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mardi 13 août 2019

Somali et l'esprit de la forêt tomes 1 à 4 - Gureishi Yako

Haaa ça faisait longtemps...
Un manga fantasy plein de créatures mystérieuses pour l'occasion?

Cette fois ci ce ne sont pas des yôkai ou des yûrei au sens strict, des créature fantastiques folkloriques, mais...on en est pas loin.




Dans un univers indéfini, où le monde était partagé entre humain et non-humains qui s'ignoraient , l'équilibre a été rompu à partir du moment où chaque faction a commencé à s'intéresser à l'autre. D'abord avec curiosité, puis méfiance, jusqu'à en arriver à la guerre.Et contrairement àce qu'on pourrait penser, ce sont les humains qui ont perdu: enlevés et utilisés comme animaux de compagnie au mieux, mangés au pire.

Dans cette situation, un jeune humain perdu dans la forêt na quasiment aucune chance de survivre...C'est ce qui arrive à Somali, petite fille de 6 ou 7 ans, sauf qu'elle a la chance d'être trouvée par l'esprit gardien de la forêt nommé " le golem".  Une créature probablement végétale, qui n'a besoin pour vivre que d'eau, de lumière et de la forêt où il est né , et avec laquelle il vit en symbiose. Et bien qu'il soit supposé ne pas quitter la forêt, sinon elle va dépérir,ni ressentir d'émotions, le golem va prendre pitié de la petite Somali, la faire passer pour une créature non humaine ( à l'aide d'un vêtement à capuche muni de cornes qui la déguise en petite fille minotaure) et partir sur les routes avec elle afin d'aller trouver sinon sa famille, du moins d'autres humains. Tant pis pour la forêt, de toute façons, les golems ont une espérance de vie de 1000 ans, pas un jour de plus, et celui ça a déjà plus de 998 ans, donc c'est déjà un petit vieux malgré son apparence puissante, et quoi qu'il advienne à sa mort, la forêt se dessècherait. Il trouve donc une occasion de vivre la seule aventure de sa longue vie et un peu de compagnie.

voilà à quoi ressemble un Golem sans son armure. Oui on dirait un peu qu'il sort de l'attaque des Titans, mais c'st une créature humanoïde végétale, composé de racines et de branches
Et Somali, elle considère cet effrayant protecteur comme son père adoptif, tout en ignorant que le temps à passer ensemble leur est compté.




Tous deux vont donc aller de ville en ville, en passant par le désert, rencontrer un bestiaire étonnant qui tient à la fois de Jérôme Bosch ou Brueghel et des extraterrestres de Star Wars, dans des décors super léchés, qui me rappellent aussi Piranese pour les villes, Nausicaa de la vallée du vent pour les forêts...c'est même dommage que le manga soit en noir et blanc, la couverture donne une idée de ce que seraient des pages en couleur..


On va y croiser des magiciennes bibliothécaires, des lapins à cornes, une harpie, des démons, des mulots dentistes, quelques humains aussi, plutôt isolés et méfiants, déguisés eux aussi. Mais grosso modo ce petit monde est finalement assez bienveillant avec somali, même lorsqu'ils finissent pas découvrir sa nature ou la suspecter.



Et donc, voilà déjà le principal problème: tout va très vite. L'auteur nous plonge dans un univers fantasmagorique, on a à peine le temps d'apprécier les nouveautés de l'épisode que hop.. on passe à autre chose. Hormis Somali et le Golem, qui sont les personnages centraux, tout le reste disparait aussi vite qu'il était apparu, on commence à avoir enfin, au 4° tome seulement, d'autres personnages récurrents ( les 2 démons, et je suppose qu'on va revoir la harpie ou Kikila à un moment donné).


Et la structure en petites histoires d'un chapitre au départ, puis de plusieurs chapitres ensuite, mais sans grand suivi donne une impression assez décousue à l'ensemble. Comme si l'auteur n'avait qu'un fil directeur à son histoire et improvisait totalement la plupart du temps.



