qui vient ici?

Flag Counter
Affichage des articles dont le libellé est josei. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est josei. Afficher tous les articles

samedi 17 mai 2025

Solitude d'un autre genre - Kabi Nagata

17 mai, c'est la journée journée de lutte contre l'homophobie, et j'ai le sujet parfait pour ça!

Que voilà un étrange manga, absolument pas tout public. Issu d'un webcomic a visée cathartique, l'autrice ne nous cache rien de son mal être: attention on va parler de comportements auto destructeurs, de dépression, de maladie mentale, de mutilations, de prostitution, de sexisme...

le graphisme est inhabituel, plus proche de la BD indé.
Le sens de lecture aussi est européen. Un tel sujet ne pouvait pas vraiment être édité directement dans une maison d'édition normale, et c'est son succès sous forme de webmanga qui a fait qu'il a fini par être édité



Car le problème de l'héroïne c'est de se sentir incomprise. Mais elle ne se comprend pas elle même ( et la raison de cette incompréhension est expliquée en notes de fin, qui présentent la situation des minorités LGBT dans le Japon contemporain).
Nagata est anorexique/ boulimique, incapable de garder un travail longtemps car elle sombre vite dans des crises d'angoisse.. Elle voudrait que ses parents la comprenne.. mais ne trouve jamais le courage de leur parler franchement. Et leur parler de quoi? De ce qu'elle est? Elle-même ne le sait pas, car elle se refuse tout plaisir physique, à commencer par manger. Elle s'estime ne pas a voir le droit au plaisir quel qu'il soit. Pour trouver une raison a sa souffrance, elle commence à se scarfier: une blessure visuble est une raison légitime de souffrir, quand un mal être psychologique, donc invisibile, ne lui semble pas une souffrance valide. Là, au moins, dit-elle, elle a une vraie raison d'aller mal.

Et pourtant elle a un désir secret: elle veut qu'une femme plus âgée la câline.
Car ce que Nagata ne s'avoue pas c'est qu'elle est lesbienne, et s'en punit plus ou moins consciemment.
La déclic qui va la faire changer et la pousser à s'accepter est double. Premièrement un entretien d'embauche, où elle évoque son hobby: dessiner. Elle n'est pas retenue, mais la dame qui lui fait passer l'entretien lui dit clairement: " vous n'êtes pas la même, vous êtes bien plus vivante quand vous parlez de dessin, continuez dans cette voie, donnez tout". Ce soutien involontaire de la part d'une inconnue lui fait prendre conscience qu'il n'y a pas beaucoup de solutions: elle seule peut faire changer la situation qui lui déplaît.
La seconde étape cruciale est la découverte de services de prostitution lesbiens. Après tout, pourquoi pas, organiser un rendez-vous est facile, rapide, discret via une application... et même si son premier rendrez-vous ( et de fait sa première expérience sexuelle) est un fiasco, c'est aussi un pas vers l'acceptation. Elle est lesbienne, elle a le droit de l'être, même dans une société qui préfère ignorer leur existence.
Car au delà du sujet LGBT, c'est aussi la place des femmes dans la société japonaise qui est évoquée: le rôle traditionnel qu'on attend encore d'elle, la quasi-obligation d'arrêter de travailler quand on se marie et qu'on a un enfant, qui conduit à la spectaculaire baisse de natalité actuelle, puisque les femmes préfèrent rester célibataires sans enfant, que de devoir dépendre d'un mari, parfois encore choisi par les parents, ou par défaut. Mais paradoxalement la prostitution ( des femmes et des hommes, parfois d'individus très jeunes et pas encore majeurs)  y est répandue, au vu et su de tous ( j'ai vu de mes yeux de jeunes garçons et filles, des escorts, le soir en pleine rues de Tokyo faire la publicité d'un bar à hôtes ou à hôtesses), mais.. il ne faut pas en parler. Les magasins multicolores de préservatifs on pignon sur rue, mais les informations sur la prévention des IST et des grosses non désirées est proche du zéro.
Et plus généralement, il y a l'idée ( et c'est pareil en Russie ou en Hongrie) que si on ne parle pas d'homosexualité, ça détournera les jeunes de ces comportements, puisqu'ils ne sauront pas ce que c'est. Pire, en parler est considéré comme faire la promotion de comportements déviants et passible de prison dans certains pays.
L'hypocrisie sur ces sujets est énorme. Au Japon, elle n'est pas passible de prison, mais dans une pays où un proverbe dit " les clous qui dépassent appellent le marteau", tout comportement dans soit peut différent de celui attendu est socialement sanctionné. Les choses évoluent peu a peu mais en clair, un employé peut être mis au placard.. pour en être sorti!

Car le Japon n'est vraiment pas un pays où la différence est acceptée, et la différence même souvent à la marginalisation. Ici on parle du cas des Toyoko Kids ( attention, images violentes de bras scarifiés ou de jeunes ivres morts), adolescents désocialisés, rejetés par leurs parents, et qui n'ont souvent pas d'autre choix que la mendicité et/ ou la prostitution. Parce qu'ils sont différents, parfois atteints de maladies mentales (qu'on préfère cacher ou ignorer plutôt que de soigner), et n'arrivent pas à se couler dans les attentes d'une société hyper rigide où c'est "marche au même pas que les autres ou crève". Je suppose que bon nombre d'entre eux sont également des membres de la communauté LGBT mis à la porte par leur famille.

Le manga a d'ailleurs des suites.. que ne semblent pas franchement plus joyeuses que ce premier tome, mais qui ont le mérite d'aborder de front les problèmes sociaux: Boire pour oublier ma solitude, Journal de ma solitude, Solitude d'une guerrière errante. Je vais clairement m'y intéresser si je les trouve!

mercredi 3 juillet 2019

Princess Jellyfish T 12 à 14 - Higashimura Akiko

Et dernier sujet sur cette série, car il y a 17 tomes en tout, 15 parus en France , mais la médiathèque n'a pas le dernier..


et donc: grand changement pour Tsukimi: le richissime directeur de la société "Avidy" ( tout un programme) Monsieur Fish ( hahaha, poisson, méduses, lol...) venu de Singapour pour le salon de mode amateur, a repéré ses modèles de robes méduses, et veut acheter les patrons et embaucher Tsukimi. Une aubaine pour n'importe qui, une catastrophe pour une fille timide, qui n'avait ni l'envie ni les compétences pour envisager un travail dans la confection.
Tsukimi est donc presque enlevée par Monsieur Fish et sa secrétaire:il rachète en lot la résidence Amamizu et Tsukimi, afin de la faire former dans sa société.




