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jeudi 1 octobre 2020

Tsukimi!

 Oh! Un billet ici, tout arrive!

Car aujourd'hui a lieu une fête un peu particulière, donc je n'avais pas encore eu l'occasion de parler, la fête de tsukimi.

Tsuki = la lune

Mi = regarder, comme dans "hanami" regarder les fleurs, la fête du printemps , beaucoup plus connue. Un grand classique des films, mangas et animés.

Mais là où le hanami a pris une forte valeur sociale, un grand rassemblement presque obligatoire ( sauf cette année où peu de monde a pu l'organiser, confinement oblige au Japon aussi) qui tourne à la beuverie de plein air, tsukimi a gardé un caractère modeste, discret, raffiné, poétique.


Tsukimi, c'est donc la fête de la contemplation de la première pleine lune d'automne.


Le but est de boire une coupe de saké sous la pleine lune ( et non des litres jusqu'à  l'ivresse) en dégustant des mochi et dango dont la forme rappelle la lune, en racontant l'histoire du lapin dans la lune.

La fête n'est pas uniquement japonaise, on en trouve des variantes en Chine, où ile me semble bien que c'était l'un des loisirs raffinés des lettrés. Ce qui semble se confirmer par l'existence de haikus sur le thème de la contemplation de la lune.

le miroir de la lune
vu(e) une nuit parfumée d’automne –
Nouvel An pour les yeux


Matsuo Bashô ( 1644-1695 )

Fût-ce en mille éclats
elle est toujours là
la lune dans l’eau !


Ueda Chôshû (1852-1932)

Je ne ferai pas ma blague favorite à ce sujet ( qui implique le sens familier de " lune" en français), car je l'ai déjà faite sur mon autre blog, et.. un peu de poésie, voyons.

Au Bouddha
Je montre mes fesses
La lune est fraîche !

Masaoka Shiki ( 1866-1909 )

(J'ai dit que JE ne ferai pas cette blague, mais pas que Masaoka Shiki ne la ferait pas)

Et comme par un fait exprès, cette année, il y a deux pleines lunes en octobre. Aujourd'hui même 1° octobre et donc, fête de la pleine lune d'automne en Asie, et le 31 octobre, pour Halloween.

Mais j'ai décidé cette année de faire la part belle aux contes et légendes pour le mois Halloween. Voici donc l'histoire du lapin de la lune.


Tout vient de cette paréidolie: dans la forme des mers lunaires, les gens voient l'image d'un lapin géant devant un mortier. Un mortier typique qui sert à faire de la farine de riz, laquelle est utilisée pour faire des mochis.. en forme de lune ( au Japon). ou qui prépare de l'élixir de longue vie ( Chine)

SunWukong, le roi des singes, et le lapin lunaire ( Sun Wukong est le personnage connu au Japon comme Son Goku, oui oui, qui a donné son nom au personnage principal de Dragon Ball)

Pour ce qui est de la légende, on peut la relier à l'histoire d'un lapin qui se sacrifie pour sauver la vie d'un voyageur affamé.Et là, elle est citée telle quelle dans Saint Seiya.

Cette légende est importante pour comprendre deux choses contemporaines.

Côté Japon, elle est un des motifs majeurs de la référence shôjo qu'est Sailor Moon. Je n'ai jamais vraiment eu une passion pour ce manga ni pour son adaptation, j'étais déjà trop âgée pour trouver intéressante une histoire de magical girl. Mais voilà, il s'avère que le nom en VO de l'héroïne est un jeu de mots: Tsukino Usagi, comprendre Tsuki no Usagi, soit " lapin de la lune".
De plus sa coiffure en macarons (en France) s'appelle " coiffure dango" au Japon. Dango qui sont justement les boulettes de farine de riz que l'on mange lors du tsukimi. Pas étonnant qu'elle soit donc associée à l'astre lunaire par essence ( par contre, comment des écolières en uniforme de marine ont pu devenir des guerrières en VF, c'est un mystère). Son chat "Luna" est un sélénite aussi.

"Lapin Delalune" et sa coiffure dango . Pas sûr qu'une lycéenne gaffeuse soit le meilleur choix de base pour sauver le monde.

