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samedi 16 avril 2022

Princesse tutu ( série animation 2002)

 C'est le premier avril  et, tiens, pourquoi ne pas reprendre la bonne habitude de chroniquer un truc barré/ décalé/ n'imp'?
Bon, vu mon retard, dû aux études " c'est avril, c'est le mois pas sérieux"

Et je ne sais pas pourquoi, il y a quelque jours, j'ai repensé à cette série ( enfin, si, au fil de mes études je me suis un peu intéressée à la danse en général depuis 2 ans), qui fête ses 20 ans cette année. Intéressons nous à "Princesse tutu". Déjà, quel titre! plus rose-pailleté-guimauve-fifille, y'a pas ( à prononcer " princesse Tchoutchou" en japonais, ce qui rend la chose encore plus drôle). Une série animée qui n'a pas l'air d'avoir eu un gros succès en France, peut-être à cause de ce titre trop connoté "petite fille".

Rembobinons. Je l'avais découverte il y a pas mal  d'années, un peu par hasard, au travers du nombre colossal de mèmes qui lui était dédié, en donnant l'image d'un truc particulièrement portenawak (ce qu'elle est... mais pas seulement).
Je me souviens bien ce qui m'avait donné l'idée de la chercher, à l'époque, en VOSTanglais: une discussion dans un forum, où j'avais mentionné la chanson " I dont' feel like dancing" comme étant une des plus mal nommées, puisque je ne peux absolument pas rester en place dès que je l'entend. Et on m'avait redirigé sur "Princesse tutu abridged serie" qui justement utilise ce tube comme ambiance sonore.. et mais c'est quoi ce truc!?
C'est drôle mais ça n'a ni queue ni tête, donc faut que je voie l'original pour mieux comprendre la parodie. Et je suis allée regarderla série, en me disant  " Ok, une série animée de magical girls sur la danse classique, tout ça mis ensemble, c'est too much quand même".  C'était pas gagné, je n'ai jamais vraiment aimé les histoires de magical girls, et, à l'époque je ne m'intéressais qu'à la danse moderne. Double handicap, c'est dire si ce n'était a priori pas pour moi!

Et après quelques épisodes complètement WTF, mais en fait suffisamment WTF pour me donner envie de voir ce que les scénaristes allaient encore inventer,  je l'ai trouvée carrémment pas mal, avec des moments bien trouvés. Et même plus profonde qu'il n'y parait au début, avec une fin qui évite le gros écueil que je redoutais. Avec des thèmes sombres comme la mort, le destin, la manipulation, les apparences et les faux-semblants, la prédestination, la révolte contre le rôle qu'on veut vous faire tenir... cachés sous les plumes, les tutus, les fleurs et l'humour.

Et pourtant si on tente de la résumer... Aheum.
C'est l'histoire d'une fille, prénommée Ahiru, soit" Canard", élève très médiocre d'une école de danse  dans une pays imaginaire qui ressemble à l'Allemagne, et qui rêve qu'elle est... une cane.  Elle se voit, caneton sur un lac, en train d'admirer un jeune homme mélancolique qui danse seul au bord de l'eau. Et il a l'air tellement triste que notre petite cane se fixe pour objectif de lui rendre le sourire.


Sauf qu'en fait, c'est réellement une cane, métamorphosée en petite fille par un conteur passablement effrayant, qui croit être une petite fille et qui rêve qu'elle est une cane. W. T. F!

Notre héroïne, Ahiru, sa vraie apparence étant celle du canard.

Ahiru, donc en pleine crise existentielle, ne sachant plus qui elle est, apprend du conteur-sorcier Drosselmayer qu'elle est l'héroïne de l'histoire qu'il a écrit. Il est mort avant d'en rédiger la fin, les personnages laissés en cours d'histoire ont pris chair dans cet univers et n'en font qu'à leur tête, n'ayant plus de scénario à suivre. Il faut y remédier, et elle, le vilain petit canard, est plus ou moins la seule qui ait la volonté d'agir DANS l'histoire en changeant le destin du héros. Ce qui veut ici dire, que manipulée par Drosselmayer, elle va devoir forcer ses amis ( qui n'ont même pas conscience de leur statut de personnage) à rejouer dans ce qui est maintenant leur quotidien, l'histoire inachevée, telle que l'a décidée le fantôme du conteur.
Vous avez vu The Truman Show? Ben voilà: cette idée-là, mais version magical girl, dans le thème des contes, de la danse et de la musique classique. Et plus on s'avance, plus ça prend l'allure de Truman Show. Je ne m'y attendais pas, je dois dire et c'est une bonne surprise.

HAAAAA!
Drosselmayer le conteur.  Oui, il apparait toujours comme ça, menaçant et.. non en fait carrément flippant et malsain. Bon, c'est un fantôme, c'est légitime.

Ahiru-la-fille est, comme toute héroïne d'anime qui se respecte, raide dingue de son Senpai, un garçon toujours dans la lune, prénommé Mytho (oui, les personnages ont des noms très chelous), avec lequel elle voudrait tant danser un duo. Le meilleur élève et la plus nulle, vous imaginez le résultat.
Ahiru-la-cane, elle, est raide dingue du héros taciturne qu'elle a vu en rêve au bord de son lac.

Le conteur lui révèle donc le secret que tout le monde a deviné: Mytho est l'incarnation dans le monde " réel" du prince du rêve, tout comme Ahiru-humaine est l'avatar du petit canard. Si elle veut aider son prince dans le monde du rêve, elle va devoir agir dans le monde "réel", toute godiche et maladroite qu'elle est. Ce qui est, on le voit peu à peu, une grosse manipulation du narrateur pour reprendre la main sur des personnages qui veulent s'émanciper et vivre leur vie, et seul un simple canard est assez naïf pour accepter le rôle ingrat de la redresseuse de tort. Détail important, elle doit gagner l'amour de Mytho, mais sans jamais le lui dire: si elle se déclare, elle disparait instantanément. Drosselmayer est un sadique qui aime torturer ses personnages, et ce n'est qu'un début.

Pour ce faire, il la dote d'une troisième identité: la princesse tutu, qui est tout ce que Ahiru n'est pas: courageuse, décidée, digne... et talentueuse. Et la charge d'une mission: Mytho est impassible car, dans une précédente histoire, il a du sacrifier ses sensations et ses sentiments, pour sauver le monde d'un gigantesque corbeau-démon. C'était le prix à payer. Il est devenu insensible au point de ne pas ressentir de douleur s'il se tord la cheville ou de ne pas comprendre le risque qu'il y a à sauter par une fenêtre. Ahiru doit donc retrouver ces sentiments éparpillés sous forme de gemmes dans toute la ville, et les rendre à leur légitime propriétaire. Toutes évidemment ne sont pas positives mais, et là, c'est un bon point pour l'anime: toutes sont nécessaires. Mytho privé de la colère ou de la honte ne peut faire face au camarade abusif qui l'insulte,et semble (je dis bien semble) en avoir fait à la fois son souffre-douleur, son esclave et son jouet. Et plus généralement, il devient le jouet de tout le monde. Privé de la peur, il ne voit pas le danger qu'il y a à sauter par une fenêtre pour sauver un oiseau tombé du toit ( tiens, il n'a pas perdu la compassion, mais, par contre il a oublié le détail important: les oiseaux volent!).

