet, faute d'argent, elle consomme au quotidien des plantes qui poussent près de chez elle, ce qui l'empoisonne a petit feu. Mais c'est ça ou mourir de faim. Et... c'est donc rapidement que sa santé décline, au moment où elle commençait a accepter d'avoir le droit de vivre, d'avoir le droit d'être encore là.

Deuxième récit, celui de Nanami, années 80, puis 2000, à Tokyo. Sa grand mère est de santé fragile, sa mère est morte d'un cancer quand elle était jeune et son père, Asahi, semble avoir des soucis psychologiques.  Ce que Nanami et son frère Nagio ne savent pas vraiment, c'est que leur père est en fait le petit frère de Minami. Et que sa grand mère est précisément la vieille dame qui avait survécu.
En filant le train a son père pour découvrir quelle lubi l'amène a aller à Hiroshima, c'est l'histoire de sa famille qu'elle découvre: Elle et son frère son ni-sei la " deuxième génération". Il y a eu les irradiés, leurs descendants ét    nt la "première génération"  comme sa mère - mais pas son père qui était à Tokyo et a toujours caché son origine pour éviter l'ostracisme dont a été victime sa femme rencontrée à Hiroshima lorsqu'il y est revenu prendre soin de sa mère.

Et l'ostracisme continue:Devenu adulte Nagio qui a une liaison sentimentale avec une de leurs anciennes camarade d'enfance, se voit sommé par les parents de la femme en question ( alors qu'ils sont adultes et responsables) de rompre toutes relation pour le bien être de leur fille, au cas où ils auraient des enfants, on ne peut pas lui laisser prendre le risque de fréquenter un ni-sei, il a de l'asthme qui est peut être du ou pas au fait d'être descendant d'une irradiée, mais au cas où etc...

et donc, oui, c'est autant le sort des victimes directes de la bombe le jour même ou dans les années qui ont suivi ( Minami), des hibakusha ( attentiosn images de grands brûlés : " les irradiés" terme courant mais assez méprisant pour parler d'eux) comme la mère de Nanami, et des ni-sei ( pas plus respectueux) comme Nanami et Nagio, bouc émissaires d'une société pour qui ceux qui sortent du lot que ce soit pour leurs caractéristiques personelles ( j'en parlais pour le manga sur l'homosexualité en mai dernier) ou même supposées. Les Ni-sei n'ont parfois jamais mis un pied à Hiroshima, mais leur moindre pépin de santé est supposé résulter de l'irradiation subie par un de leur parent ou grand parent.. et ils en font socialement les frais, victime d'un ostracisme pour avoir été victimes directes ou indirectes ( c'est vraiment un des points les plus indéfendables de la société japonaise. Le même genre d'ostracicme a d'ailleurs touché dans les années 1930 jusqu'à 1970 les victimes de la maladie de Minamata, empoisonnement aux métaux lourds collectif des habitants d'un village de pêcheurs par les rejets d'une usine de chimie. Les victimes demandant un dédommagement ont été publiquement présentées par les autorités comme des parasites voulant vivre aux crochets de l'état. Je vous l'accorde il n'y a pas que le Japon, ça n'a guerre été mieux pour les victimes de la catastrophe de Bhopal, en 1984 en Inde)

mercredi 16 juillet 2025

Isabella Bird, femme exploratrice ( T 1 à 3) - Sassa Taiga

 Puisque c'est le mois anglais, je me suis laissée tenter, et j'ai commencé cette série de mangas, toujours en cours ( 11 tomes à l'heure actuelle).




