jeudi 20 juin 2019

Moriarty T3 et 4 - Takeuchi Ryosuke et Miyoshi Hikaru

Bon, donc les 2 tomes suivants étaient à la bibliothèque, les voilà lus et chroniqués dans la foulée.
Et je confirme que pour moi, ça s'arrêtera là.



Le tome 3 était d'un ennui profond, avec une relecture pathétique d'une Etude en rouge, et une version tape à l'oeil du chien des Baskerville.

Pour une étude en Rouge, c'est surtout le problème de se concentrer sur Sherlock-loubard et Watson l'incolore qui pose problème.Un Sherlock accusé de meurtre par un mort qui aurait écrit son nom avec son sang avant de mourir.
Et quand tu es française, ben, tu sais que c'est aussi crédible que "Omar m'a tuer". Autre problème: "Qui c'est celui là?". Les personnages secondaires arrivent comme un cheveu sur la soupe, sans être présentés, donc c'est au bout de 3 ou 4 pages qu'on apprend que X est en fait Lestrade.
On a droit à Fred, qui fait du parkour déguisé en petite vieille (facepalm).
et toujours le leitmotiv des nobles ( tous salauds tendance marquis de Sade) qui font rien qu'à oppresser les pauvres et les roturiers.

Dans ma tête ça donne Biouman " je suis le méchant et je veux tuer la gentille!".
Cli-Ché!
Spoiler: en fait être noble, c'est juste être né avec un titre ronflant, non seulement ça ne garantit pas la fortune, comme ma copine Mathilde, baronne de par son père mais qui a bossé en usine pendant des années et maintenant à la poste. Et être une ordure n'est ni livré avec le titre à la naissance, ni limité à la noblesse. Que je sache, beaucoup de serial killers ( dzing!) sont roturiers, hein..
Je sais, mais ça commence à me saouler ce présupposé. Pour moi c'est du même acabit que "  tous les noirs sont, tous les juifs sont.." et ça pue.

Le chien des Baskerville: Charles est une sorte d'ogre qui fait enlever des gentils n'enfants orphelins pour les chasser ni vu ni connu, comme des lapins, dans les jardins de son immense propriété, avec ses petits camarades masqués comme des adeptes d'une secte. Outre qu'on a là un scénario de mauvaise série B vue et revue, l'ami Charles est un esthète décadent qui fait de l'art avec les cadavres de ses victimes.
Chasse à l'homme et art macabre, mais mais mais.. c'était dans Psycho Pass tout ça et avec autrement plus de brio car il y avait une réflexion sur la violence, l'art et plus généralement la décadence.
a oui,dans la foulé, on découvre que Louis, le gentil et effacé Louis est un extrémiste qui laisserait mourir sur place une victime blessée pour pouvoir se consacrer à la chasse au criminel. Vaut-il dans ce cas là mieux que Charles Baskerville, J'en doute.

Entre parenthèse, c'est gamins on des nerfs d'acier: torturés pour entraver leur fuite, ayant perdu du sang, menacés de mort, ils voient des gens pas forcément rassurants abattre sous leur yeux leur tortionnaires.
Et ils ne mouftent pas.Ni hébétés, ni sur la défensive.. a priori quand on est  enlevé et torturé, on est aussi immensément stressé, et incapable de réfléchir, on a un minimum peur de celui qui vient de décapiter votre tortionnaire sous vos yeux...en tout cas on ne le suis pas gentiment sans se dire " au secours, c'est moi le prochain, vite, s'enfuir, coute que coûte". Ben là, non. Ils repartent tranquillement avec leur" sauveteurs"- 10 points de crédibilité psychologique.
5 J'en profite pour mentionner  ce que j'avais oublié de dire précédemment: les pamplemousses sont un ressort narratif dans le tome 1ou 2, je ne sais plus. Mais ne peuvent en aucun cas être produits localement au centre de l'Angleterre à la fin du XIX° siècle. Même pas à l'heure actuelle malgré le réchauffement climatique, les agrumes poussent toujours dans les pays chauds: Floride, Israel, Espagne, Italie, un peu dans ma PACA natale, mais là aussi il ne fait pas assez chaud... ( donc un oranger sur le sol irlandais on ne le verra jamais, et j'ajouterai un pamplemoussier sur le sol anglais, c'est pas demain la veille non plus.)Soit dit en passant, et justement vu la provenance, le pamplemousse devait être un produit de luxe à l'époque, certainement pas un fruit de consommation courante trouvable sur un marché local et accessible à la bourse des travailleurs agricoles... En Bretagne on est plutôt forts en pommes.
(Oui je mets des références franchouillardes et peu sérieuses parce que c'est ce qui me permet de tenir le coup,là...)

Enfin, déjà cette histoire était plus supportable parce que pas de Sher-loque à l'horizon ( ce côté non canon étant justifié par Watson qui n'en peut plus de voir son colocataire génial mais infréquentable, et entreprend d'en faire le gentleman qu'il devrait être via la fiction qu'il publie sous le nom de Conan-Doyle.

Je ne suis même pas sure de qui est en couverture.. je crois que c'est Watson, dont on aurait jusqu'à présent: William- Sherlock, Louis, Watson... Logiquement je prends les paris que ça sera 5:Albert- 6 : euh, y'a plus personne côté Sherlock..Madame Hudson ou Lestrade plus probablement. 7: Moran



Tome 4:
Un peu plus intéressant: on quitte l'Angleterre pour l'Inde, où les marchands d'armes ont tout intérêt à faire dure la guerre Angleterre-Afghanistan, celle-là même qui a traumatisé Watson et où Moran a été déclaré mort.

Donc Albert Moriarty, propulsé depuis le tome 2 chef du très secret Mi6, reçoit de la part de son chef Holmes l'ordre d'enquêter sur la mort suspecte en Afghanistan d'un militaire anglais qui avait apparemment découvert des secrets qui..
Euh, minute..
que fait Holmes au Mi6?
Pourquoi c'est le chef d'Albert?
Pourquoi il a changé de coiffure?

Haaaaaa ouais, ce n'est pas dit mais en fait ce n'est pas Sherlock mais probablement ( parce que ce n'est pas dit) Mycroft. M'a fallu quelques pages avant de piger. Je n'ai pas lu tous les livres de Doyle , ni vu tous les films qui en sont adaptés, mais je connais l'existence de Mycroft et j'ai mis quelques temps à comprendre ( en même temps, vu son jeune âge, vous m'excuserez...pour moi Mycroft c'est plutôt Charles Gray ou Christopher Lee). donc mettons nous quelques instants à la place de ceux qui n'ont pas forcément lu les 2 nouvelles où apparaît le frangin de Sherlock.
Ouaip, il y a un truc assez sympa qui s'appelle "le contexte", et là contextualiser un brin aurait été intéressant, juste en présentant le personnage au moins une fois auparavant.

Bon donc, on a donc d'une part Mycroft Holmes-> chef d'Albert Moriarty qui lui donne ses missions, et en parallèle William Moriarty -> utilise Sherlock à son insu comme complice involontaire: la capacité de déduction de Sherlock pour faire savoir au monde de façon tonitruante que ces meurtres ne sont pas gratuits mais interdépendant dans un projet plus global à portée sociale.
 Enfin, donc Cette fois, c'est Moran, bras armé d'Albert et William, qui va aller corriger définitivement le vice-roi d'Afghanistan, un militaire corrompu qui a des intérêts économiques à ce que la guerre continue et provoque des fausses attaques pour la relancer sans cesse. L'une de ces attaques est justement celle qui a décimé la compagnie du capitaine-pas-encore-colonel Moran des années auparavant. Donc, éliminer celui à cause de qui il a perdu sa main droite et été déclaré mort est un boulot tout trouvé pour Moran, accompagné de la secrétaire du Mi6, Miss Moneypenny ( re-facepalm)

Sérieux? Que font Miss Moneypenny et sa coupe de cheveux très contemporaine dans cette histoire?C'était obligé de faire appel à James Bond maintenant?
Donc oui,c'était un peu mieux, parce qu'on part sur quelque chose de plus axé politique/ historique ( encore que je ne connais pas grand chose aux conflits dans les colonies anglaises du XIX° siècles, et je suis prête à prendre le pari qu'il y a pas mal de bullshit là dedans aussi), et qu'on donne une histoire à Moran.

