mercredi 26 octobre 2016

Yurei attack! - Yoda Hiroko et Matt Alt

Les sirènes et les fées, c'était mignon hein?
Rassurez vous, ça n'a pas duré. Revenons à nos amis les fantômes. Car dans un pays où la crémation est la principale méthode de disposer des défunts, la majorité des légendes fantastiques mettent en scène des fantômes. Pas de corps, pas de sortie de tombe. Les quelques histoires de loup-garous, vampires ou zombies sont assez récentes et clairement calquées sur le folklore occidental, hormis justement les cas où le défunt n'a pas bénéficié d'obsèques normales et le surnaturel fait donc la part belle aux esprits désincarnés.

Après Yokai attack dont j'avais parlé l'an dernier, j'ai pu me procurer un des autres tomes du duo Yoda et Alt, cette fois dédié aux yurei, les fantômes et spectres japonais. Un troisième tome existe, Ninja attack, sur les.. hoo ben ça alors les histoires de ninja.. mais il m'intéresse moins à priori.
Alors désolée d'avance, une fois de plus ce livre n'est pas traduit en français, pour moi ça n'est pas vraiment un problème, mais je sais que certains regrettent que je chronique parfois des livres en anglais.

Yûrei est donc le terme générique pour toutes les manifestations de l'au delà nippon. Certains ressemblent beaucoup à des yokai, ou certain yokai prennent l'apparence de fantômes,  mais ce n'est qu'une ressemblance, au même titre qu'un croque mitaine n'est pas une revenant, même si les deux sont supposés vous terrifier ( Shigeru Mizuki considère de son côté que les yûrei sont une forme de Yokai.. je vais pour l'instant suivre le livre que j'ai sous la main, sinon, ça serait la pagaille!)

En fait, ce qu'expliquent les auteurs, c'est  qu'un yokai représente une idée, ou une personnification d'un élément naturel ou d'un concept, c'est " quelque chose", tandis qu'un yûrei c'est un esprit d'un mort, ou l'incarnation de la colère d'un personnage réel ou imaginaire, mais c'est " quelqu'un"
Et donc en avant pour les histoires de fantômes, au travers de plusieurs thèmes cette fois encore.

Mais avant tout , comment reconnaître un yûrei d'un humain un peu marginal? Quelques signes sont révélateurs:
Coiffure négligée: ok
main pendantes (qui symbolisent la mort, l'au delà, les forces occultes): ok
teint... fantômatique: ok
Expression peu amène: ok
absence de jambes: ok

On peut parfois ajouter un foulard triangulaire noué sur la tête, qui est une ancienne coiffure funéraire bouddhiste tombée en désuétude ( à défaut, ça peut nous indiquer que le fantôme hante les lieux depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain)
Et encore sur d'autres représentation, des hitodama, sortes de flammèches voletant autour du spectre, symbolisant les feux follets, associés quasiment dans le monde entier au^x esprits et aux revenants.
Dans le doute, et même si tous les signes n'y sont pas, fuyez!

Sexy and scary: les femmes fantômes, qu'elles soient issues de la littérature ou d'un fait divers ( qui a d'ailleurs souvent été lui même exploité par la suite par le rakugo ou le théâtre Kabuki).
Dans leur cas il s'agit surtout d'histoire de tromperies, d'arnaques et d'abandons. historiquement les femmes n'ayant aucun pouvoir, elles étaient souvent victimes de manipulation , surtout si elles avaient quelques sous de côté. Et pas moyen de faire valoir légalement leurs droits ou reconnaître les torts dont elles avaient été victimes, sans parler des assassinats. toutes situations menant à l'accumulation d'un sentiment de colère frustrée, qui survit au décès de la personne et la transforme en spectre particulièrement dangereux, tout entier voué à la vangeance. Vengeance qui peut se limiter à la personne lui ayant causé du tort, ou s'étendre à la famille et aux proches, ou encore à quiconque passe à sa portée.

On trouve dans cette catégorie Oiwa, personnage de Yotsuya Kaidan - probablement l'histoire de fantôme la plus connue au Japon, assassinée par son mari;
Oiwa hante une lanterne et apparaît littéralement partout pour terrifier son assassin de mari

Okiku, servante jetée vivante dans un puits par un maître colérique pour une assiette cassée sur un service de 10, et qui depuis, compte depuis le fond de son "tombeau"de 1.. jusqu'à 9, sans pouvoir jamais retrouver la dixième assiette qui lui a coûté la vie ( il y a plusieurs variantes de cette histoire, dans une autre elle s'est suicidée en se jetant dans le puits pour échapper à la cruauté de son maître qui s'est payée de l'assiette cassée en lui coupant les doigts. On ne rigolait pas avec la faïence à cette époque!)