Il met en scène Isabella Bird, authentique exploratrice ( qui est pour les britanniques l'équivalent d'Alexandra David-Neel chez nous). Enfant Isabella était chétive et souvent malade. A l'opposé des habitudes de l'époque, et surtout pour une femme de la bonne société, un médecin lui a conseillé de faire plus d'activité physique, pourquoi pas un long voyage. Ni une, ni deux, Isabella qui a toujours aimé la géographie décide de partir explorer le monde. son premier voyage sera donc d'aller en Amérique, seule, rendre visite à de lointains parents, lors qu'elle a 23 ans. Elle en revient et rédige un récit de voyage, ce qui n'est que le début de sa carrière peu conventionnelle ( quoi une lady, qui voyage seule, écrit, se fait publier, pour avoir des fonds pour le prochain voyage?). Ainsi donc elle continue par le Canada, l'Ecosse, l'Australie, Hawaii, les montagnes Rocheuses.. chaque nouveau voyage et chaque nouveau récit faisant d'elle une exploratrice réputée, avec laquelle il faut compter.
C'est à ce moment qu'elle arrive au Japon, et que commence le manga. Son projet est simple: aller des zones connues des européens ( Yokohama, un des principaux ports de commerce au XIX° siècle) vers les moins connue, jusqu'à Ezo ( Hokkaïdo), à la rencontre du peuple Aïnou, et ce en passant par des sentiers de montagnes. Pour elle voyager par les " grands" axes ou par la mer n'a pas d'intérêt, elle veut découvrir et raconter le Japon réel, rural à ses lecteurs, et en premier lieu, à sa soeur restée en Angleterre.
L'énergie d'Isabella, sa motivation font que malgré l'extravagance de sa situation, elle n'a pas de mal à convaincre des soutiens, en particulier les diplomates britanniques qui voient dans ce voyage un intérêt économique: en explorant de nouvelles routes, en représentant les européens non plus comme des conquérants, mais des gens désireux de connaitre et respecter les coutumes locales, elle va sans le savoir servir la couronne britannique, en ... disons, en mettant la population locale dans de bonnes dispositions envers la Grande-Bretagne ( rappelons que le Japon est longtemps resté fermé à tout commerce avec les étrangers hormis les néerlandais dans des proportions limitées, et qu'il commence tout juste à accepter l'idée du commerce international au moment où Isabella arrive). En explorant hors des sentiers battus ( c'est d'ailleurs le titre de son récit de voyage sur le Japon), elle permet d'envisager de nouvelles potentialité commerciale. Les diplomates sont donc tout disposés à l'aider que ce soit pour recruter un guide bilingue fiable, lui faire délivrer un sauf-conduit très avantageux, assurer de loin sa sécurité..

Et donc, ces 3 premiers tomes présentent le début de sa quête: le recrutement du taciturne mais compétent monsieur Ito, parfaitement bilingue et féru d'histoire du Japon comme guide, les premières étapes à pieds, à cheval, en barque... et al rencontre avec une population qui souvent n'a jamais vu d'européens ( une paysanne prend Isabella pour une Japonaise de Yokohama: ses cheveux blonds et son teint clair la désignent comme étrangère à la région, mais la paysanne est incapable même d'imaginer que d'autres pays existent hors du Japon. Pour elle " vous venez de Yokohama, ça explique que vous ne nous ressemblez pas et parliez une autre langue"). Et si la vie est plutôt confortable, selon les standards du XIX° siècle, dans les grandes villes, c'est un autre monde qu'Isabella découvre: régions dévastées par des guerres de clans, population agricole qui vit dans la misère et l'ignorance la plus totale suite à des siècles de féodalité qui l'ont conditionnée à penser que leur situation est dans l'ordre naturel des choses, quantité de croyances et superstitions qui paraissent absurde à uen anglaise chrétienne, et quantité de traditions également choquantes pour une occidentale ( se baigner nus à l'onsen, qui est encore majoritairement mixte! Allaiter un enfant en public! Célébrer officiellement les premières règles d'une petite fille comme marquant le début de sa vie sociale!)