Je ne sais pas exactement ce qu'il en est, mais la manière dont je le ressent, c'est qu'on a quelqu'un qui est très doué(e? je ne sais pas exactement s'il s'agit d'il ou elle) pour le graphisme, un illustrateur ou une illustratrice,  mais qui n'est pas vraiment scénariste et tâtonne beaucoup.
C'est le même phénomène en BD européenne avec Enki Bilal, excellent dessinateur, mais pas scénariste ( et il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il travaille avec un scénariste comme Christin, lorsqu'il travaille seul, on peut avoir autant du très bon - la foire aux immortels - ou du très mauvais - Animalz), et là, j'ai la même impression. Ca manque vraiment de structure par moments,même si les choses s'arrangent avec le retour de personnages secondaires qui donnent plus de liant.




A voir, la suite devrait paraitre bientôt.

mercredi 2 novembre 2016

Vampire Hunter D ( films d'animation)

Après les fantômes, les vampires, j'ai vaguement évoqué cette franchise au détour d'un billet sur mon autre blog. Ni une ni deux, je n'en ai jamais parlé ici, donc profitons de ce mois halloween pas tout à fait fini pour en parler.
Et plus précisément des deux longs métrages animés.

Je parlais de franchise, car Vampire Hunter D est à l'origine une série de romans de Kikuchi Hideyuki dont la publication est toujours en cours au Japon depuis 1983. Oui, ça fait donc 33 ans, pour 29 volumes.
Les romans n'auraient probablement pas eu autant de succès s'ils n'avaient été illustrés par Amano Yoshitaka ( illustrateur célèbre en particulier pour avoir crée le design des personnages du premier Final Fantasy, collaboration avec Square Enix qui continue depuis sur les autres opus de la série de jeu). Des illustrations très élégantes, épurées ou au contraire très détaillées, dans un style à la fois SF, Fantastique et Western qui est la signature de la série.
Exemple...
oui, je kiffe les illustrations à l'aquarelle, elles ont un rendu des tons de couleurs que n'aura jamais la meilleure illu digitale

Et donc qui dit succès dit déclinaison: en animation longs métrages, en manga, en jeu vidéo. Les deux films ont été distribués en France, le manga aussi, mais ne cherchez pas les romans par contre, ils n'ont pas été traduits à ma connaissance. J'ai vaguement feuilleté le manga dont le côté fouillis ne m'a pas convaincue a priori, je ne le connais donc pas non plus.

Et donc on va logiquement s'attarder sur les adaptations animées.

Rapidement, la première qui date de 1985, raconte l'histoire de Doris, jeune chasseuse de monstres comme l'était son père, qui lors d'une chasse au loup garou, est victime d'une attaque par le comte Lee, vampire multiséculaire, qui la mord... mais ne la tue pas, ni ne la change en vampire.

Oui elle chasse les monstres habillée en jupette , avec de grandes chaussettes et.. culooootte! ( car oui, ce film continent un bon nombre de plans-culottes sur les sous-vêtement de Doris, à une époque où on associait systématiquement fantastique = jeune gars = nichons et culottes). Perso je vois surtout une fille armée, mais qui n'a pas la tenue idéale pour la baston.

Son but est plutôt de se distraire avec elle pendant quelques années avec elle, en en faisant sa nouvelle femme ( avant probablement de s'en débarrasser en la boulottant) , idée qui déplaît énormément à Lamica, fille du comte qui ne veut pas entendre parler d'une belle-mère humaine et plus jeune qu'elle. La pureté du sang noble tout ça...

je la comprend, l'idée d'épouser un vieux pervers à longues dents n'est pas follement réjouissante
En attendant, la pauvre Doris se trouve dans une situation compliquée: elle est chasseuse de loup-garous, pas de vampires, et doit donc trouver de l'aide pour éliminer le vieux pervers  bien décidé à l'enlever et l'épouser de force. Justement par chance, alors que telle une bandite de grand chemin, elle attaque un chasseur de prime solitaire qui passait par là pour le dépouiller de son sabre, et re-chance, il s'agit justement d'un chasseur de vampires, qu'elle engage illico pour se protéger du vieux Lee.