A ce duo Ahiru - Mytho ( décidément, ce nom qui fait référence au fait qu'il est un mythe et non un humain,  sonne de manière très drôle en français) se rajoute un autre duo: Fakir (le mec tyrannique, qui porte bien son nom: aussi agréable qu'une planche à clous!) et Rue (comme la plante, pas comme la rue de la ville), LA meilleure élève, soliste, celle à qui les meilleurs rôles sont destinés d'office, celle avec qui tout le monde veut faire des duos, pas exactement méchante, mais... très vaniteuse par moments.
Or ces deux là ont aussi des équivalents dans le conte d'origine: Fakir est un chevalier au service du prince qui doit pourfendre le grand démon corbeau, tandis que Rue est la propre fille du démon-corbeau. Elle aussi, sous une apparence de super méchante, la princesse Kraehe, cherche les fragments de personnalité de Mytho... pour lui éviter de développer des sentiments comme l'amitié, l'amour, et en faire sa chose ( avec des motivations disons, très peu honnêtes: le corbeau est scellé dans une dimension parallèle, et il faut par sorcellerie lui rendre la liberté: il lui faut pour celà un coeur jeune et sincère, et Mytho est le pige.. euh le candidat idéal pour lui amener cet ingédient essentiel, à condition qu'il retrouve ses sentiments, car un coeur vide ne vaut rien pour la magie. Rue- Kraehe est elle aussi le pigeon de son père, hein..., elle en pince pour Mytho et ne sait pas qu'il va devoir ...être mangé par son paternel)



Chose intéressante, hormis Ahiru, au début, aucun des autres n'a conscience de sa personnalité cachée, définie par le rôle que l'auteur leur a assigné dans sa précédente histoire: Rue est orgueilleuse et possessive parce qu'elle est un corbeau qui n'est pas doté des sentiments humains. Fakir est tyrannique parce que son rôle de chevalier est écrit comme ça: protecteur dans le conte, il est en fait surprotecteur de son pote, à qui il veut éviter des problèmes. Et tout le monde veut soit rendre au "patient" ses sentiments, soit lui éviter de les retrouver, mais sans se poser une question essentielle: que veut réellement Mytho? Retrouver une personnalité quitte à en souffir, ou rester un imbécile heureux, indifférent à tout.
Vous arrivez encore à suivre? Bon.

Et donc Fakir. 'ttendez.., je rêve? cheveux bruns, yeux sombres, teint mat, un personnage oriental, comme son nom le laisse supposer? Youpi!

Jusque-là, vous pensiez que Mytho ou Ahiru sont l'un ou l'autre le personnage principal? Et non, ce sera notre petit brun grognon, mais il ne l'apprendra lui même qu'à la fin. En tout cas, si les 4 personnages pricipaux évoluent, c'est son évolution qui va être la plus intéressante.

En tout cas j'aime bien ce personnage: sarcastique, ironique, cassant.. mais dans le fond c'est juste le type calme qui n'aime rien tant que lire et qu'on lui foute la paix. Sauf qu'il se retrouve par la volonté du conteur propulsé dans un rôle de chevalier protecteur qui ne lui convient pas, pour lequel il n'a pas de prédispositions et dans lequel il est , il faut le dire, assez nul, puisque ce sont toujours les autres qui lui sauvent la mise. Rôle qu'il n'arrive à remplir qu'à l'excès en devenant tyrannique.
Il est aussi doté d'un pouvoir qui lui pose problème: il a un talent littéraire.. mais les histoires qu'il écrit se réalisent, parfois avec un résultat catastrophique. Il a d'ailleurs oublié cette compétence traumatisante, et se voit contraint par le scénario de suivre une voie qu'on lui a désignée et qu'il n'aime pas en renonçant à celle qui est faire pour lui.
Je n'arrivais pas à mettre exactement le doigt là-dessus, mais voilà quelqu'un qui a analysé le personnage et je trouve que ça tient debout. En tout cas, il est beaucoup plus intéressant que les autres, et c'est presque le seul dont je me souvenais clairement.
L'idée est originale en tout cas: un conteur qui a le pouvoir d'influencer la réalité a écrit une histoire, dont un des personnages est aussi doté de ce pouvoir, et va aller peu à peu à l'encontre de ce que son créateur attend de lui.

Bon alors tout ça se passe dans un monde "réel", qui mérite bien des guillemets: comme dans le monde réel, les garçons sont une denrée rare dans une école de danse.
Mais, pas comme dans le monde réel, le professeur est... un chat, qui lorsqu'il s'énerve, menace ses élèves de 13,14 ans d'en épouser une de force. Et se passe la patte sur l'oreille ou se lèche le.. oui, comme un chat. Un autre professeur est une chèvre. Et certains élèves sont chelous. Non vraiment chelous: un chihuahua, un fourmilier, des oiseaux, un hippopotame, un tatou à neuf bandes, des wallabies... (seule ahiru semble se poser des questions à ce sujet, et, chose incroyable, ce fait sera expliqué IN FINE!)

Meilleur argument de vente de la série: le très indifférent héros est enlevé par une fille-fourmilier en uniforme scolaire qui clame en faire son petit ami.
et hop!

La honte intergalactique: cette danseuse - fourmilier est plus douée que je ne l'ai jamais été, même dans ma jeunesse, et a un meilleur équilibre que je n'en aurais jamais, même en m'entraînant tous les jours.

et au passage l'élève de dos me fait penser à Akira de Hikaru no go ce qui est encore plus perturbant.


Oui, cette série est portenawak ET c'est finalement sa force: assumer son côté totalement barré et ses trous scénaristiques dans sa forme pour mieux trancher avec son propos volontiers angoissé: qui suis-je réellement, est-ce que mon histoire est écrite, et si oui par qui? Est-ce que je peux, est-ce que je dois la faire changer?
Dès l'épisode 2, l'héroïne se pose des questions philosophiques: je suis une cane qui se croit humaine, mais laquelle est la vraie? Si j'étais moi hier et encore avant sous une autre forme, est-ce que je suis encore moi aujourd'hui?
Je crois que c'est ce genre de dialogue qui a fait que j'ai continué à suivre la série :) Et je ne regrette pas parce que c'est sympa de voir une mise en abîme où les personnages veulent sortir de leur rôle, ou au contraire jouent avec les codes narratifs ( mention spéciale à Femio, personnage secondaire de la 2° saison, narcissique incorrigible, qui arrive à dos de taureau sur l'air d'Escamillo, balance des mots au pif en français pour mieux draguer, suivi d'un assistant qui lance les bncontournables pétales de roses qui accompagnent souvent ce genre de personnages.  Habituellement, c'est un cliché sorti de nulle part, là, non, c'est un type dans le cadre qui les lance par poignées. Le 4° mur prend cher.)

Donc les points faibles: 

Une histoire de magical girl, avec la fille un peu nulle qui doit évidemment se battre pour sauver ses amis et le monde en rassemblant des trucs perdus ça n'est pas nouveau ( Sakura dans Card Captor rassemblait des cartes magiques, la même dans Tsubasa chronicle rassemblait les souvenirs de son meilleur ami éparpillés sous forme de plumes...).
Le monde ou ça se passe est quand même chelou...faut passer le cap, et oui, ça s'explique.
Uzura, l'inévitable mascotte con-con, qui ne sert pas à grand chose, à part à faire des gags-culottes ultra-répétitifs, avec en plus un tic de langage (en fait un avatar chibi d'un personnage plus sérieux disparu dans la première saison, mais que les spectateurs aimaient bien, donc qu'on fait revenir sous une autre forme en version plus "légère". Et ce genre de personnages est en général très pénible)
Le titre qui laisse attendre quelque chose de rose et mignon... et est finalement très trompeur ( dans le bon sens pour moi, mais si vous attendez un truc réaliste sur la danse, ou une histoire pour enfant, ce n'est pas ça)

bon pas à ce point-là, mais ça serait drôle quand même
l'héroïne étant du genre à tout vouloir régler par la non violence, et demande aux gens  "danse avec moi"


Les plus:
une série de magical girl, qui a droit évidemment à sa séquence transformation mais sans musique spécifique, ni phrase magique (vous voyez? le magical gugusse, qui se ressemble comme deux gouttes d'eau avant/après mais que personne ne reconnaît avant/ après avoir braillé un truc du genre "par le pouvoir du crâne ancestral!" ).
Non seulement, de par sa thématique,  la série puise dans les domaines de la danse et des ballets de répertoire, de la musique classique et des contes, mais, c'est encore mieux, elle les utilise à bon escient en lien avec la narration:
-La première apparition d'Ahiru est une double référence au lac des cygnes et au vilain petit canard.
Son apprence d'héroïne "princesse tutu" et l'incarnation maléfique que Rue " Kraehe le corbeau" sont des références encore à Odile et Odette.
-La mystérieuse femme qui se promène en jouant de l'orgue de barbarie et en parlant par phrases incompréhensible se tient toujours en 5° position (là, les pratiquants de danse comprendront), mais c'est aussi un automate, en référence à Coppélia du ballet du même nom, lui même inspiré des contes de ETA Hoffmann. D'où provient aussi Drosselmayer, personnage très ambigu de Casse-noisette, lui aussi emprunté à ETA Hoffmann.
-Une séquence qui se passe dans un cimetière emprunte sa forme et son fond à Giselle, ET les héroïnes ne pourront s'en sortir qu'en reproduisant sans erreur les enchaînements de pas du ballet lui-même. Ce qui me laisse à penser que les scénaristes ont fait un vrai travail de recherche, au lieu de simplement jeter des références un peu au hasard. Souvent les séquences magiques sont aussi une référence discrète ( apparition de tapis de fleurs sur l'air de la Valse des fleurs)
et.. bon la musique, c'est toujours sympa de faire connaître à un plus vaste nombre la musique classique. Pas seulement de danse, d'ailleurs: Outre le lac ces cygnes, Casse-noisette, Shéhérazade, Coppélia, ou Giselle, il y a Carmen, Les tableaux d'une exposition, la 1° Gymnopédie de Satie,