Mais bon, malgré un retournement de situation final et une nouvelle rencontre entre William et Sherlock, qui bluffe ( Martoni) pour savoir si par hasard, p't'être b'en que William serait le " prince du crime" ( le prince.... re-refacepalm. C'est le NAPOLEON du crime), et un cliffhanger de malade jamais vu auparavant-lol ( un mort dans un compartiment de train fermé de l'intérieur - haha, vous attendiez Hercule Poirot, mais j'ai mieux, et franchouillard - alors que Sherlock, William et Louis sont tous ensemble à papoter en copains, difficile de les soupçonner. ), tout ça est tellement tiré par les cheveux que non l'aventure a toutes les chances de s'arrêter là pour moi.

Le sujet était tentant, mais outre les incohérences, les clichés au litre, le manque de contextualisation, il a le traitement platounet vu et revu qui fait que mon intérêt " c'et pas mal" au tome 1 et devenu un " c'est nul" au tome3 et" mouais, y'a du mieux, mais je me fous de savoir la suite" au Tome 4.
Pourtant, je suis plutôt du genre bon public, mais le potentiel est tellement mal exploité...


samedi 8 juin 2019

Moriarty T1 et 2 - Takeuchi Ryosuke et Miyoshi Hikaru

Trouvé par hasard à la bibliothèque, tiens, allons -y ça fera une lecture un peu décalée sur le mois anglais.
Comme le laisse supposer le titre, cette oeuvre dérivée de Conan Doyle va s'intéresser non pas à Sherlock, mais au "Napoléon du crime", donc finalement on sait assez peu de chose dans le canon de Doyle.

Donc, un peu plus de liberté pour l'adaptation, et là, préparer vous, pour ce qui est de la liberté, on en prend Beaucoup, mais alors beaucoup.
Visiblement, l'idée de base est "on sait qu'il est malfaisant et intelligent mais dans le fond, quelles sont les motivations de Moriarty pour être mauvais"

A cette question la réponse du manga est " l'idéalisme".
Et d'ailleurs il n'y a pas un seul Moriarty, mais 3, tels les 3 juges des enfers, ou les 3 parques...




Tout commence dans leur enfance:à l'origine il y a 2 frères Moriarty, fils de comte. L'aîné Albert-James et le cadet William-James. Le "vrai" William C'est Albert l'idéaliste , il ne supporte pas la manière dont ses parents et son petit frère traitent leurs deux enfants adoptifs, le second William et Louis.
Deux orphelins intelligents et adopté juste pour faire "oeuvre de charité", parce que c'est une quasi obligation dans cette société rigide et compassée, lorsqu'on est noble, que de prendre des pauvres roturiers sous son aile. Enfin, là, c'est plutôt les prendre comme larbins gratuits, en échange d'une opération pour Louis qui est cardiaque ( oui, pour toute cette introduction c'est beaucoup beaucoup de clichés sur l'Angleterre, la noblesse et la lutte des classes)

Idée d'Albert, qui ne peut plus supporter les injustices? Embarquer les deux petits frères adoptifs, chez qui il a décelé un potentiel " c'est la lutte finale", dans une révolte en forme d'association de malfaiteurs. Et ça va commencer par éliminer toute la famille, en cramant au passage la propriété familiale pour effacer toute trace de crime.Les 3 malfaiteurs juvéniles étant bien évidemment les seulssurvivants, insoupçonnables - qui irait penser que cet accident est le fait d'un fils de bonne famille et de deux orphelins éperdus de gratitude envers leurs bienfaiteurs...
William "bis" prend donc l'identité de "feu" (c'est le cas de le dire) William-officiel. Une fois adultes, parfaits complices, ils vont continuer de jouer le rôle auto-attribué de justiciers exterminateurs d'oppressions sociales.

Albert, le militaire qui fréquente la haute société,  repère les potentielles victimes, William, le prof de maths ( le Moriarty " habituel), qui trouve les stratagèmes afin de faire passer les affreux de vie à trépas par exemple en faisant manger des pamplemousses à un cardiaque* histoire de camoufler le meurtre en accident, et Louis, le gestionnaire de la fortune familiale, dont le rôle est encore assez peu clair à ce stade.( Il sert pour l'instant si peu qu'il a droit à quelques pages bonus de fin, où il déplorer justement qu'on ne lui attribue pas de vrai rôle, et chaque chapitre se termine d'ailleurs par une petite illustration où les personnages réfléchissent et débattent de ce qu'ils viennent de jouer, réellement comme au théâtre. C'est assez sympa et prouve que finalement, il ne faut pas prendre cette histoire trop au sérieux)

* Je confirme l'incompatibilité des pamplemousses et du traitement contre les maladies cardio-vasculaires, c'est écrit sur la notice d'ailleurs.

Et donc, ce Moriarty là, très rajeuni ( prof d'université qui au final n'a pas beaucoup de différence d'âge avec ses étudiants, au point qu'on le prend régulièrement pour l'un d'eux), devient un personnage étrange, sorte d'improbable mélange entre Robin des bois et Karl Marx, ou Zorro et Bakounine.
Le tout dans une Angleterre si ... vue par le prisme du Japon, telle qu'on la trouvait, dans des registres assez différents, dans Black Butler ou Comte Cain. Ca ne me déplait pas, loin de là mais on est quand même très très loin de la réalité historique.
Donc , il ne va pas falloir être très regardants sur 2 choses
- le canon holmesien
- Sherlock, qui apparait dans le tome2: un type génial mais plutôt excentrique et ... sociable? Si on aime Sherlock au départ c'est plutôt pour son attitude asociale. Celui fait du kung-fu et se chamaille dans la rue avec Mrs Hudson (à qui il adore jouer des tours un peu mesquins)  au sujet du loyer.
Ce qui fait que Sherlock s'annonce comme le L, pendant farfelu, d'un Moriarty-Light
- l'adéquation costumes, coiffures décors, etc...à l'époque supposée ( là où justement, Black Butler faisait le pari d'anachronismes assumés et de franche déconnade... et ça marchait) Ici je le trouve juste un peu à côté de la plaque.



Bon point inattendu: Sebastian Moran en second rôle.Même s'il est lui aussi très éloigné de ce qu'on pourrait imaginer du " second homme le plus dangereux d'Angleterre après Moriarty."

Pour l'instant, je dis " sympa", parce que ça n'est pas non plus le " woahou"total. Le problème de ce genre de personnages à l'intelligence froide et calculatrice c'est que bien menés, on se trouve avec Johann dans Monster ou Makimura Shôgo dans Psycho-Pass ( et d'ailleurs, graphiquement, William ressemble beaucoup à Makimura et...il y a une raison: le dessinateur a travaillé sur un manga adapté de la série Psycho-Pass, donc référence involontaire " par habitude" ou clin d'oeil assumé? )

Et avec de telles références qui me viennent en tête, quand on sait à quel point Psycho Pass est dans le top 3 de mes anime favoris justement POUR sa réflexion sur la violence, le crime, la justice, le bien et le mal... évidemment, ce n'est pas à l'avantage de Moriarty, un peu platounet de ce côté là.