C'est un manga de type " documentaire, plutôt joli graphiquement, même s'il ne sort pas exceptionnellement du lot, mais bien sympathiqque à lire, déjà parce qu'il met en scène un personnage féminin hors de lot, mais aussi parce qu'il en profite pour faire découvrir des traditions qui à l'époque où vit Isabella, sont déjà en perte de vitesse face à l'arrivée des denrées occidentales ( une ville entièrement dévouée à la fabrication de confiseries traditionnelles, la vannerie qui fabrique des paniers de voyages légers et solides adaptées au voyage à pieds sur les chemins, etc...)

mardi 1 juillet 2025

Medalist T1 - Tsurumaikada

 Et c'est le retour de la tradition du manga / anime sportif d'été! Je n'avais pas trout chroniqué, mais au fil des ans j'avais vu le très drôle Free! ( natation), lu une partie du très long Eyeshield 21 ( foot américain), lu les 3 tomes de Running girl ( handisport).. plus quelques autres trucs du temps de ma lointaine enfance ( gymnastique, volley, tennis, je vous laisse chercher, mais il y en avait un paquet. Je précise n'avoir pas lu Captain Tsubasa, je n'ai rien à brosser du foot)

Et rafraichissant en plus, on retourne sur la patinoire 8 ans après Yuri on ice.
Plus enfantin et mon coquin que son prédécesseur, il s'annonce pourtant assez bien, sur un sujet assez classique (et traité classiquement: dépassement de soi, mentorat, rivalités, etc... les ingrédients classiques du manga de sport/ baston)

Etonnamment, il est classé comme seinen


On a d'un côté Tsukasa, 26 ans et déjà retraité. Forcément une carrière de sportif c'est court, surtout dans un milieu aussi concurrentiel que le patinage artistique au Japon, à Nagoya précisément. La ville s'est spécialisé dans l'élevage ( limite en batterie) de champions et championnes. Or, comme pour la danse ou la gymnastique, les âges de champions ayant une nette tendance à la baisse, il faut commencer jeune, voire très jeune. Entre 3 et 5 ans pour le patinage. Bien souvent ce n'est même pas un choix des enfants, mais de leurs parents. Des parents riches (car les cours et les tenues coûtent cher), qui se soucient finalement peu du vrai intérêt de leurs enfants. Ou à contrario peuvent leur refuser ce hobby si l'entraîneur ne leur donne pas l'assurance que l'enfant est une graine de champion.. bref s'ils n'ont pas l'assurance que les sacrifices pécuniaires seront une retour sur investissement. En clair: assurez moi que mon fils ou ma fille ira jusqu'aux jeux olympiques, sinon,  je le retire du club.

Et pour ceux qui comme Tsukasa, n'ont pu commencer dès le berceau, pour cause économique? Peu d'espoir d'en vivre. Il a découvert le patinage à 11 ans, s'y est réellement donné à fond à 14 ans, et malgré tous ses efforts, n'a pas pu combler suffisamment son retard face à ceux qui avaient commencé dès la maternelle. Exit le patinage artistique, il s'est réorienté vers la danse sur glace, moins athlétique, et y a fait une petite carrière, mais même là, on pousse derrière et lui doit en parallèle faire de petits jobs pour continuer à s'entrainer. Et comme il n'a pas eu le soutien de ses proches, qui ont au contraire insisté lourdement sur son âge, il est déjà à deux doigts de renoncer, après plusieurs échecs à des castings de type " Holiday on Ice".

De l'autre côté, Inori, 11 ans, petite fille très.. disons spéciale qui rêve de faire du patinage ( outre le patinage , elle voue une passion aux lombrics,qu'elle ramasse et manipule car ça la calme). La pauvre Inori n'a pas trop de chance. Elève quelconque, maladroite, semblant n'avoir aucun don, ayant la réputation d'être fêlée.. sa mère passe son temps à lui rappeler qu'elle est nulle dans à peu près tout, et hésite à la laisser s'engager dans cette voie où " elle va se ridiculiser, tant elle est empotée". Ce qui est loin de booster sa confiance, d'autant qu'elle est ultra émotive et se laisse facilement démoraliser par les critiques.
Et pourtant lorsqu'il la rencontre, l'impétueux Tsukasa détecte vite son potentiel: la gamine se débrouille bien, alors qu'elle n'a jamais fait plus que louer des patins et glisser lors des heures d'ouverture au public, mais elle a du potentiel: casse-cou, rapide, n'a pas le vertige, et malgré sa sensibilité, elle n'a pas de filtre de réalisme. Elle a appris les bases théoriques seule dans sa chambre avec un livre, et donc comprend vite ce qu'elle doit faire sur la glace au delà de son niveau.. même si sa manière de penser spéciale requiert des explications parfois farfelues.
Mais elle a du potentiel, et Tsukasa qui se revoit à 11 ans se dit que ce serait dommage de gâcher une motivation et des aptitudes physiques pareilles... il est plus que temps pour elle de commencer, et il va se charger de la coacher, alors qu'il n'est qu'assistant entraîneur.
Pousser cette nouvelle élève est aussi pour lui l'occasion de lui donner la chance qu'il n'a pas eue.