Société où Tsukimi est immédiatement mal vue: godiche, mal habillée, qui ne connaît pas un mot d'anglais *dépourvue de la moindre compétence dans un domaine où elle manque de la plus basique des notions.. pensez , elle n'a jamais entendu parler de la marque ni tu propriétaire, et ne connait même pas les noms et les visages des mannequins célèbres
(on dirait moi, dans les années 90, la risée de mes copines de lycée, c'était l'époque de gloire des top-models, et si je connaissais quelques noms à force de les entendre par les autres filles, j'étais incapable d'associer un nom et un visage - c'est toujours le cas, je suis incapable de reconnaître les gens, si je ne les connais pas personnellement, ou si je n'utilise pas de stratégie "untel a les cheveux frisés de telle couleur, machine a des lunettes noires, bidule un accent lorrain....", donc va reconnaître des nanas toutes taillées sur le même modèle, habillées pareil et qui ne parlent pas. J'en suis toujours incapable...)


Et donc tout le monde se demande ce que monsieur Fish peut trouver à cette " grosse", cette "bouboule" ( évidemment, les têtes creuses d'Avidy ne fréquentent que des mannequins sélectionnées pour leurs physiques filiformes et en oublient l'existence d'autres femmes non standardisées.  Ce qui est problématique quand on doit VENDRE des vêtements aux gens normaux.
Et c'est ça que recherche monsieur Fish, moins requin (quoique) qu'il n'y parait: un regard neuf, une styliste non formatée, qui ne respecte donc pas les codes intégrés par ceux qui sont passésdans les écoles de stylisme. Il a tout de suite remarqué que ses vêtements tranchent sur la monotonie de l'habillage japonais,  et n'ont donc pas trop de chances de se vendre au Japon, mais ont un potentiel sur le marché de l'Asie du Sud-Est.



Pendant ce temps là, Shû, qui a demandé Tsukimi en mariage profite d'un voyage éclair en Italie pour lui faire fabriquer une bague méduse en verre de Murano.. mais n'est pas au courant de ce semi-enlèvement. aubaine pour Kuranosuke qui a aussi des vues sur elles ( et damn' le retour du triangle amoureux) et fait croire à Shû qu'elle l'a largué pour aller tenter sa chance à l'étranger.
Kuranosuke lui même va donc forcer les autres amars à se faire faire un passeport pour débouler elles aussi à Singapour en cas de nécessité et par en éclaireur... déguisé en jolie fille.aubaine pour la boîte Avidy,qui a besoin d'un mannequin de remplacement sur le champ.. Sa carrière dans la mode pourrait bienêtre une carrière de mannequin  :D

Donc voilà, le manga s'expatrie à Singapour.. et même si je me fous du luxe, j'ai assez envie d'aler voir l'hôtel Marina bay, une des curiosités les plus connues de la région: un hôtel en forme de bateau qui fait le lien entre 3 gratte-ciel.


Connu pour son architecture originale et aussi pour sa piscine aérienne, avec vue imprenable sur la baie.
autant vous le dire de suite, ce n'est pas dans mes prix...

Mais, est-ce que ce déplacement va  amener de la nouveauté? Plus que 3 tomes pour finir l'histoire, et ça commence à sentir la précipitation et donc les triangles, carrés, pentagones, octogones.. amoureux. (Shû et Kuranosuke en pincent pour Tsukimi qui en pince toujours pour Shû  mais est persuadée qu'il l'a larguée, et lui pense la même chose dans l'autre sens, Monsieur Fish semble la draguer, mais probablement pour mieux l'embobiner, Hwaeyon et Kiki se disputent monsieur Fish.. )

Après on aurait pu se passer du très téléphoné passage sur l'enfance forcément malheureuse de Monsieur Fish-le-businessman-qui-s-est-fait-tout-seul, surtout que ça ne tient pas:
un ancien pauvre, qui retourne voir ses camarades de l'orphelinat avec lesquels il récupérait des vêtements abandonnés parles riches pour less modifier et les leur revendre, qui fait des cadeaux somptueux à ses anciens amis.. n'a aucune raison de faire brûler ses invendus au lieu de les distribuer aux défavorisés tels qu'il l'a été (quitte à faire ôter les étiquettes!). A croire qu'il pense que tous les pauvres s'empresseraient de faire comme lui et de les revendre aux riches? Bref ça ne colle pas avec le reste de sa caractérisation: le requin des affaires est un type qui aime les plaisirs simples, les  CoCoCurry House**(une chaîne de curry bon marché au Japon) et la nourriture de supérette.

Par contre un détail que j'ai bien aimé: pour son apprentissage, Tsukimi est logée dans un atetlier-salon-boîte de nuit privée qui appartient à M. Fish. Sa chambre est vitrée, comme un aquarium, où elle se retrouve exactement dans la situation de sa méduse de compagnie ou de celles qu'elle va voir à l'aquarium public: avec des gens qui la regardent et tapotent la vitre pour attirer son attention, telle une bête curieuse. J'aurais bien aimé voir plus souvent dans ce manga ce genre de moments cyniquement bien vus.

Clara la méduse de compagnie. Qui est bien dessinée sous forme de méduse dans son aquarium, mais apparait sous forme de mascotte kawaii rose bonbon pour commenter l'action.
la vraie Clara: Mastigias Papua, ou méduse tachetée des lagons

Un série qui donc fait bien se s'acheminer vers la fin, ça sent la fatigue, et on perd en dinguerie en s'éloignant des amars, on perd tout le côté névroses et angoisses sociales, pour arriver vers une classique histoire de Cendrillon...où l'amûûûûr prend le pas sur les passions étranges des personnages.

*phénomène pas si rare au Japon, même si les choses changent peu à peu. Le pays était fermé à tout commerce extérieur presque jusqu'au 3°quart  du XIX° siècle, il est encore bien ancré  dans les têtes qu'apprendre les langues est un passe temps, plutôt pour femmes au foyer ou retraités. On peut trouver du travail sur place, les entreprises recrutent directement dans les universités le personnel en fonction des qualifications recherchées, et il est globalement acquis que qui veut travailler  l'international sera recruté par une société internationale avant même d'avoir validé son diplôme d'anglais, les filières de langues sont quasiment réservées aux gens qui veulent travailler à l'étranger, et il n'y en a pas tant que ça.
A quoi bon se casser la tête à apprendre une langue pour travailler dans un étranger peuplé de barbares qui ne maîtrisent pas les codes japonais, on est bien chez nous, on ne va pas s'encombrer d'une connaissance sans intérêt.
Oui c'est schématique et il y a surement des japonais(es) otaku des langues? Mais globalement: possibilité de travailler sur place en n'ayant besoin que du japonais = pourquoi se compliquer inutilement la vie.
C'est cependant en train de changer: JO d'été au Japon en 2020 oblige, j'ai vu une plus forte présente d'affichage en anglais dans les transports entre mon premier voyage en 2007 et mon dernier en 2014, plus de gens commencent à apprendre les langues, à la demande des employeurs qui veulent vendre leurs produits au touristes qui vont venir, le tourisme augmente aussi globalement d'année en année, et une compétence en langues devient un atout pour trouver un emploi.

