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lundi 23 avril 2018

Ôke no monshô tome 3 - Hosokawa Chieko

En triant mes articles, je suis retombé sur ce vieux titre, donc j'avais chroniqué les 2 premiers tomes. Je m'en souvenais bien, surtout, de l'énorme déception qu'avait été le tome 2 après un tome 1 assez prometteur.

Je n'avais pas franchement eu envie d'y revenir depuis 4 ans, mais là, je ne sais pas pourquoi, la semaine du shojô aidant, et j'avais besoin de rigoler un peu, je me suis dit " tiens si j'allais voir du côté du manga Benny Hill" ( rapport aux nombre colossal d'enlèvements, de fuites, poursuites, rattrapage, séquestrations, re fuites, re poursuites...).
Oui , comme je lis peu de shojô, j'ai eu envie, avec une bonne dose de masochisme, d'aller rechercher le plus raté que j'aie lu depuis des années.

Parce qu'il y a le bon shojô et le mauvais shojô ( oui, comme pour les chasseurs et le hard-rock). Et làààààà...

C'est parti pour une chronique moquerie. Sifflez j'm'en fous, c'est tellement kitsch que ça en devient rigolo.

Tome 3

J'avais dit en 2014 qu'il y avait 57 tomes, en me demandant qui pouvait bien le suivre depuis le début avec autant d'intérêt, étant donné que les grosses ficelles se voient des le second tome. 4 ans après, la série est toujours en cours, et compte maintenant 62 tomes. Ca doit être un record pour un shojô. Et je sais qu'il y a zéro chance  que j'ai  courage  d'aller jusque là ,mais juste par curiosité, j'ai eu envie de voir  comment le graphisme très seventies avait évolué en plus de 40 ans.
La série a débuté en 76, Carol a 16 ans, la série continue en 2018, Carol aurait donc maintenant 58 ans si la publication avait calqué sa temporalité sur celle du réel. Je ne vous apprends ren en disant que ça n'est pas le cas.. En tout cas le lectorat cible qui avait son âge à l'époque a donc presque la soixantaine.
Le plus étonnant, c'est qu'il doit y en avoir pour s'accrocher, sinon ça aurait fini depuis longtemps. Mais j'ai du mal à imaginer que quelqu'un puisse suivre avec passion depuis 42 ans cette histoire en attendant avec impatience chaque nouveau tome, ou une hypothétique fin.
Allez, c'est parti pour pour la fête du facepalm.

versus tome 62. Elle est toujours ado. Et  je préfère le graphisme vintage du début.
Sérieux, la position des bras? L'impossible angle de sa main et de son coude droits? les proportions? Je ne sais même pas par où commencer pour me désespérer. C'est quand même rare qu'un dessinateur ou une dessinatrice arrive à faire pire qu' avant avec des années de pratique.
Donc le tome 3, qui n'a peur de rien, et surtout pas d'en faire des caisses, s'ouvre carrément sur une citation du livre des morts de l'Egypte ancienne ( via le japonais, traduit en anglais, je ne jugerai donc pas la justesse de la citation, hein...)



Résumé: nous avions laissé Carol, lycéenne américaine qui habite au Caire, 16 ans d'age physique, 6 ans d'âge mental. Une sympathique idiote héroïne blonde victime d'une malédiction antique,  tome 2qui se réveillait à la fin du au bord du Nil, de retour d'un voyage dans le passé, où elle avait été enlevée, séquestrée, réduite en esclavage par un couillon pharaon érotomane, et menacée de mort par la soeur du pharaon en question.

Un qui veut se la taper, l'autre qui veut la trucider. Sans compter un prêtre qui la voulait comme objet de collection, parce qu'il collectionnait les objets dorés, et qu'étant blonde, elle serait décorative dans son appart'. A peu près...en tout cas le rôle de la potiche lui irait comme un gant.

les ravages de la katakanisation des noms retraduits par une équipe qui n'a pas ouvert une encyclopédie sur l'histoire égyptienne.
Donc Ashisu est en fait Isis, et Menfuisu =Memphis, prononcés à l'anglaise.
D'ailleurs, plusieurs équipes se sont partagé les chapitres sans se consulter, et parfois, les noms sont retranscrits normalement.