On retrouve souvent le sujet de l'eau d'ailleurs: Okiku est jetée dans un puits, Orui, héroïne malheureuse au visage déformé est noyée par son mari... Dans d'autres récits, il est question de mer ou d'océan. L'eau et les rivières sont souvent et dans plusieurs traditions liées à l'idée de passage entre l'ici-bas et l'au -delà. Dans la mythologie grecque le monde des morts est aussi séparé de celui des vivants par plusieurs fleuves: le Styx, l'Acheron, le Léthé, etc.. et dans la tradition bouddhiste japonaise, c'est la rivière Sanzu qui sépare les deux mondes.
Mais aussi plus simplement, les rivières et fleuves étant par définition des endroits dangereux, où les morts étaient monnaie courante, qu'elles soient accidentelles, suicidaires ou provoquées par un tiers et qui dit morts dit fantômes.

Autre manifestation un peu différente, celle de Dame Rokujo, issue du roman médiéval Genji Monogatari: lors qu'elle était promise à un avenir d'impératrice, son mari destiné à devenir empereur un jour meurt dans la fleur de l'âge, laissant dame Rokujo veuve et riche mais désormais sans espoir d'accéder au trône.
Elle se console en compagnie d'Hikaru Genji, héros du roman, coureur de jupons notoire qui finit évidemment par se lasser d'elle et se souvient soudain qu'il a une femme légitime. Deuxième revers pour Dame Rokujo, qui en plus se trouve en butte aux méchantes langues. Troisième coup du sort.
Il n'en faut pas plus pour que la dame bien comme il faut se mette à bouillir intérieurement de colère et faire des rêves violents dans lesquels elle maltraite la femme d'Hikaru. Et de fait, celle-ci tombe malade, possédée par le "fantôme vivant" de la colère de Dame Rokujo, qui n'a, elle, absolument aucune idée de ce qui se passe avant de finir par faire le lien avec ses rêves violents. L'histoire finira bien, car Dame Rokujo n'est pas violente de nature, c'est seulement sa colère rentrée à une époque particulièrement policée, qui a pris une forme pour s'exprimer, et une fois qu'elle prend conscience de la chose, elle peut y remédier en renonçant consciemment à son Don Juan.

Furious phantom: c'est le tour des hommes. Si les spectres féminins crient vengeance pour des affaires de coeur ou de gros sous, voire les deux à la fois, ces spectres masculins sont souvent ceux de membres de l'aristocratie ou de guerriers, floués par la famille impériale.
 Ce sont des Onryo, dont la vengeance va s'exercer, siècles après siècles, sur la famille régnante exclusivement,  jusqu'à ce que le tort qui leur a été fait soit publiquement réparé et leur esprit ainsi apaisé. L'insulte a été publique, la réparation doit l'être aussi. Il s'agit ici souvent de personnages historiques réels, traités avec la plus grande injustice. Et par conséquent, les catastrophes naturelles qui ont suivi leur mort leur ont été attribuées.  Je connaissais l'histoire de Taisha no Masakado, j'ai découvert celle, complètement dingue, de l'empereur Sutoku.
A peu près contemporaine de celle des derniers capétiens en Europe, elle n'a rien à leur envier niveau lutte de pouvoir, manipulation, injustice, etc.. un vrai roman fleuve!

Sutoku invoquant une tempête. Je crois qu'il a très mal pris d'être manipulé!
Je pense que j'y reviendrai, ainsi que sur quelques autres récits de fantômes, comme je l'ai fait pour quelques yôkai, car  l'histoire de cet empereur particulièrement malchanceux devenu fantôme hargneux pour se venger d'une famille manipulatrice qui l'a bien pris pour une poire me plaît beaucoup.

