qui vient ici?

Flag Counter
Affichage des articles dont le libellé est série TV. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est série TV. Afficher tous les articles

jeudi 1 avril 2021

Kamigami no asobi (série d'animation, 2014)

 Donc voilà, puisque j'en parlais au sujet de Tsukimi, en mentionnant brièvement cette série, qui n'avait pas eu droit à son sujet, bien qu'elle a été une bonne surprise, il est temps.

La série date de  2014, et adapte vaguement le sujet d'un jeu vidéo de drague: une humaine est envoyée dans un monde peuplé de dieux et va devoir en draguer un ou plusieurs - J'avais vu lors d'un voyage au Japon les affiches et publicités énormes pour ce jeu, qui venait de sortir. Le temps de déchiffrer les kanas des noms des personnages, de comprendre qu'il s'agissait d'un otome game sur la mythologie...  J'ai piqué un tel fou rire dans le magasin que j'ai couru aux toilettes pour pleurer de rire. Oui oui, tant ça avait l'air cliché.Ce n'est que le lendemain que j'ai pu, en me préparant mentalement, lire le titre sans memarrer à nouveau. "Kamigami no asobi": le jeu des dieux.

Et donc quand j'ai vu une adaptation en anime, je me suis dit " haaa mais c'est le concept qui m'a valu un fou rire mémorable".

Mais je ne parlerai pas ici du jeu en lui même que je n'ai pas testé.

La série animée a eu la bonne idée de s'éloigner du bête concept de "jeu de drague! on colle une fille aléatoire et sans personnalité dans un groupe de gars qui vont rivaliser d'ingéniosité - ou de harcèlement sexuel -pour se la taper, vu qu'elle est la seule célibataire du coin, et pour tout dire la seule personne de sexe féminin du coin..." pour se concentrer sur une version divine d'"Esprit rebelles": une bande de racailles immortelles doit apprendre à respecter l'humanité tout entière, et c'est pas gagné.

Dans ce genre d'adaptation d'un jeu de drague, il y a eu le consternantissime " Diabolik lovers" qui reste à ce jour le pire navet d'animation (d'un point de vue scénario) que j'ai vu. C'était il y a 6 ans et je me souviens encore de la nullité absolue de ce truc.

Bonne chose, Kamigami est l'anti- Diabolik Lovers, sur un scénario qui s'annonçait pourtant aussi mal parti que possible : une humaine se retrouve coincée pour une raison quelconque dans un lieu peuplé d'immortels. Des dieux cette fois.
Donc, il y avait tout pour partir en sucette, d'autant que l'héroïne s'appelle également Yui, comme celle de Diabolik, mais divine surprise (oui j'ai osé), elle se bouge et personne ne va tenter de la manger.

Et pourtant, sur le papier, le mélange "mythologies du monde et comédie lycéenne" était hautement aléatoire et annonçait un foirage totale.


Donc Yui, une lycéenne japonaise tout ce qu'il y a de plus normale, se retrouve transportée dans un monde étrange par le biais d'un artefact magique. Du classique, jusque là.

Mais déjà, Yui, contrairement à pas mal de ses consoeurs d'animations a une vie, des amis, des loisirs , une famille. Et une fois transportée dans un lieu qu'elle ne connait pas, sa première réaction est LO-GI-QUE: une fois établi qu'elle est vivante et entière, elle va chercher du réseau sur son téléphone pour essayer de se géolocaliser et d'avertir sa famille, les secours, bref, de faire quelque chose autre que chougner.
Et devant l'impossibilité de se situer, essayer de trouver d'autres gens et de leur parler pour voir s'ils peuvent lui donner des indices dans sa quête sont aussi paumés qu'elle.
Et donc elle va rencontrer tour à tour un paquet de types bizarres, plus ou moins collaboratifs, qui n'ont pas plus qu'elle la moindre idée de ce qu'ils font là. 

Et elle comprend quand même que quelque chose n'est pas normal quand elle voit dans le ciel une île flottante ( pas le dessert, plutôt digne d'un tableau de Roger Dean) et Pégase.
Oui, le cheval volant de la mythologie grecque.
et
donc, ce qu'il se passe: Zeus, LE zeus ( sous l'apparence d'un petit garçon tout mignon mais très égoïste) va rassembler tout le monde et s'expliquer à peu près dans ces termes:
 Je m'ennuyais alors j'ai trouvé un moyen de me divertir en pourrissant la vie des autres
Yui tu es une terrienne tout ce qu'il y a de plus banal, un échantillon parfait de médiocrité humaine.J'ai donc décidé de faire de toi l'instructrice d'une bande de racailles de niveau olympique. Ce sont tous des dieux avec un gros gros problème mental et /ou relationnel. A toi de leur faire comprendre ce que sont les humains, leur valeur collective - même si ce sont des connards individuellement - et à convaincre tous ces jeunes glandeurs de dieux que les humains ne sont pas des jouets (enfin sauf pour moi). Tu as une année scolaire pour leur apprendre l'humilité et la compassion. Si tu rates, vous serez tous coincés ici pour l'éternité. Pas de souci, leurs pouvoirs sont scellés, ils ne pourront rien te faire, moi par contre je peux cramer la tronche de tout le monde en un claquement de doigts, donc filez tous droit.


Bon, on l'a dit, tous sont complètement tarés un peu indisciplinés.
Du côté de l'équipe grecque nous avons Apollon (con comme un verre à pied, et qui surnomme l'héroïne " madame la fée", dragueur comme, ben le dieu de la beauté, mais qui se prend des râteau à cause de la présence d'un concurrent aux mêmes attributions), Hadès ( qui a du mal a assumer son statut de roi des enfers, et pense attirer le malheur sur tout le monde, bref: être un chat noir), et Dionysos ( qui se fout de tout et ne s'intéresse qu'à cultiver de la vigne où qu'il soit)

Yui et ses amis grecs: Dionysos, Hadès et Apollon. Quand même, quand tes potes sont des dieux, c'est la classe.
Et vous avez vu: elle se marre, personne ne tente de la torturer ou de la menacer, c'est la pause repas entre amis. Et ce n'est pas elle le déjeuner.


Côté mythologie nordique, Balder ( l'équivalent nordique d'Apollon, mais comme il est aimé de tout le monde à cause d'un sort jeté par sa mère, il complexe: personne ne l'apprécie réellement spontanément, pour sa personnalité ou ses qualités, c'est l'effet du sort, trop le seum ) Loki (remuant dieu du feu et meilleur ami- WTF!- de Balder, ça, c'est le gros nawak mythologique, ils sont supposés se détester quand même), et Thor qui ne sert pas à grand chose concrètement.

Et pour l'équipe japonaise, Tsukito le dieu de la Lune (qui y est tout le temps, dans la lune) et Susanoo le dieu du vent, ou de la mer, j'ai un doute. Mais il fait un peu double emploi de "type remuant" avec Loki.
Et donc il va falloir convaincre ces glandeurs de s'allier entre eux pour contrer les plans ridicules de Zeus, qui a apparemment décidé de régenter aussi les autres mythologies, et tout en arrivant à leur faire comprendre qu'il ne faut pas martyriser les humains, que ce sont des créatures sensibles. Un peu comme " écraser les insectes, c'est pas très gentil"

Et on rajoute les deux figurants égyptiens sous employés, Thoth ( bibliothécaire caractériel), et Anubis ( le " toutou", qui ne fait qu'une apparition de quelques secondes par épisode, un cameo, donc)

Choisi ton dieu favori ( bon il manque ici Zeus et Dionysos, et Thor qui n'a pas non plus un rôle important, ça aurait fait trop de grecs et de norvégiens, probablement)

Raisons pour lesquelles c'était une bonne surprise:

- L'héroïne n'est pas 100% molle, a des lignes de dialogues, essaye de trouver des solutions par elle-même plutôt que de chougner à la première difficulté. Quitte à s'opposer frontalement -et à coup de katana- à Zeus. Ou a un dieu qui ne veut pas bouger sur le ton " si ça t'amuse d'être ici c'est ton problème, mais on est dans le même bateau, et là ça devient mon problème, JE veux rentrer chez moi, et pour ça s'il faut que je te traîne par la peau du  biiiiiip , je le ferai. YEEEEES!