** on en trouve partout et c'est assez marrant: la base est un bol de riz de 300 g avec sauce au curry, la garniture est au choix, on peut ajouter du riz 100 g par 100 g et surtout choisir la "force du curry" de 0 ( pas piquant ) à 10 (extra piquant).C'est du curry japonais,qui a un goût plus proche du 4 épices .
Le 1 est considéré " very spicy" par CoCoCurry, les japonais mangent rarement des choses très épicées ... J'ai testé un niveau 5, et .. ça suffisait. L'équilibre entre saveur du curry et force du piment était ok, toute catégorie au dessus n'aurait aucun intérêt - et ne sont accessibles qu'à ceux qui viennent de se taper une assiette de curry 5, donc 300 g de riz plus la sauce et la garniture -  on y perdrait le goût épicé pour ne plus avoir que du piquant. On peut aussi ajouter du miel ( de 1 à 5, autant dire que si 3 c'est "le goût sucré qu'aiment les enfants", je n'ose imaginer le sucré niveau 5... Sans moi!)

La serveuse a essayé de me faire changer d'avis parce que "habituellement les femmes ne vont pas plus loin que le niveau 3 en curry "  😂.

samedi 29 juin 2019

Princess Jellyfish T.8 à 11- Higashimura Akiko

Suite des aventures de nos amies otaku lancées dans la création de leur marque de vêtements.




Et de tome en tome les choses évoluent lentement. Tsukimi commence un peu a dépasser sa timidité mais à toujours du mal à comprendre les choses même quand elle lui sont dites clairement, tant elle les pense impossible. Son cerveau est paramétré de telle façon que lorsque le frère de Kuranosuke l'invite plusieurs fois à dîner et lui balance un "je t'aime" entre le plat et le dessert, suivi d'une lettre de demande en mariage, elle arrive à la conclusion qu'il lui ment, ou la manipule, ou que les extraterrestres lui ont implanté une puce cérébrale à son insu de telle sorte qu'elle comprend mal ce qu'on lui raconte...

Par contre exit depuis quelques tomes Madame Inari, qui le harcelait sexuellement, au point que je me dis que l'auteur avait lancé cette amorce et qu'elle a changé d'avis en cours de route,et s'oriente vers une relation Shu/Tsukimi et lieu de l'attendue relation Kuranosuke/Tsukimi. Pas de drame, pas de retournement de situation ou de changement d'avis, et, hormis l'héroïne obtue qui semble refuser de comprendre, on semble s'orienter vers une relation sentimentale partagée et sans heurt. Normale. Limite, et même si je ne suis pas friande d'histoire sentimentale, je me doutaisbien que je ne pourrais pas y couper dans un josei, ça fait du bien dans un manga que les choses ne tournent pas au drame 10fois par tome.



Pour le reste, ce sont les vicissitudes de la création d'une jeune marque, où chacune trouve progressivement sa place: Jiji se souvient qu'elle a étudié la comptabilité des années avant, et vu qu'elle se débrouille en informatique, a une place toute trouvée pour tout ce qui est compta/ gestion du site internet et des bons de commande. Hormis le fait qu'il n'y a pas de salaire, en voilà une de lancée dans la vie professionnelle, et elle travaille bien!
Nomu-san la collectionneuse de poupées travaille aussi très bien, habituée qu'elle est des salons d'exposition pour les vêtements de poupée qu'elle fabrique et vend déjà...
Chieko sert d'intendante à la société, s'occupant des locaux, et de l'approvisionnement et arrive à être plus roublarde que sa mère ( à qui elle ressemble comme deux goûts d'eau)pour retarder la vente.
Mayaya la grande asperge est toute désignée pour servir de mannequin vivant ( tartinée de colle à bois!) pour la réalisation des prototypes, et Banba.. reste Banba, la mascotte qui n'a pas encore trouvé sa place.
quand à Kuranosuke, son " secret" n'est pas encore découvert, mais au point où on en est, il y a a parier que les amars l'ayant acceptée comme fille, elles ne sont pas loin d'accepter l'existence de la moitié mâle de l'univers, d'ailleurs , malgré les règles d'exclusion de la résidence Amamizu, Shû et son chauffeur commence à pouvoir y entrer sans être fichus dehors et sans que les filles ne se figent à leur vue.




Les jolies filles aussi ne sont plus vraiment des ennemies que ce soit Kuranosuké sous son identité de Kurako ou la jolie indienne au langage très familier qui représente la société de tissus avec laquelle la marque travaille.
Moment sympa: les otaku décident de participer à une manif avec les retraités du quartier pour protester contre leur expropriation, mais surtout parce que c'est une chose qu'elles veulent tenter une fois dans leur vie ( c'est vrai que la manif n'est pas au Japon un sport national comme en France et les occasion d'en rejoindre ou d'en organiser une ne se présentent pas aussi souvent. Par contre leur point de vue de ce qu'est une manif se situe quelque part entre le carnaval (on y va, mais déguisées, qui en méduse, qui en général chinois, qui en mascotte d'une ligne de train..) et mai 68, pavés et cocktails molotov prêts à servir,carrément!




Bref, le manga continue son petit bonhomme de chemin, et perd il est vrai un peu de dinguerie, maintenant que les asociales commencent à devenir " normales". C'est dommage. J'espère que les nouveaux personnages qui arrivent vont redynamiser le tout qui commence à piétiner un peu. Et ce que évidemment comme il s'agit d'une version contemporaine de Cendrillon, tout va immédiatement réussir, même dans un contexte de marasme économique,

Donc bon, je n'en attends toujours rien de spécial. Encore 4 tomes avant d'arriver à la fin de la publication française, que je vais essayer de lire avant de repartir pour un mois et demi dans le sud de la France quand même..après je ne sais même pas si je serai encore là quand les 2 ultimes tomes paraîtront, et je suis quasiment sûre que la série n'est pas disponible  au minuscule rayon manga de ma ville d'origine, donc même pas sure de pouvoir la finir un jour.

mardi 25 juin 2019

Princess Jellyfish T. 5 à 7 - Higashimura Akiko

Suite des aventures cartoonesque de notre groupe d'otaku cornaquées par un fils de politicien travesti ( qui peut vraiment leur faire croire n'importe quoi tant elles vivent dans leur monde)



Obsédé par l'idée de lancer une ligne de vêtements inspirée du design des méduses, le jeune Kuranosuke a réussi a embarquer un peu de force ses nouvelles copines otaku dans l'aventure. Et quoi de mieux pour se faire connaître et débuter une carrière que d'utiliser ses connexions, après tout il est neveu du premier ministre, un premier ministre ne se déplace pas sanspetre suivi par une foule de journalistes...
Bingo: une copine de Kura joue dans une pièce inspirée de Hamlet, "les 24 Ophélies", 24filles sur scène, et un tonton qui aime bien regarder les nanas..Il n'y a qu'à l'inviter, et réaliser les costumes pour toute la compagnie dans le style "méduse". Tonton verra des jolies filles, la compagnie aura du public, les journalistes vont photographier la scène et donc les costumes, et on parlera du ministre proche du peuple, qui va voir un spectacle amateur. Tout le monde y gagne, y compris les otaku, qui vont se faire connaître et peut-être trouver un vrai travail...