Tiens un problème qui arrive par moment: la différence de taille entre les deux protagonistes n'est pas toujours respectée. Par moment elle dépasse le cheval au garrot, et à d'autres ...
soit il a grandi, soit le fait de déprimer l'a faite rétrécir, mais elle n'atteint même plus la bande décorative du manteau qu'elle dépassait pourtant clairement avant. Je sais ce n'est pas spécifique à ce film là, mais ça me fait toujours rire, ici en plus dans une scène supposée  émouvante.
D a deux particularités: l'un est d'héberger dans sa main un parasite à face humaine - oui, beurk - particulièrement bavard et sarcastique y compris à l'égard de son hôte, et la deuxième, d'être un hybride mi humain-mi vampire. Il y avait là quelque chose à creuser, un chasseur qui chasse ce qu'il est, dans le fond...
hahaha, non, le film est trop court, donc LA problématique intéressante et la lutte intérieure du personnage qui assume mal sa double identité ne sera évoquée qu'incidemment, par ci par là, mais pas vraiment fouillée et ça c'est trèèèèès dommage. L'action prime sur le reste.

Ce premier film à quelques qualités, des idées originales, un mélange de styles assez inédit en 1985: la ville ou vivent Doris et son petit frère se situe dans des montagnes dignes de la suisse, avec des constructions qui rappellent les Pays-Bas du XVII° siècle, et le reste du décors très far-west. C'est un mélange étrange, mais quelque part, ça fonctionne.
A tout ça se rajoute une ambiance SF ( on est prévenu dès le départ par un encart que tout ça se passe sur une terre du futur dévastée par un cataclysme, donc un petit côté post apo, cyberpunk et même steampunk si on considère le décalage entre l'idée de western et le cheval cyborg de D). La galerie de monstres et de mutants qui accompagnent les vampires est plutôt sympa aussi.
j'aime beaucoup les décors et.. attendez, la Terre du futur a deux lunes? Pour moi, là c'est complètement une autre planète!

Ce qui pèche? Hé bien le reste:
L' intrigue très linéaire qui s'adresse probablement aux lecteurs des romans, et donc, tout va très vite, avec énormément d'ellipses - j'avais évoqué le même problème pour Akira en 88-  et dont le noeud peut se résumer à " Doris va-t-elle être sauvée d'un mariage forcé avec un vieux vampire très pervers?"
Même sans avoir lu le livre on devine la réponse. Pourtant j'avais espoir, vu que lors de la première rencontrer avec son sauveur, elle tente de le dérouiller sans prévenir. Mais... non. Damsel in distress power!

Et comme je l'ai dit plus haut, tout ce qui tourne autour du sujet de l'identité de D et de sa double personnalité manque cruellement de développement.

Le film pâtit aussi d'un graphisme très daté et d'une animation pas franchement excellente, même rétrospectivement, avec beaucoup de séquences de réemploi.
Evidemment on ne peut comparer que ce qui est comparable, donc pour rester juste, hé bien, souvenons nous que  Nausicaa de la Vallée du vent est sorti en 1984, donc un an avant, et le fossé entre les deux est énorme. Donc oui, même pour l'époque, la réalisation est assez moyenne, et parfois plus proche des séries animées que je regardais à l'époque ( genre Goldorak, Albator, etc.. mais ce qui passe sur une série est un peu dommage sur un film de 1h20. On sent quand même le manque de budget). La bande son n'est pas toujours très bien choisie non plus, sympa dans l'absolu, mais pas toujours pertinente avec l'ambiance du moment.

Donc on en garde de bonnes idées, desservies par le graphisme vieillot et l'animation qui manque de fluidité, probablement la faute à un manque de sous. Voilà, l'ensemble donne un peu l'impression d'un film de série B, qu'on va apprécier tout en en reconnaissant les faiblesses. Mais il me fallait parler de cette première tentative pour pouvoir enchaîner sur la suite. Ceci dit le premier film reste agréable à voir, à défaut d'être vraiment marquant. Et en fait, son principal problème est .. sa suite, beaucoup plus aboutie, qui fait que le premier paraît très pâlichon en comparaison. Donc autant les voir dans l'ordre pour ne pas être déçu.