Voilà donc Carol de retour au Caire en 1976, qui a au passage commodément perdu la mémoire de ses divers enlèvements et péripéties antiques. Sauf qu'elle a plus où moins des flashs inexplicables, où elle entend des voix qui la menacent de la retrouver où qu'elle soit. En bonne santé, mais ses proches la trouvent distante, inquiète et sur le qui-vive, ce qui peut se comprendre ( et en plus cette fille a la poisse: où qu'elle passe les meurtres se produisent à moins de 100 m d'elle)


Ho, un cadavre éviscéré et préparé comme une momie antique, on lui a même enlevé le cerveau par les trous de nez...regardez les enfants et instruisez vous!
Sinon, il vous vient à l'idée d'appeler la police, bande de clampins? Au lieu de débattre en disant que quand même  " c'est très cruel"...
accessoirement, cette case me fait marrer. Il ne manque qu'un chien et on se croirait dans Scoubidou.

Son frère Ryan ( le mec en pantalon pattes d'eph' qui semble passer sa vie à cloper où qu'il soit, salon des parents ou réserve de papyrus antiques, bravo champion...) se dit que pour son bien-être, il faudrait peut-être qu'elle reparte quelques temps avec lui aux States. Avoir perdu la mémoire et vu un cadavre de près n'est peut-être pas très bon pour sa santé mentale. Tu m'étonnes...

Mais Carol ne veut pas: l'archéologie c'est sa passion, et elle ne veut pas non plus s'éloigner de Jimmy, son petit copain. Et donc, promis, juré craché, je vais revenir, et on va boire ensemble l'eau du Nil pour sceller le pacte.
De mon côté, la seule conséquence possible que je vois à cette action c'est de choper une amibiase.

Mais alors qu'elle visite le temple d'Abou Simbel avant de repartir bien plus de force que de gré, qui donc lui apparaît?

Allez, je brise de suite ce suspense insoutenable: Isis, la soeur du pharaon qui vient juste de passer 2 tomes à essayer de tuer Carol.
Qui lui dit, les yeux pleins de larmes, à quel point son frère est triste depuis qu'elle a disparu, qu'il la cherche partout, et n'écoute plus personne, avant de conclure logiqment par " c'est pour ça que je vais te buter et lui montrer ton cadavre pour qu'il comprenne qu'il doit définitivement laisser tomber l'affaire" ( en fait ce manga est bourré de répliques absurdes de ce genre, qui devaient peut être effrayantes ou mignonnes, ou que sais-je en 1976, mais sont hilarantes en 2018).
Avant de la pousser du haut d'une falaise ( ouiiiiiiii, merci Isis, j'avais tellement envie de le faire!)

Tentative de meurtre qui a pour effet de réveiller ses souvenirs en criant " haaaa je tooooooombe, je me souviiiiiiens de toooooout maintenaaaaaaant".

Je ne vous cache pas que j'aimerais tant qu'Isis arrive à ses fins. Mais non c'est le tome 3, il y en a 62 et c'est encore en cours. Ce n'est pas demain la veille que Carol va crever. Navrée!

Plouf dans le Nil. Et lorsqu'elle émerge: retour en antiquité. Tant d'imprévisibilité scénaristique me sidère :D

Et évidemment lorsque le général Laglue - en fait il s'appelle Minue, mais j'ai envie de l'appeler Potdecolle ou Laglue, ça lui va mieux-  la retrouve vivante près de 10 jours (antiques) après sa disparition dans le fleuve, tout le monde en déduit qu'elle n'est autre que la fille du dieu du Nil.

Joie et bonheur pour le pharaon qui a découvert le concept de syndrome de Stockholm avant même que la ville n'existe et se dit que s'il la séquestre suffisamment longtemps et la fait bosser comme esclave, elle restera volontairement. Et qui enchaîne des phrases type " puisque tu me repousses, qu'on te jette en prison, la journée tu fabriqueras des briques d'argile au soleil et si tu tentes de t'enfuir j'ai donné ordre qu'on te coupe les mains, qu'on te tartine de boue et qu'on te laisse mourir dans le désert... Pourquoi tu me détestes alors que je t'aime?"

parce que c'est le seul facepalm que j'ai trouvé qui soit relié à l'idée de pharaon.
Euh... je peux me tromper, mais je pense que foutre quelqu'un en prison, le menacer et le torturer n'est pas la meilleure approche possible.
Après, c'est supposé être un shojô, (bien que certains aient du mal  à le classer  et l'estiment être un seinen. J'ai du mal à le croire avec la couverture du tome 62: des coeurs du rose et "princess comics". Mouais, il y a peu de chances.), mais j'avoue que le diablotin cynique en moi a presque envie de voir la chose évoluer en SM.