Le sujet " peut-on faire le mal pour défendre un idéal humaniste?" est toujours plein de potentiel, mais pour l'instant les affaires criminelles manquent d'ambition, plutôt du genre " lui, il est méchant, donc faisons lui la peau en faisant passer ça pour un meurtre/suicide/accident".
Donc comme toujours, je ne jugerai pas sur seulement 2 tomes, et je vais laisser le temps à la série de s'installer et de se donner les moyens de ses ambitions. Evidemment je ne me fais pas d'illusions, je n'attend pas qu'il devienne une série marquante, mais s'il peut passer de "pas mal" à "bien" , ça me fera déjà plaisir. C'est possible, avec un peu plus d'ambition.
Il y a pour l'instant 5 tomes parus au Japon, 2 en France, a priori la série devrait trouver son public et ne pas s'arrêter en cours de route y compris en France. Je ne sais pas si d'autres tomes seront disponibles prochainement en bibliothèque, mai ce n'est pas une série que j'achèterai, ou alors seulement en numérique, parce qu'elle ne m'enthousiasme a priori pas au point de vouloir lui faire une place sur des étagères qui croulent déjà

Et dans la catégorie " bizarrerie", je ne vois pas d'adaptation animée annoncée, ce qui est pourtant un passage presque obligé pour un manga, mais.. en comédie musicale. Ahem. Ca annonce son pesant de kitsch.

lundi 27 mai 2019

Ôke no monshô tome 4 - Hosokawa Chieko

Alors oui, l'an dernier, j'avais dit que ce manga était tellement mauvais que je ne continuerai pas, ou alorspas beaucoup. Un tome par ci par là.
Mais en fait j'ai eu une très grosse semaine, d'examens, le prochain n'est pas avant quelques jours et ça sera de la pure formalité,donc j'avais envie de faire autre chose que de la grammaire allemande ou russe, et surtout pas envie d'attaquer une lecture complexe.
Tiens, ils en sont où de ce pharaonique manga fleuve...

 Pharaonique, fleuve = Nil - la fille du Nil  hahaha.

Ami lecteur et plus probablement lectrice qui arrive ici, si tu trouve ce jeu de mots très nul, je t'assure que c'est loin d'être aussi mauvais que le scénario de ce manga , qui après un Tome 1 plutôt réussi, s'est dégradé aussi vite qu'un papyrus antique laissé à l'air libre.
Ainsi le Tome 2 était une déception ( tiens je note qu'en 2014, l'édition japonaise comptait 57 volumes), le tome 3 était à hurler de rire ( 62 tomes en 2018) , où en est -on?
A 64. (loin derrière Golgo 13, un manga de 1968 toujours en cours de publication, avec 187 tomes)

Les 8 premiers ont finalement été traduits en français,par des équipes qui peuvent changer d'un chapitre à l'autre ( et les noms des lieux et personnages aussi donc) à partir d'édition chinoises ou vietnamiennes . CADAL!
Mais je ne peux pas capter d'images de la version française, désolée. Je vais donc devoir expliquer de manière détaillée.


sur le tome 1 elle avait des cheveux frisés et donnait l'impression d'avoir 8 ans

Résumons:

Nous avions donc laissé Carol, la voyageuse temporelle qui a dû oublier son cerveau dans un autre espace-temps, coincée en pleine Egypte antique. Elle venait d'éblouir le peuple égyptien par ses compétences de survie en milieu hostile : pensez, elle sait filtrer de l'eau à la méthode antique, que même les égyptiens antiques ils ne savent pas faire! Elle vient de l'année 1976, mais ma théorie est qu'elle a dû aller dans le futur de maintenant regarder des tutos sur Youtube, et tomber sur des épisodes de C'est pas sorcier un peu par hasard. C'est pas moins crédible que le scénario ici, hein...

Bon admettons, elle s'est passionnée depuis longtemps pour l'égyptologie et peut connaître, en effet, la manière antique de filtrer l'eau. Mais ça n'explique pas pourquoi elle l'explique à des égyptiens qui l'ont inventée et semblent l'avoir oublié ( en prétendant que là d'où elle vient, tous les enfants savent faire ça)

Mmm, donc ce tour de passe-passe fait qu'elle est considérée comme la fille du Dieu ( ou de la déesse, selon les traductions) du Nil et que donc vox populi oblige, il FAUT qu'elle épouse le pharaon. Lequel, quelques pages plus tôt, en bon psychopathe qu'il est, lui déclarait son amour, puis la menaçait de la réduire en esclavage, et de la couper en morceaux et d'abandonner les morceaux dans le désert, si elle s'échappait en se lamentant " mais pourquoi tu m'aimes pas?"
Seulement voilà, le peuple la prend pour une déesse, et couper une déesse en morceaux, c'est pas trop possible pour un pharaon, qui, même psychopathe, n'a pas envie d'attirer le malheur sur le pays entier.

Et donc, voilà notre Carol bien embêtée, qui a besoin de réfléchir et se promène au marché au milieu des légumes, où elle rencontre, ça alors, un marchand prétendument palestinien.
Dont le lecteur sait déjà qu'il s'agit du frère de la riche princesse hittite que le pharaon devait épouser, que la frangine a disparu sur le chemin, que le gars pense que le pharaon l'a faite soit séquestrer, soit tuer pour pouvoir épouser à la place cette blondasse.
Seule au marché, face à quelqu'un qui pense qu'elle a manigancé pour obtenir les faveurs du pharaon et qu'elle est donc la cause, directe ou indirecte de la disparition de sa soeur....
Question...Combien de pages avant qu'il ne la fasse enlever?

Chapitre 1, accrochez vous, ça va être long. Je précise que ce qui est en italique est une citation textuelle des dialogues ( enfin, de leur traduction)

Surprise: le début du tome 4 commence APRES le marché (et Carol est toujours là!) par Isis, qui se regarde dans un miroir en demandant à quoi elle ressemble, en présence d'un serviteur qui lui dit qu'il n'y a pas plus belle qu'elle. Rappelons qu'elle est aussi un peu sorcière au cas où la référence ne serait pas assez claire. Isis, comme toujours, est en train de comploter pour faire exécuter Carol, tandis que le pharaon s'amuse à torturer quelqu'un, et que Carol pense " ho non, c'est trop cruel de torturer les gens". Une journée tout à fait normale au palais.

 Les illustrations couleur sont assez sympa, on est en 76, la colorisation est à l'aquarelle  et c'est tout autre chose que la colorisation numérique.

Mais, mais,mais !
C'est l'heure du second tuto de Carol: Hé, dis donc Carol, comment on forge une épée?
la tronche que fait le pharaon, c'est à peu près la mienne: WTF?
Accessoirement, faire couper la langue de quelqu'un pour le forcer à parler est une idée à la con, sauf mon respect monsieur Pharaon " hé 'ako'huhahahé! heuhé ou eu' i'e!"

Comme le pharaon veut connaître la manière de forger les épées en métal, et qu'il a beau torturer son prisonnier, celui-ci s'obstine à dire qu'il ne sait pas comment on fait, Sainte Carol fait appel à son instruction de jeune américaine de bonne famille, décidément très exhaustive - rappelons que c'est une gamine de 16 ans - elle va forger à grands coups de marteaux une épée, de toute la force de ses petits bras maigrichons en échange de la libération du prisonnier.

Dialogue:
"Bravo Carol, bon boulot, mais où as-tu appris à forger une épée?" -> "C'est simple je l'ai lu dans un livre, tous les gens du XX° siècle le savent!" ->"Carol, tu es vraiment l'incarnation d'un dieu"-> " C'est malheureux, j'ai fait la seule chose que je n'aurais pas du faire. Il veut plus que jamais se marier avec moi maintenant. Mais si je ne l'avais pas fait, il aurait tué le prisonnier, snif, snif, snif".