- On lui a assigné une tache et elle fait de son mieux pour la mener à bien, dès qu'elle comprend que c'est sa seule manière de rentrer dans son monde d'origine.

- Il y a un scénario qui pioche, même en les distordant, dans les mythologies d'origine des différents personnages. Donc un peu de portenawak pour les mythologues avertis, mais au final, pas plus que la moyenne des films hollywoodiens, capables de vous coller le concept de "péché" judéo-chrétien en pleine Grèce antique. Mais bon on n'atteindra jamais le niveau cosmique de portenawak de Saint Seiya, et pourtant, j'adore Saint Seiya. Doc le n'imp' n'est pas disqualifiant quand il est assumé ( et LE Choc des Titans, version années 80 est un délice malgré une chouette robot totalement anachronique)

- La série a le bon goût d'être tragi-comique et de ne pas se prendre trop au sérieux, sauf lorsqu'elle évoque des passages vraiment liés à la mythologie ( le meurtre de Balder dans la mythologie nordique par exemple)

- Cool, on évite le cliché de caser l'héroïne avec le célibataire le plus probable - ici Apollon- pour se concentrer sur les problèmes personnels ou psychologiques de ces dieux, quand même assez gratinés. On ne parlera pas de l'Apollon mythique, dieu de la beauté et des râteaux - même si ce détail jubilatoire est repris! Apollon se voyant involontairement damer le pion par Balder et sa "malédiction" - mais quand même de base un sacré enfoiré, aussi chaud que papa Zeus. ( sisi, regardez les légendes, il s'en s''est pris un certain nombre de rateaux, soit que la femme qu'il poursuit est fidèle à son mari ou pas du tout motivée pour sortir avec un immortel, se sachant mortelle, soit que le monsieur qu'il poursuit ne soit pas spécialement intéressé par les hommes. Non désolée, c'est un jeu de drague hétéro, on ne pourra pas caser Apollon avec un homme et c'est bien dommage)

- L'anime évite l'autre énorme cliché de faire d'Hadès un personnage négatif, parce que la mort c'est pas bien. De fait, mythologiquement parlant, Hadès est plutôt un dieu pépère, qui s'acquitte de sa tâche comme il peut sans se mêler vraiment de la vie des humains , et au final un dieu bien plus digne que ses deux frères, ce qui n'est pas difficile. Et donc Hadès ne sera pas le personnage négatif qu'on attend, mais un type sympa doté d'un humour du type " blagues carambar", un personnage plutôt marrant avec une passion pour les daifuku à la fraise - oui des petits gâteaux japonais.

 Et donc ça va être une autre piste qui va primer que " collons l'héroïne dans les pattes d'un dieu au pif" et c'est très bien. De plus, sur les derniers épisodes le scénario a la bonne idée de choisir une mythologie, la nordique, et de s'y tenir.

Et en point négatif, c'est assez linéaire: 1°épisode = les présentations, les suivants = un personnage = un problème à résoudre et l'histoire ne commence réellement qu'après la moitié. Sur une série de 12 épisodes, c'est un peu dommage.

Et comme on part d'un jeu de drague, il manque de personnages féminins , on voit quelques filles, ce sont juste des esprits collés là par Zeus pour donner l'impression qu'il y a plus de monde ( pourtant il y aurait pu y avoir quelques déesses, genre Artémis, il y aurait tellement eu de potentiel à exploiter une rivalité entre frère et soeur. Ou Athéna qui aurait pu être dans sa période rebelle contre papa Zeus et chercher le soutien de tonton Hadès)

Et je viens de découvrir que le jeu avait ce personnage. qui n'a pas été intégré à la version animée.
Et là je me dis " quoi, une autre nana? Enfin!!! ouaaah, j'adore son kimono, trop cool"
Erreur. Ce n'est pas une autre nana. C'est un dieu du soleil, encore un, avec Apollon et Balder, ça faisit trop de dieux de la lumière.
C'est vrai que dans le bingo des anime, il manquait ici le personnage travesti.

L'autre problème c'est que comme il s'agit d'une comédie lycéenne on aura droit à tous les clichés de la comédie de lycée japonaise: choix de clubs à rejoindre, bad guy sympa au passé douloureux, pièce de théâtre, nécessité de collaborer entre personnages qui ne peuvent pas s'entendre, fête de l'hiver, personnage maudit (et cette fois, ce n'est pas une image romantico- emo), roi de la maladresse qui s'étale de tout son long à tous les épisodes. Et l'inévitable mascotte-conseiller qui ne sert à rien.
Une sorte de sac poubelle qui parle. Et ce n'est pas une image, c'est vraiment un sac animé fait de déchets. C'est là qu'on se dit quand même que l'anime ne se prend pas au sérieux et a été conçu comme une grosse blague.

Mais le plus gros problème ici c'est : c'est trop court! 13 épisodes d'une vingtaine de minutes pour arriver à présenter tout le monde PUIS développer une trame narrative, c'est très court ( souvenez vous de mon commentaire sur Diabolik, provant que tout est relatif: 13 épisodes de 12 minutes moins les génériques, ça paraissait horriblement long!)
En l'occurrence, les dieux égyptiens présent sont juste des figurants, et c'est bien dommage. On pourrait faire un " où est Charlie" en cherchant les apparitions d'Anubis, qui a réellement un comportement de chien-chien.

Donc une série très courte, pas exempte de défauts, mais qui partait de très loin. Je n'en attendais absolument rien, je l'avais regardée un peu par curiosité, et ça s'est avéré une excellente surprise, une série beaucoup moins basique et couillonne que ce que je craignais, avec de vrais moments de délire, une héroïne qui a plus de nerfs que les autres, et un scénario, même précipité.
Donc pour le côté blague, j'avais conservé ce sujet pour le premier avril, en lieu et place du sempiternel tome du navet pharaonique habituel que je n'ai franchement plus l'envie de me forcer à lire.

jeudi 12 octobre 2017

Vampire knight saison 1 ( série animée)

Il est temps de réveiller les morts et pour cette occasion, je ressors cette série qui a maintenant quasiment 10 ans d'âge.

Je l'avais a peu près oubliée d'ailleurs ( les seules choses dont je me souvenais c'est qu'une fois de plus les personnages principaux me gavent un peu - voire beaucoup pour Zero qui me les brise menu - et que j'avais préféré les personnages secondaires, surtout Yagari le chasseur de vampires dans la saison 2 parce que j'ai totalement adoré la voix qui lui a été choisie, mais là c'est une autre histoire)

Revenons à notre saison 1, qui met en scène un étrange campus, l'académie Cross. Etrange car deux types d'élèves y ont cours, à des horaires différents.
Les élèves de la Day Class, reconnaissables à leurs uniformes noirs à liserés blancs, ont donc cours le jour. Ceux de la night class ( même tenue, mais blanche bordée de noir) ont cours la nuit, et les deux groupes ne se croisent que devant la porte, au moment du changement.
Et pour cause, si les élèves du jour sont humains, ceux de la nuits sont des vampires.
Les deux "espèces" cohabitent donc, mais sans vraiment se fréquenter plus que quelques minutes. Il va sans dire que les élèves du jour ignorent totalement la nature de leurs camarades noctambules et les prennent seulement pour une sorte de groupe d'élite.

Cette disposition est une idée pour le moins surprenante de Kaien Cross, le directeur et Kaname, le .. disons plus ou moins chef des vampires, et un des seuls qui ait assez de maitrise et de tenue pour savoir se comporter en société. Il a donc choisi ceux de ses congénères qu'il estime les plus sociables pour essayer de prouver qu'humains et vampires peuvent coexister sans que les uns essayent de boulotter les autres et que les seconds ne tirent pas sans sommation sur les premiers.
Autant dire que ça n'est pas gagné, car même parmi les " jeunes" vampires triés sur le volet, certains iraient bien boire un cou(p) chez leurs camarades de jour.
Et si les élèves du jour apprenaient la vraie nature des autres, il y aurait de fortes chances pour que le rejet soit aussi violent qu'immédiat.