Sinon, vieux, t'as pensé que si c'est la fille du dieu du Nil comme tu le crois, c'est une très mauvaise idée que de la torturer et de se mettre à dos son papounet? Hmmm? Yep, le dieu qui fait déborder le fleuve tout les ans pour fertiliser les rives et faire pousser la bouffe.

D'autant qu'elle fait des "miracles" auprès des esclaves. Ouaip, carrément!

Avec sa science "basique" du XX° siècle, elle sait transformer l'eau boueuse qui empoisonne les esclaves en eau potable, avec du sable, du charbon et des cailloux (euh, certes.. c'est une méthode classique de filtration, mais de là à dire que c'est une base de la connaissance pour une gamine de 16 ans du XX° siècle. Ca ne l'est pas non plus au XXI° au passage). Ce qui fait que tout les pécores du coin croient dur comme fer qu'elle est vraiment liée au dieu du Nil.

mais bien sûr, c'est la base des bases pour un enfant du XX° siècle.

Car évidemment, les techniques de survie en milieu hostile sont enseignées dès l'enfance dans les riches familles du XX° siècle, en même temps que les danses de salon ou la reconnaissance des couverts. Merci Mme de Rotschild.
C'est moi ou bien... nonon, rien.

Non, parce que, par contre, savoir filtrer l'eau à la méthode antique devait effectivement faire partie des connaissances de base pour ne pas mourir de soif de l'égyptien lambda qui vivait à la frontière du désert avant même de savoir marcher.

Enfin, bref, un prêtre finit quand même par se dire que si elle est vraiment d'ascendance divine, lui faire du tort est peut être un risque de se prendre une malédiction dans la tronche. Et que, bèèèè, faudrait p't'être éviter. ENFIN!

Mais le tome se conclut par un suspense terrible... hé oui car Carol, considérée comme demi-déesse, et forcée par la populace à envisager un mariage avec le pharaon - qui vient de tenter de la faire crever de deshydratation- auquel elle a répondu en gros " Bon, j'vais réfléchir. M'embrasse pas je pue <pelle> Ho bon, finalement, fais comme tu veux", rencontre par hasard un marchand sur le heu... marché dont le lecteur sait déjà qu'il est l'héritier du royaume de Palestine, venu ici à la recherche de sa soeur qui avait disparu alors qu'elle venait par là justement pour se marier avec le Pharaon.
Ho mais que vois-je arriver? Un enlèvement ?noooooon pas possible...

Bon, j'ai bien rigolé, je sais que ce n'était pas le but, je sais aussi que je n'irai pas très loin dans cette histoire qui devient de plus en plus absurde à chaque page. P't'être qu'un jour j'en lirai encore un ou 2 tomes, à petites doses (parce qu'il est disponible gratoche en ligne et que j'aurais envie de rire ou de me moquer) Mais ça s'arrêtera là.
Par contre j'ai trouvé pas mal d'avis de gens qui eux aussi trouvent ce titre abusivement mauvais, et le mettent en parallèle avec une autre histoire de voyage dans le temps " Anatolia Story"  bien plus réussi de l'avis général.  Et il semble beaucoup plus court!

Apparemment, il est dispo en scan trad en français mais je n'arrive pas à l'afficher chez moi. Et déjà ça menace de promettre: il est interdit aux moins de 18 ans. Merci de cliquer sur le lien uniquement si tu as plus de 18 ans. Ca me fera toujours marrer ce genre de "précaution"

Yes! du sang! de la violence! des gros mots!
Mais, surtout, j'espère, un scénario qui arrête de considérer que l'enlèvement est un ressort miracle tous les 2 chapitres pour faire avancer l'histoire.

promis le prochain shojo sera un bon!

vendredi 6 avril 2018

Mary et la fleur de la sorcière (long métrage d'animation - 2017)

Qu'est-ce qui se passerait si on mélangeait disons.. les Studios Ghibli et Harry Potter?
L'idée est cool non?

Et pourtant, ce n'est ni Ghibli, ni Harry Potter, mais ça y ressemble beaucoup!