Bravo Carol.Tu viens de te tirer une balle dans le pied avec le fusil que tu devrais vite inventer pour te sortir de là définitivement. T'inquiète, ils te feront une jolie boîte décorée.

Accessoirement, j'ai 42 ans et pas mal de compétences variées, mais j'ai loupé ma vie: je ne savais pas forger une épée à 16 ans. Je ne sais toujours pas. Je me tâte: je continue ce manga ou je vais séance tenante potasser "la métallurgie pour les nuls"?  Non parce que même Saori était plus crédible en réincarnation d'Athéna. Et pourtant, c'était aussi une cruche vide.

Pendant ce temps là en Egypte, mais en 1976, la famille de Carol, qui a disparu depuis 2 semaines, mène d'actives recherches qui consistent surtout à pleurnicher et à se demander " si ça s' trouve, elle s'est perdue dans un passage secret en visitant un temple, c'est possible après tout".Ahem, 2 semaines portée disparue sans eau ni vivres dans une région désertique, vous avez le moral...

Pendant - pendant ce temps, Isis a un plan: on a vu Carol discuter avec un marchand au marché, il faut trouver le moyen de les faire se rencontrer, tomber amoureux, qu'elle se tape le marchand, ce qui serait une excellente raison pour réclamer sa tête. Comment prétendre au trône quand on fricote avec le bas peuple?
Isis. Tu la vois toute la journée. Un petit empoisonnement progressif, ni vu ni connu, non?

Mais mais mais, une tentative d'agression au couteau sur la personne de ce si cordial pharaon et c'est l'heure du 3°tuto: le cours de secourisme!
 ->" Merci Carol, tu es vraiment un médecin compétent"
"merde! La boulette! Mais c'est marrant, il m'a promis de s'améliorer alors je ne le déteste plus autant. "Non, je ne serai jamais sa femme, ma vraie vie est avec la technologie dans le siècle civilisé".
Et donc pas avec sa famille, ses amis et son petit copain... belle mentalité.

Donc plan de Carol, qui a reçu une demande de RDV du "marchand" - psst, SPOILER: il veut l'enlever pour l'échanger contre sa soeur, même si elle est très morte - se dit: "cool, je vais essayer de le convaincre de me faire sortir par un passage secret et de m'emmener loin dans son pays avec sa caravane."
Et ouiiiii ça y est chapitre 14: Carol est enlevé par ... Lady Oscar?

Enfin, le marchand, qui selon les cases s'appelle Imisu, Izumi (le bon nom bien hittite), Ismir, Izmir. Je vais garder Izmir, ça sonne plus turc,puisqu'il vient de par là-bas ( et c'est légitime, le pharaon a un nom de ville égyptienne donc lui aussi a un nom de ville de chez lui, Izmir, anciennement  Smyrne a bien fait partie du monde hittite, enfin un truc qui tient à peu près la route dans cette histoire)

Cette jolie fille n'est donc ni une femme, ni marchand(e), mais un homme et héritier du royaume hittite. Oui, fallait le deviner. Il est plus belle que notre héroïne potiche. Mais il ne fait pas très très oriental.
Pour rappel, Carol est prise pour une déesse à cause de ses yeux bleus, ses cheveux blonds et son teint clair très exotiques au proche orient. Lui -en couleur- a le teint clair et les cheveux gris. cherchez l'erreur. Et j'ai de gros doutes quand à l'existence du chèche " Yasser Arafat"  tel qu'il le porte, à l'époque antique.
 

J'avais vu ça venir dès la fin du tome 3: Il a buté ma soeur, je kidnappe sa nana.
"Au secours pharaon Memphis, aide-moi".Mais, mais,... espèce de blonde! Tu voulais te casser avec lui, il t'emmène, un peu de force comme un paquet, mais sans te menacer de te couper les mains et la langue avant de t'abandonner aux vautours...
Isis:"Ce foutu marchand a ruiné mon plan". Mais mais, espèce de nase: il te débarrasse d'un boulet!
Memphis qui se réveille en sursaut d'une sieste" j'ai un mauvais pressentiment"
moi aussi, les gars, le scénario part autant en sucette que les suites de vos films
Bon Carol, toujours aussi sainte, essaye de raisonner son kidnappeur: ramène moi, ne cause pas une guerre pour une vengeance personnelle, ce n'est pas parce que ta soeur est morte dans le palais que le pharaon y est pour quelque chose, il ne le sait même pas, si ça se trouve!
Ramène moi, je te promets de lui demander d'enquêter sur la mort de ta soeur.

Mais non, direction le royaume hittite, et en bateau sur la Méditerranée! Pas de bol, Carol se dit qu'hors d'Egypte, elle ne pourra jamais rentrer dans son monde et demande donc à y retourner ( pour mémoire, elle passe d'une époque à l'autre en tombant à l'eau... Mais comment va-t-elle faire pour tomber à l'eau sur un bateau en mer?). Accessoirement, QUI voulait négocier avec les marchands pour qu'ils l'emmènent à l'étranger?

Mais mais mais, retournement de situation, Unus, le jeune militaire qui devait veiller sur Carol a réussi à suivre les kidnappeurs, à se déguiser en rameur et à s'embarquer sur le bateau. Il passe son temps à dire qu'il l'admire, tant elle est intelligente, mais est bien plus malin qu'elle, le pharaon et Isis réunis.
Carol sait ce qui est arrivé à la soeur d'Izmir, Izmir sait qu'elle sait mais ne veut pas lui dire. Evidemment, Isis a assassiné la fille, et évidemment, si Izmir l'apprend, il va déclencher une guerre " pour des motifs personnels". Le meurtre de k'héritière du royaume d'à côté est-il un motif de discorde valable entre pays? De plus elle sait que ce n'est pas le pharaon qui l'a tuée mais sa soeur, donc elle  se fait complice de son ennemie mortelle en la couvrant, au lieu de disculper un innocent. Fantabuleux!
Et donc devant ce mutisme, Izmir prend la seule décision que peut prendre un type de l'antiquité: saucissonner la donzelle avec une corde et la menacer du fouet pour la forcer à parler.
Bondage time!😂

Mais peu importe Carol est héroïque malgré la fessée: " je dois honorer l'histoire, dans les livres d'histoire, il n'y a pas eu de guerre entre les deux pays" Ouin ouin ouin grand-frère, pourquoi personne ne vient me sauver, je veux retourner au 20°siècle, viens me chercher"