Le terme onryo est à l'origine, spécifique aux revenants qui s'attaquent à la famille régnante, mais il a évolué vers une idée plus générale de fantômes poussés par la vengeance, particulièrement envers les autorités. Et ce chapitre nous parle aussi  des Hiimi Sama, un groupe de pêcheurs de la région d'Izu, qui, lassés d'être exploités par le gouverneur du coin qui leur extorquait jusqu'au dernier grain de sel et au dernier légume en guise d'impôt, avant d'exiger que les femmes du village ne payent en nature leur dîme si elles voulaient garder à manger, ont décidé de s'organiser pour le faire passer de vie à trépas nuitamment. En recommandant aux villageois de ne pas sortir de chez eux le 24 janvier, et ce toute la journée et toute la nuit, dans le but qu'ils ne soient pas accusés de complicité.
Et l'affaire étant faite, ils ont fui par la mer vers une des îles voisines, espérant y trouver un refuge. Mauvaise pioche, une fois la nouvelle de l'assassinat connue, aucun des villages des villages voisins n'a voulu d'eux. Être débarrassés d'un gouverneur tortionnaire, oui, cacher ceux qui les en ont débarrassés, non. Et les marins ont repris la mer, d'île en île, avec toujours la même réponse, jusqu'à ce qu'une tempête se lève et les envoie par le fond. On dit que depuis lors, il vaut mieux éviter d'errer dehors un 24 janvier sur ces îles là, pour éviter que les spectre des pêcheurs ne viennent se venger sur les descendants de ceux qui ont refusé de les aider.

Sad spectres: plus simples, les fantômes " du quotidien", tous ceux qui morts trop jeunes ou en laissant derrière eux des regrets suffisamment forts sont restés attachés à un lieu qu'ils hantent parce qu'ils ne peuvent s'en détacher. On y trouve la poupée Okiku, réputée hantée par sa jeune propriétaire morte à l'âge de 5 ans, et dont les cheveux ont mystérieusement poussé, ou " le fantôme qui achète des bonbons", tirés d'une légende chinoise de fantôme qui achetait des gâteaux de riz.

rien que la tête de cette poupée me fiche plus les jetons que tous les fantômes vengeurs réunis
Otsuyu du conte " la lanterne pivoine"  est classée dans la catégorie " scary", et pourtant, elle n'est pas mauvaise, mais, éloignée de son amoureux par les manigances de sa famille, elle se laisse mourir et, poussée par les regrets, revient simplement chercher son promis, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Evidemment la cohabitation entre un humain et.. disons même plus un zombie qu'un fantôme, puisqu'elle cache son apparence de squelette sous l'apparence qu'elle avait de son vivant, n'est pas sans danger...

Intéressante aussi, l'histoire d'un incendie historique, qui a ravagé une bonne moitié de Tôkyô pendant plusieurs jours au XVII° siècle, et dont l'origine est attribuée à un kimono maudit. La première propriétaire était une adolescente de 17 ans qui s'est ruiné la santé en se consumant d'amour, c'est le cas de le dire, pour un inconnu entrevu dans la rue qu'elle n'a jamais revu et que personne n'a pu localiser.
A sa mort, le magnifique kimono qu'on lui avait offert pour essayer de lui changer un peu les idées a été, comme de coutume à l'époque donné en offrande au temple qui revendait les vêtement des morts à un magasin de seconde main pour se faire un peu d'argent. Seconde propriétaire, une autre fille, qui meurt aussi rapidement à l'âge de 17 ans, et retour du kimono au temple et magasin d'occasion. Troisième propriétaire.. oui, une troisième fille de 17 ans qui meurt également subitement.
Et lorsque les moines ont voulu se brûler le vêtement maudit pour enrayer la malédiction, le feu s'est étendu et propagé marquant les mémoires comme "l'incendie du kimono". Manière radicale de déclarer sa flamme ( oui, je sais, et non, je n'ai pas honte).. mais j'en viens à me demander si le fatal inconnu de l'histoire ne serait pas lui même un revenant.
Il y a encore l'histoire sinistre du futon hanté de Tottori ( encore un objet de seconde main) par deux petits fantômes, ceux de deux frères morts de froid et de pauvreté dans l'indifférence générale, un récit qui rappelle la petite fille aux allumettes d' Andersen , mais sans le paradis chrétien comme compensation.

Et après les fantômes proprement dits, place aux lieux hantés. Let's visit the Haunted places.

On y retrouve évidemment la forêt d'Aokigahara, dont j'avais déjà un peu parlé, alias "la forêt des suicides".. brr. Je ne suis pas une flipette et je ne crois pas aux fantômes, je l'avoue, même si j'aime bien leurs histoires mais l'existence avérée d'un lieu pareil me déprime. L'autre probème c'est qu'il s'agit d'une forêt primaire, magnifique mais très dense, donc très sombre, où même sans idées suicidaires il est facile de se perdre (les gps ne passent pas, les boussoles sont déboussolées par le champ magnétique des laves du sous sol..) et de mourir de faim ou mangé par une bestiole.