Tiré d'un roman que je ne connais absolument pas ( The little Broomstick), on y suit Mary, petite fille rousse à couettes.
Mary est assez maladroite, solitaire, et complexée par sa couleur de cheveux. Elle vient d'emménager chez sa tante Charlotte, une vieille dame sympathique et aisée ( elle a une grande maison, un jardinier et une cuisinière) et attend en s'ennuyant l'arrivée de ses parents et le début de l'année scolaire. Il n'y a pas grand monde dans ce patelin nommé Manoir rouge, et on ne peut pas dire que la première rencontre avec le seul autre enfant du coin , un garçon nommé Peter se soit bien passée: elle a commis une maladresse, s'est retrouvée avec un panier de feuilles mortes sur la tête et Peter s'est moqué d'elle et, sans le savoir, de son complexe en la traitant de " petit singe roux".

Dans son ennui, Mary va un jour suivre non un lapin blanc, mais Tib le chat noir (et Gib le chat gris, moins important dans l'histoire, ce sont les chats de Peter), qui la conduisent dans la forêt, où elle trouve une fleur brillante qui ressemble à un muguet violet et déplait beaucoup aux chats. Lorsqu'elle la montre au jardinier, celui ci lui explique qu'elle est très rare, ne pousse que tous les 7 ans, et s'appelle " vol-de-nuit".

Po... Ponyo? C'est toi?

Lorsque Mary retourne dans la forêt pour chercher les chats qui ont disparu, elle trouve cette fois un balai pris dans des racines d'arbres ( la raison de sa présence ici est expliquée dans le prologue: une sorcière qui ressemblait beaucoup à Mary l'a perdu ici alors qu'elle fuyait après avoir volé des graines magiques.. celles de la plante à fleurs violettes). Par suite d'une maladresse, Mary écrase une fleur sur le manche du balai qui  s'anime.. et l'emmène droit dans la cour de l'école Endor, une école de magie, où on la prend pour une sorcière - puisqu'elle vient d'arriver à cheval sur un balai.



Et une sorcière particulièrement puissante puisqu'elle maîtrise d'emblée des sorts compliqués et qu'elle est rousse.
Sauf que ce n'est a priori pas Mary qui a des pouvoirs, mais la fleur écrasée qui lui en donne temporairement. autant dire que les choses vont se passer moins bien lorsqu'on va découvrir qu'elle n'est pas une sorcière mais une moldue intruse sans pouvoir particulier qui n'a rien à faire là. Elle va se mettre dans le pétrin et par maladresse (une fois de plus) met également Peter qui n'avait rien demandé à personne, dans le même pétrin...

Voilà un film sur lequel j'ai bien du mal à me faire une opinion en fait... Il y a du bon, et .. du moyen ( mais pas franchement de mauvais par contre)

Réalisé par Yonebashi Hiromasa ( Arrietty, que j'ai vu l'an dernier, mais pas présenté ici), ce n'est pas son premier film donc, mais c'est son premier au sein d'un studio autre que Ghibli... et pourtant on dirait du Ghibli, juré craché.

En fait, il s'agit même du tout premier film du studio Ponoc, fondé par d'anciens du studio Ghibli, et l'influence est plus que visible: de grands espaces, de la verdure, des poursuites aériennes sur une musique qui ressemble beaucoup à celles de Joe Hisaishi...

Donc c'est à la fois bien en ce sens qu'un second studio émerge alors qu'avec la retraite-mais-peut-être-pas des deux principaux réalisateurs, Ghibli semblait avoir des difficultés, mais un peu dommage qu'il ne prennent pas ses distances avec son grand frère.
Et, comme je le disais, c'est un premier film, donc,il est tout à fait logique qu'il soit encore baigné dans cette influence, dont il lui faudra peut-être un peu de temps pour s'éloigner et trouver ses marques pour développer sa propre identité.
Mais, l'influence est là, jusqu'au nom du studio: " Ponoc "est un mot croate apparemment qui signifie "l'aube" ou l'aurore". Ghibli est un nom de vent italien, donc les deux font référence à l'Europe et très exactement au même coin de l'Europe du sud, d'une part et d'autre de l'Adriatique.

Et visuellement le film est bourré de références à ceux de Ghibli. Graphiquement, c'est du Ghibli, pas de mauvaise surprise de ce côté là, c'est magnifiquement beau.