Et ça ne loupe pas: succès, demande... et les voilà obligés de lancer en catastrophe une ligne de vêtement, car Kuranosuke s'enflamme beaucoup, mais manque singulièrement d'organisation.
donc, il faut trouver en catastrophe une seconde couturière, ce sera la très bizarre Miss Nomu, copine de Chieko, qui s'habille comme une poupée, réalise des vêtements pour poupées, collectionne les poupées - de types européen, contrairement à Chieko qui se concentre sur les antiquités japonaises ( qu'elle considère comme des humains, quand les vrais humains sont pour elle des vermines. Les autres filles ont l'air saines d'esprit à côté), et accepte de participer, en échange du droit de réutiliser les modèles à petite échelle pour fabriquer et vendre des vêtements de poupées.




Et donc, il va maintenant falloir réaliser suffisamment de vêtements, dans un temps limité, car pour faire connaitre une marque de vêtements, il faut organiser un défilé et donc trouver le lieu ( parfait: la résidence Amamizu, un peu ancienne , fera parfaitement l'affaire et coup double, c'est l'occasion de sensibiliser à la sauvegarde du quartier: les robes seront vendues comme collecte de fond pour sauver la résidence), les mannequins... il y a déjà Kuranosuke, mais.. c'est laque la très grande et très mince Mayaya peut être utile: problème elle est aussi surtout très complexée par ses yeux bridés qui l'ont faite surnommer " la tueuse" depuis toute jeune, par sa maigreur dégingandée et se trouve godiche..Mais elle se laisse aussi facilement soudoyer par la promesse d'une énorme récompense.. en figurines pour sa collection des " 3 royaumes". On imagine mal un mannequin avoir ce genre de loisir, et ça la rend encore plus attachante.

Donc, boulot en vue pour tout le monde.

Voilà donc une série qui continue tranquillement sur ses rails de délire, sans grande prétention, sans prise de tête, même si elle menace de se fourvoyer par moments dans un carré amoureux Kuranosuke - Tsukimi - Shû - Madame Inari un peu attendu.

Mais ça reste frais et parfait pour une période de glandouille...

vendredi 21 juin 2019

Princess Jellyfish T. 1 à 4 - Higashimura Akiko

Voilà l'été, voilà l'été...

Et donc un manga estival puisqu'il parle de .. méduses. En fait je ne savais pas de quoi il s'agissait, j'ai vu une camarade de fac se marrer en le lisant, donc comme j'avais envie de me vider la tête des révisions, j'ai emprunté les 4 premiers tomes à la bibliothèque.


Première bonne surprise,ça n'est pas un shôjo comme je pensais, mais un jôsei, les personnage principaux ont la trentaine ( physiquement, car dans leur tête.. c'est une autre paire de manches), sauf l'héroïne Tsukimi, qui doit avoir la 20aine et Kuranosuke qui est étudiant. Mais ce n'est pas une comédie lycéenne, ce que j'avais toujours cru, à cause du "princess".
Donc des thèmes un peu plus sombres: une héroïne qui n'arrive pas à se remettre de la mort de sa mère, bien qu'elle se soit passée des années auparavant, un trentenaire qui est tellement timide devant les femmes que sa famille a quasiment parié sur quand et comment il perdrait son pucelage ( il y a de quoi être encore plus coincé!), un garçon abandonné tout jeune par sa mère pour cause de naissance illégitime, du  harcèlement sexuel , certes traité humoristiquement, ça passe à peu près parce que l'ensemble du manga est parodique, et que les personnages sont irréalistes, mais non, le harcèlement sexuel en soi n'est pas drôle MÊME si c'est une femme qui harcèle un homme.

Pour le reste, on reste dans du classique, un peu déjanté, avec évidemment une histoire de travestissement, des losers bien plus sympa que les gens à qui tout réussissent... ou n'ont comme seule caractéristique une tête vide et le fait d'être né avec une cuillère en argent dans la bouche.


Ce qui sort de l'ordinaire donc (ou en tout cas sortait de l'ordinaire en 2009, depuis il y a eu Otaku girls que je n'ai pas aimé, et Switch girl un shojo sur l'idée qu'en chaque jolie fille sommeille une ringarde débraillée) c'est le portrait de groupe des filles au centre de l'histoire.Comme dans friends, il s'agit de colocataires. Mais plus du genre "Joey" en fait.  Exclusivement des femmes.
Toutes les nanas qui vivent là -autoproclamées les "amars" - les "nonnes"- ont quelques points communs: des passions hors du commun, qui entrainent leur mise à l'écart d'une société très lisse - le clou qui dépasse appelle le marteau, proverbe japonais! -, et par conséquent une peur parfois panique des "autres", et particulièrement des gens " normaux", ceux qui se coulent justement dans le moule.

Les nanas qui vivent là sont 6:
- Tsukimi (Lune et mer) la vingtaine, dessinatrice plus ou moins en recherche d'emploi (enfin plutôt moins que plus), est une fanatique de méduses, depuis qu'elle en a vu à l'aquarium avec sa mère peu avant la mort de celle -ci. Depuis quand ça ne va pas elle dessine des méduses, elle va à l'aquarium, qui lui rappelle ces bons moments.
- Mayaya est une dingue d'histoire chinoise, ou plutôt exclusivement de la période des 3 Royaumes. Pas tant de l'histoire en elle-même, d'ailleurs, que de son adaptation en romans, films, séries, dont elle cite des dialogues à longueur de temps, en se déplaçant comme une ninja.
- Banba, sous ses frisettes naturelles que tout le monde prend pour une coupe afro ringarde, adore les trains et la bouffe. Elle se laisse d'ailleurs vite amadouer avec un o-nabe ou un sukiyaki.
- Jiji (surnom qui signifie à peu près " pépère") est fan de manga, et particulièrement de shônen-ai, et fait une étonnante fixation sur les " vieux un peu fanés", comprendre les messieurs d'un certain âge, pour peu qu'ils aient encore du charme. Et passe donc ses journée à dessiner " des vieux".
- Maître Mejiro, surnommée" l'impératrice" par Mayaya, est une hikikomori. On ne la voit jamais, elle ne sort que la nuit pour éviter de croiser des gens, et dessine des manga shônen-aï qu'elle envoie par fax. C'est d'ailleurs la seule qui ait un travail officiel, faisant à l'occasion bosser les autres pour les encrages et tramages.
- Chieko, fille de la propriétaire de la maison, est une collectionneuse passionnée d'antiquités  japonaises ( tasses, poupées précieuses, objets de décoration) et ne sort jamais autrement qu'en kimono cousu par ses soins (c'est d'ailleurs une virtuose de la machine à coudre et une vraie passionnée de couture)
Et la propriétaire? Elle est aussi timbrée que les autres, dingue de pop-music et de cinéma coréens, elle vient de partir habiter en Corée pour apprendre la langue dans le seul et unique but de pouvoir discuter avec son acteur préféré " au cas où elle le croiserait".