Le gros plus pour moi: pas de Happy-end et pas d'histoire d'amour attendue.
SPOIL : plus elle avance, plus Ahiru, qui se rend compte que son amour pour Mytho n'était qu'une illusion fondée sur une image d'épinal. Elle l'aimait pour sa beauté et pour sa tristesse: tant qu'il était triste, elle avait un but: lui rendre sa personnalité. Une fois ce but atteint, paradoxalement, elle se rend compte que cette personnalité n'est pas celle atttendue, il n'est plus le Mytho qui lui plaisait. Mieux, elle admet que le seul qui l'apprécie réellement pour ses qualités est précisement, le type qu'elle n'aimait pas du tout au départ: Fakir, ronchon, mais fiable, capable d'évoluer et de revenir sur ses erreurs, et qui ne lui force pas la main à faire des choix qui ne lui conviennent pas.
Devant le choix de ne pas aller jusqu'au bout de l'histoire et de rester humaine, ou de conclure son histoire, mais à sa manière en affirmant sa volonté et en redevenant un canard, Ahiru décide... de rester en phase avec sa nature profonde. Une héroïne d'anime qui préfère renoncer à une vie confortable et des relations basées sur une fausse apparence, et qui choisit sa propre voie en fonction de son ressenti quitte à causer de la peine à ses amis, c'est quand même rare.
Et une thématique plus adulte qu'il n'y parait: choisir, c'est forcément renoncer à quelque chose.

allez, un petit coup de mème pour la route
je ne pouvais qu'aimer cette référence: Usagi la lapine et Ahiru la Cane nous rejouent un gag de Bugs Bunny et Daffy Duck

Pour les curieux ou ceux qui préfèrent la lecture, il y a une version manga, que je ne connais pas. A noter que le manga est l'adaptation papier de la série.

jeudi 1 avril 2021

Kamigami no asobi (série d'animation, 2014)

 Donc voilà, puisque j'en parlais au sujet de Tsukimi, en mentionnant brièvement cette série, qui n'avait pas eu droit à son sujet, bien qu'elle a été une bonne surprise, il est temps.

La série date de  2014, et adapte vaguement le sujet d'un jeu vidéo de drague: une humaine est envoyée dans un monde peuplé de dieux et va devoir en draguer un ou plusieurs - J'avais vu lors d'un voyage au Japon les affiches et publicités énormes pour ce jeu, qui venait de sortir. Le temps de déchiffrer les kanas des noms des personnages, de comprendre qu'il s'agissait d'un otome game sur la mythologie...  J'ai piqué un tel fou rire dans le magasin que j'ai couru aux toilettes pour pleurer de rire. Oui oui, tant ça avait l'air cliché.Ce n'est que le lendemain que j'ai pu, en me préparant mentalement, lire le titre sans memarrer à nouveau. "Kamigami no asobi": le jeu des dieux.

Et donc quand j'ai vu une adaptation en anime, je me suis dit " haaa mais c'est le concept qui m'a valu un fou rire mémorable".

Mais je ne parlerai pas ici du jeu en lui même que je n'ai pas testé.

La série animée a eu la bonne idée de s'éloigner du bête concept de "jeu de drague! on colle une fille aléatoire et sans personnalité dans un groupe de gars qui vont rivaliser d'ingéniosité - ou de harcèlement sexuel -pour se la taper, vu qu'elle est la seule célibataire du coin, et pour tout dire la seule personne de sexe féminin du coin..." pour se concentrer sur une version divine d'"Esprit rebelles": une bande de racailles immortelles doit apprendre à respecter l'humanité tout entière, et c'est pas gagné.

Dans ce genre d'adaptation d'un jeu de drague, il y a eu le consternantissime " Diabolik lovers" qui reste à ce jour le pire navet d'animation (d'un point de vue scénario) que j'ai vu. C'était il y a 6 ans et je me souviens encore de la nullité absolue de ce truc.

Bonne chose, Kamigami est l'anti- Diabolik Lovers, sur un scénario qui s'annonçait pourtant aussi mal parti que possible : une humaine se retrouve coincée pour une raison quelconque dans un lieu peuplé d'immortels. Des dieux cette fois.
Donc, il y avait tout pour partir en sucette, d'autant que l'héroïne s'appelle également Yui, comme celle de Diabolik, mais divine surprise (oui j'ai osé), elle se bouge et personne ne va tenter de la manger.

Et pourtant, sur le papier, le mélange "mythologies du monde et comédie lycéenne" était hautement aléatoire et annonçait un foirage totale.


Donc Yui, une lycéenne japonaise tout ce qu'il y a de plus normale, se retrouve transportée dans un monde étrange par le biais d'un artefact magique. Du classique, jusque là.

Mais déjà, Yui, contrairement à pas mal de ses consoeurs d'animations a une vie, des amis, des loisirs , une famille. Et une fois transportée dans un lieu qu'elle ne connait pas, sa première réaction est LO-GI-QUE: une fois établi qu'elle est vivante et entière, elle va chercher du réseau sur son téléphone pour essayer de se géolocaliser et d'avertir sa famille, les secours, bref, de faire quelque chose autre que chougner.
Et devant l'impossibilité de se situer, essayer de trouver d'autres gens et de leur parler pour voir s'ils peuvent lui donner des indices dans sa quête sont aussi paumés qu'elle.
Et donc elle va rencontrer tour à tour un paquet de types bizarres, plus ou moins collaboratifs, qui n'ont pas plus qu'elle la moindre idée de ce qu'ils font là. 

Et elle comprend quand même que quelque chose n'est pas normal quand elle voit dans le ciel une île flottante ( pas le dessert, plutôt digne d'un tableau de Roger Dean) et Pégase.
Oui, le cheval volant de la mythologie grecque.
et
donc, ce qu'il se passe: Zeus, LE zeus ( sous l'apparence d'un petit garçon tout mignon mais très égoïste) va rassembler tout le monde et s'expliquer à peu près dans ces termes:
 Je m'ennuyais alors j'ai trouvé un moyen de me divertir en pourrissant la vie des autres: 
Yui tu es une terrienne tout ce qu'il y a de plus banal, un échantillon parfait de médiocrité humaine.J'ai donc décidé de faire de toi l'instructrice d'une bande de racailles de niveau olympique. Ce sont tous des dieux avec un gros gros problème mental et /ou relationnel. A toi de leur faire comprendre ce que sont les humains, leur valeur collective - même si ce sont des connards individuellement - et à convaincre tous ces jeunes glandeurs de dieux que les humains ne sont pas des jouets (enfin sauf pour moi). Tu as une année scolaire pour leur apprendre l'humilité et la compassion. Si tu rates, vous serez tous coincés ici pour l'éternité. Pas de souci, leurs pouvoirs sont scellés, ils ne pourront rien te faire, moi par contre je peux cramer la tronche de tout le monde en un claquement de doigts, donc filez tous droit.


Bon, on l'a dit, tous sont complètement tarés un peu indisciplinés.
Du côté de l'équipe grecque nous avons Apollon (con comme un verre à pied, et qui surnomme l'héroïne " madame la fée", dragueur comme, ben le dieu de la beauté, mais qui se prend des râteau à cause de la présence d'un concurrent aux mêmes attributions), Hadès ( qui a du mal a assumer son statut de roi des enfers, et pense attirer le malheur sur tout le monde, bref: être un chat noir), et Dionysos ( qui se fout de tout et ne s'intéresse qu'à cultiver de la vigne où qu'il soit)

Yui et ses amis grecs: Dionysos, Hadès et Apollon. Quand même, quand tes potes sont des dieux, c'est la classe.
Et vous avez vu: elle se marre, personne ne tente de la torturer ou de la menacer, c'est la pause repas entre amis. Et ce n'est pas elle le déjeuner.