Et donc ce premier tome est plutôt sympa, bien que le graphisme soit parfois déroutant, à l'image de sa couverture où l'héroïne a des jambes curieusement distordues. Bon c'est un tome 1, on sait qu'en BD, il faut parfois quelques tomes avant que le graphisme ne se fixe.. Il y en a 12 à l'heure actuelle au Japon, et c'est une série que je vais probablement suivre si elle ne s'éternise pas ( raison pour laquelle j'ai lâché Eyeshield 21).
A noter qu'il y a une série animée dont la diffusion s'est faite cet hiver, mais que je ne verrai pas car elle est sur Disney + et que je n'ai pas du tout envie de souscrire à ce type de streaming.
Dommage, ce serait le seul moyen de voir si le niveau de l'animation des séquences sport est au niveau de celui de Yuri ( dont c'était vraiment le point fort)

samedi 21 juin 2025

la fanfare au clair de lune (T1) - Yamada Hamachi

 Ho, nouveau manga à sujet musical, ce sera parfait pour le 21 juin.

J'avais continué à lire Nana, mais j'ai plié au bout d'une dizaine de tomes. Le thème musical passait complètement au second plan, et Nana Komatsu m'est vite sortie par les yeux avec ses jérémiades, son immaturité émotionnelle et ses plans Q foireux. Vu que le manga est vite devenu un " holà, ça va trop vite, je ne sais même plus qui se tape qui" vu que les membres des deux groupes ont fortement tendance à sortir avec ceux du groupe rival, j'ai laissé tomber. Ca pourrait bien se passer dans l'arrière salle d'une supérette entre collègues de travail que ça serait pareil donc... intérêt vite perdu.

Donc c'est parti pour un shojo lycéen dans le milieu des fanfares amateurs.