Mentions spéciales à l'incendie du début, au rendu du brouillard et des grands espaces de verdure, et à la directrice de l'école qui apparait dans une fontaine, manipulant l'eau à son image.


A commencer par Mary, petite rousse aux faux-airs de Ponyo et  Nausicaa, à cheval sur un balai, accompagnée d'un chat noir, qui vit avec une tante et sa cuisinière ( souvenez vous de la vieille dame aux tourtes dans  Kiki). Il y a même un enfant qui fait des livraisons ( ce n'est pas Mary, mais Peter.. qui se promène à vélo, comme Tonbo, le nouvel ami de Kiki, tiens).

Mary a dos de balai est attaquée par des créatures ressemblant à des poissons volants, mais ça rappelle beaucoup la scène où Haku le dragon était poursuivi par des oiseaux de papier. D'ailleurs c'est un pont qui marquait la frontière entre le village et les bains dans Chihiro, ici, c'est le même genre de pont qui marque la séparation entre la route et la forêt, où il ne faut pas s'aventurer quand il y a du brouillard.
Il ne faut pas entrer dans la forêt les jours de brouillard, on risque de s'y perdre. Vous avez tous deviné ce qui va se passer.



L'extérieur de l'école Endor, de bric et de broc, et flanqué d'escaliers ardus, rappelle à la fois ceux des bains de Yubaba et le château de Howl.. Et le monstre qui engloutit Peter tient un peu du dieu cerf qui cherche sa tête et de "sans-visage".

Toute ressemblance est.. absolument pas fortuite! Il faut n'avoir jamais vu Chihiro pour ne pas la repérer tant elle crève les yeux.
Mary qui arrive sur une île inhabitée est découvre une maison magique où elle semble attendue.. la scène semble vraiment un décalque de Chihiro qui arrive chez Zeniba après son voyage en train aquatique.

Le problème n'est pas qu'il y ait des références, mais qu'il y en ait trop, beaucoup trop, visuellement, narrativement, partout, à tel point qu'il devient difficile de suivre le film sans les chercher, ou sans qu'elles ne vous sautent aux yeux même sans les chercher. Et parfois au détriment de l'histoire.

Une autre plus inattendue: le petit Peter, avec sa caquette... a tout d'un dresseur de Pokemon.
Il y a de bonnes choses, mais... Peter en particulier est peu exploité. Autant Mary est , comme on en a l'habitude chez Ghibli, un personnage qui va dépasser ses doutes et essayer de réparer ses bourdes, autant Peter ne sert pas à grand-chose et récupère le rôle de la damoiselle en détresse qu'il faut sauver.
En terme de jeux vidéo, ça serait un PNJ, et sa quête est de le sauver des griffes de la directrice de l'école de magie.

il sert tellement peu qu'en fait je n'arrive pas à trouver d'illustration " casquette". Mais bon, il a quand même le blouson de sport de Sacha. Ils ont même attrapé 2 Miaouss!


La relation d'amitié entre lui et Mary n'a pas été suffisamment développée avant pour être vraiment crédible ( ils se sont rencontré 2 fois.. et les 2 fois ont fini en dispute, du coupon a plus l'impression que Mary vient à son aide par culpabilité de l'avoir impliqué là dedans, que par altruisme et/ou amitié). On sent bien l'ambition de faire quelque chose d' épique dans la veine de Chihiro, en un peu plus enfantin, peut être, mais il manque en face de Mary un personnage aussi complet et complexe que l'était Haku (mais je suis partiale, je trouve que Haku est un des personnages - je ne peux pas vraiment dire secondaires, mais autres que le héros- les plus aboutis de l'ensemble des films Ghibli.. et puis c'est un dragon, on peut difficilement rivaliser avec ça en termes de charisme!)


Tante Charlotte aussi aurait mérité un peu plus de développement.

Le professeur de science/ magie. Il me rappelle vaguement un autre personnage mais alors là, j'ai un trou de mémoire et je n'arrive plus à m'en souvenir, c'est agaçant.

