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mercredi 5 octobre 2022

Le livre des sorcières (T 1 et 2) - Ebishi Maki

 Au détour d'un rayonnage de la bibliothèque, mais que vois-je, un titre qui sera parfait pour le mois Halloween.

Et si la magie n'est pas un sujet nouveau en manga, il a le mérite de sorctir du domaine habituel de la fantaisie pour se concentrer sur une période que je n'ai pas souvenir d'avoir vue très souvent en manga: la Renaissance en Europe du nord ( à part peut être Divci Valka titre que je n'ai jamais trouvé à lire, mais dont l'action se déroule au XV° siècle à Prague, donc plutôt Europe Centrale ce qui pique fort ma curiosité. Quelques titres de mémoire se passent à la Renaissance italienne autour des Médicis, mais.. ça reste quand même rare). Et la sorcellerie est ici présenté sous son côté historique, via le délire collectif de la Renaissance, qui a conduit à l'exectution d'un grand nombre de gens soupçonnés de sorcellerie.

D'ailleurs dsions le de suite, le titre japonais est ici très mal traduit. "Le livre des sorcières" ( très banal quand même) s'intule en VO " Mahô wo mamoru" : Protéger, ou sauver, les sorcières. C'est le souhait le plus cher du héros.

On y rencontre quelques personnages célèbres et réels de l'époque, époque qui se caractérise par un mysticisme religieux exacerbé par les tensions entre catholiques et protestants. La rivalité aux Pays-Bas entre les cdeux courants fait rage, chaque camp utilisant à son profit les superstitions d'une population qu'il est plus rentable, au sens le plus bassement pécuniaire du terme, de maintenir dans l'ignorance que d'instruire. En cas d'épidémie, c'est toujours plus simple d'accuser le camp adverse, ces mécréants, d'être la cause, et de demander aux gens des dons, plutôt que de chercher à connaître la nature des choses. Ceux qui ont peur verseront leur oboloe, acheteront des dons, paieront pour des messes si on leur fait suffisamment peur.
Et lorsqu'il n'y a pas d'épidémie? Hé bien la solution est trouvée: c'est la faute aux sorcières, aux démons, aux loups-garous, aux fées...ou pire: aux hérétiques, qui veulent connaître la raison profonde des choses, et commencent à mettre en doute ce que les religieux leur disent de croire. Ceux là sont encore plus dangereux, ils ruineraient le commerce si on n'y met pas bon ordre.

Epoque paradoxale qui voit donc conjointement des avancées sur beaucoup de plans scientifiques, mais aussi l'apogée de la chasse aux sorcières.

Le manga retrace le parcours de Jean Wier, médecin formé auprès de Henrich-Cornelius Agrippa,  autre authentique personnage à la réputation sulfureuse.


Le tome 1 s'ouvre sur Wier, déjà médecin renommé au service du duc de Clèves. Celui-ci a un problème: dans un village de son fief a été signalé un loup garou, qui aurait attaqué une paysanne. Le duc, en homme intelligent, sait qu'une simple rumeur peut mettre le feu aux poudres et dégénérer en massacre lorsqu'une population, se croyant victime des démons, cède à la panique. Il envoie donc son médecin personnel rencontrer la paysanne blessée et recueillir son témoignage, afin d'éviter qu'un ou plusieurs innocents accusés de sorcellerie ne soit victimes d'une vengeance.

Wier lui même sait parfaitement à quelles extrémités peuvent conduire la croyance aux puissances occultes: dans son enfance, il a rencontré une étrange petite fille et sa mère tout aussi étrange. Des femmes, que l'on qualifierait maintenant de névrosées, inoffensives, mais qui parlent seules et prétendent voir et entendre des choses que les autres ne voient pas. C'est extrêmement dangereux d'être différent dans une époque ultra conformiste.
La petite fille, Elma, se promène le visage couvert d'un masque de diable, prétendant que lorsqu'elle le porte, elle peut voir et entendre les fées. Jean, impressionnable mais intelligent, se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond: la petite prétend faire de la magie, transformer un champ de houblon en champ de fleurs.. mais il n'y a rien. Elle est donc seule à voir les effets de sa "magie".
Ce qui n'empêche pas Jean d'avoir la peur de sa vie, lorsque sa nouvelle amie prétend qu'une fée, qu'elle seule peut voir, veut les emporter au fond de l'étang.
Le remous causé par cette histoire fait conduire la mère et la fille en prison, elles sont jugées vite fait bien fait comme sorcières et décapitées, sous les yeux de Jean. Evénement d'autant plus traumatique qu'avant d'être executée Elma lui a avoué qu'elle n'avait jamais eu la moindre hallucination, qu'elle agissait simplement comme sa mère, pour faire en sorte qu'elle ne soit pas la seule à "voir des choses".
Jean sait donc parfaitement que la peur est contagieuse, il l'a éprouvée, il l'a vue à l'oeuvre chez les paysans qui ont comdammé Elma et sa mère, événement traumatique qui le hante et dont il continue à faire des cauchemars, années après années. Deux personnes ont été décapitées, dont le seul tort était d'avoir trop d'imagination.