Côté Chine, et de manière plus sérieuse, la légende est aussi la raison pour laquelle , dans le cadre des missions d'exploration lunaire chinoises, le rover se nomme Yu-tu " lapin de jade". En Asie, le lapin est donc généralement associé à la lune ( je vois bien un savant chinois antique, voyant les lapins sortir le soir et la nuit dans les champs, faire la déduction que les lapins sortent la nuit pour admirer la lune. Sauf que corrélation n'est pas conséquence)

Je n'ai pas de saké mais il me reste des prunes dans de l'umeshu. Ca fera l'affaire, si la lune daigne se montrer aujourd'hui, j'irais donc sur mon balcon, boire un peu d'umeshu, en mangeant une prune dont la forme évoque la lune ( j'écris mon sujet en avance, donc je ne sais pas quelle météo est annoncée, ni si je trouverai des mochi à manger le jour dit). Si elle est cachée par les nuages, tant pis, je contemplerai mon substitut favori dans toute sa ravissante rotondité en citant Shiki plutôt que Bashô 😏

Une lune masculine, cela va sans dire, mais c'est tout à fait légitime:
si dans les panthéons grec et romain, le soleil est un dieu, et la lune une déesse, frère  et soeur, dans le panthéon japonais Tsukuyomi no mikoto ( dieu de la lune ) et Amaterasu ( déesse du soleil) sont aussi frères et soeur.

Tsukuyomi, dieu de la lune

Dans le panthéon nordique également, et ça a une importance linguistique: les langues romanes ont LA lune et LE soleil, les langues germaniques, l'allemand au premier rang,  Die Sonne ( la soleil) et Der Mond (le lune). Les astres sont donc perçus comme principes masculins et féminins de manière inversée selon les cultures. Et c'est visiblement le cas aussi en Asie
Cette perception est aussi l'explication du manifeste de la première revue féministe japonaise datée de 1911" A l'origine, la femme était le soleil" ( paragraphe 6)

Le dieu de la lune version jeu vidéo / anime et son lapin messager

 Je ne sais plus si j'avais déjà parlé de cet animé adapté d'un jeu vidéo, complètement barré, mais très sympathique, Kamigami no asobi.
Il en faut pas chercher midi à 14h00, c'est foutraque, souvent débile - mais dans le bon sens du terme-  mais plein de bonne humeur, une humaine est envoyé dans le monde des dieux pour leur enseigner à comprendre les humains. Et rencontre donc plusieurs personnages de plusieurs mythologies : Esprits rebelles, version mythologie ( Loki et Baldr pour le panthéon Nordique, Dionysos, Hadès, Zeus et Apollon pour le panthéon grec, et donc Tsukuyomi et je ne sais plus quel autre, peut être le dieu du vent, pour le panthéon japonais.. faudra que je vérifie et que j'en parle. Enfin, autant dire une belle brochette de divinités sociopathes). Un dessin animé dont je n'attendais pas grand chose et qui avait été une bonne surprise, car moins premier degré que ce que je pensais.

vendredi 19 février 2016

L'art japonais - Sato Tomoko

L'art Japonais, vaste sujet. tellement vaste qu'il est difficile de savoir par où commencer, les références culturelles ne sont pas toujours, voire presque jamais connues en occident.
Et j'ai trouvé par hasard, au détour d'un rayon ce petit livre très sympa. Et apparemment, j'ai eu de la chance, parce qu'il est bien difficile de trouver en ligne des renseignements au sujet de cette collection ( Fenêtre sur l'art) édité chez Milan. Milan est un éditeur que je ne connaissais que de nom, et pour cause, son créneau, c'est plutôt l'édition jeunesse. Et cette collection didactique sur l'art ( d'après la 4° de couverture, il y a un livre sur l'art égyptien, sur l'Impressionnisme, sur le Surréalisme, sur l'architecture moderne et sur la Renaissance) n'a pas du avoir le succès escompté, et c'est bien dommage, en tout cas il ne semble pas qu'il y ait d'autres sujets disponibles, et ceux traités n'apparaissent plus sur le site de l'éditeur

Donc plutôt que de se disperser et d'essayer de dresser un panorama complet de l'art japonais, le livre  examine en détail 20 oeuvres choisies soit pour leur célébrité ( la grande vague de Kanagawa) soit pour l'importance de l'artiste ( Kuniyoshi, Utamaro), soit par leur importance historique ou en lien avec un événement particulier ( un paravent anonyme du début du XVII° siècle représentant l'arrivée de bateaux portugais dans la baie de Suruga)...
Chaque oeuvre est décryptée sur 6 pages: une double page la place d'abord dans son contexte historique, avec les détails tels que les dates importantes de l'époque ou de la vie de l'artiste, la taille de l'oeuvre son importance dans l'oeuvre de l'auteur et ses particularités, le lieu où elle est exposée.. avant de se focaliser sur les 4 suivantes sur les détails, par le biais de fenêtres ménagées dans les pages qui "encerclent" un détail présenté dans son contexte sur la page suivante, analysent les couleurs et les matières employées.
J'ai adoré cette présentation très très futée qui ne noie pas le lecteur sous les termes techniques, ou les dates, met bien en avant le détail important, tout en laissant la part belle à l'image et propose toujours une photo de l'oeuvre en entier.