Côté mythologie nordique, Balder ( l'équivalent nordique d'Apollon, mais comme il est aimé de tout le monde à cause d'un sort jeté par sa mère, il complexe: personne ne l'apprécie réellement spontanément, pour sa personnalité ou ses qualités, c'est l'effet du sort, trop le seum ) Loki (remuant dieu du feu et meilleur ami- WTF!- de Balder, ça, c'est le gros nawak mythologique, ils sont supposés se détester quand même), et Thor qui ne sert pas à grand chose concrètement.

Et pour l'équipe japonaise, Tsukito le dieu de la Lune (qui y est tout le temps, dans la lune) et Susanoo le dieu du vent, ou de la mer, j'ai un doute. Mais il fait un peu double emploi de "type remuant" avec Loki.
Et donc il va falloir convaincre ces glandeurs de s'allier entre eux pour contrer les plans ridicules de Zeus, qui a apparemment décidé de régenter aussi les autres mythologies, et tout en arrivant à leur faire comprendre qu'il ne faut pas martyriser les humains, que ce sont des créatures sensibles. Un peu comme " écraser les insectes, c'est pas très gentil"

Et on rajoute les deux figurants égyptiens sous employés, Thoth ( bibliothécaire caractériel), et Anubis ( le " toutou", qui ne fait qu'une apparition de quelques secondes par épisode, un cameo, donc)

Choisi ton dieu favori ( bon il manque ici Zeus et Dionysos, et Thor qui n'a pas non plus un rôle important, ça aurait fait trop de grecs et de norvégiens, probablement)

Raisons pour lesquelles c'était une bonne surprise:

- L'héroïne n'est pas 100% molle, a des lignes de dialogues, essaye de trouver des solutions par elle-même plutôt que de chougner à la première difficulté. Quitte à s'opposer frontalement -et à coup de katana- à Zeus. Ou a un dieu qui ne veut pas bouger sur le ton " si ça t'amuse d'être ici c'est ton problème, mais on est dans le même bateau, et là ça devient mon problème, JE veux rentrer chez moi, et pour ça s'il faut que je te traîne par la peau du  biiiiiip , je le ferai. YEEEEES!

- On lui a assigné une tache et elle fait de son mieux pour la mener à bien, dès qu'elle comprend que c'est sa seule manière de rentrer dans son monde d'origine.

- Il y a un scénario qui pioche, même en les distordant, dans les mythologies d'origine des différents personnages. Donc un peu de portenawak pour les mythologues avertis, mais au final, pas plus que la moyenne des films hollywoodiens, capables de vous coller le concept de "péché" judéo-chrétien en pleine Grèce antique. Mais bon on n'atteindra jamais le niveau cosmique de portenawak de Saint Seiya, et pourtant, j'adore Saint Seiya. Doc le n'imp' n'est pas disqualifiant quand il est assumé ( et LE Choc des Titans, version années 80 est un délice malgré une chouette robot totalement anachronique)

- La série a le bon goût d'être tragi-comique et de ne pas se prendre trop au sérieux, sauf lorsqu'elle évoque des passages vraiment liés à la mythologie ( le meurtre de Balder dans la mythologie nordique par exemple)

- Cool, on évite le cliché de caser l'héroïne avec le célibataire le plus probable - ici Apollon- pour se concentrer sur les problèmes personnels ou psychologiques de ces dieux, quand même assez gratinés. On ne parlera pas de l'Apollon mythique, dieu de la beauté et des râteaux - même si ce détail jubilatoire est repris! Apollon se voyant involontairement damer le pion par Balder et sa "malédiction" - mais quand même de base un sacré enfoiré, aussi chaud que papa Zeus. ( sisi, regardez les légendes, il s'en s''est pris un certain nombre de rateaux, soit que la femme qu'il poursuit est fidèle à son mari ou pas du tout motivée pour sortir avec un immortel, se sachant mortelle, soit que le monsieur qu'il poursuit ne soit pas spécialement intéressé par les hommes. Non désolée, c'est un jeu de drague hétéro, on ne pourra pas caser Apollon avec un homme et c'est bien dommage)

- L'anime évite l'autre énorme cliché de faire d'Hadès un personnage négatif, parce que la mort c'est pas bien. De fait, mythologiquement parlant, Hadès est plutôt un dieu pépère, qui s'acquitte de sa tâche comme il peut sans se mêler vraiment de la vie des humains , et au final un dieu bien plus digne que ses deux frères, ce qui n'est pas difficile. Et donc Hadès ne sera pas le personnage négatif qu'on attend, mais un type sympa doté d'un humour du type " blagues carambar", un personnage plutôt marrant avec une passion pour les daifuku à la fraise - oui des petits gâteaux japonais.

 Et donc ça va être une autre piste qui va primer que " collons l'héroïne dans les pattes d'un dieu au pif" et c'est très bien. De plus, sur les derniers épisodes le scénario a la bonne idée de choisir une mythologie, la nordique, et de s'y tenir.

Et en point négatif, c'est assez linéaire: 1°épisode = les présentations, les suivants = un personnage = un problème à résoudre et l'histoire ne commence réellement qu'après la moitié. Sur une série de 12 épisodes, c'est un peu dommage.

Et comme on part d'un jeu de drague, il manque de personnages féminins , on voit quelques filles, ce sont juste des esprits collés là par Zeus pour donner l'impression qu'il y a plus de monde ( pourtant il y aurait pu y avoir quelques déesses, genre Artémis, il y aurait tellement eu de potentiel à exploiter une rivalité entre frère et soeur. Ou Athéna qui aurait pu être dans sa période rebelle contre papa Zeus et chercher le soutien de tonton Hadès)

Et je viens de découvrir que le jeu avait ce personnage. qui n'a pas été intégré à la version animée.
Et là je me dis " quoi, une autre nana? Enfin!!! ouaaah, j'adore son kimono, trop cool"
Erreur. Ce n'est pas une autre nana. C'est un dieu du soleil, encore un, avec Apollon et Balder, ça faisit trop de dieux de la lumière.
C'est vrai que dans le bingo des anime, il manquait ici le personnage travesti.

L'autre problème c'est que comme il s'agit d'une comédie lycéenne on aura droit à tous les clichés de la comédie de lycée japonaise: choix de clubs à rejoindre, bad guy sympa au passé douloureux, pièce de théâtre, nécessité de collaborer entre personnages qui ne peuvent pas s'entendre, fête de l'hiver, personnage maudit (et cette fois, ce n'est pas une image romantico- emo), roi de la maladresse qui s'étale de tout son long à tous les épisodes. Et l'inévitable mascotte-conseiller qui ne sert à rien.
Une sorte de sac poubelle qui parle. Et ce n'est pas une image, c'est vraiment un sac animé fait de déchets. C'est là qu'on se dit quand même que l'anime ne se prend pas au sérieux et a été conçu comme une grosse blague.

Mais le plus gros problème ici c'est : c'est trop court! 13 épisodes d'une vingtaine de minutes pour arriver à présenter tout le monde PUIS développer une trame narrative, c'est très court ( souvenez vous de mon commentaire sur Diabolik, provant que tout est relatif: 13 épisodes de 12 minutes moins les génériques, ça paraissait horriblement long!)
En l'occurrence, les dieux égyptiens présent sont juste des figurants, et c'est bien dommage. On pourrait faire un " où est Charlie" en cherchant les apparitions d'Anubis, qui a réellement un comportement de chien-chien.

Donc une série très courte, pas exempte de défauts, mais qui partait de très loin. Je n'en attendais absolument rien, je l'avais regardée un peu par curiosité, et ça s'est avéré une excellente surprise, une série beaucoup moins basique et couillonne que ce que je craignais, avec de vrais moments de délire, une héroïne qui a plus de nerfs que les autres, et un scénario, même précipité.
Donc pour le côté blague, j'avais conservé ce sujet pour le premier avril, en lieu et place du sempiternel tome du navet pharaonique habituel que je n'ai franchement plus l'envie de me forcer à lire.

mercredi 28 octobre 2020

Ludwig Révolution t.4 - Kaori Yuki

 Dernier tome des aventures de Ludwig.