" dis donc, pendant que je te fouettais, j'ai remarqué que tu as la peau vachement claire, tu serais donc réellement une déesse?" Donc tu rosses une déesse, qui risque un jour de se venger, bravo champion.
Arrivée au pays hittite, et ses connaissances à ce sujet se cantonnent " d'après mes cours et la Bible, les hittites commerçaient peu avec les pays voisins et peu de gens connaissent leur langue et leur culture." Ouf, rassurez-vous,elle a été battue,mais  elle va bien et fait du tourisme, donc. Et tape la discussion avec les gens dont on ne connait pas la langue. A croire que " parler hittite" est aussi une compétence basique pour une fille de 16 ans.
Et en accord avec Wikipédia, Babylone n'existe plus depuis l'antiquité, mais bon.
Accessoirement, ils t'emmèneraient plutôt à Hattusa, capitale hittite ( Hattusa est le nom de la ville hittite hittite " hitaito" en katakana, le nom des habitants et du royaume) à peu près au milieu de la Turquie. Babylone est à peu près au milieu de l'Irak. Je viens de vérifier sur la carte,
il y a 1213 kms à vol d'oiseau entre les deux.
  Babylone n'était pas la capitale hittite, à un moment, un roi hittite s'est marié à une héritière kassite de Babylone. Et, si réellement tu tiens tant à l'Histoire, la Bible n'est PAS une source historique fiable, le code d'Hamurrabi, par exemple oui.
Et c'est QUOI cette ^ù$*$ de porte en ogive et ce crénelage? Saint Jean d'acre au moyen-âge?
Tant d'âneries sur une seule page de 2 cases.
On va me dire que je pinaille et que le manga ne vise pas les historiens, MAIS je maintiens qu'à un moment donné, quand on veut parler d'histoire, qu'on a une héroïne qui se laisse martyriser au nom de l'Histoire, un minimum de documentation est nécessaire, pour ne pas faire des erreurs aussi énormes.
Deuxième énorme boulette, géographique : elle arrive par la mer, en bateau. PAR LA MER. Elle le dit elle même au dessus: harbor =le port. Plus tard elle parle de s'enfuir A LA NAGE pour rejoindre un BATEAU, sur la MER.
Maintenant, relisez bien cette phrase, 'tendez je souligne les mots importants:
Hattusa, capitale hittite, à peu près
au milieu de la Turquie. Babylone est à peu près au milieu de l'Irak. Vous voulez des cartes pour mieux comprendre le problème?
L'histoire autant que la géographie sont encore plus mal traitées que Carol. Visiblement elle arrive plutôt vers Smyrne ( Izmir donc, au bord de la mer) et Hilla ( ville où sont les ruines de Babylone, en Irak, dans les terres) et là, on en est à 2000 foutus kilomètres d'écart.

Poursuivons avant que je ne pète un gros câble...

Ha si, le roi hittite veut la faire tabasser pour qu'elle dise ce qui est arrivé à sa fille. Ou la draguer. Ou les deux à la fois. Ou suivre le plan de son fils et s'en servir comme otage. Classique, donc.
Non parce que comme elle est une sorte de mascotte, la garder, c'est pas mal aussi, ça emmerde les égyptiens, et en plus, askiparait, elle porte chance au pays,et on veut bien de la chance, nous.

Carol s'évanouit suite à la perte de sang causée par les mauvais traitements et se réveille enfermée dans une pièce avec une grille en bronze à la fenêtre.
"Le bronze est un métal qui peut être facilement brisé par rapport à l'acier et au fer. Je l'ai déjà fait une fois quand j'étais en primaire"

Tuto n°4: comment casser une grille en bronze avec du tissu et un bâton
Purée, cette gamine c'est McGyver. Je m'en rappellerai si un jour je suis enlevée et enfermée dans une pièce qui a une grille en bronze à la fenêtre. Ca me rappelle un épisode de Columbo, où sa nièce séquestrée ouvre une porte aux gonds rouillés avec l'huile et le vinaigre qu'on lui a laissé pour manger une salade.

Et se fait choper illico par Izmir- ambiance sonore- qui se dit "intelligente et elle brave l'autorité, elle me plaît"
Non, vieux, elle est juste tarée et suicidaire...
Et elle commence à se dire que " dans le passé les personnes de familles royales sont cruelles, ils n'ont aucun respect pour les femmes" Me too, Carol, je le pense!
"Dans quelques jours je trouverai un moyen de m'échapper" -> Izmir doit avoir des compétences de sorcier et lit dans les pensées, ou alors Carol a pensé vachement fort:  " ne pense pas à t'enfuir d'ici à nouveau, j'ai déjà demandé à remettre des barreaux aux fenêtres"


Et pendant ce temps, le pharaon, informé que Carol est prisonnière chez les hittites, s'apprête à engager une guerre pour la récupérer. Et Isis manigance: envoyer un homme de main chez les hittites avec des scorpions bien dangereux, pour faire piquer Carol à mort. Ouaip! Simple comme bonjour.
Le monde entier trouve que ce plan est moisi.
Résumons: Carol n'a rien voulu dire au nom du respect de l'Histoire, pour ne pas déclencher une guerre, qui aurait peut-être été un simple règlement à l'amiable,en mode, "tu me donnes 20000 chameaux et on n'en parle plus", a été tabassée, réduite en esclavage par les hittites, tripotée par le roi.. pour des clous, puisque la guerre aura quand même lieu .
Et d'un seul coup, elle a une épiphanie ( oui à ce niveau, ce n'est plus un simple tilt):"Ho mon dieu! Je suis devenue la raison pour laquelle deux pays vont entrer en guerre"

J'ai un problème, je n'ai plus de facepalm en stock! Il était donc temps d'arriver à la fin, avec une Carol qui a fuit malgré tout en profitant de la confusion et se dit qu'elle peut rejoindre à la nage l'île où attend le bateau d'Unus ( quand s'est il procuré un bateau, vu qu'il est venu sur le bateau hittite à la rame?),île qui n'est QU'à un jour et demi de barque. Or on sait ce qui se passe quand elle se trouve dans l'eau: elle se transforme en homme* voyage temporel en vue?

En fait, ce manga est tellement mauvais que ça devient très drôle de le chroniquer. Un peu le genre de plaisir coupable des amateurs de nanars au ciné. On sent qu'il veut bien faire, qu'il manque clairement d'un scénario, et se vautre terriblement. On sent que madame Hosokawa croit dur comme fer à son histoire et le fait avec le plus grand sérieux. Et son manque absolu d'humour et de recul le rend finalement très drôle.
Le plus étonnant c'est qu'il a de très bonnes notes sur les sites, 4,5/5 ou 9,5/10.
Pourtant, il ne faut même pas être très attentif pour voir à quel point ça tourne en rond rapidement.

Ce qui me fait m'étonner à nouveau: C'est long, très long, ça du succès, comment se fait-il qu'il n'y ai pas d'adaptation animée?Non que je veuille voir ça, mais me surprend.

* oui, vu le scénario  je ne serais même pas étonnée d'y voir un panda et un cochon au sens de l'orientation désastreux nommé P-chan

mercredi 10 avril 2019

A silent voice (7 tomes) - Ôima Yoshitoki

C'est le printemps, la saison des sakura.. et le blog sort de son hibernation forcée.
Donc non il n'est pas abandonné, juste un peu délaissé faute de temps, ça ira mieux prochainement.

Mais comme c'est le cas depuis 2 ans, avril, en plus d'être le meilleur mois de l'année ( c'est celui du gâteau pour moi ;) ) est aussi le mois belge ET le mois japonais sur la blogosphère littéraire.

Les précédentes années, je n'avais pas été efficace pour le mois belge, mais comme je suis à Bruxelles jusqu'en septembre, et que je loge à moins de 150m d'une bibliothèque qui regorge d'ouvrages belges, celui-ci aura la priorité cette année, mais ça ne veut pas dire que je ne ferai rien pour la thématique japonaise.

Et donc la bibliothèque en question a un chouette rayon manga ( voir le sujet précédent),et comme il y a eu quelques jours se fermeture de la fac au moment du carnaval, j'ai fait une razzia sur les étagères nippones, autant que belges ;)

Et voilà, l'intégrale de " A silent voice", manga seinen en 7 tomes.
On en a beaucoup parlé l'an dernier à cause de la mobilisation inédite des fans pour favoriser une distribution de l'adaptation en long métrage en France. Je ne l'ai pas vue. Mais j'ai gardé en mémoire le titre et son sujet.
Le titre, je vais d'ailleurs commencer par là. Je n'aime pas lorsque les les éditeurs français collent à un manga un titre en anglais un peu bateau sous prétexte que c'est comme ça qu'il a été titré aux états-unis. Quand le titre est d'origine en anglais ok ( c'était le cas de Black Paradox, d'ailleurs), c'est légitime mais là le titre japonais était bien plus intrigant puisqu'il se traduirait " la forme de la voix".
Et c'est dommage de se priver d'un titre pareil.