On suit donc deux lignes temporelles en même temps:
- celle en 1551, où Jean découvre vite que la paysanne, Marthe, attaquée par un loup-garou, si elle a bien été mordue par quelque chose ou quelqu'un, est victime d'une illusion: elle prétend avoir été attaquée par un loup dans sa chambre, alors qu'elle allait se coucher. Son père alerté par les cris, prétend, lui avoir vu un homme s'enfuir par la fenêtre, le seul moyen de concilier les deux est de prétendre qu'il s'agit d'un loiup garou, qui, comme c'est pratique, aurait dans sa fuite laissé tomber un gant portant son initiale , un L. D'autant plus pratique que le père de Marthe déteste un de ses voisins, nommé Lambert, depuis qu'il les a chopés en flagrant délit lui et sa fille dans la grange. Lambert en a cependant épousé une autre, et depuis le père le hait. Le faire accuser de commerce avec le diable et d'être un loup-garou, à une époque où les procès de ce genre ne laissent à l'accusé aucune chance de s'en sortir. Il va donc lui falloir trouver un moyen de faire comprendre que cette histoire de loup garou n'est qu'une vulgaire querelle de voisins.

- celle de 1530: Jean adolescent, tourmenté de n'avoir rien pu faire pour sauver Elma et sa mère, étudie la médecine. Entendant parler de Heinrich-Cornelius Agrippa, médecin d'Anvers, il fait tout son possible pour devenir son apprenti. Car Agrippa, médecin grande gueule, qui refuse de prendre parti enctre les catholiques et les protestants, et n'hésite pas à menacer de malédiction les malades mauvais payers, a une réputation d'hérétique. Et surtout, un fait de gloire aux yeux de Jean: il est le seul homme connu qui a réussi à faire acquitter une sorcière. C'est plutôt ça qui l'intéresse. Savoir comment il s'y est pris et à sont tour, faire acquitter les gens accusés faussement de sorcellerie, afin d'atténuer son sentiment de culpabilité. Le talent juridique d'agrippa s emanifeste également quelques temps plus tard, lorsque suite à une épidémie de peste, alors qu'il était resté seul en ville avec un collègue venu de France, mais qui n'avait pas obtenu le droit officiel d'exercer, il prouve par A +B que celui qui est accusé bien que n'ayant pas de droit officiel ne s'est pas défilé et a sauvé beaucoup de malades, et que précisement, les accusateurs sont les médecins qui  on fui et ne sont revenus que lorsque le danger est passé.

Le tome 2 ne suit pas tout à fait la même logique, il ne continue pas directement l'affaire du loup garou, mais constitue tout entier un flashback dans les années 1540: après la peste, Jean a poursuivi son apprentissage auprès d'Agrippa, et compris d'où venait la réputation d'hérétique de celui-ci. Passionné de justice, Agrippa ne supporte pas la corruption des autorités catholiques qu'il soupçonne de monter de toutes pièces ces histoires de possessions et de diableries, afin de s'enrichir en vendant des indulgence au peuple maintenu dans la peur et l'ignorance. Jean lui explique enfin son passé et ce qui le hante, la raison pour laquelle il veut sauver des sorcières. Le maitre comme l'élève ne nient pas l'existence du diable - on est au XVI siècle- mais voient plutôt les sorcières et les possédés comme des malades, les démons profitent de la maladie pour posséder ceux qui seraient de nos jours des dépressif ou des névrosés. Névrose collective entretenue par le climat de peur causé par la religion. Et que s'il s'agit d'une maladie qui ressemble à une possession, un traitement adapté avec des calmants peut calmer les symptômes, ce qui ne serait pas le cas pour une réelle possession.