Deuxième adaptation: Vampire Hunter D - Bloodlust (2000).
Et là,ce n'est plus du tout la même situation. il y a du budget et ça se voit. La séquence d'ouverture est splendide, l'accent est mis plus sur l'ambiance et les décors oniriques ( plus dans la veine des illustrations d'Amano en fait).

Charlotte jeune femme de bonne famille a été enlevée par Meier, vampire particulièrement dangereux. Sa famille a mis sur ses traces tout ce qu'elle a pu trouver comme chasseurs de primes, avant de se résoudre à faire appel à D, toujours spécialisé dans la chasse aux vampires, et dont les tarifs sont prohibitifs, eu égard à la difficulté de l'ennemi. D'ailleurs sa double ascendance est connue de tous, et de ce fait, il est craint autant qu'un vrai vampire, et se prend assez souvent des remarques désobligeantes dans la tronche. (Aheum les gens, insulter quelqu'un qui peut massacrer des monstres d'une seule main sans se fatiguer, ça n'est peut être pas une très bonne idée. Ceci dit, j'apprécie cette manière discrète d'aborder le thème du racisme, qui reste un fil rouge ténu, mais important, non dans l'intrigue elle-même, mais pour contextualiser le héros)

Pour multiplier les chances, la famille a également fait appel à la bande des frères Markus, groupe de chasseurs de prime en camion-tank qui semblent tout droit sortis de Mad Max 2 (j'ai l'air de me moquer, mais en fait j'aime beaucoup cette collision d'univers!) accompagnés de Leila, qui ne chasse pas les monstres en jupe courte et longues chaussettes, mais couverte des pieds jusqu'au cou de vêtements renforcés... Et se débrouille bien entre autres au bazooka.

oui oui, Mad Max, on ne m'ôtera pas de l'idée que c'est une référence volontaire
Leila va prendre un rôle central, car, électron libre du groupe Markus, son parcours l'amène à croiser D plus souvent que les autres et à revenir sur ses préjugés anti-vampires et anti métis. Car tout n'est pas si simple, les humains ne sont pas les gentils par défaut face aux méchants vampires qui veulent les bouffer ( pour le coup, le premier film était carrément plus manichéen). Et du coup D, qui se trouve entre les deux a encore plus de mal à se définir, oscillant entre le type qui fait son boulot sans état d'âme, mais capable de compassion qu'il évite de montrer. Tout en suivant un code d'honneur qu'il s'impose, pas si éloigné du bushido.

fight like a girl!
Ce que personne ne sait, ni le groupe Markus, ni D, c'est que Charlotte n'a pas DU TOUT été enlevée, mais a organisé son propre enlèvement, de mèche avec Meier, qui est son petit ami. Car évidemment la famille respectable accepte moyennement de voir leur fille fricoter avec un immortel, et elle a un peu "oublié" de prévenir les chasseurs de ce fait...

Donc déjà, en 2000, c'est évident, mais autant le rappeler, les techniques ont évolué, et l'animation est plus fluide, le graphisme plus fignolé. Rien à redire de ce côté là.

Ne serait-ce que pour l'allure de D. Dans la première version, il ressemblait juste à un chasseur de prime assez classique, taciturne, flippant si on veut, mais tout aussi humain que pouvaient l'être les chasseurs de prime de l'espace des dessins animés des années 80 - en fait même, graphiquement, dans le premier film, il me rappelle Cobra le corsaire de l'espace tel qu'il apparaît dans le premier épisode de la série du même titre et ça me gêne- c'est dommage.

1985: un bandit du far west, il ne manque qu'une musique à l'harmonica
Le deuxième film a choisi l'option de lui donner une apparence légèrement inhumaine , avec un teint blafard, des oreilles et un nez pointu, et ça accentue le côté surnaturel du personnage, et logiquement la méfiance instinctive qu'inspire son apparence au delà de la simple idée que le type n'a pas l'air commode.