Pour veiller au grain, le directeur dispose de 2 atouts, ses enfants adoptifs, les seuls à connaitre la vérité sur les gens de la nuit: Yuuki, qui a failli être tuée à 5 ans par un méchant vampire et ne doit la vie qu'à l'intervention de Kaname, à qui elle voue une admiration sans limite depuis lors .

La série pourtant commence pas trop mal... une ambiance inquiétante dès les 2 premières minutes. Ca ne va pas durer hélas


Et Zero qui a lui aussi été attaqué étant enfant, et garde.. une dent contre tous ceux qui ont des crocs. Yuuki, d'expérience, pense qu'il y a des bons et des méchants chez les vampires comme chez les humains, mais Zero refuse cette possibilité.

On devine bien que cette situation risquée ne va pas aller sans heurts.

Cette série à quelques atouts, et beaucoup de défauts, ce qui explique qu'elle ne me soit pas beaucoup restée en mémoire.

Les atouts: j'aime bien les deux génériques que je trouve sympas, les costumes sont cools ( je les avais déjà vus d'ailleurs en convention et je me souviens que sortis du contexte cosplay, je trouvais les vestes plutôt classes. Pas portables au quotidien, mais quand même classes), il y a quelques passages un peu drôles ( même si trop récurrents et appuyés, un peu plus de subtilité aurait été mieux) qui se moquent de l'attitude totalement fangirls ( et un fanboy) des élèves de la day class. Le graphisme n'est pas renversant, mais reste généralement agréable, avec un petit côté clamp.

Ce qui pèche? Hélas, un peu tout le reste.

Yuuki pourrait être un personnage intéressant si elle n'avait pas la fâcheuse tendance à tomber dans tous les panneaux ( tellement peu discrets qu'on pourrait y coller une enseigne clignotante " attention piège!") et à tomber tout court, si possible pour s'égratigner à proximité des crocs d'un vampire affamé.*
Et doit donc attendre, quasiment à chaque fois que Kaname ou Zero viennent à sa rescousse.
Dommage il y aurait eu du potentiel avec elle, et sa fascination pour les créatures de la nuit, mais je la trouve mal exploitée.

le talent de Yuuki
Zero, je l'ai dit, me saoule au plus haut point. Pas tant le personnage d'ailleurs que le cliché du bad guy, sympa quand même dans le fond mais torturé par un inavouable secret qui le ronge et blablabla. Et le côté casse-bonbons torturé et mauvais caractère, c'est un peu léger et surtout vu et revu.

Il fait la gueule constamment, mais faut le comprendre s'appeler Zero, c'est se faire ridiculiser par sa famille depuis sa naissance. Même son frangin s'appelle Ichi ( Un) et un c'est toujours mieux que zéro.

Kaname aussi aurait un bon potentiel, mais qui n'est pas exploité assez à fond pour être vraiment intéressant. Un peu plus subtil que les deux autres protagonistes cependant.
Dommage, parce que ces 3 là occupent l'écran la majeure partie du temps et laissent peu de possibilités de développement aux personnages secondaires.

Toi, je te sauve, parce que ta première apparition est ambiguë et que sous tes airs sympa de presque grand-frère, tu pourrais fort bien être en train de penser à ton prochain repas

Dommage, j'aime bien la galerie des vampires secondaires, avec leurs pouvoirs variables ( un qui manipule le feu, un autre l'eau, une qui sait effacer la mémoire.. punaise, je les veux dans une équipe de RPG!)

accessoirement c'est l'occasion de montrer les tenues qui me plaisent bien: j'aime les fringues à décor graphique.

Mais le gros problème, c'est que la série ne trouve pas vraiment son ton, en tout cas, pas immédiatement: ambiance gothique, sombre, moments d'angoisse, qui sont malheureusement désamorcés par un humour un peu lourd (les fan girls, ça va une fois, pas 4 ou 5) et qui arrive souvent comme un cheveu sur la soupe alors qu'on attend les révélations sur la nature des vampires et leurs classe sociales et ce qui se passe si un vampire d'élite mord un humain - plusieurs cas de figure - sur la pilule magique qui transforme l'eau en substitut de sang permettant aux vampires de ne pas mourir de soif et sans mettre en danger quiconque ( mais qui est au sang ce que la grenadine est au Nuits-Saint-Georges), et même pendant une séquence de baston.

Donc un peu de baston, au milieu d'une histoire fantastique, avec des passages de comédie scolaire et une bonne (grosse) louche de romance tendance triangle amoureux pas forcément intéressante.
Indépendamment, ça aurait pu donner 4 séries différentes mais là, en tout cas au début, la série ne sait pas trop ou mettre les pieds, et les spectateurs non plus.
Ca s'améliore toutefois au fil des épisodes , et l'humour un peu trop présent (et relou) s'estompe pour laisser plus de place à la narration dramatique.
Mais nom de diable, l'inévitable épisode sur la saint Valentin et les chocolats... oui - à la limite!-  dans une comédie scolaire, mais non dans une histoire de monstres buveurs de sang
^$ù*=^! Yuuki, tu connais la nature de vampire de ton pote, ne lui offre pas de chocolat, offre lui du boudin, je suis sûre qu'il préfèrera.
Là, j'ai failli jeter l'éponge la première fois, mais j'ai tenu le coup grâce à l'équipe de vampires de second plan, qui m'intriguait un peu, et au fait qu'après 3 épisodes platounets, la série semble enfin se décider à assumer son côté sombre sans systématiquement tout désamorcer par une blague vaseuse.

Donc voilà, ça se laisse regarder, sans grande passion mais sans vrai déplaisir non plus, et pour peu que l'on tienne le coup, ça s'arrange malgré une première impression assez négative. Et de mémoire la saison 2 est vraiment meilleure (mais je ne vous conseille pas cependant de zapper la première car elle met en place des révélations qui manqueraient pour suivre la seconde)

Enfin, malgré tout, il y a un minimum de mystère et les vampires, même s'ils semblent sortir de jour et manger du chocolat (je ne m'en remets pas, bordel les gars, vous avez la solution pour ne plus vous faire flêcher à vue par les humains: grenadine et chocolat) ont le bon goût de ne pas scintiller au soleil, EUX,  j'dis ça je dis rien.

Et puis malgré tout, je vais être indulgente, entre temps j'ai vu le désastreux Diabolik Lovers auquel il manque un scénario pour lier les nombreux moment ou l'héroïne au Q d'huître se fait mordre.
Sifflez, j'm'en fous j'ai déjà été insultée ici par des fans de Diabolik lovers, incapables d'argumenter autrement que " tu comprends rien parce que c'est bien" je ne changerai pas d'avis.
Et, non, je ne me lasserai pas de dire tout le mal que je pense de ce qui est probablement la plus mauvaise série que j'aie vu ( à concurrence avec Amnesia, que je n'ai même pas finie, les deux se valent dans le ratage)
Et je vous donne même le lien où aller vous plaindre.

Vampire knight (d'ailleurs je pense qu'il y a une traduction un peu foirée, puisque l'épisode 1 est titré "la nuit des vampires": night et knight s'écrivent pareil en katakana, il n'est pas question de chevaliers ici, mais beaucoup de nuit) est loin d'être catastrophique, même s'il est un rien boîteux. Plutôt un "peut mieux faire".