Quelques années plus tard, alors qu'Agrippa est déjà mort, Jean est marié et vit dans une autre ville. Il va suvir un deuxième choc psychologique. Trois femmes meurent soudainement, Jean, mandaté pour l'examen post morteme de la première se rend compte qu'elle a été empoisonnée à l'arsenic, dans une cruche au fond de laquelle a été tracé un symbole magique. Jean retient l'arsenic comme cause, le juge, aussi névrosé que le reste de la société, considère que la mort a été causée par le symbole magique. une malédiction par vaisselle interposée. et qui dit malédiction dit sorcière.
Il ne faut pas longtemps avant que soit accusé la vieille dame un peu bizarre depuis qu'elle a perdu toute sa famille lors de la peste.
Pire chaque symptôme que Jean perçoit comme des preuves de mélancolie, est retenu comme preuve de sorcellerie par la population: " puisqu'elle a été déclarée sorcière, elle l'est, ses actes le prouvent". Elle agit bizarrement parce qu'elle est une sorcière, mais elle est une sorcière parce qu'elle agit bizarrement et puisque le juge l'a dit c'est donc vrai. CQFD. D'autant qu'elle avait en main un sceau magique acheté ( comme l'a fait la moitié de la ville) à un magicien autoproclamé qui les dessine au fond d'une taverne pour de l'argent. Ca vaut les ventes d'indulgences.
Personnene semble même se dire qu'une vieille dame du peuple à la vue basse n'a ni la connaissance, ni le matériel, ni la technique pour tracer un symbole magique parfait au fond d'une cruche étroite.
Or Jean en a vite le soupçon: Nora, la vieille dame accusée, est une coupable idéale derrière laquelle se cache un vrai criminel qui risque de continuer si on ne le trouve pas. Or le juge le met au pied du mur: il y a acte de sorcellerie, doncsi ce n'est pas Nora, il y a une autre sorcière en ville. Pour blanchir la vielle dame, Jean doit donc présenter une autre sorcière. Celui qui veut sauver les sorcières doit en faire accuser une autre.

Et voilà un titre qui est fort prometteur. Il y a 3 tomes parus en France comme au Japon, ma bibliothèque n'a pour l'instant que les  2 premiers, mais j'ai bien accroché à cette histoire policière qui tente de réhabiliter les individus qui ont effectivement souvent du servir de couverture à de vrais crimes.
Graphiquement, il ne sort pas vraiment du lot, rien d'exceptionnellement novateur, mais plutôt sympa. notamment les costumes, la dessinatrice semble avoir bien examiné les tableaux de la Renaissance flamande.
( je note quand même une mini erreur: que ce soit en 1550 ou en 1530, Jean a toujours l'air d'un adolescent, alors qu'il est censé avoir au moins 35 ans au moment de l'affaire du loup-garou), mais ces deux premiers tomes sont prometteurs. apparemment, la série n'a que 3 tomes au total, ça me convient bien, ce ne sera pas une série interminable.
Je ne connaissais pas du tout l'auteur, mais autant pour le cadre et le sujet original, et l'enquête plutôt bien menée, j'ai hâte de trouver le troisième tome.

Enfin, l'auteur est japonaise, mais le sujet est germanique, l'action naviguant entre Pays-bas et Allemagne.




jeudi 1 avril 2021

Kamigami no asobi (série d'animation, 2014)

 Donc voilà, puisque j'en parlais au sujet de Tsukimi, en mentionnant brièvement cette série, qui n'avait pas eu droit à son sujet, bien qu'elle a été une bonne surprise, il est temps.

La série date de  2014, et adapte vaguement le sujet d'un jeu vidéo de drague: une humaine est envoyée dans un monde peuplé de dieux et va devoir en draguer un ou plusieurs - J'avais vu lors d'un voyage au Japon les affiches et publicités énormes pour ce jeu, qui venait de sortir. Le temps de déchiffrer les kanas des noms des personnages, de comprendre qu'il s'agissait d'un otome game sur la mythologie...  J'ai piqué un tel fou rire dans le magasin que j'ai couru aux toilettes pour pleurer de rire. Oui oui, tant ça avait l'air cliché.Ce n'est que le lendemain que j'ai pu, en me préparant mentalement, lire le titre sans memarrer à nouveau. "Kamigami no asobi": le jeu des dieux.