2000: L'ankou ou presque.  Je suis d'accord, on n'aimerait pas le croiser dans un endroit désert... 
Dans la ligne de ce que proposait déjà Amano, et c'est un bon point. J'aurais même tendance à préférer cette version là, à celle des romans, parfois un peu trop heu.. fleuries?
Car le personnage est supposé être compliqué et avoir quelques problèmes d'identité, mais là plus les tomes passent, plus son évolution va vers l'androgynie. D'accord, c'est une créature surnaturelle, mais à la base, ce n'est pas une femme. Enfin, pas que je sache?
Là sans connaître la série, j'aurais spontanément dit " oooooh, cool, c'est une nana qui les massacre!" ben non...)
Et pour compléter cette série métamorphoses, le manga, comme ça toutes les versions sont là... faites-vous votre opinion.
non, mais, t'as fini d'hésiter entre la frêle jeune femme et le guerrier en armure? Décide toi!

Bon, ce petit détail d'apparence fluctuante mis à part, revenons à Bloodlust.  Déjà la trame est un peu plus développée que " héros sauve fifillle", même s'il y a des passages de baston, rassurez-vous, ce point là n'est pas oublié, et  avec des monstres assez variés ( mention spéciale à la femme végétale), et une vraie attention portée aux personnages autres que le duo ( ou les deux duos) principaux.

Evidemment, tout le monde ne peut pas être parfaitement fouillé, mais c'est déjà bien d'avoir des personnages secondaires qui ne se résument à être trucidés en 30 secondes, même si on sent qu'il a fallu élaguer le roman d'origine.
Juste dommage, j'aurais aimé en particulier en savoir un peu plus sur le lien entre Leila et Grove, le type malade de la bande Markus avec qui elle semble amie quand les autres sont plutôt des coéquipiers ( au point qu'au premier visionnage il y a quelques années, j'ai cru qu'il s'agissait de son propre frère, mais apparemment pas).
Celui ci a un pouvoir particulier, il chasse les monstres sous une forme fantomatique, qu'il obtient en prenant une drogue qui ralentit ou arrête son coeur et Leila semble  plus ou moins chargée de veiller au grain quand son esprit part en vadrouille. Mais évidemment c'est plus que dangereux et le gars est en train d'y laisser sa peau, cloué sur un lit de fortune à l'arrière. Donc bon, quelques minutes supplémentaires à ce sujet ça n'aurait pas été mal.

De plus, nous avons une apparition de Carmilla ( de la nouvelle du même titre) dotée des caractéristiques d'Erzebeth Bathory, et ces deux clin d'oeil à des histoires bien connues sont agréables.
En tout cas, cette fois, les problématiques d'identité, de nature profonde, de pulsions meurtrières sont là, et bien là.

Décors travaillés (le château arachnéen de Carmilla est très beau), bande musicale agréable et cohérente, personnages nombreux, histoire un peu plus complexe que dans le premier film... après on adhère ou pas à l'ambiance parfois contemplative, j'ai vu des commentaires qui se plaignent qu'il n'y a pas assez de baston ou de gore.
par contre il y a des plans saisissants et oniriques, tel cet envol de raies des sables. Au delà des vampires, loups-garou chimères, mutants.. la faune locale est étrange
Personnellement, je préfère que le film ne sacrifie pas le scénario au profit des séquences de baston. Et bien sûr, les allergiques au cyber-punk, au western et à l'esthétique gothique, et même vaguement préraphaélite en ce qui concerne l'apparence de Charlotte ne vont pas aimer.

Mais pour moi qui adhère à tous ces genres, c'est une réussite, dans le sens où il n'y en a pas un qui efface l'autre et que le résultat, sans être parfait est équilibré, j'ai beaucoup aimé ce long métrage méconnu.
tant qu'à faire western, autant bien en reprendre les codes visuels. Essayez avec ça comme musique, oui, ça colle!
Ca colle complètement, c'est fait avec pertinence et j'aime!

A voir donc, mais éventuellement après le premier, plus bourrin et moins travaillé.