Donc de quoi ça parle? De handicap, d'amitié, de rejet, de harcèlement...
Ce n'est pas le premier manga que je lis qui parle de surdité d'ailleurs, il y a aussi l'excellent " Orchestre des doigts" ( alors il n'est pas cool ce titre là?). Mais je n'avais pas encore de blogs quand je l'ai lu, je ne l'ai donc pas chroniqué, il faudra que je le fasse en rentrant en France, il est dans mes cartons.

Mais au delà de l'aspect harcèlement et insertion des handicapés via le personnage de shoko, C'est Shoya le personnage central. Au moins aussi handicapé que Shoko, mais son handicap est émotionnel, et social.
Shoya est un gamin turbulent, un gosse de 11 ans qui s'ennuie facilement et essaye de se distraire en organisant des " tests de courage avec ses copains".. sauf que ses copains en ont marre de suivre ce meneur un peu con sur les bords et de sauter dans la rivière tous les jours pour ...ben juste pour prouver qu'ils ont le cran de le faire. L'absurdité de la chose leur saute aux yeux, ils ont mieux à faire, il y a le collège qui approche, on n'est plus des gosses.. et Shoya se retrouve seul, face à un ennui qu'il ne sait pas tromper.
Sa providence va être l'arrivée de Shoko dans sa classe. Shoko a 11 ans et arrive en cours d'année, elle est sourde de naissance et n'entend pas grand-chose, même appareillée. Elle est incapable de parler distinctement, communique par écrit sur un cahier et change d'école souvent car son handicap en fait la tête de turc des autres élèves.
Et c'est ce qui se passe: Shoya va commencer par asticoter Shoko ( c'est cool, on peut se moquer d'elle, elle n'entend pas), d'abord de manière "gentillette" puis de plus en plus violente allant jusqu'à voler ou détruire à plusieurs reprises son appareillage, sous le regard amusé des autres élèves qui participent, ou au minimum laissent faire, d'une équipe pédagogique pas du tout formée à l'accueil des handicapés qui réprimande mollement Shoya... 
Le prof révèlera parla suite à quel point cette élève était un boulet pour lui parce que c'était à elle de se débrouiller seule pour se faire accepter et plus généralement à se débrouiller pour s'intégrer au monde " normal", et que donc, les harceleurs ne sont pas à blâmer parce qu'elle n'a pas cherché à se mettre à leur portée ( hoputain, le prof. Il se prend d'ailleurs à ce moment un plein verre de flotte bien mérité dans la gueule qui fait plaisir)

Ceci dit la vraie question est "pourquoi la mère de Shoko, femme particulièrement dure et aigrie ( même si on comprend qu'elle a été traitée comme une merde par la famille de son mari, qui l'a mise en cause pour la naissance d'un enfant défectueux, à la limite de lui demander des dommages et intérêts. Les mauvais côtés de la société japonaise! ) n'a jamais songé à simplement la faire scolariser dans un établissement adapté pour malentendants?"

Jusqu'à ce que Shoko parte, une nouvelle fois. Et c'est Shoya, de plus en plus lâché par les autres qui ayant appris le coût des prothèses auditive et donc de leurs bêtises passent en mode " c'est pas moi c'est lui!", qui va en faire les frais.De harceleur, il devient le harcelé, avec derrière l'équipe pédagogique toujours aussi larguée qui estime qu'il l'a bien cherché.
Collège, lycée, Shoya s'isole de plus en plus avec sa mauvaise conscience, se rendant compte de l'enfer qu'il a fait subir à Shoko, et donc n'a plus qu'une idée en tête la retrouver, s'excuser dignement et aller se suicider car il se déteste profondément maintenant qu'il sait pour l'avoir vécu ce qu'est le harcèlement. Il a même appris en solo la langue des signes pour pouvoir être compris.

Mais retrouver Shoko va changer sa vision des choses: plus question de suicide, en communiquant avec elle, il se rend compte que son isolement vient surtout de sa propre attitude: en se méfiant de tout le monde, il est devenu paranoïaque et n'a aucun ami.
En commençant à communiquer, les choses se débloquent: non seulement il peut-être enfin ami avec son ancienne victime mais va aussi devenir pote avec Tomohiro, son voisin de classe, un farfelu au physique ingrat qui rêve de devenir cinéaste, avec Miyoko, ancienne camarade de primaire minuscule et timide, devenue une nana immense au look androgyne, avec Yuzuru la petite soeur de shoko , véritable garçon manqué dont le loisir est de photographier des cadavres d'animaux...Même Satoshi, le beau gosse de service que tout le monde admire, a eu un passé de harcelé que personne n'imagine.

Bref une série de gens bizarres qui sont en marge d'une société japonaise qui n'aime pas les " clous qui dépassent", qui auraient été les têtes de turc désignées de l'ancien Shoya, mais se révèlent beaucoup plus intéressant que la masse indistincte des gens qui entrent dans le moule.

J'adore la manière dont le manga rend cette sensation:tout est vu par le regard de Shoya, les têtes des personnages qu'il trouve trop banals ou détestables ( comme la peste Naoka) sont cachées par une croix.. qui peut disparaître, si la personne l'intrigue ou l'intéresse momentanément, et réapparaître lorsqu'il décide de les classer comme inintéressants ou même connards.
J'aime beaucoup aussi le fait que ce manga soit un plaidoyer pour la différence, physique pour certains, au niveau des idées pour d'autres. Miki et Naoka sont les clichés des jolies lycéennes populaires, qu'on trouve dans tous les mangas adolescents et sont clairement décrites comme clichés.
elles ne deviennent intéressantes que lorsqu'elle quittent ce rôle ( Naoka travaille comme serveuse dans un café à chats et dit apprécier  les chats car "on est obligé de deviner leurs intentions, vu qu'on ne peut pas parler avec eux"... alors qu'elle harcelait aussi Shoko, exactement pour cette raison, et continue à la détester pour ça, au lieu d'essayer de transposer sa stratégie. Mais c'est le seul moment où elle sort de son rôle de peste et devient humaine et presque touchante.)

Avec en filigrane la critique sociale sur le manque d'humanité de la société japonaise, prompte à laisser sur le bas côté tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas suivre la cadence ( rappelons que le phénomène des hikikomori, reclus volontaires en rupture avec une société trop stricte, et typiquement japonais - peut être un peu en Corée et en Chine aussi - en tout cas les pays où on juge la valeur humaine à l'aune de la performance et du conformisme social)



Alors oui, tout ça me parle, peut être parce que j'ai été celle qui était harcelée à l'école et au collège à cause de mon physique différent, sous l'oeil de profs et de surveillants en mode " il faut bien que jeunesse se passe, c'est innocent, ne prends pas ça à coeur, c'est toi qui doit apprendre à être moins sensible, à prendre sur toi. Si tu laisses passer sans montrer d'émotion ils se lasseront*" et que oui, j'aimerais que ceux qui m'ont fait la vie aient vécu ça à leur tour pour comprendre ce que c'est que la méchanceté gratuite, et que par contrecoup, il suffit maintenant qu'on me dise " machin est bizarre", pour que je me méfie... de la personne qui dit ça, et que je veuille me faire mon avis personnel sur Machin.
Mais voilà, c'est un chouette manga, au dessin pas très original mais agréable, et qui a l'avantage de ne faire que 7 tomes, un nombre suffisant pour développer son sujet et faire évoluer les personnages, sans sombrer dans le délayage.