*Accessoirement, il y a une faille scénaristique qui me pose problème, et on la retrouve dans quasiment TOUTES les histoires de vampires. Et attention, ce qu'elle implique n'est pas classe du tout:


Soit un ou des vampires capables de sentir à 300 m de distance l'odeur du sang d'une simple égratignure et qui deviennent totalement fous dingues dans cette situation.
Soit de l'autre côté du mur, environ une bonne centaine d'élèves, des filles de plus de 15 ans pour l'immense majorité. Et qu'est-ce qui se passe à peu près à cet âge là?
Bingo, le petit cadeau mensuel bien relou de dame Nature.

Vous le voyez le problème? En tant que nana (tiens d'ailleurs, c'est une marque ça...) je ne peux m'empêcher de penser que ma vie ne tiendrait qu'à un fil une semaine par mois, et en plus, comme il y a du décalage horaire à ce sujet de l'une à l'autre, les vampires devraient logiquement être surexcités H24.
Je l'avais dit, pas classe.

dimanche 17 septembre 2017

Yuri!!! on ice (série d'animation)

Entre les fantômes de O-bon et les futurs monstres de Halloween, un sujet rafraîchissant.

En fait, je n'ai pas eu l'occasion d'en parler l'an dernier, mais j'ai un petit rituel.
L'été, je me regarde souvent une série d'animation à thème sportif.
Quand on me connait, ça fait marrer, parce que le sport et moi, ça fait deux, mais j'aime bien les séries sportives.

J'ai hésité: cyclisme? cyclisme féminin? rugby?.. il y avait pas mal de possibilités cette année.

Seulement voilà, depuis deux ans , il fait à mort chaud chez moi, et dans une tentative dérisoire de me rafraîchir au moins les idées ( l'an dernier, c'était Free!, une série humoristique, qui parle de natation.. haaaaaa piscine... piscine...dont je n'ai pas eu le temps de finir la seconde saison, d'ailleurs, j'en parlerai globalement à ce moment là).

Après réflexion, donc, je me suis orienté vers "Yuri!!!on ice" (oui trois! après le nom du héros, ça n'est pas une erreur) ça parle de patinage sur glace, donc ça devrait rafraîchir non?
Bon, entre le moment où je l'ai regardée et mon post, la canicule s'est terminée, quand même.

oui il y a du monde. Malheureusement, comme la série est courte, même si chaque personnage a droit a son temps d'antenne pour les séquences sportives, on n'en saura pas beaucoup sur les personnages secondaires. Dommage, j'aime bien le concurrent thaïlandais, très marrant.

Alors que ça soit clair aussi, je ne suis plus allée à la patinoire depuis environ l'âge de 12 ans, et j'ai réussi tant bien que mal à maîtriser la ligne droite en m'arrêtant dans la balustrade.C'est vous dire mon niveau de nullité absolue.Mais j'aime bien, à l'occasion, regarder les compétitions à la TV (individuels hommes et femmes, hein.. la danse sur glace, c'est vraiment le truc qui me gave beaucoup par contre), donc oui, c'est typiquement le genre de sujet " tiens, oui pourquoi pas, on verra bien"

Après tout, le fun des séries de sport au delà du sport lui-même, c'est aussi tout le côté dépassement des difficultés, amitié, tout ça. Ce qui fait que oui, j'ai kiffé Eyeshield 21 (et son humour too much) alors que j'ai zéro affinités avec le foot américain au départ.

Et là, on  commence tranquillou, on part sur une histoire, assez classique, du mec qui est bon en patinage sans être excellent. Après 5 ans de d'entraînement aux USA, Yuri-le-japonais s'est quand même qualifié pour le grand prix, , compétition de niveau mondial où il arrive bon dernier, perturbé par plusieurs choses, et il n'est pas du genre à arriver à bien gérer le stress.
Il faut dire qu'il a une nette tendance à manger comme un goinfre et à grossir facilement quand il stresse, et n'est pas au top de sa forme à ce moment.
On fait donc sa connaissance pile au moment où il vient de se ramasser et tente de cacher sa déception surtout du fait de s'être vautré pitoyablement devant Viktor, son modèle, le type qu'il admire depuis ses 10 ans.

Comme on s'en doute, Viktor est Russe et champion du monde. Pire, Viktor a promis d'entraîner le champion du monde junior, un petit russe teigneux qui s'appelle aussi Yuri. Et Yuri-le-russe met un point d'honneur à chercher des noises à son homonyme, car évidemment, il passe dans l'équipe senior l'année d'après et "il ne peut y avoir qu'un Yuri"

Notre malchanceux Yuri rentre donc au Japon, dans sa petite ville du nord où il hésite entre s'entraîner sérieusement ou laisser tomber, et s'adonner à sa passion pour le tonkatsu... miam, tonkatsu!

pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une entrecôte de porc panée avec garniture de légumes ou de riz et de la sauce soja.  Pas très healthy pour un sportif. Personnellement, je n'en ai pas mangé depuis plus de 3 ans et, j'aimerais bien, là, maintenant, de suite!

Et en plus ce plat de cochon grillé va avoir une importance scénaristique...
Notre héros va y avoir recours lorsqu'il doit représenter l'idée de l'amour, il pense donc ce qu'il aime le plus au monde: le tonkatsu.
D'où des dialogues absolument n'imp' comme " pense que tu te roules dans l'omelette et que tu deviens un excellent tonkatsu" ou "je suis un tonkatsu fatal qui envoûte le monde" :D
Cette passion étrange lui vaut d'ailleurs le surnom de "Porcelet" de la part de son homonyme russe (l'hôpital qui se fout de la charité, lui est accro aux pirojki... Miam,pirojki!)

Mais à l'insu de tout le monde, il s'est entraîné à reproduire le programme qui a valu le titre de champion du monde à Viktor, chose qu'il réussit parfaitement sans la pression du concours.
Sauf que ses potes l'ont filmé à son insu et mit la vidéo sur youtube, ce qui lui vaut une soudaine notoriété, qui arrive jusqu'aux oreilles de Viktor, lequel débaroule soudain avec son chien et une montagne de valises quelques jours plus tard chez notre loser pour lui dire " coucou, je viens t'entraîner!". Plus possible de raccrocher dans ce cas là...

Ouaip, il est comme ça Viktor: imprévisible, frimeur, un peu playboy, un peu exhibitionniste aussi: je n'attendais pas une paire de fesses à l'air en plein cadre dès la fin de l'épisode 1, et la manière dont ça arrive est tellement sortie de nulle part que l'effet comique m'a bien faite rire.

On s'en doute ça ne va pas se passer comme sur des roulettes avec l'autre Yuri, toujours aussi rageur, qui déboule à son tour... au grand plaisir des gérants de la patinoire locale. Bah, oui, le champion du monde qui décide d'organiser un mini concours entre la vedette locale et le champion du monde junior, ça rameute la foule.


Alors attention: je préfère prévenir, la critique qui revenait pour Free! sur les forums c'était "trop de fan service, on voit des gars à moitié à poil tout le temps".. en même temps, ça se passe 90% du temps à la piscine, jusque là, c'est normal d'avoir des Apollons en maillot de bain. C'est nettement moins prévisible dans une série qui se passe sur la glace...

Mais, et c'est là que ça change et ça fait plaisir, je craignais un classique recours aux situations ambiguës ou aux sous-entendus vite désamorcés, dans un but juste de faire rire.

Mais non, le scénario assume d'avoir un personnage qui fait des avances très directes à l'autre (genre  "tu veux que j'agisse comment avec toi,comme entraineur, comme ami, comme petit ami?" quitte à se prendre un vent).
C'est quand-même au delà du sous-entendu. Et si les histoires d'amour quelles qu'elles soient me saoulent en général, c'est quand elles prennent le pas sur le reste du scénario. Là on ne perd pas de vue le côté compétition pour se concentrer uniquement sur " vont-ils se rouler un patin avant la fin?" (oui je ne pouvais pas ne pas faire la vanne)

Il y a juste le Suisse qui est vraiment la caricature outrée de l'homo maniéré qui m'a fait d'emblée grincer des dents, j'avoue. Même si le patinage sur glace n'est pas forcément le sport qui ait l'image de marque la plus virile, là, c'est quand même too much.