Apparemment une nouvelle adaptations en série cette fois est annoncée, en image de synthèse cette fois ( les deux films sont en animation traditionnelle, vu leur âge) ce qui m'inquiète autant que ça m'intrique, je reste inconditionnelle de l'animation traditionnelle. Et, la bonne raison d'espérer, c'est que le réalisateur de Bloodlust devrait rempiler pour cette suite.

En tout cas, j'espère que ma fan outrée que j'aie osé critiquer Diabolik Lovers passera  à nouveau par ici: toi, oui toi là bas, je te conseille d'y jeter un coup d'oeil, rien que pour voir ce que c'est qu'un vrai anime de vampires qui-ont-méchamment-la-classe - oui même le vieux cochon du premier film. Et qui ont le bon goût de ne pas sortir au soleil et d'y briller.

pour les curieux, voilà ce qui arrive à un vampire qui sort pendant la journée. Oui. Il crame.
Ah oui, à toutes fins utiles: c'est un des rares cas où je peux regarder le film en anglais sous-titré autant qu'en japonais sous titré ( par contre, comprenant bien l'anglais, j'ai un peu de mal avec les sous-titres qui sont parfois en avance sur le texte et on se dit que .. attends mais c'est pas ce qui est dit là...) je me demandais pourquoi. J'ai même une préférence pour la version anglophone en fait ( l'acteur qui double D a un voix qui colle vraiment bien au personnage, mieux que dans le doublage japonais). Et renseignement pris, la VO,c'est la version en anglais, coproduction entre plusieurs pays oblige. Il y a une version doublée en français sur le DVD, que je n'ai jamais même tentée d'écouter en fait.


Donc un duo de films d'animation que je ne saurais que vous conseiller, et surtout dans l'ordre de sortie. Ho que j'aimerais que la fan de l'autre mauvaise série dont je refuse de dire à nouveau le titre , celle où les vampires se tapent tranquillement des takoyaki, qui m'a envoyée bouler ici se rende compte de ce qu'est une vraie histoire de vampires. Qu'elle tente celui là, ou Hellsing.

vendredi 7 mars 2014

Interstella 5555 - Daft Punk & Leiji Matsumoto

et hop, un petit re-upload de l'an dernier.
 En fait ce billet a été d'abord publié en 2013, pour les 10 ans d'Interstella 5555, une collaboration plutôt originale et intéressante entre Daft Punk et  Leiji Matsumoto - oui, LE Matsumoto à qui l'on doit pas mal de manga de SF de ma jeunesse, la plupart déclinés en animation: Albator, Galaxy express 999, Space battleship Yamato ou le beaucoup moins connu " la reine du fond des temps", et aussi Gun frontier, d'inspiration western.
(oui, c'est volontairement que je laisse ses prénom et nom dans cet ordre, d'ailleurs, au lieu de réinverser à la japonaise, eu égard à sa notoriété en France)

Ce film est difficile à classer: film d'animation agrémenté de morceaux tirés de l'album Discovery, c'est en quelque sorte un maxi-clip de plus d'une heure. Mais il développe aussi une narration et des thèmes qui ne sont a priori pas contenus dans les "chansons" de Discovery. Donc, je viens de le revoir, et j'ai envie de dire qu'il est malgré tout un peu plus qu'un long clip.

Oui, il y avait des ET bleus bien avant que James Cameron ne s'en mêle
Tout est parti en fait de 4 clips animés signé Leiji Matsumoto pour 4 morceaux de l'album, qui narraient comment, sur une planète éloignée un groupe de rock extra-terrestre, composé de quatre aliens humanoïdes tout bleus était enlevé par un producteur terrien, et, après lavage de cerveau, implantation de faux souvenirs et relooking, allaient faire carrière sur Terre à leur corps défendant. Et c'était tout. Frustrant n'est-ce pas?
Et donc de fil en aiguille, les autres morceaux ont été adaptés, afin de compléter l'histoire: un cinquième extra-terrestre, fan absolu de la jolie bassiste du groupe, est envoyé à leur recherche sur Terre, afin de les libérer et de ramener sur leur planète d'origine. Et là il y a des choses intéressantes: le 5555 du titre signifie " the 5ecret 5tory of 5tar 5system, un "star système" pour le coup pris au pied de la lettre!
après relooking.. évidemment, un lavage de cerveau ça laisse des traces
Une critique quand même assez directe de l'industrie musicale, qui invente de A à Z une biographie à nos 4 héros, un nom et un logo (qui parodie une célèbre marque de soda marronnasse) pour le groupe, en font un produit de grande consommation...et bien sur les Aliens, coquilles vidées de leurs souvenirs et de leurs émotions, "zombifiés", pressurés, trainés de sessions d'enregistrement en galas, sont une charge contre l'exploitation mercantile des artistes.