On découvre donc par ordre chronologique le paravent sur les bateaux " nanban" ( "barbares du sud", le nom un peu péjoratif donné à l'époque aux Européens), une splendide jarre à motif de glycine de Nonomura Ninsei - je n'aime pas spécialement la poterie à la base, mais celle là me plait bien.
Puis le paravent du pont aux huit coudes d'Ogata Korin et une jarre à eau d'Ogata Kenzan ( deux frères l'un versé dans la peinture, l'autre dans la céramique)

Scènes de divertissement populaire de Miyagawa Choshun ( un extrait d'une longue peinture sur rouleau) est associé à un costume de Nô anonyme pour représenter les arts théâtraux


Oiseaux de basse cour de Ito Jakuchu et Tigre et Dragon de Maruyama Okyo représente un versant plus réaliste de la peinture japonaise, qui commence à s'ouvrir aux influences occidentales, et particulièrement flamandes, via le commerce avec les marchands hollandais


Des scènes de la vie quotidienne ( "le mois de février" - Suzuki Harunobu; "averse sur le grand pont" d'Hiroshige), une estampe érotique ( les amants -  Kitagawa Utamaro),


cinq beautés féminines de Hokusai, où les kimonos et accessoires de chaque femme représentent leur statut social: courtisane, femme ou fille de marchand, dame de compagnie... une sorte de gravure de mode de l'époque!

Le même Hokusai se retrouve dans la peinture de paysage, via la grande vague de Kanagawa, , estampe la plus célèbre des 36 vues du mont Fuji, en compagnie des deux paravents "paysages et personnage chinois" de Nagasawa Rosestsu.
Et de A Hara: le mont Fuji dans la lueur du Matin d'Hiroshige ( extrait des 53 étapes du Tokaidô) qui fait sortir le cône du volcan du cadre de l'estampe pour en souligner la masse imposante.
Un luxueux kimono kosode a motif de fleurs de prunier  de Sakai Hoitsu, fait écho a celui tout aussi luxueux mais bien plus chargé de la courtisane Koimurasaki ( une affiche " publicitaire" de Keisai Eisen pour un "Evénements importants de Yoshiwara , guide des quatre saisons dans le quartier des plaisirs"sorte de guide touristique des maisons de thé.. ou maisons closes de Yoshiwara)

Et pour finir, la mythologie et le fantastique: les paravents du dieu du vent et du dieu du tonnerre. Il en existe de nombreuses versions, c'est celle de Sakai Hoitsu qui figure dans l'anthologie; La princesse Taniyasha invoquant un démon squelette de Kuniyoshi ( qui m'a d'ailleurs servi de logo l'an dernier pour le mois O-bon) et l'image fantastique de la grande bataille des grenouilles de Kawanabe Kyosai, satire politique tombée sous le coup de la censure du shogunat.

 Zut, impossible de trouver toutes les illustrations en ligne, notamment des oeuvres  venant de collections privées..
Alors au delà des choses que je connaissais déjà, mes jolies découvertes: la jarre à motif de glycine qui me plaît beaucoup ( alors que je n'ai pas d'affinité avec  la jarre à eau d'Ogata), les deux très beaux, les oiseaux d'Ito qu'on jurerait entendre caqueter et cette énorme bataille de grenouilles... J'aime beaucoup dans les choses plus connues le rendu de la pluie d'averse sur le grand pont)

En tout cas, un petit livre par le format, clair et didactique, qui donne vraiment envie d'en savoir plus, je le conseille comme porte d'entrée à ceux qui voudraient découvrir l'art Japonais.

dimanche 16 août 2015

Hanafuda, le jeu des fleurs - Véronique Brindeau

Entre deux ouvrages plus conséquents, voilà un petit livre prêté par mon pote Sylvain, ça fera du bien après tous ces monstres, ces bombes et ces catastrophes.