Mais la série assume, donc et plus on avance dans les épisodes, plus on est à ça du militantisme "mariage pour tous". Donc, au moins, c'est clair, ça reste soft et humoristique, mais direct. C'est mieux comme ça, au lieu de tourner autour du pot.
Et surtout, je le disais, la composante " romance " ne prend pas le pas sur les séquences sportives, bien menées, et même si on sait d'emblée que le but est de faire briller l'anti-héros désigné, la compétition est prenante et tient en haleine.

Bon, il y a LA chose marrante involontairement, entre toutes: tout ce petit monde ( russes, thaïlandais, américains, italiens, suisses, canadiens, puisqu'on fait dans la compétition de niveau mondial) parle couramment et exclusivement japonais. C'est une convention bien sûr ( au même titre que les western en français), mais c'est involontairement drôle d'avoir un gamin russe qui s'engueule en japonais avec sa chorégraphe russe aussi, ou un thaïlandais qui invite un américain et un chinois au restaurant , le tout dans un japonais parfait. C'est évident que lorsqu'on fait ses courses dans un magasin à Barcelone la vendeuse comprendra et parlera aussi le japonais couramment! C'est vrai qu'un " tu peux parler plus lentement s'il-te-plait?" aurait au minimum été bienvenu pour le réalisme. Ca peut aller à la limite dans une série qui ne se passe que dans un seul pays avec des gens d'une seule nationalité. Mais à partir du moment où la multiplicité des nationalités est mise en avant, ça coince un peu.

Une chose encore à en dire: les séquences sportives sont pour la plupart très bien réalisées, avec des mouvements fluides, à l'image aussi du générique de début, crayonné, coloré sur une musique entraînante très sympa.

du coup, difficile de trouver une image arrêtée représentative, puisque le mouvement est quand même au centre de l'histoire.

Je suppose qu'il a été fait avec des séquences en prises de vue réelles et passées au rotoscope.
Du coup, je me demande quels sont les champions qui ont été décalqués ou qui ont servi de modèles au séquences sportives.
Les avis sont partagés. Untel?  Machin? L'autre dont le nom m'échappe? Probablement un mélange de plusieurs personnes avec quand même beaucoup de références à Evguenyi Plushenko, dans le style, les tenues, les enchaînements caractéristiques. Pour peu qu'on ait vaguement suivi le patinage artistique ces 2 dernières décennies, c'est forcément le nom auquel on va penser. En même temps, quitte à s'inspirer autant aller chercher celui qui a changé l'image de son sport.
En tout cas pour moi, c'est flagrant, il n'a pas inspiré un seul personnage, mais il est un peu partout par petites touches.


hooo un p'tit russe à la coupe au bol? M'fait penser à quelqu'un ça..
Décidément le patinage est un sport impitoyable, où, peu importe le travail acharné il y aura TOUJOURS un blondinet russe de 15 ans pour vous mettre la misère les doigts dans le nez.

Enfin, voilà, une série drôle, mignonne, fraîche, qui ose assumer son choix de romance gay sans sacrifier le côté compétition, ça fait plaisir, malgré la courte durée (12 épisodes, ça reste un peu court, d'autant qu'il y a une foule de personnages secondaires qui mériteraient un peu plus de développement). Mais bon la fin reste ouverte et la série a eu un bon succès, donc une suite est tout à fait possible, et que je regarderais volontiers ( et puis, j'veux voir la compète des filles, moi, maintenant...il y en a quelques unes qui passent dans le coin, mais on ne les voit pas en action). Bon choix donc .

jeudi 3 août 2017

Yamishibai saison 4

Joie et bonheur!! Ils reviennent...
Enfer et Malédiction!!  Ils ont modifié la formule...

Alors que je pensais que la série se concluait à la fin de la 3° saison ( qui était différente des deux premières par plusieurs aspects) je vois qu'il y a NON SEULEMENT une 4° saison, diffusée au Japon en début d'année, mais une 5°en cours de diffusion.





C'est donc reparti pour 13 courtes histoires mystérieuses.


On reprend peu ou prou le générique de début des 2 premières séries ( par contre, je le dis de suite, le générique de fin, c'est n'importe quoi: une chansonnette assez banale,même pas dissonante, avec petit accompagnement de guitare. Tout sauf flippant. Et ça casse l'ambiance ( en fait j'ai dit la même chose pour le générique de fin de Mononoké, et j'ai souvent ce ressenti:les génériques de fin qui ne sont pas à la hauteur, et font musique de pub...). Hors sujet. complètement hors sujet.

Chaque saison venant avec son lot de nouveautés, cette fois, l'animation mêle l'animation à des prises de vues réelles, pour mettre en valeur des détails ( la tombe du chat dans l'épisode 1, les bulles de l'aquarium dans le 2°, les ciseaux et les cheveux dans le 3°etc...ou le terrifiant dentiste avec sa pince de l'épisode 9). Et cette incursion du réel dans un monde esquissé, surprenante, est finalement plutôt efficace en donnant justement une réalité à l'élément déclencheur du fantastique.
Autre trouvaille sympa, le conteur change de voix à tous les épisodes, parfois une voix jeune, parfois une voix de grand-père, parfois lugubre, parfois d'un enjouement qui sonne faux. Là aussi, j'aime bien, ça contribue à brouiller encore plus les pistes sur son identité. Même si certaines voix sont moins convaincantes que d'autres.
Moins convaincant aussi, le fait que la voix du narrateur se superpose aux dialogues ( jusqu'à présent, il introduisait l'histoire et la narration laissait la place aux dialogues quand nécessaire).

Mais, et c'est la que va apparaître pour la 1° fois un ressenti négatif sur la série: le graphisme lui aussi semble changer quasiment à chaque épisode, mais sans que ça soit vraiment lié à des choix artistiques assumés. J'y ai cru avec cet épisode 6 au sujet classique de shojô et au graphisme très shojô, mais.. c'est finalement le seul où le parti pris graphique semble motivé.

Il y a beaucoup moins le côté " théâtre de papier" des premières saisons, et on dirait presque que chaque épisode a été réalisé par des équipes différentes. Ça aurait pu être intéressant, mais là, c'est surtout maladroit et l'impression dominante est celle d'une saison" filler", mieux produite, mais paradoxalement plus bâclée que les précédentes, et qui pâtit de la comparaison avec ce qui précédait.
Trop propre, et en même temps trop standard.
Il manque  le côté un peu crade de l'image, la dominante gris -jaunâtre, ou jaune grisâtre qui recouvrait le tout et lui donnait son côté original.

C'est flagrant lorsqu'on regarde l'ensemble des miniatures ici, la 4°série a des couleurs beaucoup plus vives et flashantes que le reste ( et de ce que je vois, ça a été corrigé sur la 5° saison en cours, peut être que les critiques ont fait remonter que ce changement d'approche n'était pas la meilleure idée..)

On passe de ça


A ça:




ou de ça

à ça

j'ai essayé de trouver des images qui se répondent.


Donc oui, pour l'insertion de détails en prise de vue réelle qui donne une certaine originalité et renforce parfois le côté flippant ( ce dentiste.. kyaaaah! tasukete kudasai!!), mais le côté "léché", non, ça lisse trop les choses.
Après, la série dans sa globalité s'est fait tailler un short à cause de ce que je trouve justement ses points forts: graphisme très spécial, animation très spéciale, donc peut-être que l'approche très classique de cette saison 4 aura convaincu ceux qui n'aimaient pas la première version, mais dans l'absolu, qui va regarder une saison 4, sinon ceux qui ont déjà kiffé les 3 premières?

Au niveau scénario, difficile de faire mieux que les fantômes des premières saisons ou les monstres de la 3, donc là, on est plutôt dans une tonalité mystérieuse, moins horrifique, avec des chutes moins marquantes ( quand il y en a)

Mais un détail qui ne trompe pas: j'ai beau fouiller le net à la recherche d'une image un minimum flippante de la saison 4, voilà le maximum de ce que j'arrive à trouver:

une silhouette fantomatique vue de loin..
Je vous rafraîchis la mémoire? Voilà ce qu'on avait avant.