Certes l'idée "artiste talentueux = énergumène débarqué d'une autre planète" n'est pas nouvelle... hum.. David Bowie?

Mais voila, ce projet un peu fou d'un film d'animation sans paroles, sur de la musique électro, ce "clip-concept" comme il y a eu des albums-concept dans les seventies, j'accroche bien.

Parce que déjà, j'adore le graphisme très personnel de Matsumoto ( Génération années 80, j'ai suivi avec passion les aventures d'Albator à l'époque). Parce que c'est joliment animé par la TOEI, en numérique, mais pas en 3D ou en images de synthèse, et ça c'est un gros point positif!
Et puis il y a des clins d'oeil tout du long: un plan qui rappelle le Monolithe de 2001 Odyssée de l'espace, le batteur du groupe en fuite qui porte le manteau d'Albator ( et d'ailleurs il ressemble comme un jumeau à Toshiro / Alfred, de même qu'on voit apparaître de-ci de-là des têtes connues, croisés dans Gun Frontier ou dans l'équipage de l'Atlantis). Et puis c'est sympa de faire du petit bonhomme au physique ingrat le personnage principal de l'histoire.
Y'a comme un air de famille avec les héros de Gun Frontier, non?
Des références à Space Battleship Yamato, un autre anime de Matsumoto  moins connu chez nous
leurs têtes ne me sont pas inconnues :)

Parce que , même si j'aime bien l'électro un petit moment, écouter un album entier, ça n'est pas mon truc, mais qu'en musique d'accompagnement, ça passe très bien, et comme l'animation illustre les morceaux, elle cadre souvent très bien avec la musique ( le clip de Harder, better, faster, stronger illustré par le grimage " à la chaine" des extra terrestres cadre bien avec le côté industriel du morceau), donc, à part d'être 100% rétif à l'électro, je pense que pour ceux qui aiment moyennement, mais accrochent malgré tout à l'ambiance sci-fi et au graphisme Matsumoto, c'est une bonne porte d'entrée vers le groupe. Et inversement pour ceux qui adorent l'électro mais connaissent peu la japanimation. Je pense d'ailleurs que beaucoup de gens ont découvert le groupe via  cette animation.

Après pour l'animation elle même, elle est fluide, avec un effet volontiers vaporeux, des couleurs vives, très agréable à voir et surtout, ça n'est pas de la mauvaise 3D en images de synthèse. Et accessoirement, mais pas tellement, j'aime beaucoup la tenue de gala turquoise que porte Stella
Apparemment je ne suis pas la seule, vu le nombre d'images de cosplay que j'ai trouvées!
Et bien sur place à la musique: One more time, le tout premier extrait, qui présente les personnages et leur enlevement.
Et Harder better faster stronger ( 4° séquence de l'animation, le relooking des ET). Je dirais qu'en plus d'être les deux morceaux les plus connus de l'album, ce sont aussi les plus parlants de l'animation à mon avis. Et Harder est peut être mon favori, une vraie réussite, tant l'animation et le morceau collent bien l'un à l'autre.

En tout cas j'ai vraiment pris grand plaisir à le revoir..

mardi 4 mars 2014

Hoshi no koe (manga) - Shinkai Makoto et Sahara Mizu

Après Hoshi no koe, le court métrage spatial poétique de Makoto Shinkai, en regrettant bien sa très courte durée qui laissait de côté beaucoup de choses intéressantes: le cadre temporel, comment l'héroïne Mikako avait réussi a se faire engager dans un programme spatial, ce que sont les robots traqueurs, les extra-terrestres tarsiens.. Voici Hoshi no koe le manga en un tome est paru, qui répond plus en détail à ces questions. Qanoter qu'en dépit de ses personnages lycéens, et sa joli couverture en aquarelle pastel, sa publication dans le magazine "monthly afternoon", magazine de prépublication de seinen, en fait donc un manga a destination d'un public adulte, ou jeune adulte.