Evident aussi, les lieux de batailles passées, comme le château Hachioji ou la colline de Tabaru  (1877) près de Kumamoto, théâtre d'affrontement sanglants. Je suis étonnée de ne pas y voir la région de Sekigahara, et sa bataille (en 1600) qui a fait plusieurs millier de victimes et changé le cours de l'histoire.

Statue d'enfant samourai à Tabaruzaka. La légende dit qu'elle sert de point de ralliement, la nuit,  aux esprits tombés au combat
Il y a aussi les montagnes d'Hakkoda dans la région d'Aomori, où en janvier 1902, 210 militaires partis en exercice en veêtements réglementaire pas du tout adaptés à la montagne, sont restés coincés dans la montage par une tempête, sans nourriture, sans carte, ni couvertures, sous la houlette d'un capitaine qui a ignoré les avertissement de la population locale sur la tempête proche, argumentant que l'esprit de l'armée impériale aurait raison de tout et donc aussi du froid. Manque de chance la tempête de cet hiver là a battu les records de froid dans la ville d'à côté: -41°C. Je vous laisse imaginer en pleine montagne! 199 n'en sont pas revenus. La région est maintenant devenue une prospère station de ski...

Le tunnel Jomon dans la région d'Hokkaido est supposé hanté par les esprits des prisonniers littéralement tués à la tâche lors de la construction et sous la menace d'être utilisés comme " hitobashira", piliers humains, soit des sacrifices emmurés dans le tunnel. Je reviens de mon côté de Guyane où j'ai visité les bagnes, je m'imagine du coup assez bien les conditions dantesques de "vie" des prisonniers utilisés comme bêtes de somme. Ha oui, pour le coup des hitobashira, c'est rigoureusement.. exact. Un tremblement de terre dans les années 70 a fait s'écrouler des pans de mur dans le tunnel, les équipes de réparation ont trouvé des squelettes emmurés dans les parois du tunnel, et une fosse commune contenant plusieurs douzaines d'autres. Les conditions de travail, d'hygiène, de santé et de sécurité était telles que les gens qui mourraient sur place était simplement fourrés dans une faille du tunnel ou un trou rebouchés par dessus. Charmant..

 Plus étonnant, le Building Sunshine 60, dans le quartier d'Ikebukuro, en plein Tôkyô. etonnant car j'y suis allée plusieurs fois.. et que je n'ai pas croisé l'ombre d'un spectre! il faut dire que lorsqu'on parle d'endroit hanté, on pense plutôt à des lieux très isolés, un peu sinistres, cimetières,  anciens champs de bataille, montagnes perdues, cascade loin de tout idéale pour noyer pas mal de monde d'un seul coup.., etc.. pas à un gratte ciel des années 70, extrêmement fréquenté et inondé de lumière. Mais auparavant les lieux étaient occupés par une prison connue pour ses exécutions, et les spectres n'ont pas déménagé lors de la construction du complexe commercial. Et au XVIII° siècle, une bande de brigands y a sévit faisant 64 victimes en un an. Du coup le coin est réputé pour être le cadre d'événements étranges, d'apparitions surnaturelles et d'inspirer une crainte sourde. Je garderai cette histoire en mémoire la prochaine fois que j'irais...mais en tout cas je n'ai sûrement aucun pouvoir médiumnique car j'ai bien aimé ce quartier et je n'ai pas vu l'ombre d'une manifestation surnaturelle.
ce lieu est hanté, les amis!
plus quelques autres, je me sens bien un voyage thématique " histoires à faire frémir et lieux hantés".

Vient ensuite un chapitre: "dangerous games". Le hyaku Monogatari (cent histoires) est un jeu pluricentenaire, pour s'occuper pendant les nuits d'été de la période O-bon: il faut se rassembler à plusieurs, dans une maison à plusieurs pièces, préparer 100 histoires fantastiques ( assez courtes, hein, s'il y a quatre participants, chacun devra en raconter 20,et même si elle ne font que 5 minutes chacune, il y a de quoi s'occuper pendant 8h00, soit un temps plus long que la nuit d'été, or le but du jeu c'est d'être dans le noir complet à la centième histoire), 100 bougies ou 100 lanternes, dans la pièce d'à côté qui seront éteintes au fur et à mesure de la progression des récits. La légende raconte que " quelque chose de mystérieux" doit se passer après la centième histoire. Tout est dans ce " quelque chose". Le plus flippant dans l'histoire est que des gens qui vivaient dans des maisons de bois et de papier (rappelez-vous ça remonte à plusieurs siècles) aient pu penser qu'y allumer 100 bougies posées à même le sol sans surveillance constante était une bonne idée.
soirée de Hyakumonogatari réussie