Et donc quand j'ai vu une adaptation en anime, je me suis dit " haaa mais c'est le concept qui m'a valu un fou rire mémorable".

Mais je ne parlerai pas ici du jeu en lui même que je n'ai pas testé.

La série animée a eu la bonne idée de s'éloigner du bête concept de "jeu de drague! on colle une fille aléatoire et sans personnalité dans un groupe de gars qui vont rivaliser d'ingéniosité - ou de harcèlement sexuel -pour se la taper, vu qu'elle est la seule célibataire du coin, et pour tout dire la seule personne de sexe féminin du coin..." pour se concentrer sur une version divine d'"Esprit rebelles": une bande de racailles immortelles doit apprendre à respecter l'humanité tout entière, et c'est pas gagné.

Dans ce genre d'adaptation d'un jeu de drague, il y a eu le consternantissime " Diabolik lovers" qui reste à ce jour le pire navet d'animation (d'un point de vue scénario) que j'ai vu. C'était il y a 6 ans et je me souviens encore de la nullité absolue de ce truc.

Bonne chose, Kamigami est l'anti- Diabolik Lovers, sur un scénario qui s'annonçait pourtant aussi mal parti que possible : une humaine se retrouve coincée pour une raison quelconque dans un lieu peuplé d'immortels. Des dieux cette fois.
Donc, il y avait tout pour partir en sucette, d'autant que l'héroïne s'appelle également Yui, comme celle de Diabolik, mais divine surprise (oui j'ai osé), elle se bouge et personne ne va tenter de la manger.

Et pourtant, sur le papier, le mélange "mythologies du monde et comédie lycéenne" était hautement aléatoire et annonçait un foirage totale.


Donc Yui, une lycéenne japonaise tout ce qu'il y a de plus normale, se retrouve transportée dans un monde étrange par le biais d'un artefact magique. Du classique, jusque là.

Mais déjà, Yui, contrairement à pas mal de ses consoeurs d'animations a une vie, des amis, des loisirs , une famille. Et une fois transportée dans un lieu qu'elle ne connait pas, sa première réaction est LO-GI-QUE: une fois établi qu'elle est vivante et entière, elle va chercher du réseau sur son téléphone pour essayer de se géolocaliser et d'avertir sa famille, les secours, bref, de faire quelque chose autre que chougner.
Et devant l'impossibilité de se situer, essayer de trouver d'autres gens et de leur parler pour voir s'ils peuvent lui donner des indices dans sa quête sont aussi paumés qu'elle.
Et donc elle va rencontrer tour à tour un paquet de types bizarres, plus ou moins collaboratifs, qui n'ont pas plus qu'elle la moindre idée de ce qu'ils font là. 

Et elle comprend quand même que quelque chose n'est pas normal quand elle voit dans le ciel une île flottante ( pas le dessert, plutôt digne d'un tableau de Roger Dean) et Pégase.
Oui, le cheval volant de la mythologie grecque.
et
donc, ce qu'il se passe: Zeus, LE zeus ( sous l'apparence d'un petit garçon tout mignon mais très égoïste) va rassembler tout le monde et s'expliquer à peu près dans ces termes:
 Je m'ennuyais alors j'ai trouvé un moyen de me divertir en pourrissant la vie des autres
Yui tu es une terrienne tout ce qu'il y a de plus banal, un échantillon parfait de médiocrité humaine.J'ai donc décidé de faire de toi l'instructrice d'une bande de racailles de niveau olympique. Ce sont tous des dieux avec un gros gros problème mental et /ou relationnel. A toi de leur faire comprendre ce que sont les humains, leur valeur collective - même si ce sont des connards individuellement - et à convaincre tous ces jeunes glandeurs de dieux que les humains ne sont pas des jouets (enfin sauf pour moi). Tu as une année scolaire pour leur apprendre l'humilité et la compassion. Si tu rates, vous serez tous coincés ici pour l'éternité. Pas de souci, leurs pouvoirs sont scellés, ils ne pourront rien te faire, moi par contre je peux cramer la tronche de tout le monde en un claquement de doigts, donc filez tous droit.