* C'est bien entendu une GROSSE CONNERIE:  ils ne se sont pas lassés en 4ans sans réaction de ma part, au contraire, ça excitaient leur méchanceté et ils allaient de plus en plus loin pour voir à quel moment les limites seraient atteintes  (avant d'aller chougner auprès du directeur  parce qu'ils s'étaient sont pris une bonne prise de judo de ma part, que j'étais trop méchante, ouin ouin ouin)

mercredi 17 octobre 2018

Black Paradox - Junji Ito

Semaine dédiée aux fantômes, monstres et autres créatures fantastiques japonaises. Peu de temps libre de mon côté cette année pour cause de reprise d'études, mais quand même, j'ai réussi à sauver l'honneur avec un manga pour le mercredi BD. Il va être question de suicidaires qui ouvrent une porte dimensionnelle sur l'autre monde. Miam!

Ito, je le connaissais simplement de nom en fait. Avec sa réputation de spécialiste de manga fantastique-horrifique.
Et c'est une découverte plutôt sympa, quelque chose qui est à la fois doté d'une personnalité graphique curieuse ( mi réaliste , mi caricaturale), et d'un fond exigeant, il ne se contente pas de faire de l'horreur pour l'horreur, ce n'est pas un bête slasher gratuit. Et ça, ça me plaît.


Tout commence par la rencontre IRL de 4 curieux personnages qui se sont connus sur le forum internet " black paradox suicide". Tous sont suicidaires, et ont donc convenu que le jour de leur rencontrer serait aussi celui où ils passeraient ensemble de vie à trépas.

Leurs raisons?
"Marseau" ( j'ai envie d'écrire Meursault, vu la crise existentielle qu'elle traverse) est douée d'un pouvoir de prémonition, mais trop imprécis pour avoir une vision claire de l'avenir, ce qui la conduit à un état permanent d'inquiétude imprécise qui évolue en angoisse insupportable. Elle se compare d'ailleurs elle même à Akutagawa.
"Tableau" est un homme dont on ne sait presque rien, si ce n'est qu'il croise régulièrement son sosie qui semble se moquer de lui. Persuadé que ces apparitions de son double maléfique est une annonce de sa mort prochaine, il a donc décidé de la devancer en la choisissant lui même.
" Pitan" travaille dans la robotique, et lui aussi est victime de son double: il a servi de modèle à un robot ultra perfectionné, qui est devenu la mascotte du labo. Lui est repoussé dans l'ombre est l'anonymat, dépossédé de son identité par ce double de lui-même .. mais en mieux.
"Baratchi" est une femme apparemment normale, et même jolie.. qui cache sans cesse la moitié de son visage, défiguré par une tâche de vin, qui lui a fait prendre son image en horreur.

Tous ont donc des raisons liées à leur identité de vouloir en finir, mais.. rien ne va se passer comme prévu.
Dès le premier chapitre, Marseau se rend compte que des choses clochent: Pitan cliquette, Baratchi ne semble pas savoir quel côté de son visage est atteint, et de plus, assise à l'arrière de la voiture, elle ne voit que sa propre image dans le rétroviseur. Chose encore plus étrange, ils sont doublés par la même voiture, où elle n'est pas assise, mais où se trouvent les 3 autres.
Elle a tout simplement pris place dans une autre voiture, dans un univers parallèle, où elle se trouve en compagnie, justement, des doubles que fuient les 3 autres.

Dès lors, les choses vont aller de plus en plus bizarrement. Ils ne se suicideront pas ce jour là, ni les suivants, mais vont carrément ouvrir involontairement une porte dimensionnelle entre le monde et... un autre univers? le monde des morts?
Duquel d'étranges pierres rondes, dotées de propriétés encore plus étranges se fraient un chemin dans notre univers.
Les avis divergent à ce sujet: Baratchi y voit des spectres, cristallisés, mais aussi et surtout, une rareté que le monde va vouloir s'arracher, car elles représentent une source d'énergie colossale et potentiellement destructrice, et le moyen de faire fortune - car avec de l'argent, elle pourra se faire opérer, et donc plus de raison de mourir. Tableau la suit dans cette entreprise, au contraire de Pitan ( hors jeu depuis longtemps, mais dont les envies suicidaires ont même contaminé son robot), et Marseau qui pressent la catastrophe qui va inévitablement se produire, lorsqu'on veut exploiter des choses d'un autre monde, sous prétexte d'"aider l'humanité" tout en commençant par s'enrichir personnellement.
Mais ce quatuor, y compris les deux plus cyniques,va attirer la convoitise de gens encore plus cyniques qu'eux, bien déterminés à exploiter cette source d'énergie pourtant dangereuse " pour le bien de l'humanité" au détriment de cette même humanité. Juste par appât du gain et du pouvoir.




Au delà du côté horrifique,il y a quelque chose d'intéressant Je ne sais pas si les sphères minérales-concrétions d'âmes- énergie infinie d'Ito sont une référence à l'uranium, mais en tout cas ça y ressemble. Il y quelque chose de très radioactif dans cette histoire. J'ai vérifié la date de publication: 2008, donc antérieur à la catastrophe de Fukushima, et pourtant, on peut difficilement ne pas y penser.

L'autre point intéressant est l'exploitation des "âmes", d'un point de vue quasiment philosophique ( sur une base simple, s'il s'agit d'âmes, en les ramenant dans notre monde et en les fragmentant pour en produire de l'énergie, on condamne les générations futures, puisqu'elles sont issue du " recyclage" des âmes, n'oublions pas qu'on est dans un pays de tradition bouddhiste, avec ce que ça suppose de réincarnations). Exploiter les"âmes", revient à exploiter les humains, sans pitié ni discernement.
Avec cette remarque hautement naïve de la cynique Baratchi, la première qui a voulu se faire de l'argent grâce à ça: " l'humanité n'est pas bête au point de continuer à les utiliser alors qu'elle sait qu'elle court à sa perte"...

Hahahahahahahaha.

Non, mais ça, c'est la SF-le fantastique que j'aime, qui l'air de rien, balance une vanne bien sentie sur le monde contemporain.

Avec en plus une petite touche qui me plaît bien: je ne sais pas si c'est voulu, mais Pitan - et son avatar robotique - m'évoque assez souvent "Cesare" du cabinet du Dr Caligari.
Dans la manière dont il est représenté, qui évoque pas mal la gestuelle et la tenue de l'acteur Conrad Veidt dans ce film ( ça ne serait pas absurde: l'un est un robot, Cesare l'hypnotisé a une gestuelle très peu humaine, et les deux portent des tenues très similaires). Et prendre Caligari comme référence, c'est pour moi le summum du bon goût cinéphile!

ok, donc, non, ce n'est pas du tout un hasard...
1920! Je kiffe ce film, je kiffe ce personnage ( sans qui il n'y aurait pas d'Edward Scissorhands, d'ailleurs)

Cette histoire est complétée par deux autres très courtes: " la femme langue", variation assez crade ( et un peu saphique) sur les légendes urbaines, et en particulier celle de la kuchisake onna, et le "pavillon étrange" ( 4 pages en couleurs) qui imagine une exposition en 2105, dont le clou est un cormoran, espèce disparue depuis longtemps - et qui n'a pas grand chose à voir avec les cormorans actuels.
Donc bon, si la femme langue est un récit, avec une intrigue, il n'a pas la teneur existentielle du précédent, et Le pavillon n'a pas vraiment d'intérêt.

Mais c'est une bonne première lecture de cet auteur, il y en aura d'autres.

mercredi 19 septembre 2018

All My Darling Daughters - Yoshinaga Fumi

Allez, savoir pourquoi, ça fait des années que ce titre que je n'avais jamais lu m'était resté en mémoire, il m'intriguait, sans pour autant m'inciter à l'achat.