Le Hanafuda est un jeu de cartes très connu au Japon, et si les cartes en général ( karuta, le nom indique déjà une provenance européenne) sous la forme d'un rectangle cartonné est bien importé, la plupart des jeux dérivent d'autres jeux plus anciens: le Hyakunin Isshu qui consiste à assembler les deux morceaux d'un poème imprimé sur des cartes dérive d'un jeu de paire très ancien qui consistait à reconstituer un coquillage divisé en deux. Autant dire que pour retrouver les deux coquilles qui correspondent exactement dans un ensemble de coquilles qui se ressemblent beaucoup, il faut avoir l'oeil.
Dans le Hanafuda, les cartes ne portent pas comme en Europe des symboles codifiés ( couleurs, chiffres ou figures), invariables d'un pays à l'autre et multi usages - peu importe si le jeu est fabriqué en Allemagne, France ou Espagne, il servira tout pareil pour une belote, un rami, une bataille, un poker..- là les cartes sont vraiment spécifiques à ce jeu là et représentent des plantes et fleurs., en lien avec les mois de l'année. Le but du jeu est de rassembler soit les cartes d'un seul et même mois, soit des cartes de valeurs similaires. Le décompte des points expliqué dans le livre est un peu complexe à priori, Mais dans le fond, une fois mémorisées quelle plante correspond à quel mois et quelles sont les cartes qui valent 1, 5 ou 20 points, ça ne semble pas plus compliqué qu'un rami qui est aussi basé sur des combinaisons.
La chose intéressante c'est qu'outre le principe du jeu, ce petit livre nous explique quelle plante correspond à quel mois, et pourquoi le mois de juillet est représenté par le lespédèze, un buisson automnal. D'autre part le jeu fait référence, sans un mot à des textes célèbres, souvent des tanka ou haiku, que beaucoup de gens connaissent au Japon ( imaginez un jeu de carte français dont des carte représenteraient au hasard un renard.. il faudrait alors l'apparier avec le corbeau, le bouc et les raisins, tandis que le loup serait associé au chien et à l'agneau, etc.. je sens que je tiens un concept, là!!)
Et même sans connaitre par coeur les poèmes auxquels il est fait référence les associations telle fleur = telle saison sont devenues suffisamment célèbres pour que les joueurs les retrouvent sans même y penser.

Janvier = le pin (matsu) L'année commence par un arbre de bon augure qui symbolise la longévité, associé à la grue, de même signification

Février = le prunier ( ume) arbre venu de Chine au VIII° siècle et qui a été très apprécié dans la haute société, associé au rossignol dans un poème du X° siècle
Mars = le cerisier ( sakura) arbre local, considéré au moyen-âge come trop banal et rustique, mais qui a depuis dépassé en popularité le prunier. Cette fois c'est un rideau qui figure sur la carte associé: le rideau qui permet de s'isoler pour admirer tranquillement, seul ou entre amis les fleurs lors de la fête de Hanami, sans être dérangé
Avril = la glycine ( fuji) pour sa floraison opulente et très parfumée qui indique que ça y est c'est vraiment le printemps. elle s'apparie avec le coucou ( l'oiseau, pas l'autre plante) dans un poème, c'est donc un coucou qui est représenté sur la carte à 20 points C'est bien ma chance, mon mois de naissance est symbolisé par une plante dont je suppote difficilement l'odeur trop forte .
Mai = l'iris ( kakitsubata), associé avec une petit pont qui fait référence à un texte des contes d'Ise
Juin = la pivoine et le papillon représentant la joie, l'exubérance, la légèreté..
Juillet = le lespédèze, une plante d'automne parce qu'à l'origine, le 7° mois était le 7° mois lunaire , et donc correspondant plutôt au début d'automne qu'au plein été. De même que le sanglier qui lui est associé qui fait référence à la période de la chasse.
Comme je suis une bille en botanique et que je n'ai aucune notion de ce à quoi ressemble un lespédèze ( décrit comme un délicat buisson à petite fleurs mauves qui bougent au moindre vent), merci le net:
Aout= le miscanthe et la pleine lune. La plante prend une couleur plus ou moins argenté sous la lumière de la lune d'automne ( encore le fait que l'année civile ne correspond par à l'année lunaire) et c'est une fois de plus aux contes d'ise qu'il est fait référence, il va falloir que je me les procure.
Ah, oui... là encore, ça n'est pas très connu en Europe, et si tout le monde ou presque  a une vague idée de ce à quoi ressemble un cerisier, ce n'est pas le cas pour le miscanthe. Je l'aurais facilement confodu avec l'herbe de la pampa.
Septembre = le chrysanthème associé à une coupe de saké. Faut-il rappeler que le chrysanthème n'a pas la connotation associée à la mort qu'il a en France, mais qu'il est au contraire très valorisé en temps que plante symbole de la famille impériale. si vous y allez en voyage, vous verrez ce symbole très souvent, notamment sur les façades de temples et tuiles décoratives.
Octobre = l'érable et le cerf en référence à un poème de Shin Kokinshû. Cette fois, la plante et le symbole de la chasse correspondent à nouveau à la saison réelle.