Et plus que deux histoires en fait. La première " la princesse du sel" est tirée de "la gardeuse d'oies à la fontaine" mais Kaori Yuki en a changé le tire pour eviter la confusion avec la gardeuse d'oies tout court, déja adaptée précédemment. Et " la lumière bleue" je suis d'accord ce sont des histoires presque totalement inconnues.



La princesse du sel, (3 chapitres) conclut de manière un peu précipitée il est vrai l'histoire de Julius et Petronella. Mais il vaut mieux un peu précipité que pas de fin du tout.

A la fin du tome 3, la situation était telle que Ludwig savait qui en voulait à sa vie par les informations obtenues du chaperon rouge et d'Hansel et Gretel. Décidé à confronter son père et ces usurpateurs, il avait donc d'une part entamé son voyage de retour vers son pays et d'autre part, envoyé le chaperon rouge à la recherche d'une mystérieuse personne dont il savait qu'elle ne lui refuserait pas son aide. Wilhelm lui, ne sait pas qui sont les commanditaires de ces tentatives d'assassinat.

Purée leurs tronches... même à Halloween ils pèteraient l'ambiance

Et donc cette piste est exploitée, et j'avais totalement oublié ce personnage disons...totalement taré.

Donc à peine de retour Dorothea la sorcière, qui outre son masochisme et sa tendance à vendre régulièrement des potions totalement ridicules contre une forte somme ( ceci aura son explication dans " la lumière bleue"), est une sorcière douée, capable de sentir un maléfice. Celui ci est concentré dans des cristaux de sel disséminés tout autour du château. Elle va donc se donner pour mission d'aller les détruire, non sans avoir auparavant en secret jeté un sort de protection à Ludwig, et lui avoir recommandé de ne rien manger de ce qu'on lui proposerait au château.

Dès lors, si quelqu'un essaye d'attenter à la vie de Ludwig, c'est elle qui recevra le coup, à distance. Ce qui se passe, Wilhelm goûte sans le savoir à une tarte hallucinogène concoctée par Julius, voit des monstres partout, poignarde Ludwig , et est jeté en prison sur ordre du roi, manipulé par Petronella. C'est simple, il suffira de dire à la population " le valet a attaqué Julius sur ordre de Ludwig, s'est retourné contre son maitre et l'a tué avant d'être arrêté. Et bien sur le but était de renverser le roi..."

Et donc Ludwig protégé par le sort de Dorothea , se réveille dans son cercueil avec auprès de lui Julius, qui , versé en magie, se rend vite compte de l'existence d'une protection magique, et vien lui réclamer son coffret d'amethyste " qui contient son coeur"... Objet que Ludwig lui aurait dérobé 4 ans plus tôt lors d'une guerre, car Julius n'est absolument pas le fils du roi, mais un jeune noble du pays voisin, qui a vu sa famille massacrée par Ludwig (?) lors de l'attaque de son pays. Attaque qu'il n'a évidemment jamais commise puisqu'il avait moins de 15 ans à l'époque ( oui ce débauché de Ludwig a... 19 ans et un tableau de chasse digne de Don Juan). Mais il sait qui en est responsable et c'est précisément la personne qu'il veut faire retrouver par le chaperon rouge.

Celle ci se nomme Amalberga, est sadique et violente au dernier degré, et est surtout la légitime souveraine exilée par son mari. Oui, la reine, la mère de Ludwig, qui lui ressemble au physique comme au caractère. Et purée j'avais oublié à quel point elle est gratinée. Donc avertie que son mari - qui n'est qu'un roi consort- a fait courir le bruit de sa mort, elle s'applique avec son allure de femme pirate, et sa clique de brigands armés jusqu'aux dents pour reprendre son trône.


Oui lareine est complètement tarée, et donc je la kiffe, Kaori Yuki est allée jusqu'au bout de la logique, le fils est largement plus soft que sa mère.

Une dernière petite apparition de la belle au bois dormant ( qui est devenue l'esprit d'une ronce enchantée, car dotée elle aussi d'une ascendance de sorcière elle n'est pas réellement morte, mais a juste changé de forme), pour aider Dorothea mourante, puisqu'elle a pris le coup de poignard destiné à Ludwig.


Sauf que, il reste une dernière histoire " la lumière bleue" qui va enfin éclaircir les raisons de Dorothea. Peu avant de mourir ( ou plutôt de quitter son corps temporaire) elle explique qu'elle va au "pays des morts à la lumière bleue", pour y intégrer un nouveau corps. Elle est immortelle et est maudite, condamnée à se réincarner encore et encore pour rapporter de l'or en grande quantité à son maître - d'où son apparence qui ne change jamais siècle après siècle, et sa vénalité.

Bien des années avant, un mercenaire au caractère épouvantable avait demandé une princesse en mariage et devant le refus de la fille et de sa famille avait juré de se venger. Arrivé chez Dorothea , il s'etait comporté de manière si inacceptable qu'elle l'avait jet dans un puits sans savoir que le puits contenait la lampe bleue magique, qui allait servir la vengeance du mercenaire ( on passera donc sur le fait qu'une sorcière très douée pour repérer les sortilèges aurait ignoré qu'une lampe magique abritant un démon se trouvait dans son propre puits asséché).

Dès lors l'ancien militaire a pu obtenir ce qu'il voulait du démon en échange de beaucoup d'or: le roi a été détrôné, la princesse est devenue sa servante, la population massacrée est devenue son armée de zombies assoiffée d'or, il est devenu roi du pays rebaptisé " pays de la lumière bleue", est immortel dans un corps toujours renouvelé, et a condamné Dorothea a lui ramener toujours plus d'or pour le démon.

Bien qu'il s'en défend, Ludwig a une dette envers elle, et prétextant " avant de mourir, elle s'est exprimée de manière volontairement obscure pour m'intriguer et m'obliger à aller y voir de plus près " , va effectivement aller chercher ce pays maudit.

Ludwig ne sera jamais honnête envers lui-même!

Au final, la fin reste ouverte à une suite, mais heureusement les dernières histoires concluent avec Julius et Dorothea ( qui est au centre de ce tome, yay!). Donc bonne petite relecture d'une courte serie qui a le mérite de conclure à peu près, ce n'est pas toujours le cas avec l'auteur, et de ne pas.se prendre au sérieux. Même si on y retrouve les thèmes habituels: manipulation et sorcellerie, poupées humaines, princesses perverses, travestissements à plusieurs niveaux, masochisme et sadisme, Eros et Thanatos et malheureusement le retournement final un peu trop habituel chez elle du méchant désigné qui est en fait manipulé par quelqu'un d'autre que personne ne soupçonnait. Sur une courte série de 4 tomes, ce n'est pas trop gênant , sur une série comme Comte Cain/ GodChild entièrement basée sur le fait que ce personnage est en quelque sorte le parrain d'une organisation mafieuse, un retournement de ce type dans le derniers chapitre bousille totalement ce que la dizaine de tomes précédents avaient établi ( et alors sur les 20 tomes d'Angel Sanctuary, c 'est un gâchis total)


Et.. oups, Dorothéa s'est réincarnée un peu trop vite, son nouveau corps n'a qu'une douzaine d'années.. et plus de nichons, donc forcément, si elle revient par la suite dans un futur tome, ben..je suppose que le sujet gros nichons sera aussi plus ou moins évacué. En tout cas , elle reste mon personnage favori!

Donc oui, je vais revendre cette série qui m'a bien plu, mais que je ne relirai probablement pas. J'ai besoin de place et d'un peu de sous, donc, il me faut à présent faire un tri sur mes étagères, entre les series finies que je ne relirai pas, ou celles que je ne finirai jamais, celles que je peux racheter en version numérique donc qui n'encombreront plus ma chambre, ce sera la mission de l'année qui vient.



mercredi 21 octobre 2020

Ludwig Révolution t.3 Kaori Yuki.

 On continue sur les contestables aventures du pire dragueur des contes de fées.



La fin du tome 3 annonçait l'arrivée de Hansel et Gretel, nouveaux tueurs à gage engagés par Julius, le demi-frère de Ludwig très pressé de mettre ses fesses sur le trône.