Tout ce petit monde a quelques règles strictes: pas d'hommes dans la maison, et pas de jolies filles dans la maison, les deux sont considérés comme les ennemis naturels des femmes otaku.
Car toutes évidemment, sont persuadées d'être moches et condamnées à le rester, et amplifient la chose en portant joggings informes et fringues grisâtres... hormis Chieko et ses kimonos.

Evidemment... cette belle organisation est bouleversée par l'irruption dans la vie de Tsukimi d'une jolie fille.
Qui a aussi un grain, et cache quelque chose sous ses jupes hors de prix.  Kuranosuke est riche, très riche, élégante, et c'est un homme.
Qui se prend vite d'affection pour ces nanas hors du lot, bien plus drôles et vivantes que le panier de crabe qu'il fréquente en tant que fils d'éminent homme politique. Ses raisons pour se travestir alors qu'il est hétérosexuel? Dans sa famille , on est politicien de père en fils, son grand frère va être politicien, et lui espère que son excentricité le rendra aux yeux de tous inapte à la politique, afin de pouvoir travailler dans le stylisme, sa vraie passion.

Donc, sympathiser ce gynécée en se faisant passer pour une femme dingue de stylisme lui convient tout à fait. Seule Tsukimi est au courant de ce petit secret, qu'elle ne révèle pas tant elle a peur de se faire déménager de force  si on découvrait que sa copine cache du poil aux pattes sous ses collants.
Toutes les autres sont d'ailleurs tellement peu familière du concept d'"homme "que lorsqu'elle le voient par hasard torse nu, elle lui accordent enfin du crédit au motif que " la jolie fille est en fait une planche à pain qui porte des faux seins, elle est comme nous: une handicapée de la féminité, hourrah!"
Et cette " planche"pourrait bien s'avérer une planche de salut, face aux vilains promoteurs immobiliers qui veulent faire raser le quartier et par ricochet expulser les otaku hors de leur tanière.



La trame est très classique: menace d'expulsion, filles tartes qui ne le sont pas, pour peu qu'une bonne fée s'occupe de les relooker ( une fée à faux seins, un garçon bien plus "jolie" que la plupart des nanas), otaku qui manquent évidemment de confiance en leur potentiel: pas une n'essaye de faire de sa passion un métier. Chieko pourrait devenir très facilement couturière professionnelle, Banba conductrice de train ou mécanicienne, Mayaya chercheuse en histoire chinoise, Tsukimi étudier la biologie marine...mais non, elles n'y pensent même pas. Bosser ne leur vient même pas à l'idée en fait, attendre l'argent de poche des parents est plus confortable.
C'est Kuranosuke qui va se rendre compte qu'avec Tskukimi au dessin, Chieko à la couture, les autres qui mettent la main à la pâte et son propre sens des affaires, elle pourraient bien toutes créer leur ligne de vêtements, en créant des jupes et des robes inspirées des méduses que dessine Tsukimi. Un comble pour des filles qui se désintéressent à peu près totalement de la mode.

Mais la galerie de personnages secondaires est réjouissante: en particulier Monsieur Hanamori le chauffeur ( otaku des Mercedes et d'un intégrité moral stricte jusqu'à ce qu'on le soudoie en lui promettant de nouvelles jantes pour sa voiture) et Tonton Saburôta, premier ministre à la popularité vacillante, et ses blagues nulles.

Donc sans être le manga de la décennie, c'est une option sympa pour se changer les idées.
et évidemment mes petites chouchous sont Banba et Mayaya, qui assument totalement leur incompétence dans tout ce qui est féminin et sont complètement barrées.

Ca et les titres des chapitres ui font tous références à tes titres de films, j'aime beaucoup

A noter, une adaptation animé qui a été faite - et que je n'ai pas vue- comme souvent, avant la fin de la série papier, et doit donc s'en éloigner assez vite, ou n'adapter que les premiers tomes.
Ce qui était le cas pour Fruits Basket, une nouvelle version animée est en cours de diffusion afin d'adapter l'intégralité de la série.

mercredi 19 septembre 2018

All My Darling Daughters - Yoshinaga Fumi

Allez, savoir pourquoi, ça fait des années que ce titre que je n'avais jamais lu m'était resté en mémoire, il m'intriguait, sans pour autant m'inciter à l'achat.

Un passage à la bibliothèque, et il était là, c'est l'occasion où jamais.




Nous avons donc un josei, mettant  en scène des relations familiales complexes, sur plusieurs générations.
D'abord il y a Marie, la mère, et Yukiko, sa fille trentenaire, qui habitent ensemble. Elles s'adorent, mais communiquent peu, ou plutôt, communiquent énormément en se chamaillant sans cesse.


il est édité en français par Sakka, mais je n'ai pas trouvé d'illu' en français..


Yukiko est une fille assez peu sympathique au premier abord, dotée d'un visage " au regard mauvais" comme elle le dit elle-même, un peu souillon et assez flemmarde. Marie est un électron libre qui n'en fait qu'à sa tête, et ce d'autant qu'elle vient de se remettre d'un cancer. Ce qui a été le déclic ( ou plutôt l'excuse) pour proclamer " la vie est courte, à partir de maintenant, je fais ce que je veux".. à quoi Yukiko rétorque immédiatement, " c'est déjà ce que tu as toujours fait".
Et donc Marie, veuve depuis des années, qui a élevé Yukiko seule depuis ses 12 ans, l'informe donc, de but en blanc, qu'elle vient de se remarier, sans en parler à personne, et surtout pas à sa fille. Yukiko prend assez mal la chose, d'autant que son nouveau beau-père, Ken, est plus jeune qu'elle, emménage directement avec elles, a un passé d'hôte dans une club pour femmes mûres ( autant dire, un gigolo professionnel), métier qu'il a abandonné pour se reconvertir comme acteur de série télé historiques.
C'en est trop pour Yukiko,qui évidemment pense que sa mère est juste en train de se faire plumer. ( ce qui n'est pas le cas, le nouveau "mari de Marie" est contre toute attente, un type bien, qui a juste un penchant pour les femmes plus âgées que lui, et des goût commun avec elle)
Mais Yukiko qui se sent e trop, quitte la maison familiale pour habiter avec son petit ami... qui devient son mari aussi, au fil des chapitres. Ce qui ne les empêche pas de squatter régulièrement chez Marie et Ken.autour de ce noyau qui refait le monde à table gravitent d'autres personnages:


Izumi, professeur d'université, et ami de Ken, victime de harcèlement ( et même d'agression sexuelle, oui!) de la part d'une de ses étudiantes, une fille étrange qui se complait dans les liaisons sans issue, interdites ou violentes, avec si possible des hommes qui l'humilient et la rabaissent. Elle quitte d'ailleurs aussi sec celui qui aura l'audace de se montrer tant soi peu gentil ( trop faible de son point de vue), avec elle.