Bon, on l'a dit, tous sont complètement tarés un peu indisciplinés.
Du côté de l'équipe grecque nous avons Apollon (con comme un verre à pied, et qui surnomme l'héroïne " madame la fée", dragueur comme, ben le dieu de la beauté, mais qui se prend des râteau à cause de la présence d'un concurrent aux mêmes attributions), Hadès ( qui a du mal a assumer son statut de roi des enfers, et pense attirer le malheur sur tout le monde, bref: être un chat noir), et Dionysos ( qui se fout de tout et ne s'intéresse qu'à cultiver de la vigne où qu'il soit)

Yui et ses amis grecs: Dionysos, Hadès et Apollon. Quand même, quand tes potes sont des dieux, c'est la classe.
Et vous avez vu: elle se marre, personne ne tente de la torturer ou de la menacer, c'est la pause repas entre amis. Et ce n'est pas elle le déjeuner.


Côté mythologie nordique, Balder ( l'équivalent nordique d'Apollon, mais comme il est aimé de tout le monde à cause d'un sort jeté par sa mère, il complexe: personne ne l'apprécie réellement spontanément, pour sa personnalité ou ses qualités, c'est l'effet du sort, trop le seum ) Loki (remuant dieu du feu et meilleur ami- WTF!- de Balder, ça, c'est le gros nawak mythologique, ils sont supposés se détester quand même), et Thor qui ne sert pas à grand chose concrètement.

Et pour l'équipe japonaise, Tsukito le dieu de la Lune (qui y est tout le temps, dans la lune) et Susanoo le dieu du vent, ou de la mer, j'ai un doute. Mais il fait un peu double emploi de "type remuant" avec Loki.
Et donc il va falloir convaincre ces glandeurs de s'allier entre eux pour contrer les plans ridicules de Zeus, qui a apparemment décidé de régenter aussi les autres mythologies, et tout en arrivant à leur faire comprendre qu'il ne faut pas martyriser les humains, que ce sont des créatures sensibles. Un peu comme " écraser les insectes, c'est pas très gentil"

Et on rajoute les deux figurants égyptiens sous employés, Thoth ( bibliothécaire caractériel), et Anubis ( le " toutou", qui ne fait qu'une apparition de quelques secondes par épisode, un cameo, donc)

Choisi ton dieu favori ( bon il manque ici Zeus et Dionysos, et Thor qui n'a pas non plus un rôle important, ça aurait fait trop de grecs et de norvégiens, probablement)

Raisons pour lesquelles c'était une bonne surprise:

- L'héroïne n'est pas 100% molle, a des lignes de dialogues, essaye de trouver des solutions par elle-même plutôt que de chougner à la première difficulté. Quitte à s'opposer frontalement -et à coup de katana- à Zeus. Ou a un dieu qui ne veut pas bouger sur le ton " si ça t'amuse d'être ici c'est ton problème, mais on est dans le même bateau, et là ça devient mon problème, JE veux rentrer chez moi, et pour ça s'il faut que je te traîne par la peau du  biiiiiip , je le ferai. YEEEEES!

- On lui a assigné une tache et elle fait de son mieux pour la mener à bien, dès qu'elle comprend que c'est sa seule manière de rentrer dans son monde d'origine.

- Il y a un scénario qui pioche, même en les distordant, dans les mythologies d'origine des différents personnages. Donc un peu de portenawak pour les mythologues avertis, mais au final, pas plus que la moyenne des films hollywoodiens, capables de vous coller le concept de "péché" judéo-chrétien en pleine Grèce antique. Mais bon on n'atteindra jamais le niveau cosmique de portenawak de Saint Seiya, et pourtant, j'adore Saint Seiya. Doc le n'imp' n'est pas disqualifiant quand il est assumé ( et LE Choc des Titans, version années 80 est un délice malgré une chouette robot totalement anachronique)

- La série a le bon goût d'être tragi-comique et de ne pas se prendre trop au sérieux, sauf lorsqu'elle évoque des passages vraiment liés à la mythologie ( le meurtre de Balder dans la mythologie nordique par exemple)

- Cool, on évite le cliché de caser l'héroïne avec le célibataire le plus probable - ici Apollon- pour se concentrer sur les problèmes personnels ou psychologiques de ces dieux, quand même assez gratinés. On ne parlera pas de l'Apollon mythique, dieu de la beauté et des râteaux - même si ce détail jubilatoire est repris! Apollon se voyant involontairement damer le pion par Balder et sa "malédiction" - mais quand même de base un sacré enfoiré, aussi chaud que papa Zeus. ( sisi, regardez les légendes, il s'en s''est pris un certain nombre de rateaux, soit que la femme qu'il poursuit est fidèle à son mari ou pas du tout motivée pour sortir avec un immortel, se sachant mortelle, soit que le monsieur qu'il poursuit ne soit pas spécialement intéressé par les hommes. Non désolée, c'est un jeu de drague hétéro, on ne pourra pas caser Apollon avec un homme et c'est bien dommage)