Il leur a donc donné la double mission de faire passer de vie à trépas son cher frangin, mais aussi Lisette le chaperon rouge qui a failli à sa mission (tuer Ludwig aurait aussi impliqué de tuer au passage Wilhelm, son seul ami, et elle a une éthique professionnelle. Même si son sens de l'amitié est surtout lié au fait qu'étant sadique elle aussi, depuis que Wilhelm est parti se faire exploiter ailleurs, elle n'a plus eu personne à harceler).

Et donc la première histoire sera celle de Hansel et Gretel. Comment sont ils devenus des meurtriers  à la solde de Petronella et Julius. Et comment encore enfants, ils ont rencontré Ludwig qui a couvert leur fuite.

Et leur histoire n'implique pas de maison en pain d'épice, c'est juste une histoire qu'ils se sont inventé pour ne pas perdre la tête.

Abandonnés dans la forêt par des parents trop pauvres pour les nourrir, Hansel, grand dadais simple d'esprit, et Gretel, petite maligne, ne peuvent compter que sur eux mêmes. Mais alors qu'ils sont sur le point de mourir de faim, avec Gretel malade qui ne voit plus très clair, ils arrivent à une chaumière où est supposée habiter une vieille dame. Celle ci a été tuée par une criminelle qui va se servir des deux enfants pour couvrir son crime. Hansel lui sert de victime pour tester de nouvelles tortures, tandis que Gretel fait le ménage... Jusqu'au jour où elle recouvre la vue, et trouve la criminelle en train de torturer Hansel. Criminelle qui lui rappelle leur propre mère qui les battait sans merci. Gretel grille donc la criminelle avec son arme favorite, le lance-flamme, libère son frère et tous deux vont entamer une carrière dans le banditisme. Cependant dans leur fuite, ils sont couverts par Ludwig encore tout jeune, sans savoir de qui il s'agit.

Et encore moins que la personne qu'ils doivent exterminer est exactement celle à qui ils sont redevables.

Retour au présent: Hansel et Gretel provoquent un éboulis obligeant Ludwig a faire halte dans un village en ébullition: le prince local a décidé d'organiser une grande fête pour trouver sa future femme. Wilhelm et Ludwig sont logé chez un bourgeois qui a 3 filles. Deux  bombes qui prennent plaisir à harceler leur petite soeur, Aschenputtel " la fille des cendres". Et c'est donc parti pour l'histoire de Cendrillon. Une Cendrillon complètement ravagée, qui prend plaisir à être humiliée et traitée en esclave.

Ho oui, punissez moi!

Cendrillon: cas psychiatrique

Pas tant par goût comme Dorothea, mais parce qu'elle a peur de la joie, de la chance qui ne dure pas, alors que le malheur, lui, est quelque chose de stable. Donc pour se bercer d'illusions, et se dire que sa situation est mieux que d'être ignorée, elle part du principe que ses soeurs l'engueulent parce que " qui aiment bien châtie bien" et qu'on la surcharge de travail pour en faire une épouse accomplie qui sait tenir sa maison.

le vrai problème de Cendrillon

Elle est aussi complexée par ses grands pieds, car elle chausse du 42. Et ne peut pas se rendre au bal sans une paire de chaussures élégantes. Que Ludwig lui prête, lui aussi chaussant du 42. Moins par solidarité que par calcul : si toutes les filles vont à la fête où une seule doit être choisie, il y aura des dizaines de déçues à pécho. De plus se sachant traqué par des tueurs, il estime qu'il y a moins de risques dans une foule ( ce qui n'est qu'un point de détail pour Hansel le maniaque de la hache et Gretel, l'adepte des grillades au lance-flammes.

Or ce que personne ne sait c'est que le si parfait prince du coin est un dingue des reptiles, et qu'il organise sa soirée pour retrouver la fille aux pieds immenses qui , un jour dans un pré, a piétiné et blessé par mégarde et sans s'en rendre compte Isolde. Son animal de compagnie, son lézard favori. C'est un otaku des reptiles qui veut se venger.

Quelque part, Aschen est le choix parfait pour lui: elle estime que plus on l'humilie, plus c'est une preuve d'affection, et parle aux souris qu'elle élève dans son grenier. 

Il n'y a que ces deux histoires dans ce tomes, celle de Cendrillon occupant 3 chapitres. Et meme si l'intrigue secondaire progresse un peu, de mémoire, ca ne mènera pas loin, car le tome 4 est le dernier, et ne conclut pas. Kaori Yuki a interrompu sa serie pour congé maternité et ne l'a pas reprise ensuite. Un tome hors série " Ludwig fantaisie" est paru des années après, et je ne l'ai pas, mais apparemment, il ne conclut pas non plus, c'est un bonus qui exploite la petite sirène d'Andersen et le conte de la princesse Kaguya. L'auteur avouant qu'elle ne pouvait plus.exploiter vraiment d'autres contes des frères Grimm, car ils ne mettent plus en scène d'humains, en tout cas, pas de type" princiers".

Et on ne peut pas sans cesse transformer son héros en animal.

Ce tome 3 manque cruellement de  Dorothea qui n'y apparaît presque pas. On sait qu'en fin de compte, Ludwig recrute pour lui-même Lisette, sans emploi puisqu'elle a failli à sa mission, et la charge de retrouver quelqu'un, mais je dois dire que je ne me  plus du tout à ce moment de l'intrigue, si ce fait est exploité ou non.

Dommage l'idée de départ de faire une version trash des contes de fée était sympa et commençait à prendre un peu plus de corps avec les nouveaux personnages ( qui permettaient au passage de ne plus se contenter de gags sur les nichons), mais on sent par contre déjà un manque d'inspiration sur le caractère ( ou plutôt les lubies) des personnages secondaires: Aschen est masochiste, ce qui fait double emploi avec Dorothea, ses soeurs sont des allumeuses, ce qui est le cas de pas mal des autres figurantes, l'otaku des reptiles rappelle un peu l'otaku du tome 2. Mais j'aime bien Lisette et Wilhelm, et Hansel et Gretel. Dont les histoires sont plus glauques et moins parodiques.


mercredi 14 octobre 2020

Ludwig Révolution t.2 - Kaori Yuki

 Et on continue sur la lancée des aventures du prince le moins royal du monde.



Toujours aussi arrogant, mais qui ne sait pas ce qui l'attend.

Car pendant qu'il court le monde avec pour consigne de ramener une fiancée digne de ce nom, le roi, qui ne se fait pas beaucoup d'illusions, a décidé d'epouser sa maîtresse de toujours et de légitimer son fils caché, qu'il pense bien plus apte à régner que cet obsédé sexuel de Ludwig. Le petit Julius est de fait un... sale gosse manipulateur, bien décidé à faire passer son demi-frère de vie a trépas, histoire de s'assurer de pouvoir s'asseoir sur le trône, juste au cas ou papa changerait d'avis.

Et donc forcément, à qui faire appelle, sinon au meilleur snipoer de la region qui en plus a une dent personnelle contre Ludwig?

Et Ludwig, pendant ce temps que fait-il?

Il visite d'autres contes un peu moins connus ( en tout cas moins connu du public japonais de 2007): Rapunzel, Demoiselle Maleen, le roi grenouille et la gardeuse d'oies.

Et les héroïnes sont aussi gratinées que précédemment.

Première héroïne, Rapunzel.

Oui la jolie fille est une psychopathe
particulièrement violente


Qui est une mégère capricieuse et violente, du genre à capturer les oiseaux pour les manger tout crus parce que sa livraison de nourriture tarde. De fait la sorcière qui la détient prisonnière n'est autre que Dorothea, la maso, mais occupée ailleurs - à poursuivre Ludwig de ses assiduités - elle fait livrer la nourriture de Rapunzel par un chat noir nommé Damien ( elle a aussi des serpents, Jason et Carrie, et ce detail m'éclate). Et donc en l'absence de la sorcière, Rapunzel a réussi à mettre la main sur un prince, très incompétent, nommé Silvio. Un brave garçon très fils à maman, mais qu'elle se tape, faute de mieux. Elle est d'ailleurs enceinte, donc une fois de plus, pas un bon choix.De plus elle est dangereuse, sans le vouloir: les réponses volées par ses parents dans le potager de Dorothée etaient des légumes magiques destiné à fabriquer de la lotion capillaire. Dorothea l'a donc gardée avec elle le temps de voir s'il y avait des effets secondaires et...oui. non seulement ses cheveux poussent sans cesse, mais ils s'animent seuls et étranglent des gens quand elle s'énerve. Et elle s'énerve beaucoup,et vite, la garder enfermée est donc un moyen de l'empêcher de nuire. Et voilà enfin une explication tordue mais logique à cette malédiction capillaire.