Sayako, copine de Yukiko, jolie femme, douce, avenante.. mais incapable d'aimer réellement qui que ce soit. Au grand dam de sa tante qui s'entête à vouloir lui arranger des mariages, avec des prétendants aussi divers que possible, mais qu'elle trouve toujours une raison pour écarter.
Son grand-père qu'elle adorait, lui ayant appris dès son enfance qu'il ne faut jamais faire de discrimination envers autrui, elle a poussé la logique jusqu'au bout, en estimant qu'aimer quelqu'un en particulier, c'est faire une discrimination envers tous les autres. Aimer quelqu'un en particulier, c'est être injuste envers tout les autres.


Il y a aussi Yuko et Saeki, copines d'enfance de Yukiko, qu'on va suivre, cette fois via le regard de Saeki. Elles étaient inséparables au collège, trois filles modernes s'étant promis de ne pas se laisser mener à la baguette dans un monde masculin, de trouver un travail pour elles même et de ne pas l'arrêter ni renoncer en cas de mariage. Yûko, petite fille d'un marxiste, était la plus  versée dans la lutte des classes, mais ses copines n'ont jamais soupçonné ce qui se passait chez elle. Ni la raison qui l'a poussée à quitter le lycée à 16 ans, préférant les cours du soir, qu'elle a aussi fini  par quitter., abandonnant rêves et projets un à un.. pour finir par proclamer que femme au foyer, c'était parfait.
Pourtant les signes étaient clairs, Yuko était toujours blessée, elle évoquait le caractère insupportable de son père capable de se mettre en colère parce qu'elle " respirait trop fort"..mais ses copines n'ont rien vu, ou ont préféré ne rien voir, ne pas lui demander ( on ne se mêle pas des affaires d'autrui, au Japon, fut-ce un cas avéré de maltraitance)

Et pour boucler la boucle, il y a encore la mère de Marie, avec qui elle a es relations encore plus tendues qu'avec sa fille. La raison est simple: Sa mère ne lui a jamais fait de compliment, a passé au contraire son temps à se moquer d'elle toute son enfance, à critiquer ses dents en avant ( alors que Marie a toujours été jolie: résultat, elle n'a jamais cru les gens qui le lui disaient, puisque sa propre mère - plutôt moche depuis toujours- soutenait le contraire, et lui en garde une rancune tenace). On apprend pourquoi, cependant, cet état de fait est le choix délibéré de la mamie, un choix contestable, mais qui lui paraissait être le meilleur possible.

Un josei plutôt sympa, sur les relations familiales et humaines en général, plutôt complexes.qui insiste sur le fait que les actions qui paraissent difficilement défendables partent parfois d'un bon sentiment, mais peuvent empoisonner la vie de quelqu'un durablement, par manque de communication, par volonté de ne pas mal faire, par généralisation d'un concept...

Plutôt sympa, joliment esquissé.. mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. J'ai l'impression, si réussi soit-il, qu'il m'aurait plus plu il y a quelques années. Depuis, des mangas, livres, films estampillés " tranches de vie", menant une réflexion sur la communication ( en particulier le récent Senses, qui développe bien le sujet" connait-on vraiment ses proches"), il yen a une quantité qui se sont frayé un chemin jusqu'à l'occident, et le sujet parait réchauffé, ou en tout cas, peu original.
Dommage.

mardi 21 juin 2016

Nodame cantabile T. 1 et 2 - Ninomiya Tomoko

C'est la fête de la musique, et tiens, si je marquais le coup en ressortant quelques sujets musicaux ( bon oui, la fête de la musique va donc durer plusieurs jours chez moi, en fait, elle est même permanente)

Nodame Cantabile est un manga que j'ai découvert par hasard en 2007 en fouinant une librairie au Japon. Il n'était pas alors paru en France, et je m'étais promis d'y jeter un oeil s'il venait à être traduit.
Oui parce que les couvertures m'ont attiré l'oeil: on y voit une même fille y jouer de différents instruments de l'orchestre: piano, flûte, trombone, violon... basson, aheum...

Et c'est une série que comme beaucoup d'autres, j'ai commencé, sans jamais la terminer, pour plusieurs raisons: d'abord par manque de place, comme toujours, ensuite parce que le sujet "Musique classique+ humour" a vite dérivé en "musique classique + histoires sentimentales". Ce qui est d'autant plus gênant qu'on devine dès le chapitre 1 comment ça va se finir: si un scénario oppose deux personnages diamétralement dès le début; c'est pour qu'il se casent ensemble à la fin.
 Le procédé est connu et vaut pour tout média: romans, BD, films, séries.... A tel point que lorsque ça n'est pas le cas, j'applaudis des deux mains parce que le scénario se montre un peu moins basique que ce que je craignais.

Ca peut passer sur une série courte, mais là, il y a 23 tomes, et je me connais, j'ai du mal avec les séries qui dépassent déjà les 10 tomes.
Donc non, je ne suis jamais allée à la fin.
Mais comme mon déménagement est aussi l'occasion de retrouver des séries qui dormaient depuis plus ou moins longtemps sur mes étagères, et de faire du classement, c'est donc parti pour les deux premiers tomes de Nodame.