On y suit donc Mizuki, 15, lycéenne de Tokyo en plein burn-out. Dressée comme un parfait chien savant par ses parents, elle craque. Elle n'a pas de loisirs, une vie sociale inexistante, pas d'amis, aucun centre d'intérêt car on lui serine depuis la maternelle que son destin est d'entrer dans une université prestigieuse.  Pour y faire quoi? Ben, elle même ne le sait pas, vu qu'elle n'a pas d'autre horizon que l'entrée à l'université. Elle n'a même aucune idée des matières qui lui plaisent ou non, quant toujours tout traité sur un pied d'égalité. Elle profite donc des grandes vacances ( au printemps au Japon) pour fuguer loin des parents et d'un quotidien insupportable, pour rejoindre sa tante, gérante d'un café restaurant à Akita ( le grand nord, autant dire quitter la capitale pour ce qu'on appelait quand j'étais au collège" le Japon de l'envers", un peu ce qu'un certain président appelait chez nous " la France d'en-bas". Précisément le genre d'endroit où les lycéens qui s'ennuient rêvent de faire le chemin inverse et d'aller étudier... à Tokyo)
Sauf que son vide existentiel la suit, jusqu'au jour où elle fait connaissance d'Akira, le lycéen qui a un petit travail au café. Elle tombe sous le charme non pas d'Akira qui a un sale caractère, mais de sa trompette. Pour la première fois de sa vie, Mizuki s'enthousiasme pour quelque chose, et, pire que tout du point de vue de ses parents, pour quelque chose qui n'est pas en lien avec les études, le prestige, ou la réussite sociale...
Mizuki fait donc des pieds et des mains pour rester à Akita, intégrer le lycée où Akira joue dans une fanfare, pour pouvoir elle aussi se mettre à jouer de la trompette dans la fanfare du lycée.
Problème: elle n'y connait rien, n'a aucune notion de musique, ne sait évidemment jouer d'aucun instrument, ne sait pas marcher au pas et a une nette tendance à baisser les bras quand une nouvelle difficulté se présente, pour aller pleurer dans on coin. Geignarde, trouillarde et pleurnicheuse ( mais au contraire de Nana, elle veut vraiment corriger ce défaut), elle doit donc à la fois apprendre son nouveau loisir, mais ausssi apprendre à faire un truc qu'elle ne sait absolument pas faire: avoir des relations sociales normales et se faire des amis.
C'est mal parti avec Akira qui ne tolère ce boulet que parce que c'est la nièce de son employeuse, maiiiis ils peuvent collaborer: Akira est un excellent trompettiste qui veut aller étudier la musique à l'étranger mais se heurte a un problème majeur: il galère à mort en anglais. Mizuki ne sait pas jouer de trompette mais en tant qu'élève modèle, a un très bon niveau d'anglais...

Bon, c'est un manga ( bizarrement classé seinen, alors que vu le cadre et les thèmes ce serait plutôt un shojo pour moi) plutôt classique: le personnage maladroit qui se retrouve propulsé dans une situation qui lui pose problème, les gens que tout oppose mais qui vont devoir collaborer, la vie à la campagne vs la vie à la capitale, les relations difficiles avec les parents. Mais d'une part, c'est l'histoire d'une fille qui se passionne pour la trompette, et donc ça fait plaisir, et d'autre part ça me rappelle la très sympathique série Hibike Euphonium ( qui a 10 cette année, ce que le temps passe!), et donc c'est une bonne chose.
Et la bonne nouvelle c'est q'il est fini au Japon, et qu'il y a seulement 6 tomes, don  ça reste une série lisible, qui risque moins de de se disperser au fil des tomes.

samedi 17 mai 2025

Solitude d'un autre genre - Kabi Nagata

17 mai, c'est la journée journée de lutte contre l'homophobie, et j'ai le sujet parfait pour ça!

Que voilà un étrange manga, absolument pas tout public. Issu d'un webcomic a visée cathartique, l'autrice ne nous cache rien de son mal être: attention on va parler de comportements auto destructeurs, de dépression, de maladie mentale, de mutilations, de prostitution, de sexisme...

le graphisme est inhabituel, plus proche de la BD indé.
Le sens de lecture aussi est européen. Un tel sujet ne pouvait pas vraiment être édité directement dans une maison d'édition normale, et c'est son succès sous forme de webmanga qui a fait qu'il a fini par être édité



Car le problème de l'héroïne c'est de se sentir incomprise. Mais elle ne se comprend pas elle même ( et la raison de cette incompréhension est expliquée en notes de fin, qui présentent la situation des minorités LGBT dans le Japon contemporain).
Nagata est anorexique/ boulimique, incapable de garder un travail longtemps car elle sombre vite dans des crises d'angoisse.. Elle voudrait que ses parents la comprenne.. mais ne trouve jamais le courage de leur parler franchement. Et leur parler de quoi? De ce qu'elle est? Elle-même ne le sait pas, car elle se refuse tout plaisir physique, à commencer par manger. Elle s'estime ne pas a voir le droit au plaisir quel qu'il soit. Pour trouver une raison a sa souffrance, elle commence à se scarfier: une blessure visuble est une raison légitime de souffrir, quand un mal être psychologique, donc invisibile, ne lui semble pas une souffrance valide. Là, au moins, dit-elle, elle a une vraie raison d'aller mal.