Novembre = le saule et le poète ( simplement un homme en costume ancien sous un parapluie, accompagné d'une grenouille) qui racontent l'histoire d'un lettré qui a échoué plusieurs fois à un concours de poésie et, sur le point de se décourager, retrouve la motivation en regardant une grenouille qui après plusieurs échecs finit par attraper sa proie.  j'aime bien cette histoire, tiens..
Kyoto 2014,  certes tout le monde connait le saule, mais pour une fois j'ai une photo perso qui y correspond ..
Décembre = le Paulownia et le phénix. L'année commence par les symboles de la longévité et se terminent par celui du renouveau ( arbre du printemps) et de l'immortalité (animal mythique)
Avec son nom que j'aurais écrit "Polonia", je pensais que c'était plutôt une plante d'Europe centrale, comme quoi on en apprend tous les jours!

dimanche 23 mars 2014

Le zen - Jean-Luc Toula Breysse


Trouvé par hasard à la bibliothèque municipale ce petit ouvrage de la collection que-sais-je? (n°3786), dont le but n'est pas de vous apprendre à méditer, mais plutôt d'expliquer l'émergence de la philosophie zen, un des courants du bouddhisme, parti d'Inde ( école bouddhiste Mahayana), passé en Chine sous le nom de "chan", et  développé au Japon sous le nom de Zen, en coréen sous le nom de "sôn" et au Vietnam sous le nom de "thien". J'ai donc découvert l'existence de l'équivalent du zen dans d'autres pays, et pu associer un courant ( rinzai ou Sôt principalement) aux différents temples visités lors de mes voyages.

A noter que la plupart des temples de Kyôto dépendent du courant Rinzai ( fondé vers 1190), tandis que le courant Sôtô ( daté de 1227) s'est plutôt implanté du côté de Shiga et Yokohama.
On apprend donc les principales différences dans la théorie et dans la pratique entre ces deux écoles, les deux visant à '"éveil " du pratiquant, mais de manière sensiblement différente.

Il nous explique aussi rapidement qui en sont les grandes figures, quelles sont les différentes "voies" de méditation ( je savais que la cérémonie du thé, l'ikebana et la calligraphie par exemple étaient à l'origine des support de méditation pour moines bouddhistes). De même l'art des jardins secs, type celui du Ryôanji à Kyôto...


Et également les influences de la pensée zen sur les créateurs comme Jack Kérouac, Jackson Pollock ou Yves Klein. J'ai trouvé particulièrement intéressant ce passage, parce que finalement prenons un tableau de Klein ( qui était également un des premiers français ceinture noire 4° dan de judo, je viens de l'apprendre aussi). Sans clef de compréhension, ça reste un tableau abstrait bleu. un joli bleu saturé que j'aime bien d'ailleurs. Mais savoir qu'il s'est intéressé à la calligraphie et à la philosophie orientale m'apporte une dimension de compréhension différente, et ça c'est intéressant.


Tout ce là reste bref, mais accessible, comme première approche d'un courant religieux ( une religion sans dieu) et philosophique mal connu. Mon but n'est évidemment pas de devenir sage ou bonzesse, mais de mieux comprendre les lieux que j'ai visités.

A noter que les temples de Shikoku, dont je parlerai bientôt, et le pèlerinage qui en fait le tour ne font pas partie d'une ou l'autre des écoles zen, mais de l'école Shingon. Il s'agit une autre forme du bouddhisme, arrivé plus tôt dans l'archipel japonais, qui dérive de l'école indienne Vajrayana ( vu de l'extérieur, pour une occidentale comme moi qui découvre tout ça, un temple bouddhiste ne diffère pas à priori énormément d'un autre, et je serais bien en peine de les associer à telle ou telle école, mais voilà, les enseignements qu'ils dispensent ne sont pas exactement fondés sur le même courant de pensée.

A l'occasion, il faudra aussi que je lise le que sais-je ? dédié au bouddhisme au sens large.
En attendant, les curieux peuvent se référer pour en savoir plus au site le zen occidental ou Buddhaline, plus général, deux sites proposés comme références dans ce petit livre, sans risques de dérives sectaires.