Tome 1: On rencontre Chiaki Shinichi, la vingtaine, étudiant brillant en piano dans un conservatoire de Tôkyô. Une belle carrière s'offre à lui, avec l'opportunité d'aller finir ses études en Europe, dans le domaine qui l'intéresse vraiment: la direction d'orchestre. Mais il ne peut pas partir, car il est atteint d'une phobie des transports qui le coince au Japon, incapable de se décider à prendre l'avion ou le bateau.
Chiaki donc se morfond, et se dispute un peu avec tout le monde : son prof de piano psychorigide, son ex petite amie qui ne comprend vraiment pas comment on peut passer à côté d'une chance pareille.
Suite à une soirée bien arrosée pour oublier, notre loser s'écroule, rond comme une queue de pelle devant la porte de sa voisine, qui comme par hasard est aussi étudiante en piano dans le même conservatoire.
( aparté: bon je veux bien que le conservatoire soit grand, et que les élèves d'années différents ne s'y croisent pas forcément, mais en général quand on est musicien et qu'on a un voisin ou une voisine qui l'est aussi, on s'en rend un minimum compte un peu plus tôt. Même quand on n'est pas musicien soi même d'ailleurs. )
Megumi Noda, Nodame pour tout le monde - je ne sais pas si ce surnom a une signification particulière d'ailleurs - est donc aussi pianiste. Aussi peu concentrée que Chiaki est perfectionniste sur un point de vue musical, et aussi bordélique et souillon que lui est organisé et soigneux.
Et quand je dis souillon, c'est encore en dessous de la vérité: elle vit dans une porcherie, entasse de la bouffe périmée depuis des années, des cartons vides dans l'appart et des poubelles sur le balcon
(et la aussi, point numéro2: comment a-til pu ne jamais se rendre compte que sa voisine amassait des ordures sur le balcon depuis des années . non, il faut qu'il fasse d'abord connaissance pour se rendre compte que " la vache, c'est quoi qui pue?", avant de voir la montagne de déchets. Et elle ne vient pas d'emménager, puisqu'elle a un plat qui moisit dans une casserole depuis un an. allez, ça n'est pas mentionné, mais supposons que lui vient d'emménager depuis quelques jours, je ne vois que ça pour expliquer cette faille temporelle)
Donc une SDF d'intérieur et un maniaque de la propreté, une laxiste et un perfectionniste. Voui, vous voyez venir le truc.
Mais du coup, corollaire à tout ça , Nodame a une qualité que Chiaki n'a pas: une liberté d'interprétation, un ressenti qui manque à quelqu'un qui est cloué à la partition.
Le tout associé à une prodigieuse mémoire auditive qui compense sa faiblesse en lecture de partition, Nodame a en fait un potentiel qui ne s'exprime pas par manque de rigueur. Chose qui n'échappe pas au prof de piano de Nodame qui décide que faire travailler le meilleur et le cas désespéré en duo ne peut que profiter aux deux. Nodame pourra apprendre à travailler avec plus de rigueur, et Chiaki, avec plus de souplesse.
Pas de chance pour le pauvre Chiaki, qui non content de devoir subir les agressions olfactives de sa voisine, et sa tendance envahissante, doit aussi la supporter an cours. Faut dire qu'elle n'a pas seulement un grain, mais tout un épi, et s'imagine déjà être la petite amie de celui qu'elle colle à tout bout de champ, bien qu'il l'envoie bouler régulièrement.Mais Nodame est typiquement la fille qui revient par la fenêtre quand on la vire par la porte.

Ce duo, qui aurait vite tourné en rond est rejoint par Mine, violoniste un peu punk, qui hésite entre le jazz, le rock et la musique classique. Lui a un troisième problème: il voudrait bien laisser de côté tout le côté technique qui le handicape pour jouer librement selon son inspiration, mais en même temps, n'arrive pas à en faire abstraction. Un problème à mi chemin des deux autres donc.
Je l'aime bien lui, avec ses vagues airs de Nigel Kennedy

Tome 2: arrivée d'un troisième larron, Masumi le percussionniste, qui pourrait être drôle  s'il n'était pas cliché ( je m'explique, c'est l'obligatoire personnage homosexuel.. qui est bien sûr traité sans subtilité , avec des gags usés sur la thématique grande folle. Dommage, parce que le trio de relou Nodame, Mine et Masumi qui colle aux basques du pauvre Chiaki.
Là dessus arrive encore un autre cinglé: un nouveau prof de direction d'orchestre venu d'Europe. Chance pour Chiaki qui va pouvoir réaliser son rêve sans devoir prendre un moyen de transport... sauf que Franz, le nouveau venu, le déteste cordialement: Chiaki admire depuis toujours un autre chef d'orchestre que justement Franz déteste. Donc s'il déteste le maître il d'éteste le disciple c'est aussi simple que ça.
Ajoutons à ça que Franz, célèbre et réputé, la classe européenne est en réalité un coureur de jupons patenté , mais tendance Tortue Géniale ou Happosai ( pour ceux qui connaissent ces références. Pervers Pépère marche aussi)

Donc dans l'absolu, un manga qui ne m'a pas convaincue ( je dois avoir je crois les 4 tomes suivants quelque part). L'idée de départ était pas mal, mettant la musique classique en avant, avec un contexte humoristique barré. Mais il est dommage que dès le tome 2, ça vire au sentimental sans grand intérêt, et de mémoire, ça continue dans les tomes suivants: le running gag de Nodame qui est une diogène, et plus généralement le contexte délirant finit vite par s'effacer au profit d'un ou de plusieurs triangles amoureux pas très intéressants.
Donc une série pas très réussie de mon point de vue, parce que ses défauts prennent vite le pas sur ses qualités. Je n'irais probablement pas au bout des 24 tomes, ou alors pas dans le format papier, peut être en format numérique qui ne prend pas de place sur les étagères. Ou alors je tenterai peut être l'adaptation animée ou série TV, histoire de voir si l'approche visuelle gomme un peu les côtés qui me déplaisent. Ou en élaguant un peu les passages pas indispensables, pour concentrer l'action.

Sur un sujet voisin " cadre scolaire + musique", la série Sound Euphonium! était plus intéressante, on retrouve l'idée d'une école de musique c'est vrai, le sujet était moins axé humour à la base, et se concentrait sur les difficultés propres aux musiciens, leurs rivalités musicales, et le fait de devoir malgré tout jouer en groupe et faire la part des choses. En tout cas, il n'était pas plombé par de multiples triangles amoureux,ce qui est souvent ce que je reproche aux mangas.. on va dire " non-action", je ne veux pas débattre des classifications shojô ( il y a en a sans triangle amoureux lourdingue), shônen ( il y a aussi des manga d'action qui délayent sur des problèmes relationnels par forcément bien amenés) et tout le toutim. Je n'ai rien non plus contre une histoire ouvertement sentimentale, si c'est son propos de base.
 J'ai retrouvé sur mes étagères " love me tender" - avec un titre pareil, je sais à quoi m'attendre, un josei qui parle de problèmes relationnels en général, plus " tranches de vie"  et qui était assez réussi de mémoire  ( tiens quelque chose à relire au passage, il me semble qu'il me manque le dernier tome d'ailleurs). Mais voilà j'ai vraiment du mal avec les choses qui manquent de rigueur et perdent leur sujet de départ de vue, surtout aussi tôt dans l'intrigue.

Et si j'ai déjà cette impression au bout de 2 tomes sur 23, je sens que le délayage va arriver bien vite. Et que ça va tourner en rond.

Malgré tout ça reste un manga plutôt sympa à lire, mais lorsqu'on a juste envie de ne pas se prendre la tête. voilà, à aborder dans cette optique: sympa, drôle assez souvent quoiqu'un peu relou, et sans grande ambition.

samedi 2 août 2014

Hotaru t.1& 2 - Hiura Satoru

C'est l'été et je n'ai pas vraiment envie de me compliquer la vie, j'ai donc ressorti et relu pour l'occasion un titre que j'avais déjà chroniqué il y a 2 ou 3 ans sur mon autre blog. Mais bon voilà, c'est la saison où les revue pour nanas titrent sur " comment draguer sur la plage", "comment faire durer un amour d'été", "X astuces pour être belle sur la plage", alors par contre pied, je ressors Hotaru, l'histoire d'une nana flemmarde, bordélique et qui se contrefout à peu près autant que moi de se trouver un mec. A peu près, car la grosse différence, c'est que je n'essaye pas en dehors de donner l'impression d'être parfaite. Oui, je suis un poisson séché, qui assume totalement. Un poisson séché? oui, lisez la suite, vous allez comprendre...