Et pourtant elle a un désir secret: elle veut qu'une femme plus âgée la câline.
Car ce que Nagata ne s'avoue pas c'est qu'elle est lesbienne, et s'en punit plus ou moins consciemment.
La déclic qui va la faire changer et la pousser à s'accepter est double. Premièrement un entretien d'embauche, où elle évoque son hobby: dessiner. Elle n'est pas retenue, mais la dame qui lui fait passer l'entretien lui dit clairement: " vous n'êtes pas la même, vous êtes bien plus vivante quand vous parlez de dessin, continuez dans cette voie, donnez tout". Ce soutien involontaire de la part d'une inconnue lui fait prendre conscience qu'il n'y a pas beaucoup de solutions: elle seule peut faire changer la situation qui lui déplaît.
La seconde étape cruciale est la découverte de services de prostitution lesbiens. Après tout, pourquoi pas, organiser un rendez-vous est facile, rapide, discret via une application... et même si son premier rendrez-vous ( et de fait sa première expérience sexuelle) est un fiasco, c'est aussi un pas vers l'acceptation. Elle est lesbienne, elle a le droit de l'être, même dans une société qui préfère ignorer leur existence.
Car au delà du sujet LGBT, c'est aussi la place des femmes dans la société japonaise qui est évoquée: le rôle traditionnel qu'on attend encore d'elle, la quasi-obligation d'arrêter de travailler quand on se marie et qu'on a un enfant, qui conduit à la spectaculaire baisse de natalité actuelle, puisque les femmes préfèrent rester célibataires sans enfant, que de devoir dépendre d'un mari, parfois encore choisi par les parents, ou par défaut. Mais paradoxalement la prostitution ( des femmes et des hommes, parfois d'individus très jeunes et pas encore majeurs)  y est répandue, au vu et su de tous ( j'ai vu de mes yeux de jeunes garçons et filles, des escorts, le soir en pleine rues de Tokyo faire la publicité d'un bar à hôtes ou à hôtesses), mais.. il ne faut pas en parler. Les magasins multicolores de préservatifs on pignon sur rue, mais les informations sur la prévention des IST et des grosses non désirées est proche du zéro.
Et plus généralement, il y a l'idée ( et c'est pareil en Russie ou en Hongrie) que si on ne parle pas d'homosexualité, ça détournera les jeunes de ces comportements, puisqu'ils ne sauront pas ce que c'est. Pire, en parler est considéré comme faire la promotion de comportements déviants et passible de prison dans certains pays.
L'hypocrisie sur ces sujets est énorme. Au Japon, elle n'est pas passible de prison, mais dans une pays où un proverbe dit " les clous qui dépassent appellent le marteau", tout comportement dans soit peut différent de celui attendu est socialement sanctionné. Les choses évoluent peu a peu mais en clair, un employé peut être mis au placard.. pour en être sorti!

Car le Japon n'est vraiment pas un pays où la différence est acceptée, et la différence même souvent à la marginalisation. Ici on parle du cas des Toyoko Kids ( attention, images violentes de bras scarifiés ou de jeunes ivres morts), adolescents désocialisés, rejetés par leurs parents, et qui n'ont souvent pas d'autre choix que la mendicité et/ ou la prostitution. Parce qu'ils sont différents, parfois atteints de maladies mentales (qu'on préfère cacher ou ignorer plutôt que de soigner), et n'arrivent pas à se couler dans les attentes d'une société hyper rigide où c'est "marche au même pas que les autres ou crève". Je suppose que bon nombre d'entre eux sont également des membres de la communauté LGBT mis à la porte par leur famille.

Le manga a d'ailleurs des suites.. que ne semblent pas franchement plus joyeuses que ce premier tome, mais qui ont le mérite d'aborder de front les problèmes sociaux: Boire pour oublier ma solitude, Journal de ma solitude, Solitude d'une guerrière errante. Je vais clairement m'y intéresser si je les trouve!

jeudi 17 avril 2025

La gameuse et son chat ( 8 tomes ) - Nadatani Wataru

 Et hop deuxième manga " feel good " dans la foulée du premier, cette fois avec un personnage adulte. Enfin, d'âge adulte... mais doté d'un centre d'intérêt que la société considère comme puéril, surtout pour une femme: une gameuse.