Un passage à la bibliothèque, et il était là, c'est l'occasion où jamais.




Nous avons donc un josei, mettant  en scène des relations familiales complexes, sur plusieurs générations.
D'abord il y a Marie, la mère, et Yukiko, sa fille trentenaire, qui habitent ensemble. Elles s'adorent, mais communiquent peu, ou plutôt, communiquent énormément en se chamaillant sans cesse.


il est édité en français par Sakka, mais je n'ai pas trouvé d'illu' en français..


Yukiko est une fille assez peu sympathique au premier abord, dotée d'un visage " au regard mauvais" comme elle le dit elle-même, un peu souillon et assez flemmarde. Marie est un électron libre qui n'en fait qu'à sa tête, et ce d'autant qu'elle vient de se remettre d'un cancer. Ce qui a été le déclic ( ou plutôt l'excuse) pour proclamer " la vie est courte, à partir de maintenant, je fais ce que je veux".. à quoi Yukiko rétorque immédiatement, " c'est déjà ce que tu as toujours fait".
Et donc Marie, veuve depuis des années, qui a élevé Yukiko seule depuis ses 12 ans, l'informe donc, de but en blanc, qu'elle vient de se remarier, sans en parler à personne, et surtout pas à sa fille. Yukiko prend assez mal la chose, d'autant que son nouveau beau-père, Ken, est plus jeune qu'elle, emménage directement avec elles, a un passé d'hôte dans une club pour femmes mûres ( autant dire, un gigolo professionnel), métier qu'il a abandonné pour se reconvertir comme acteur de série télé historiques.
C'en est trop pour Yukiko,qui évidemment pense que sa mère est juste en train de se faire plumer. ( ce qui n'est pas le cas, le nouveau "mari de Marie" est contre toute attente, un type bien, qui a juste un penchant pour les femmes plus âgées que lui, et des goût commun avec elle)
Mais Yukiko qui se sent e trop, quitte la maison familiale pour habiter avec son petit ami... qui devient son mari aussi, au fil des chapitres. Ce qui ne les empêche pas de squatter régulièrement chez Marie et Ken.autour de ce noyau qui refait le monde à table gravitent d'autres personnages:


Izumi, professeur d'université, et ami de Ken, victime de harcèlement ( et même d'agression sexuelle, oui!) de la part d'une de ses étudiantes, une fille étrange qui se complait dans les liaisons sans issue, interdites ou violentes, avec si possible des hommes qui l'humilient et la rabaissent. Elle quitte d'ailleurs aussi sec celui qui aura l'audace de se montrer tant soi peu gentil ( trop faible de son point de vue), avec elle.

Sayako, copine de Yukiko, jolie femme, douce, avenante.. mais incapable d'aimer réellement qui que ce soit. Au grand dam de sa tante qui s'entête à vouloir lui arranger des mariages, avec des prétendants aussi divers que possible, mais qu'elle trouve toujours une raison pour écarter.
Son grand-père qu'elle adorait, lui ayant appris dès son enfance qu'il ne faut jamais faire de discrimination envers autrui, elle a poussé la logique jusqu'au bout, en estimant qu'aimer quelqu'un en particulier, c'est faire une discrimination envers tous les autres. Aimer quelqu'un en particulier, c'est être injuste envers tout les autres.


Il y a aussi Yuko et Saeki, copines d'enfance de Yukiko, qu'on va suivre, cette fois via le regard de Saeki. Elles étaient inséparables au collège, trois filles modernes s'étant promis de ne pas se laisser mener à la baguette dans un monde masculin, de trouver un travail pour elles même et de ne pas l'arrêter ni renoncer en cas de mariage. Yûko, petite fille d'un marxiste, était la plus  versée dans la lutte des classes, mais ses copines n'ont jamais soupçonné ce qui se passait chez elle. Ni la raison qui l'a poussée à quitter le lycée à 16 ans, préférant les cours du soir, qu'elle a aussi fini  par quitter., abandonnant rêves et projets un à un.. pour finir par proclamer que femme au foyer, c'était parfait.
Pourtant les signes étaient clairs, Yuko était toujours blessée, elle évoquait le caractère insupportable de son père capable de se mettre en colère parce qu'elle " respirait trop fort"..mais ses copines n'ont rien vu, ou ont préféré ne rien voir, ne pas lui demander ( on ne se mêle pas des affaires d'autrui, au Japon, fut-ce un cas avéré de maltraitance)

Et pour boucler la boucle, il y a encore la mère de Marie, avec qui elle a es relations encore plus tendues qu'avec sa fille. La raison est simple: Sa mère ne lui a jamais fait de compliment, a passé au contraire son temps à se moquer d'elle toute son enfance, à critiquer ses dents en avant ( alors que Marie a toujours été jolie: résultat, elle n'a jamais cru les gens qui le lui disaient, puisque sa propre mère - plutôt moche depuis toujours- soutenait le contraire, et lui en garde une rancune tenace). On apprend pourquoi, cependant, cet état de fait est le choix délibéré de la mamie, un choix contestable, mais qui lui paraissait être le meilleur possible.

Un josei plutôt sympa, sur les relations familiales et humaines en général, plutôt complexes.qui insiste sur le fait que les actions qui paraissent difficilement défendables partent parfois d'un bon sentiment, mais peuvent empoisonner la vie de quelqu'un durablement, par manque de communication, par volonté de ne pas mal faire, par généralisation d'un concept...

Plutôt sympa, joliment esquissé.. mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. J'ai l'impression, si réussi soit-il, qu'il m'aurait plus plu il y a quelques années. Depuis, des mangas, livres, films estampillés " tranches de vie", menant une réflexion sur la communication ( en particulier le récent Senses, qui développe bien le sujet" connait-on vraiment ses proches"), il yen a une quantité qui se sont frayé un chemin jusqu'à l'occident, et le sujet parait réchauffé, ou en tout cas, peu original.
Dommage.

samedi 21 juillet 2018

mois ôbon?

Hé non, pas de mois ô-bon cette année. Croyez bien que je le regrette, mais je bouge beaucoup depuis un mois, et je n'ai pas eu le temps de m'y pencher.

Je voulais l'annoncer entre le 9 et le 12 juillet , sachant que je ne serai pas chez moi avant le 20, mais... malheureusement, ma box a grillé avec les orages de juin, je n'ai pas pu la faire changer malgré 2 visites à la boutique, je surfe a minima temporairement avec une clef 3G qui me coûte un bras...

Donc après deux essais infructueux, j'ai décidé de changer de FAI dans la foulée, histoire d'avoir au moins le net en août, au moment où je dois faire toutes mes démarches pour la reprise d'études, ce qui devrait être réglé.. la semaine prochaine, mais en attendant le basculement entre les deux fournisseurs, j'en reste à ma clef 3G.

Bref, panique numérique, c'est la galère.

Et sans le net, j'erre comme une âme en peine, tant tout doit en passer par là à cette époque.

Je ne sais pas si je serais en mesure d'en faire plus l'an prochain, en fonction de la reprise d'études et d'un potentiel travail d'été...
Mais donc, pour le moment et selon toute probabilité, le rendez-vous yôkai et yûrei se fera uniquement en octobre dans le cadre du challenge Halloween.
Je me connais je vais quand même essayer de caser un sujet fantastique ici avant le 15 août, mais.. rien n'est 100% sûr.

Les yôkai sont en vacances forcées, profitons-en pour se rafraîchir un peu comme ce kappa


ou ces pin-up tanuki en maillot de bain
 WTF à la japonaise, le retour! :D