C'est assez sympa, dans le genre comédie sentimentale, certes, mais au moins les personnages sont adultes et évoluent dans le monde du travail, c'est déjà un bon point, même si l'héroïne de 28 ans a parfois la plupart du temps des réactions dignes d'une ado.

Mais commençons par le scénario, plaisamment absurde: Hotaru, 28 ans, employée de bureau modèle dans une société de déco intérieure, toujours tirée à 4 épingles, cache bien son jeu. Sitôt rentrée chez elle, elle redevient Hotaru la souillon, qui s'envoie bière sur bière en trainant en vieux tee shirt informe dans un appartement qui ressemble aux écuries d'Augias. Vous vous reconnaissez? Oui, moi aussi ( à part pour la bière). Une vie peinarde et presque sans souci, sauf que bien évidemment, Hotaru est une fille, une vraie, avec un vrai coeur de midinette, une qui soupire au passage du beau gosse de service et que son célibat travaille ( ça c'est déjà beaucoup moins mon style).
La dessus s'ajoute LE coup de théâtre improbable qui vient bousculer le quotidien pépère de Hotaru: le fils du propriétaire de l'appartement qu'elle loue arrive avec armes et bagages, car sa femme l'a fichu à la porte. Et par un sale coup du sort, il s'avère qu'il s'agit du chef de service de Hotaru.
Voilà donc notre miss pagaille obligée de cohabiter avec son patron, le chef Takano, 41 ans, qui s'avère être un maniaque du rangement, doublé d'une langue de vipère. Le duo mal assorti, un grand classique de la comédie, donc. Mais il s'avère que ça marche plutôt bien, la confrontation quotidienne de "poisson séché" (Hotaru vue par le chef) et du "vieux" (le chef vu par Hotaru) n'est bien sur pas de tout repos, mais assez drôle. Car évidemment le chef fait tout pour se débarrasser de son encombrante squatteuse, à commencer par la pousser dans les bras du fameux beau gosse de service ( un personnage au demeurant plutôt sympathique, mais assez terne dans ces deux premiers volumes). Sans se rendre bien compte que, finalement, cette confrontation avec une nana au caractère opposé et aux points de vue "jeunes" lui sont bénéfiques, en le sortant de sa routine au fil des chapitres, en le poussant vers un peu plus de spontanéité...

Donc pour l'instant, un manga pas révolutionnaire, mais assez frais et sympathique, qui me rappelle en fait un peu les premiers volumes de Kimi wa Pet (pour rappel, une wonder woman qui n'aime rien tant que glandouiller en regardant le catch à la télé se retrouvait à cohabiter avec un jeune homme de caractère totalement opposé au sien).
Et comme Kimi wa pet, qui partait pourtant bien mais qui perdait beaucoup en délire sur les derniers volumes,  je crains qu'Hotaru ne se dilue aussi beaucoup par la suite, à moins de bifurquer en introduisant de nouveaux personnages et en les développant au lieu de rester centrés sur le trio principal? Heu, j'en doute, en fait. Car oui, bien sûr, je sens gros comme une maison venir le triangle amoureux, quand Hotaru finira par se rendre compte que son maniaque de chef est bourré de qualités bien cachées outre le fait d'être pas mal/ classe/ probablement riche/ chef ( bref tout ce qui peut intéresser une office lady standard). Un type doué en cuisine, qui aime faire le ménage et capable de sortir, comme ça, à l'improviste, des répliques mi-sarcastiques mi-adorables. Oui, hein.. je le vois venir j'vous dis

 Attention ce qui suit dérive un poil en hors sujet, vous voilà prévenus:

Ceci dit, bien que pour l'instant le scénario soit prévisible, mais je peux me tromper et je l'espère, ça reste frais et sympa, l'humour marche bien pour peu qu'on soit bien disposée, et c'est parfois plus subtil que ce qu'on pourrait attendre. Mine de rien, le propos sur la société japonaise est assez cynique, on est quand même dans un pays où l'opinion publique est assez féroce avec les gens qui ne rentrent pas dans le moule, et ou la pression sur les femmes est omniprésente. Je suis finalement assez contente de vivre en France, où on ne traite pas ouvertement les célibataires de plus de 30 ans de "poissons séchés" ou de "chiens perdants". Bon, ici, c'est juste un peu plus faux-derche la pression sociale existe de manière plus souterraine ( genre le marronnier régulier des talk shows,, vous savez, les femmes qui ne veulent pas d'enfants dans un pays ou la fécondité est de 2 enfants par femme, pour qui rappeler que nous sommes ultra minoritaires..et regardez, elle, ça fait 5 ans que son mari essaye de la faire changer d'avis sans y arriver...LE pauvre, etc etc.. hmm bizarre, il n'y a pas vraiment ce genre d'émissions récurrentes sur " ces hommes qui ne veulent pas d'enfants". Et dans mon cas j'aggrave la situation, je ne veux même pas de mari! hooooo la LOSE!)

Donc bon, je m'égare c'est vrai. Tout ça pour dire que si le propos est léger en apparence, une problématique autre affleure là dessous et que j'aimerai bien qu'elle soit exploitée. Enfin, c'est pas du Okazaki (Kyoko) non plus, je ne pense pas que Hiura aille vraiment gratter là où ça fait mal. Mais c'est déjà un rien plus subtil que le "BD de fille" à la mode en ce moment sous nos latitudes (puis surtout, ça fait plaisir d'avoir pour une fois un personnage qui avoue la quarantaine, même s'il fait plus jeune. Le chef est pour l'instant clairement mon préféré, avec son sens de l'humour assez féroce, le manga serait largement moins drôle s'il n'était pas là.. et puis un mélomane, cinéphile, qui aime faire la cuisine, et surtout doté d'un humour cynique, on peut passer sur sa maniaquerie, il n'est pas loin de l'homme idéal dans ma définition à moi ;) Enfin, du genre qu'on ne peut trouver qu'en film ou en BD, donc...

Je ne pense pas cependant que je suivrai régulièrement ce manga, sauf si je trouve les autres volumes en occasion, pour voir comment ça évolue sur la durée ( bon au moins, l'héroïne se trouve un Jules dès le chapitre 2, au moins ça,  c'est fait, ça ne durera pas des tomes entiers). Wait and See.
En Juillet  on se détend les neurones avec un josei sentimentalo-humoristique
 Je sais qu'il existe une série TV adaptée de ce manga, ça peut être une idée à creuser, je ne m'y connais que très peu en série japonaise, donc une truc pas trop prise de chou pour commencer, ça peut me tenter s'il croise ma route.

Ajouter une légende