Décidément, c'est bien Dorothea que je préfère dans ce manga

Et donc, oui, nous avons le retour de Dorothea la maso, mais enfin arrivent d'autres personnages masculins bien débiles, après Barbe bleue schizo, Silvio le benêt. Et plus tard il y aura Christo l'otaku. Ludwig a abandonné sa collection de cadavres mais est toujours sadique et obsédé. Pas un pour rattraper l'autre. 

Candidate n°2: Demoiselle Maleen.
Maleen est une malchanceuse qui s'est amourachée 7 ans plus tôt d'un type dont ses parents ne voulaient pas et qui, pour la faire changer d'avis, l'ont emmurée vivante avec une bonne , dans une tour, avec des provisions pour 7 ans, et vogue la galère, on reviendra dans 7 ans voir si tu es plus raisonnable. Or ce que Maleen ne sait pas c'est que son pays a été ravagé par la guerre, et que sa famille est morte depuis longtemps. C'est Ludwig qui la libère involontairement en s'amusant avec un vieux canon sur le champ de bataille.


La première réaction que Maleen, quand Ludwig lui dit que ce n'est pas lui qu'elle attend? L'assommer avec un vase, "il délire, tapons-le pour qu'il aille mieux"

Et oui, elle est bonne à enfermer, enfin, elle vient de passer 7 ans enfermée et justement il y a des séquelles :elle parle au vase

Là encore ce n'est pas la bonne pioche: Maleen qui est devenue dingue, parle aux objets inanimés et le prend pour son fiancé. Elle va le suivre jusque dans le royaume suivant , et essayer de l'épouser de force en prenant la place de la fille du roi local.  Une monomaniaque donc, mais qui a un autre problème autrement plus grave: c'est un fantôme, qui n'en a pas conscience. Il n'y  avait pas assez de nourriture, elle et sa bonne sont mortes depuis longtemps.

Candidate n°3: Kathrin.

Une gamine aux paroles particulièrement blessantes et qui ne sourit jamais.
Accessoirement,c'est le seul personnage d'allure un peu asiatique, c'est assez rare chez Kaori Yuki d'avoir un personnage typé japonais.

Elle est encore une petite fille capricieuse et au physique banal, mais par suite d'un concours de circonstance Ludwig , qui s'est amusé avec une marionnette grenouille de Dorothée, se retrouve maudit: hormis la sorcière elle même, tout le monde le voit sous l'apparence d'une grenouille. Il doit pour que la malédiction soit rompue, être embrassé par la première personne croisée depuis le moment de la malédiction: Kathrin. Qui déteste les grenouilles, même celles qui parlent, et ne croit pas à cette histoire de malédiction. Mais de fil en aiguille, à force de discuter avec la grenouille , elle finit par lui raconter ce qui lui pèse: elle a l'impression d'etre insignifiante, son père père semble l'ignorer, n'est jamais là pour elle, n'écoute qu'à moitié ce qu'elle lui dit. La mésaventure aura un effet positif sur Ludwig qui se rend compte que, incroyable! Une fille, ça pense! Et que lui même a été dans le même cas de solitude désespérée avant de rencontrer Wilhelm, son seul ami ( qu'il martyrise, on est d'accord). Et que mine de rien, cette rencontre a changé sa vie. Bon il reste un connard, mais un petit peu moins con à partir du moment où il en prend conscience. Et Kathrin? Elle est trop jeune, et fini même par avoue " en fait je le préférais en grenouille plutôt qu'en bellâtre "

Candidate n°4: Albertina. Les deux Albertina. Une brune et une blonde. Elles ont le même prénom et le même âge, l'une est une riche noble, l'autre est sa servante et elles se detestent. La riche Albertina est promise à Christo l'otaku. Il n'a jamais vu sa tête, car le portrait qu'elle lui a envoyé a été déchiré et.. on ne voit dessus que son opulent bonnet E. Quand a Christo le binoclard complexe, il a cherché qui était le célibataire le plus convoité - Ludwig bien sûr-  et a envoyé à Albertina le portrait de Ludwig. De son côté, elle fait rédiger depuis toujours ses lettres d'amour et broder les cadeaux pour son fiancé par sa bonne. Elle est une princesse après tout, elle n'a as besoin de savoir coudre ou broder, les domestiques sont là pour ça.


Clin d'oeil contemporain sympa: Albertina est une noble très imbue d'elle même.
Réaction de l'otaku: " il y a toujours des mégères comme çadans les jeux de drague, laissez-moi le temps de faire une simulation sur console,je saurai l'apprivoiser"

 Or comme Albertina arrive, Christo poursuit sa logique personnelle: faire enlever Ludwig pour lui servira de doublure le temps des noces. Mais si Ludwig est intéressé par les nichons du portrait, se retrouver au milieu d'une affaire de jalousie entre femmes et d'usurpation d'identité ne l'enchante pas et donc il va devoir pousser Christo à se montrer tel qu'il est ( et ce n'est pas joli joli, l'Otaku a un côté vraiment tyrannique) pour  poursuivre son voyage.

Et donc ça continue, de manière un peu plus soft mais toujours aussi barré, avec de nouveaux personnages ( je vous annonce l'arrivée tranchante d'Hansel et Gretel, déjà mentionnés en passant dans l'histoire du chaperon rouge au tome 1. Et ce sont des " collègues de travail" du chaperon, en quelque sorte. Mais comme elle échoué plusieurs fois, Julius décide que 3 tueurs sont plus sûrs qu'un seul, qui en plus agit à sa guise).


Mesdames, Messieurs, Hansel, le géant spécialiste de la faux, et Gretel, la miniature adepte du lance-flammes

Une courte série violente et délirante, qui ne fait pas dans la dentelle c'est vrai, mais pour une fois Kaori Yuki ne se prend pas trop au sérieux et joue réellement sur un tableau comique, c'est donc plutôt sympa ( c'était aussi le cas pour Bloodhound, qui n'a pas eu de second tome. D'une manière générale, c'est dommage, ses mangas prometteurs n'ont pas de suite,je ne sais pas si c'est par manque de succès ou parce qu'elle s'en désintéressé. Et j'ai aussi fini par m'en désintéresser, je n'ai absolument pas lu Royal doll Orchestra, je ne sais même pas si elle a fait autre chose ensuite)

Donc bon, pour le moment je relis avec plaisir, mais ce ne sont pas non plus des mangas que je vais garder, ils iront ensuite rejoindre ma liste " à revendre", l'an prochain, je vais faire un très gros tri de mes étagères.

mercredi 7 octobre 2020

Ludwig revolution T.1 - Kaori Yuki

 allez, je profite du mois Halloween et de la thématique "contes de fées" pour ressortir cette curiosité de mon placard.
Le mercredi c'est manga, il y a 4 tomes et 4 mercredi en octobre, c'est parti pour une histoire "contes, horreur, magie, humour et SM"

Et pour ceux qui connaissent Kaori Yuki, ce ne sera pas une surprise: sa relecture des contes de fées est très très personnelle. Et pas DU TOUT pour les enfants. On va y parler sans, violence, mort, anthropophagie, inceste et tout ce que vous voulez.

A noter qu'initialement  le tome 1 était supposé être un one-shot, et plus précisément, le chapitre 1, était juste une histoire courte qui ne devait pas spécialement être développée, donc dans ce chapitre 1 elle met en avant des aspects de son personnage central très contestables, allons- y jusqu'au bout dans le délire, qui disparaîtront très vite. Je suppose que l'éditeur a dit" on veut une suite, mais il faudrait un peu atténuer ton héros quand même, il est un peu TROP chelou...)

Donc le principe, il est simplissime: Kaori Yuki a décidé d'aborder les contesde fée par l'angle de vision du personnage le moins charismatique de l'histoire.
Le prince.
Oui, le héros, que l'on suppose paré de toutes les qualités, mais dont le rôle se borne dans le fond à sauver les miches de l'héroïne.
Il n' a, la plupart du temps, même pas de nom, et est simplement désigné par son rang social. Qui est-il ce merveilleux héros, descendant direct des chevaliers d'épopées médiévales? Quels sont ses goûts, ses loisirs, ses relations familiales et amicales? Bref, il est temps de faire de ce non personnage dont la caractérisation tient sur l'arrière d'un timbre, un personnage.