Hé oui, c'est bien de rester dans la suggestion pour faire mouliner la cervelle du spectateur, au lieu de gros effets gores appuyés, mais il faut quand même un peu de trucs chelous, parce que n'oublions pas que les épisodes font 3 minutes, et donc la série ne peut pas se payer le luxe d'un film qui va prendre son temps pour semer les bizarreries et distiller le malaise.
Là, la saison 3 y arrivait bien avec des génériques malaisants et évolutifs au fil des épisodes pour l'ambiance globale, et des épisodes à chute pour le punch.

Donc globalement une saison en dessous des précédentes: graphisme propre et assez impersonnel, générique de fin très.. générique, et tonalité moins horrifique ( qui donc sacrifie une fin " choquante" pour rester dans un doute un peu frustrant, on peut toujours se dire que les personnages ont rêvé ou halluciné, là où, avant, il y a avait un peu plus de fins "choc").
Pour vous donner une idée, avec quelque chose de super connu, prenons " the ring".. hé bien c'est comme si on s'arrêtait au moment où Sadako sort du puits et s'avance, mais avant qu'elle ne passe au travers de l'écran TV. Comme ça..
Oshimai!

(et tiens, je mettrais en parallèle  la souris -saison 4 épisode 3 - où une femme mordue dans son sommeil par les souris qui pullulent chez elle se transforme en souris géante, et l'épisode 9 de cette saison 4 où une dent tombée au sol se rapproche d'une femme qui dort et.. et rien au juste, on ne saura pas ce qui va se passer.)

Donc sans être fvraiment mauvaise, je dirais quand même que c'est une mini déception - bien que je m'y attendais, peut-on parler de déception dans ce cas là? - soit la série a atteint sa limite avec la saison 3, soit il s'agit d'un coup de mou temporaire.
Je donnerai quand même sa chance à la 5° saison quand elle sera disponible intégralement, je n'aimerais pas finir sur cette note négative ( et surtout, punaise, mais virez moi ce générique de fin!)

Ça me coûte d'écrire un avis négatif sur une série que j'ai particulièrement aimé jusqu'à présent.J'espère vraiment que ce n'est qu'un passage à vide et qu'elle va retrouver son ton si particulier et repartir dans la bonne direction, celle la plus sombre. Sans être une énorme déception, c'est une déception à la hauteur des qualités des saisons précédentes.


samedi 22 juillet 2017

Mononoke ( serie d'animation)

On continue avec de l'animation,je vais essayer de parler d'une série par semaine. Ce sera déjà bien.
Mononoke attendait depuis bien trop longtemps sur mon disque dur que je me décide à le regarder.

Alors oui déjà, je le dis, j'ai donc vu une version fansub, et après avoir bien cherché, il semble que la série ne soit pas licenciée en France. Elle date pourtant de 2007.
Donc, pas le choix, je sais c'est pasbien, tout ça, mais vu le coup de coeur que j'ai eu, je ne serai pas contre une édition officielle...

Deuxième chose à préciser d'emblée: ce n'est pas un spin-off de Princesse Mononoke, malgré la ressemblance de titre ( qui m'a freinée à la base, car je pensais que c'était une série qui allait surfer sur le succès des studio Ghibli). Non, rien à voir.

Et troisième point: cette série ne ressemble à rien de connu, à rien de ce que j'ai pu voir auparavant, on est dans un univers 100% bizarre. Soit on adore, soit on déteste, je pense.
Pour moi, ça a été la première option , bien que j'aie regardé les 2 premiers épisodes d'un oeil plutôt mi-surpris, mi" c'est quoi ce truc?!".
On est projeté dans préambule dans cette ambiance un peu surréaliste, avec des décors pétants de couleurs, à la limite du trip au LSD ( enfin, si j'en crois ce qu'on écrit les gens qui ont tenté...)
Pour tout dire, j'ai même trouvé que la femme blonde aux yeux bleus avec des tâches de rousseurs dans le premier épisode, mis à part sa coiffure et ses vêtements,  aurait pu sans problème sortir d'une animation française des années 70- 80, du genre Les Maîtres du temps par exemple ( et ça aussi, c'est de la bonne came, ne méprisez pas l'animation française de cette époque, jamais!)

Le générique donne déjà une petite idée: si votre truc c'est la sobriété visuelle, passez votre chemin

Donc  de quoi ça parle? Dans le fond c'est assez simple, il n'y a que 13 épisodes qui racontent plusieurs histoires fantastiques, à une époque et dans des lieux indéterminés. avec comme seul point commun un personnage fort Mystérieux " l'apothicaire". C'est tout ce qu'on aura de lui ou presque. Il n'a pas de nom connu, et son métier est, on le découvre vite une couverture. Il s'agit en fait d'un puissant exorciste qui se fait fort d'exterminer les mononoke qui croisent son chemin. Ce terme, à peu près synonyme de Yôkai ou Bakemono, ce sont des esprits parfois maléfiques, parfois neutres, mais ceux de cette séries sont vraiment négatifs. Car il s'agit quelque part de la cristallisation sous forme de monstres des mauvaises actions, des pensées et émotions négatives des humains. Un mononoke peut très bien être le résultat de la frustration, de la colère ou de la rancune de quelqu'un.

et le résultat est en général un monstre assez chelou
C'est pour cela que  l'apothicaire - continuons à l'appeler comme ça, malgré son visage marqué de ce qui ressemble fort à des peintures chamaniques, et qui donnent l'impression qu'il se fout un peu de la gueule des autres en permanence, et ses traits assez peu humains ( oreilles  nez, dents pointues..) - doit connaître 3 paramètres pour vaincre le mononoke: sa forme, sa vérité et sa raison, ce qui veut souvent dire, mettre à nu les secrets les plus honteux des gens qui l'entourent. Et là, on ne fait pas dans la dentelle, ce n'est pas un dessin animé pour enfants, il va être question de prostitution, d'inceste, de meurtre, d'humiliation, d'appât du gain, de faux témoignage...

Et pour ce qui est de la forme de la série, elle aussi, elle est particulière, quasiment expérimentale. Déjà parce qu'elle dynamite les conventions narratives ( commencer par la fin pour remonter le fil de l'histoire - épisodes sur le zashikiwarashi -  narration circulaire - épisodes sur le noppera-bô, découpage en actes théâtraux...)
Ca peut dérouter au début, mais si on s'accroche, on s'y fait, il faut juste accepter de prendre une histoire au milieu, comme si on arrivait au second acte d'une pièce de théâtre, et les choses vont s'éclaircir peu à peu au cours de l'"enquête".

Et graphiquement... là on est en plein dans les art décoratifs japonais, références aux estampes, à la calligraphie, au théâtre, à la musique, image qui évoque une texture papier légèrement froissé.. bon sang, ça part vraiment dans tous les sens, personnages secondaires caricaturés ( le sens premier du terme manga: image humoristique, de dérision, caricature)  aux visages masqués ou remplacés par des fleurs tourbillonnantes, foule d'anonymes représentée par des mannequins de grand magasin, flocons de neige en forme de fleurs... et au passage des tableaux de Klimt insérés dans le décor.
le samourai, un personnage secondaire le temps de 2 épisodes, mais sa tronche me fait bien rire, avec sa coiffure approximative et son seul oeil visible, il m'évoque un peu Kitarô, du manga "Kitarô le repoussant", qui parle, tiens comme c'est étrange, de yôkai et de monstres
Et , même la série pousse l'expérimentation jusqu'à changer de style graphique pour chaque histoire : j'ai parlé plus haut de la femme blonde, mais il y a un serviteur d'auberge noir dans la première histoire, un type ethnique qui n'a pas grand chose à faire dans le Japon de ce qui semble être la fin de la Période Edo, mais qui cadre bien avec le côté "flower power" de cette première histoire.
La seconde ( Umi-bozo) fait pleinement référence aux estampes de monstres.
"Nue" va encore plus loin avec un décor entièrement gris où apparait la couleur par petites touches et de manières signifiante à l'exception notoire de l'apothicaire et de ses vêtement archi-colorés, seul point d'ancrage visuel récurrent...