Le scénario de base est inchangé: la jeune Mikako est partie comme engagée volontaire en mission spatiale et a laissé sur terre ses amis, dont Noboru avec qui elle tente malgré la distance de garder le contact par mail. Voilà, donc exactement le même fil directeur, mais enfin, on en sait plus sur le cadre de l'histoire:
Nous sommes en 2046, les humains ont conquis Mars en 2039 et installé une base sur la planète, où ils ont découvert des ruines immenses, vestiges d'une civilisation extraterrestre, les " tarsiens" - car basée sur le plateau martien de Tharsis ( oui il faudrait écrire donc "Tharsiens", mais je vais garder l'orthographe donnée par la traducton) . En examinant les ruines l'humanité a découvert bon nombre de choses sur cette civilisation avancée, et la technologie humaine a fait en quelques années  des progrès inimaginables, en particulier, la manière de se déplacer à une vitesse supra-luminique. Mais, du coup, nous ne sommes pas seuls dans le système solaire, la base tarsienne n'était pas vraiment abandonnée, et la première équipe a été décimée par les tarsiens, peu enclins a accepter de partager leur savoir. Et depuis, une guerre fait rage entre terriens et tarsiens pour la domination du système solaire. Les humains ont donc élaboré des vaisseaux de combats rapides et maniable, en forme de robots, les " traqueurs", et c'est à bord d'un de ces traqueurs qu'opère donc Mikako.
Haaa ça fait du bien d'en savoir plus!

et de chapitre en chapitre, on va découvrir les pensées de Noboru resté sur Terre, qui se demande si Mikako a de la chance de pouvoir participer à une telle aventure, si elle a vraiment eu le choix, ou si elle savait depuis longtemps qu'elle ne finirait pas le lycée sur Terre, sans lui avoir rien dit pour ne pas l'attrister.

Plus que Mikako et ses voyages dans l'espace ( même si là aussi, on en apprend un peu plus sur sa vie à bord du vaisseau spatial, si quelques autres personnages font leur apparition, si elle commence à douter du bien fonder de massacrer sans préavis les extraterrestres)  c'est bien à celui qui reste au sol que le manga s'attache, et à son attente, jour après jour, de messages qui mettent de plus en plus de temps à arriver.
Car il s'en rend compte, il est bientôt le dernier à se souvenir de celle qui est partie, les autres lycéens qui la considéraient comme une veinard l'ont en fait très vite effacée de leur quotidien, ce qu'elle a pu devenir ne les concerne plus, qu'ils en parlent en fait comme si elle était morte ( je me demande si en fait, toute cette histoire Sf n'est pas simplement une allégorie du deuil - réel ou du deuil d'une relation mise à mal par la distance). Et tandis qu'il se dit qu'elle doit être trop occupée pour penser à lui, à eux, au contraire, elle n'espère qu'une chose: revenir.

Ce qui n'était que suggéré dans le court métrage, mais prend plus de poids en manga.
C'est un manga avec relativement peu de texte, et beaucoup de cases vides qui instaurent une ambiance  mélancolique et contemplative, entre de brèves séquences de baston intersidérale.

Une vraie réussite, il est  tout à fait dommage qu'il n'ai pas été traduit en français, mais une traduction en anglais est disponible ici, en ligne. Mais encore une fois, il y a peu de texte donc, je vous le conseille, l'anglais n'est pas insurmontable et les précisions apportées par le manga n'entament pas la teneur poétique du court métrage, tout en lui apportant un peu plus de chair. Un très joli manga, on peut lui reprocher un graphisme un peu impersonnel, mais c'est vraiment tout ce que je vois à redire ( donc je conseillerai plutôt de voir le film d'abord)