Et elle ne fait pas dans la dentelle, vu que c'est Kaori Yuki.son héros, sera donc prénommé Ludwig ( titre original du manga  " Ludwig kakumei", Ludwig le révolutionnaire), et le contre-pied de ce qu'on attend: casse-burette vaniteux, tyrannique avec son entourage, impertinent, obsédé sexuel et j'en passe.
Et comme on est dans un univers parodique, elle prend le parti que toutes histoires confondues, le héros sera toujours Ludwig, qui va rencontrer tour à tour Blanche Neige, la belle au bois dormant, La fiancée de Barbe bleue, le petit chaperon rouge, etc...

Rassurez-vous les nanas ont aussi leur quota de tares psychologiques.
Ludwig est à la pointe de la mode (d'il y a 20 ans) et arbore des tenues directement inspirée des groupes de visual-kei et autre J-Pop ( pour les gens de ma génération, ça ressemble beaucoup à des tenues glam-rock): manteaux léopard, chemises à jabot sur short en skaï, bottes à talons compensés, cheveux longs, etc...
Et donc principales caractéristiques de Ludwig: c'est un glandeur tyrannique, qui n'a que deux passions dans la vie, à savoir faire chier le monde et draguer les femmes à gros seins.Tortue géniale dans le corps d'un Apollon androgyne au look glam-rock, donc.

Première histoire: lassé de voir son branleur de fils ramener tous les soirs des filles du quartier chaud, le roi l'envoie de force dans le pays voisin demander en mariage Blanche, la fille des souverains, car une alliance politique serait rentable. Et donc " tu es prié de te servir de ton seul atout, ton beau visage pour conquérir la fille". A quoi Ludwig répond " je me peux me laisser ainsi déshonorer, mon visage n'est pas mon seul atout, attendez-donc qu'elle me voit à poil!" J'avais omis de préciser qu'il était aussi très narcissique.
Sauf que comme on est dans la parodie, Blanche Neige va aussi être l'inverse de la gentille fille victime de sa belle mère: c'est une garce de premier ordre, qui utilise depuis toujours son visage et sa compétence à se faire passer pour une victime pour obtenir des cadeaux, vivre dans le luxe. Elle a une relation incestueuse avec son père, se fait entretenir, ment et manipule tout homme qui passe à sa portée...
Et là le détail qui disparaît ensuite, parce que un peu trop extrême: Ludwig est un pervers nécrophile. Qui collectionne les cadavres empaillés.

Welcome to my nightmare ( oui je reste dans l'ambiance glam)


Et il adore torturer le monde. Ca par contre, ça reste. Donc forcément, Blanche (et ses deux gros melons) ne lui plaît que tant qu'il la croit morte, comme un joli trophée à ajouter à sa salle de collection. Mais dès qu'elle se réveille, il a tôt fait de voir qu'elle convoite de fait le pouvoir espérant épouser le fils en se tapant le roi. Et donc se débarrasse de cette inutile avant de partir en quête de la princesse idéale ( 95D au minimum, le reste importe peu à ce niveau de l'histoire), en compagnie de Wilhelm, son serviteur depuis l'enfance et souffre douleur.

Wilhelm,c'est le brave gars de l'histoire, et beaucoup plus proche de l'idéal chevaleresque et serviable qu'on attend.Wilhelm a une amie d'enfance, Lisette.
Et la seconde histoire nous narre comment Wilhelm est devenu sans protester le souffre-douleur de Ludwig, et comment la petite Lisette au chapeau gris est devenue une criminelle, par suite d'un mauvais concours de circonstance et d'une mauvaise blague de Ludwig. Depuis son chapeau teinté de sang est rouge.et elle en veut à mort à Ludwig.On la reverra parla suite, mettant a profit ses instincts meurtriers: Elle devient tueuse à gages et sniper d'élite, nom de code: "petit chaperon rouge".



Troisième histoire: La princesse des ronces, ici appelée Friedrike. Toujours en quête de la femme à gros nichons de ses rêves, et en chemin pour le château des ronces, Ludwig trouve dans un champ de bruyère une vieille montre. Qui va lui permettre en effet de rencontrer une femme, dans ses rêves: petite, coiffée à la garçonne, plate comme une planche à repasser, colérique et violente.


Friedrike, alias Iedike.

Ca rime avec colérique


La belle au bois dormant.qui finit par lui expliquer que "oui, personne ne m'a jamais aimée, j'ai fait des efforts pourtant mais comme j'ai reçu des dons à ma naissance, tout était faux, en plus je suis victime d'une malédiction, c'est vraiment trop injuste".Et là pour une fois Ludwig va avoir un comportement un peu moins égoïste, et aller rompre le maléfice, en partie pour arrêter de la voir en rêve, en partie, parce que bien que le contraire de ce qu'il recherche, cette femme qui ne lui tombe pas dans les bras facilement lui plaît un peu. Et donc classique: il rompt le charme, arrive, embrasse la fille qui se réveille.. et il vécurent donc heureux, jusqu'à ce que la mort les sépare, soit 15 secondes plus tard, puisque le temps s'est remis en marche et que la belle de 116ans meurt instantanément de vieillesse.
Et dans ce chapitre arrivée d'un autre personnage récurrent: Dorothea, la sorcière qui a jeté le sort à Friedrike. Dorothea est visiblement la femme idéale de Ludwig qui ne s'en rend pas compte:non seulement elle est plus que généreusement dotée par la nature, mais elle est aussi masochiste que lui est sadique. L'association idéale. Après avoir été interrogée de manière musclée par Ludwig elle en conclut " jamais je n'avais été si bien fouettée, il est impitoyable, je le suivrai au bout du monde... pitié torture-moi encore!!" ( petite précision le manga date de 1998, donc bien avant la mode des récits SM)

Quatrième histoire: Barbe-bleue.
Ou " que se passerait-il si la femme de Barbe-bleue n'avais pas été curieuse?" Alerté qu'il y a dans le village voisin une jolie fille à très gros seins, Ludwig veut bien sûr voir ce phénomène. Amalie n'est qu'une bourgeoise désargentée mais elle doit épouser le riche et cruel "Barbe-bleue", au grand dam de ses frères complètement idiot ( et légèrement incestueux).Mariage qui ne lui convient pas parce que le future époux est "moche et barbu") Là encore Ludwig va aider la fille, moins par charité que pour la mettre dans son lit à un moment où un autre. Mais alors qu'il prend la place d'Amalie dans l'espoir de faire un choc à Barbe-bleue, qui n'a jamais vu de près sa future femme, celui-ci tombe raide dingue de Ludwig qui est " sa femme idéale", grande et avec un air de ressemblance avec sa première défunte épouse. Occultant totalement le fait que la personne qu'il a en face n'est absolument pas une femme. Comment Ludwig va-t-il réussir à se sortir de ce guépier, avec un Barbe-bleu complexé et schizo, qui flèche le chemin vers la salle interdite pour sa "future femme" , absolument pas intéressée par ce qui s'y trouve, mais obligé de s'y rendre " pour faire avancer l'intrigue".

Un passage purement burlesque chez Yuki


Donc ce n'est pas le manga du siècle mais cette version déglinguée, S - M, et psychopathe des contes de Grimm est quand même souvent drôle. D'un humour cru et violent, mais drôle.
J'aime bien la manière dont les nains disparaissent l'un après l'autre grâce à l'affreuse Blanche-Neige,ou le jeu de piste de Barbe bleue, la manière dont la très " chougneuse"Belle au bois dormant se fait cadrer sur sa geignardise, les références pop, le petit chaperon rouge Sniper et bien sûr la sorcière maso.

Par la suite de mémoire ( je n'ai pas encore relu les autres tomes), Ludwig se développe et devient un peu plus standard, car là,effectivement on aurait assez vite atteint les limites d'un personnage obsédé.


Contrairement aux apparences, Dorothea est l'un des personnages les plus sensés de cette histoire.
Elle est simplement masochiste au sens le plus " cuir et fouets" du terme