Donc la série ose ne pas se reposer sur ses lauriers et c'est quelque chose que j'aime énormément.
Le héros anonyme aussi, bien qu'il soit avare de paroles, est intriguant et se révèle par petites touches, on découvre en quelque sorte un peu de son caractère sarcastique en même temps que sa forme secondaire ( ou sa vraie forme? J'avais raison de penser depuis le début qu'il n'était pas franchement humain.. mais sa nature restera un mystère: est-il lui aussi un esprit? une divinité? J'ai presque envie de pencher pour cette seconde idée, car quelque part il me fait penser aux dieux des traditions hindoues.. mais ça n'est que mon avis!). En tout cas sa motivation n'est pas connue non plus: il ne semble pas agir contre une récompense, ou pour la gloire, ou parce qu'on lui a demandé...


la sobriété visuelle. Et donc notre héros aux oreilles pointues, si ce type est humain, je veux bien payer un verre à l'équipe d'animation entière. Et non je ne vous mettrai pas ici un visuel avec son autre apparence, ça serait du gros spoil.

En tout cas, j'ai repéré une petite erreur de sous-titre intéressante, lorsqu'un personnage s'adresse au héros en lui demandant " Nani desu ka?", phrase traduite par " qui êtes vous?".
Sauf que le sens est plutôt " qu'est-ce que vous êtes?".. question qui dans le contexte concerne plus sa nature que son identité, et à laquelle il répond évidemment par un trait d'esprit en déclinant son métier (pour demander à quelqu'un son identité, la formule est plutôt " dare desu ka?" ou " donata desu ka?" ou "onamae wa nan desu ka?", quelque chose comme ça, mais certainement pas une phrase avec Nani). c'est d'autant plus dommage qu'il y avait possibilité de garder cette formulation ambiguë nature/ métier en français,qui est moins clairement sous-entendue dans " qui êtes vous"?. Oui je pinaille je sais.

Ha et encore un détail qui me plait énormément: en écoutant je me suis rendu compte que j'avais déjà entendu la même voix quelque part assez récemment, une voix avec une petit nuance de provocation et de sarcasme qui colle très bien  au personnage et bingo: le même acteur ( Sakurai Takahiro) a doublé Shôgo, personnage complexe, mystérieux et cynique de Psycho-pass. Abonné à ce genre de rôle on dirait.

Pour reste sur l'ambiance sonore, elle sait se faire discrète, et appuyer la narration pensant les épisodes. Par contre le générique de début est parfaitement à l'image générale de la série: décalé, baroque, avec un accordéon qui sonne plus sud-américain que japonais, un chant volontiers dissonant. Mais, car il faut un mais, et un détail qui cloche.. le générique de fin, je ne peux pas: trop mignon, trop léché, trop quelconque, trop insignifiant, trop hors-sujet en fait. Ca casse complètement l'ambiance bizarre qu'établit tout le reste et c'est dommage de finir sur quelque chose d'aussi sage et attendu.

et j'ajoute encore que le mélange animation classique et image de synthèse est très bien fait et utilisé a bon escient ici, pour donner un effet de profondeur avec les poissons, comme si le plan était vu au travers d'un aquarium


Mais sinon,c 'est un grand oui pour moi, j'ai totalement adoré , tant ça sort de l'ordinaire. Je n'aurais pas été contre une deuxième saison, le folklore est riche et il y aurait eu largement matière à poursuivre. Mais bon, je suppose que la série n'a pas eu assez de succès, payant peut être ses partis pris visuels et narratifs radicaux par un manque d'audience?
En tout cas, Mononoke est la suite d'une autre série " Ayakashi - le théâtre de l'horreur", que je n'ai pas vu , mais où apparaissait brièvement l'apothicaire. Autant dire que je vais aller chercher pour voir cette première série parce que si elle est du même niveau, ça va me plaire.


samedi 15 juillet 2017

Ao Oni ( série d'animation)

Commençons gentiment avec cette très courte série d'animation ( 13 épisodes de 3 minutes, et en comptant les génériques, autant dire que chaque épisode dure en fait 2minutes)

Je suis tombée dessus un peu par hasard au détour de mes habituelles pérégrinations sur Crunchyroll, lors de l'annonce de la série dans le forum l'an dernier en fait.Et le graphisme totalement différent de ce dont on a l'habitude me tentait bien, sans que je sache exactement ce qu'allait être cette histoire d' "ogre bleu".


oui, j'ai totalement été attirée par le graphisme humoristique et ce monstre à tête énorme


Donc, il apparaît qu'il s'agit d'une déclinaison animée d'un survival game amateur, fait sur RPG maker, dont le principe est simple: 4 lycéens partis explorer une maison abandonnée s'y retrouvent enfermés en compagnie de l'ogre bleu - ou plutôt des ogres bleus, il y en a 3 dans la série - et ils doivent trouver la sortie en résolvant des énigmes avant que le monstre ne les trouve et ne les mange. Un "c'est toi le chat" en version un peu plus violente donc ...
Je n'ai pas du tout joué au jeu, mais je le tenterai à l'occasion si j'ai le temps, peut-être pour Halloween.

Mais donc sur ce principe à la fois basique et efficace ( c'est déjà ce qui arrivait aux héros de Corpse Party, que j'ai d'ailleurs laissé en stand by parce qu'il est parfois horriblement difficile et que refaire  50 fois le niveau de l'infirmerie parce qu'on est trop lent d'un quart de seconde.. j'ai très envie de savoir la suite, mais je n'ai pas réussi à passer cette difficulté, même avec une vidéo explicative, parce que je suis toujours trop lente.. et ce n'est que la 1° partie sur 5. Try and die, et ce n'est pas faute d'essayer , je meurs lamentablement à chaque fois),l'animation décline l'histoire de manière disons décalée. Humoristique. Ok, plutôt barrée.

Pas besoin d'énorme caractérisation, on n'est pas là pour faire dans la subtilité. Donc il y a Mika , la fille énergique, Takurô, le garçon cool pour qui Mika en pince, Takeshi le blondinet trouillard et Hiroshi l'intello à lunettes.
Pas besoin d'en préciser plus car j'en parlais plus haut, c'est une mise en image du principe Try and Die. Vous voyez Kenny dans South Park?
Ben c'est pareil, à chaque épisode, nos 4 protagonistes vont mourir lamentablement ( avec pixellisation du sang, ce qui est très drôle vu le graphisme mignon tout en chibi, même les monstres sont kawaii... mais très voraces). et hop, Game Over reviens au prochain épisode.

Là,Mika est en train de dire qu'elle a entendu un bruit bizarre et qu'il faudrait se méfier. bah oui, c'est juste le monstre qui t'a coupé la tête et piétine ton corps, mais bon, tout est normal...



Et j'ai trouvé ça bien drôle, déjà parce que l'humour est totalement noir et absurde, après parce que c'est exactement ce que vivent les joueurs de survival game...
game over, bon, je vais essayer de ne pas mourir bêtement la prochaine f... sprotch! game over!

Mettons nous à la place des héros et des monstres, c'est à désespérer ( on imagine même ici qu'ils restent coincés 70 ans, et continuent, octogénaires, à essayer de semer des monstres tout aussi vieillissants!)

pour survivre  il faut courir plus vite que les monstres, donc.. pourquoi ne pas prendre le concept au pied de la lettre?

Une série purement détente donc, sans grande prétention, pour amateurs de portenawak comme moi, il ne faut pas chercher plus loin.

A noter qu'il y a aussi sur Crunchyroll un moyen métrage d'animation mais.. comment dire?Il dure 60 minutes, j'en ai tenu 7 et demi. Pourquoi?