Il y a aussi la manière de jeter une malédiction à quelqu'un, façon vaudou japonais, avec une poupée de paille. Comme je suis sympa, je vous l'explique dans un second billet, ça serait trop long à développer ici.
Plus familiers, le kokkuri-san qui n'est autre qu'une adaptation du spiritisme en vogue en occident au XIX° siècle, dans ses deux formes: table tournante et oui-ja; et les photographies de fantômes ( sisi même que j'en ai réussi lors de mon premier voyage: un cercle mystérieux en photographiant un temple... Bon évidemment en prenant la même photo 5 minutes plus tard, le cercle s'était éclairci et encore 5 minutes plus tard on ne le voyait presque plus.. puisqu'il s'agissait juste d'un reflet du à l'incidence des rayons du soleil couchant. Hé oui, c'est rationnel mais.. décevant en fait !). Le Hangonko quand à lui est un moyen de faire apparaître l'image du cher disparu dans la fumée d'encens. Si le résultat est classique, bon courage pour la mise en place: l'encens en question est introuvable, et la formule magique à réciter... inconnue

Viennent ensuite les "close encounters" trois récits de rencontres du "3° type" si j'ose dire avec des revenants ou des dieux.. dont la victime à survécu. Mention spéciale à l'histoire d'Ono-le-fou, très digne et très malicieux poète de cour ( authentique) de l'époque Heian, pendant la journée, qui allait passer ses nuits à divertir les résidents de l'autre monde, tout aussi amateurs de belles lettres et de bons mots que les vivants. Il va falloir que je renseigne un peu plus sur ce personnage haut en couleur qui me plaît bien.

Et pour finir la description des enfers ( Jigoku) de la tradition japonaise. Là où l'on va, si l'ont ne devient pas un spectre coincé sur terre. Enfers au sens large, comme dans la Grèce antique,  c'est plutôt le concept de "monde des morts" qui domine, avec quelques ressemblances toutefois à "l'enfer" tel que Dante le décrit, pour le département " punitions". Il y à 8 niveaux, le premier état celui des meurtriers, et on rajoute à chaque degré un nouveau crime ( couche n°2: les meurtriers et voleurs, couche n° 3, les meurtriers, voleurs et dégénérés - sont dégénérés, ceux qui ont trompé leur conjoint ou même juste pensé le faire... jusqu'au 8° niveau, autant dire les vraies ordures: ceux qui cumulent: meurtriers, voleurs, dégénérés, alcoolos, menteurs, blasphémateurs, violeurs et parricides ( ou matricides, ou assassins de religieux-euses)

Alors, la mauvaise nouvelle c'est qu'on est TOUS condamnés à se retrouver au premier niveau. A part d'être une saint ou une sainte.
On est tous meurtriers puisqu'il s'agit de quiconque a pris UNE vie, n'importe laquelle. Mon karma est noir de tous les moustiques que j'ai impitoyablement tatanés et des cafards que j'ai bombardés, et le vôtre aussi, nous sommes donc classés meurtriers autant que celui qui bute son voisin.
Et j'ai même du piquer en loucedé des bonbons quand j'avais 5 ans ce qui me condamne donc au Deuxième niveau, même si je ne m'en souviens pas, il semble qu'il n'y ait pas de prescription :(  Heureusement que je suis célibataire!

Mais la liste est bien drôle puisqu'elle condamne les menteurs à un châtiment pire que les meurtriers ou les voleurs.
Et comment on fait pour un menteur qui n'est pas voleur ou alcoolique? Puisqu'il faut chaque fois cumuler un crime de plus, type " dans mon corbillon que met on" pour se retrouver dans le cercle suivant.
Et si je blasphème contre un dieu d'ici, qui n'est donc pas Enma, dieu des morts japonais, est-ce que ça compte?

Enfin voilà, le livre est dense et propose pas mal de sujets intéressants que je développerai sûrement à l'avenir (en tout cas, pour le vaudou, c'est prévu et  pas plus tard que demain!)

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