Et mine de rien, c'est une petite révolution à sa manière car son héroïne 29 ans au début, est une employée de bureau tout ce qu'il y a de plus ordinaire, si ce n'est qu'elle se distingue par son efficacité et sa rapidité. Riko Kozakura, surnommée " Zéro heure sup'" ( ce qui n'est pas un compliment au Japon où faire des heures supplémentaires est considéré comme un gage de sérieux.. mais personne  ne peut rien lui reprocher puisqu'elle arrive toujours à boucler son travail, sans erreur et donc... rien à redire), part toujours à l'heure. A la limite on lui reproche plutôt de ne pas participer aux presque obligatoires soirées post-travail, et comme personne ne sait rien de sa vie en dehors, les collègues se posent des questions. Pourquoi part-elle toujours si vite? Elle est toujours pressée, elle est plutôt jolie, il doit y avoir un homme qu'elle ne veut pas faire attendre..

Rein ne saurait être plus faux. Riko optimise son temps de travail et son temps de transport pour pouvoir geeker à l'aise chez elle en célibataire contente de l'être. C'est une gameuse hardcore. Du genre qui calcule ses activités à la minute près pour pouvoir consacrer tout son temps libre à jouer. Et dans tous les genres: du jeu casual sur téléphone jusqu'au MMORPG, de l'héroïc fantasy à la chasse aux pokemons, du jeu de combat à celui de gestion, elle kiffe tout! Et seule sa soeur est au courant de ce loisir considéré comme bien peu adulte et bien peu féminin. D'autant que physiquement, Riko est l'opposé du cliché de la geekette: une stricte comptable en tailleur.

Jusq'au jour où un chaton perdu est trouvé sur le parking de la société. Personne ne peut le prendre: le patron a déjà 3 autres chats, la collègue d'open space vit dans un immeuble où les animaux ne sont pas autorisés ( c'est courant au Japon), etc.. Et inexplicablement, Riko, qui n'a jamais eu d'animal de compagnie, tombe sous le charme de la boule de poils et l'adopte aussi sec.

Problème, elle est totalement noob en matière de.. tout ce qui n'est pas jeu. Qu'à cela ne tienne, elle va donc envisager la chose sous cet angle. Elle voit la croissance du chat comme de l'augmentation de niveau, son développement comme un gain de compétences, les passages à l'animalerie - où la vendeuse est une "PNG"- comme de l'équipement, les visites chez le véto comme des soins qui permettent de restaurer sa barre de vie et ses points de santé.
Et contre toute attente ça marche. Omusubi le chat ( un synonyme d'onigiri, à cause de sa tête triangulaire) est même ensuite doté d'un "compagnon de quête", nommé Soboro ( dont le nom désigne une sorte boulette de poulet à la sauce soja) et tous deux font une équipe d'exploration redoutable. Peu a peu le monde de Riko devient moins virtuel. Toujours aussi high tech, mais un peu plus tourné vers le vivant.

Et ses chats deviennent si important que, lorsque Riko se trouve contrainte de choisir entre ses chats et son travail ( la société déménage et il lui est impossible de trouver un appartement qui accepte les chats à une distance raisonnable de son nouveau poste, et dans son budget), ce sont les chats qui priment.

Une petite lecture à nouveau sans prise de tête mais, que ça fait plaisir de voir un personnage féminin à l'aise dans sa vie, qui assume ses loisirs différents, qui contre toute attente se fout totalement de la pression sociale et vit très bien son célibat de trentenaire qui n'a aucun projet familial. Et n'en fait pas une affaire d'état. Ce n'est ni un stress, ni une revendication, c'est juste sa manière d'être. Rien que pour ça, ça m'a beaucoup plu.