vendredi 7 mars 2014

Interstella 5555 - Daft Punk & Leiji Matsumoto

et hop, un petit re-upload de l'an dernier.
 En fait ce billet a été d'abord publié en 2013, pour les 10 ans d'Interstella 5555, une collaboration plutôt originale et intéressante entre Daft Punk et  Leiji Matsumoto - oui, LE Matsumoto à qui l'on doit pas mal de manga de SF de ma jeunesse, la plupart déclinés en animation: Albator, Galaxy express 999, Space battleship Yamato ou le beaucoup moins connu " la reine du fond des temps", et aussi Gun frontier, d'inspiration western.
(oui, c'est volontairement que je laisse ses prénom et nom dans cet ordre, d'ailleurs, au lieu de réinverser à la japonaise, eu égard à sa notoriété en France)

Ce film est difficile à classer: film d'animation agrémenté de morceaux tirés de l'album Discovery, c'est en quelque sorte un maxi-clip de plus d'une heure. Mais il développe aussi une narration et des thèmes qui ne sont a priori pas contenus dans les "chansons" de Discovery. Donc, je viens de le revoir, et j'ai envie de dire qu'il est malgré tout un peu plus qu'un long clip.

Oui, il y avait des ET bleus bien avant que James Cameron ne s'en mêle
Tout est parti en fait de 4 clips animés signé Leiji Matsumoto pour 4 morceaux de l'album, qui narraient comment, sur une planète éloignée un groupe de rock extra-terrestre, composé de quatre aliens humanoïdes tout bleus était enlevé par un producteur terrien, et, après lavage de cerveau, implantation de faux souvenirs et relooking, allaient faire carrière sur Terre à leur corps défendant. Et c'était tout. Frustrant n'est-ce pas?
Et donc de fil en aiguille, les autres morceaux ont été adaptés, afin de compléter l'histoire: un cinquième extra-terrestre, fan absolu de la jolie bassiste du groupe, est envoyé à leur recherche sur Terre, afin de les libérer et de ramener sur leur planète d'origine. Et là il y a des choses intéressantes: le 5555 du titre signifie " the 5ecret 5tory of 5tar 5system, un "star système" pour le coup pris au pied de la lettre!
après relooking.. évidemment, un lavage de cerveau ça laisse des traces
Une critique quand même assez directe de l'industrie musicale, qui invente de A à Z une biographie à nos 4 héros, un nom et un logo (qui parodie une célèbre marque de soda marronnasse) pour le groupe, en font un produit de grande consommation...et bien sur les Aliens, coquilles vidées de leurs souvenirs et de leurs émotions, "zombifiés", pressurés, trainés de sessions d'enregistrement en galas, sont une charge contre l'exploitation mercantile des artistes.

Certes l'idée "artiste talentueux = énergumène débarqué d'une autre planète" n'est pas nouvelle... hum.. David Bowie?

Mais voila, ce projet un peu fou d'un film d'animation sans paroles, sur de la musique électro, ce "clip-concept" comme il y a eu des albums-concept dans les seventies, j'accroche bien.

Parce que déjà, j'adore le graphisme très personnel de Matsumoto ( Génération années 80, j'ai suivi avec passion les aventures d'Albator à l'époque). Parce que c'est joliment animé par la TOEI, en numérique, mais pas en 3D ou en images de synthèse, et ça c'est un gros point positif!
Et puis il y a des clins d'oeil tout du long: un plan qui rappelle le Monolithe de 2001 Odyssée de l'espace, le batteur du groupe en fuite qui porte le manteau d'Albator ( et d'ailleurs il ressemble comme un jumeau à Toshiro / Alfred, de même qu'on voit apparaître de-ci de-là des têtes connues, croisés dans Gun Frontier ou dans l'équipage de l'Atlantis). Et puis c'est sympa de faire du petit bonhomme au physique ingrat le personnage principal de l'histoire.
Y'a comme un air de famille avec les héros de Gun Frontier, non?
Des références à Space Battleship Yamato, un autre anime de Matsumoto  moins connu chez nous
leurs têtes ne me sont pas inconnues :)

Parce que , même si j'aime bien l'électro un petit moment, écouter un album entier, ça n'est pas mon truc, mais qu'en musique d'accompagnement, ça passe très bien, et comme l'animation illustre les morceaux, elle cadre souvent très bien avec la musique ( le clip de Harder, better, faster, stronger illustré par le grimage " à la chaine" des extra terrestres cadre bien avec le côté industriel du morceau), donc, à part d'être 100% rétif à l'électro, je pense que pour ceux qui aiment moyennement, mais accrochent malgré tout à l'ambiance sci-fi et au graphisme Matsumoto, c'est une bonne porte d'entrée vers le groupe. Et inversement pour ceux qui adorent l'électro mais connaissent peu la japanimation. Je pense d'ailleurs que beaucoup de gens ont découvert le groupe via  cette animation.

Après pour l'animation elle même, elle est fluide, avec un effet volontiers vaporeux, des couleurs vives, très agréable à voir et surtout, ça n'est pas de la mauvaise 3D en images de synthèse. Et accessoirement, mais pas tellement, j'aime beaucoup la tenue de gala turquoise que porte Stella
Apparemment je ne suis pas la seule, vu le nombre d'images de cosplay que j'ai trouvées!
Et bien sur place à la musique: One more time, le tout premier extrait, qui présente les personnages et leur enlevement.
Et Harder better faster stronger ( 4° séquence de l'animation, le relooking des ET). Je dirais qu'en plus d'être les deux morceaux les plus connus de l'album, ce sont aussi les plus parlants de l'animation à mon avis. Et Harder est peut être mon favori, une vraie réussite, tant l'animation et le morceau collent bien l'un à l'autre.

En tout cas j'ai vraiment pris grand plaisir à le revoir..

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