Le graphisme est moche, mais vraiment moche. Pas moche original, plutôt moche conventionnel, l'animation aussi est assez moche et manque de fluidité. De l'image de synthèse mal ficelée... au cours de ces 7 minutes et des bananes, j'ai eu l'impression que tout avait été modélisé sur un jeu Sims en fait. Et quelque part, c'est une prouesse d'avoir une image de synthèse qui paraît plus plate qu'une animation conventionnelle!

Et ces 7 minutes et quelques m'ont suffi à voir que, de plus, ça n'a rien à voir avec la série d'animation: d'autres personnages, membres d'un club de recherche sur le folklore qui décident de rencontrer le créateur du jeu Ao Oni... Je n'ai même pas envie d'aller plus rien , tellement je n'arrive pas à passer par dessus ce graphisme - qui aurait peut-être pu trouver grâce à mes yeux s'il datait de 1993. Sauf que là, il date de février dernier, donc gloups...

Et comme je n'aime pas casser quelque chose gratuitement, je prouve: sérieusement, visez la tronche du personnage au premier plan. Ben, c'est tout le temps comme ça dès que l'un d'entre eux n'est pas de face. Ha oui et ceux qui sont de face n'ont pas de nez.. même pas minuscule, même pas ébauché ( les deux du fond), pas d'ombrage sous les mentons pour au moins essayer de donner un effet de volume, ça sent la flemme... monstrueuse.Et ça ne pardonne pas quand on adopte un graphisme qui se veut plus ou moins réaliste.


Donc, désolée, j'en resterai là pour ce moyen métrage qui ne m'a pas du tout inspirée.alors que a série, même si elle n'est pas inoubliable m'a quand même fait passer un bon petit moment.


mercredi 12 avril 2017

Sengoku chôjû Giga ( série d'animation)

Attention encore quelque chose de totalement bizarre, tant pour son sujet que pour son graphisme qui arrive avec du neuf avec du vieux. Et même du très vieux en l'occurrence

Cette série animée composée de courts épisodes met en scène des personnages historiques de l'époque Sengoku ( XV°-XVI°) caricaturés à la façon des Chôjû Giga, une série de rouleaux du XII°-XII° siècle, qui déjà, parodiait les personnages de son époque - moines, sumos, seigneurs, colpoteurs, etc.. - sous forme de petits animaux: des lapins, des singes et des grenouilles, en particulier.. dans des activités aussi variées que la lutte, la prière, un cortège funéraire, la baignade à la rivière par exemple.


une grenouille en position de statue de Bouddha


J'ai eu l'immense chance de voir ces rouleaux exposés lors d'un de mes voyages à Kyôto , tant pis pour les deux heures de queue, ce sont des trésors nationaux fragiles qui ne sont pas exposés très souvent en intégralité, et franchement ce sont des pièces magnifiques à l'encre noire sur papier, un véritable manga médiéval ( le terme manga n'existe même pas, mais le "ga" de giga est le même caractère  " image". qui se trouve aussi dans " eiga" = film ou cinéma)
lutte sumo version batracienne
la nage dans la rivière



Déjà l'an dernier les studios Ghibli avaient réalisé un court métrage reprenant et animant ce trésor national pour une campagne publicitaire d'une compagnie d'électricité, si je ne me trompe pas, c'est loin d'être évident:






Je n'ai toujours pas installé les kanas sur mon ordi, mais au passage un peu de vocabulaire:
Usagi = le lapin
Kaeru = la grenouille
Nezumi = la souris
Fukuro = le hibou
Saru = le singe

C'est de ce dernier dont je vais reparler un peu plus loin.

Et donc, animer ce prototype de manga était plutôt évident, mais n'avait pas vraiment été fait au delà de cette campagne publicitaire.
La série Sengoku Chôjû Giga reprend donc le principe mais en le transposant: cette fois, les animaux représentent des personnages réels, identifiés ( Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi, Tokugawa Ieyasu, Date Masamune) avec un dialogue tout à fait contemporain, mais un code graphique médiéval.




Pour faire simple, imaginez un dessin animé français mettant en scène François I° et ses contemporains, caricaturés dans le style des tapisseries de la dame à la licorne, par exemple, et avec le même décalage temporel de dialogues que Kaamelott. Vous y êtes.

Et donc tous ces personnages historiques sont représentés qui comme Tanuki, qui comme Kappa, qui comme oiseau, qui comme tigre ou comme singe, etc...

Donc évidemment, n'ayant pas une connaissance très poussée de cette période, j'ai du mal à saisir quelques subtilités qui sont probablement des jeux de mots: le daimyô Nobunaga est représenté comme un oiseau un peu bas de plafond, et  Toyotomi Hideyoshi comme un singe.

Pour le singe, au moins je connais la raison: Le vrai Hideyoshi était surnommé " le singe" ou "tête de singe" car il était réputé être très moche ( surnom qui lui était d'ailleurs donné par l'ami Nobunaga au servive duquel il travaillait), et plus tard de manière plus valorisante pour mettre en avant sa ruse ( car.. malin comme un singe. Moche, mais futé, puisqu'il a réussi à devenir un des hommes les plus influents de son époque alors qu'il était fils de paysan).
Je trouve qu'il ressemble de manière frappante à la marionnette de Ah-que-Johnny des guignols de l'info. Sifflez, j'men fous.


Date Masamune est un dragon doté d'un bandeau de pirate (et effectivement le personnage historique était surnommé " dragon borgne"). il y a donc une logique dans la représentation, même si je ne connais pas la raison qui fait de Nobunaga un oiseau, un coucou exactement, et de Ieyasu un tanuki, je n'ai pas trouvé de mention de tel surnom après une petite recherche sur le web. Donc peut être une allusion à une réputation quelconque de ces animaux en fait?
En tout cas il est quand même fait mention  de Mori Ranmaru ( ici, un autre oiseau)  que tout le monde s'accorde à trouver " super louche" . Et de fait, l'authentique Ranmaru était le garde du corps de Nobunaga. Les ragots de l'époque disent que c'était une garde rapprochée. Très rapprochée. Sans être forcément illégales, ces choses là n'étaient pas vraiment bien vues à l'époque non plus, surtout quand on fricote avec quelqu'un qui a 30 ans de moins.

Après, la série fait 13 épisodes ( pour la 1° saison, une suite est en cours) de quelques minutes, c'est donc un format court. J'ai presque envie de dire heureusement , parce que c'est la les limites pour le spectateur qui n'a pas une connaissance de base sur l'histoire japonaise ( et j'avoue totalement de grosse lacunes sur l'histoire du Japon classique): si la forme est agréable, il faut je pense avoir déjà une idée des lieux, personnages et événements parodiés, pour justement saisir la parodie. Ce qui est surement le cas du spectateur japonais lambda qui a du apprendre les grandes dates à la primaire, au même titre qu'un français saura facilement à quoi font référence les dates 1515 ou 1789, même s'il a oublié les grandes lignes de la période en question.
Là... je nage un peu, et du coup, sans connaître l'élément d'origine difficile de saisir vraiment la parodie, sauf dans les épisodes plus axés "comique de situation". et ce d'autant que les épisodes ne se suivent pas chronologiquement, deux épisodes successifs peuvent être séparés de plusieurs décennies, puis le suivant reviendra en arrière.

Alors intéressant, oui, parce qu'il m'a fait parler du Chôjû Giga, déjà et parce que la frustration me donne envie d'en savoir plus sur la vraie histoire. Mais en effet, frustrant quand on manque des notions de base et qu'il n'y a pas de suite narrative suffisamment marquée. Dommage, l'idée me plaisait bien, mais je nage vraiment. Si j'ai l'occasion d'ici là de me renseigner sur l'histoire "sérieuse", un jour peut-être je pourrais en apprécier la parodie, mais là, je n'ai tout simplement pas les clefs nécessaires.
Journée spéciale " le Japon historique"