- L'anime évite l'autre énorme cliché de faire d'Hadès un personnage négatif, parce que la mort c'est pas bien. De fait, mythologiquement parlant, Hadès est plutôt un dieu pépère, qui s'acquitte de sa tâche comme il peut sans se mêler vraiment de la vie des humains , et au final un dieu bien plus digne que ses deux frères, ce qui n'est pas difficile. Et donc Hadès ne sera pas le personnage négatif qu'on attend, mais un type sympa doté d'un humour du type " blagues carambar", un personnage plutôt marrant avec une passion pour les daifuku à la fraise - oui des petits gâteaux japonais.

 Et donc ça va être une autre piste qui va primer que " collons l'héroïne dans les pattes d'un dieu au pif" et c'est très bien. De plus, sur les derniers épisodes le scénario a la bonne idée de choisir une mythologie, la nordique, et de s'y tenir.

Et en point négatif, c'est assez linéaire: 1°épisode = les présentations, les suivants = un personnage = un problème à résoudre et l'histoire ne commence réellement qu'après la moitié. Sur une série de 12 épisodes, c'est un peu dommage.

Et comme on part d'un jeu de drague, il manque de personnages féminins , on voit quelques filles, ce sont juste des esprits collés là par Zeus pour donner l'impression qu'il y a plus de monde ( pourtant il y aurait pu y avoir quelques déesses, genre Artémis, il y aurait tellement eu de potentiel à exploiter une rivalité entre frère et soeur. Ou Athéna qui aurait pu être dans sa période rebelle contre papa Zeus et chercher le soutien de tonton Hadès)

Et je viens de découvrir que le jeu avait ce personnage. qui n'a pas été intégré à la version animée.
Et là je me dis " quoi, une autre nana? Enfin!!! ouaaah, j'adore son kimono, trop cool"
Erreur. Ce n'est pas une autre nana. C'est un dieu du soleil, encore un, avec Apollon et Balder, ça faisit trop de dieux de la lumière.
C'est vrai que dans le bingo des anime, il manquait ici le personnage travesti.

L'autre problème c'est que comme il s'agit d'une comédie lycéenne on aura droit à tous les clichés de la comédie de lycée japonaise: choix de clubs à rejoindre, bad guy sympa au passé douloureux, pièce de théâtre, nécessité de collaborer entre personnages qui ne peuvent pas s'entendre, fête de l'hiver, personnage maudit (et cette fois, ce n'est pas une image romantico- emo), roi de la maladresse qui s'étale de tout son long à tous les épisodes. Et l'inévitable mascotte-conseiller qui ne sert à rien.
Une sorte de sac poubelle qui parle. Et ce n'est pas une image, c'est vraiment un sac animé fait de déchets. C'est là qu'on se dit quand même que l'anime ne se prend pas au sérieux et a été conçu comme une grosse blague.

Mais le plus gros problème ici c'est : c'est trop court! 13 épisodes d'une vingtaine de minutes pour arriver à présenter tout le monde PUIS développer une trame narrative, c'est très court ( souvenez vous de mon commentaire sur Diabolik, provant que tout est relatif: 13 épisodes de 12 minutes moins les génériques, ça paraissait horriblement long!)
En l'occurrence, les dieux égyptiens présent sont juste des figurants, et c'est bien dommage. On pourrait faire un " où est Charlie" en cherchant les apparitions d'Anubis, qui a réellement un comportement de chien-chien.

Donc une série très courte, pas exempte de défauts, mais qui partait de très loin. Je n'en attendais absolument rien, je l'avais regardée un peu par curiosité, et ça s'est avéré une excellente surprise, une série beaucoup moins basique et couillonne que ce que je craignais, avec de vrais moments de délire, une héroïne qui a plus de nerfs que les autres, et un scénario, même précipité.
Donc pour le côté blague, j'avais conservé ce sujet pour le premier avril, en lieu et place du sempiternel tome du navet pharaonique habituel que je n'ai franchement plus l'envie de me forcer à lire.