Il y a des choses un peu attendues ( ce qui arrive à Gib, ou l'identité de la sorcière du début), d'autres... qui m'ont agréablement surprise, dans les thématiques:
[spoiler] je ne m'attendais pas en entrant au ciné à une réflexion sur les tests sur animaux, même si on la voit arriver pendant le film, ou à in fil directeur sur l'ambition démesurée et la création de surhommes. Avec le monstre qui avale Peter à ce moment là, c'est carrément à Akira que j'ai pensé, et à la métamorphose monstrueuse de Tetsuo que j'ai pensé.[fin spoiler]
Ca c'était la référence surprise qui fait plaisir. Parce que je ne l'avais pas vue venir. Parce que hors Ghibli, et c'est ça qui me donne une sorte d'espoir de voir peu à peu ce nouveau studio sortir de l'ombre de Ghibli et explorer d'autres voies.

Donc voilà, un film sympathique que malgré ses nombreux clins d'oeil, j'ai pris plaisir à suivre sur le moment, mais qui ne me laissera un souvenir très mémorable en lui-même.
Mais en même temps, ça fait plaisir d'assister aux débuts d'un nouveau studio. Donc je pense que Ponoc a un bel avenir, pour peu qu'il se détache de son grand frère pour essayer de trouver ses marques, probablement en se cherchant un peu au départ... (et puis Ghibli aussi n'est pas exempt de ratages, j'ai nommé: Terremer. Vu deux fois - parce qu'il ne m'avait laissé aucun souvenir la première et pour cause: il est raté et je crois que mon cerveau avait décidé de faire jouer la mémoire sélective)

Ils ont déjà retenu le meilleur chez Ghibli, à sa voir l'exigence visuelle sans sombrer dans la facilité d'un film en images de synthèse, et la volonté de ne pas occulter des thèmes durs et adultes dans un film destiné à un public jeune. Reste à trouver leur propre patte, à éviter de faire des citations toutes les 2 minutes, à ne pas sacrifier els personnages secondaires et à ne pas semer trop d'indices qui font dire " ça, je le voyais tellement venir!", mais je dirais que ça s'annonce plutôt bien.

le vendredi , c'est films et séries!

jeudi 5 avril 2018

De toutes les nuits, les amants - Kawakami Mieko

Voilà un livre que j'ai ms.. un an à lire.
Commencé en mars 2017, au moment où je changeais de travail, je l'avais mis en attente,  au fil des divers challenges, et je me suis enfin décidée à lire les quelques 30 pages manquantes pour ce nouveau mois japonais.



Du même auteur,je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de Seins et Oeufs, qui a pourtant eu un succès tel que j'avais eu du mal à l'emprunter à la médiathèque, tant il était demandé.
J'ai voulu donner une nouvelle chance à Kawakami Mieko et.. force est de constater qu'une fois de plus, je suis passée totalement à côté. Je lui redonnerais peut-être à nouveau sa chance si l'occasion se présente ( je suis tenace et en général, si les 2 premières lectures sont un demi- échec, je vais jusqu'à la troisième pour être sûre. bon, ça ne sera pas dur, seuls 3 titres sont traduits en français actuellement).

Mais comme pour l'oeuvre précédente, les personnages sont si peu caractérisés qu'on peut difficilement s'y attacher.

La narratrice et.. on ne va pas dire héroïne, mais personnage principal, est une femme de 35 ans, Irié Fuyuko. Son travail de correctrice d'abord en maison d'édition puis indépendante ne l'intéresse pas, ne l'ennuie pas non plus.en fait et c'est bien le problème: RIEN ne l'ennuie ni ne l'intéresse. Elle se laisse vivre: des milliers de livres lui passent sous la main mais elle ne lit pas. Elle n'aime pas spécialement la musique, ou le cinéma, ou quoi que ce soit. Elle n'a aucune vie sociale, et refuse les sorties entre collègues, non parce qu'elle aurait quelque chose d'autre à faire mais parce que rien au monde de l'intéresse. Elle se met dans son coin, ce qui fait que les autres la mettent aussi de côté, jusqu'au harcèlement. Mais même là, sa seule réaction est de passer indépendante , histoire d'avoir encore moins de raisons de sortir de chez elle. Comment voulez-vous prendre parti pour un personnage pareil? Et même lorsqu'elle sombre dans l'alcoolisme à force de n'avoir aucun centre d'intérêt, difficile de la cerner, tant elle fait ça comme elle aurait aussi bien pu décider de tricoter pour s'occuper les mains par exemple.

Et donc cet incolore personnage va pourtant laisser 2 personnes se rapprocher d'elle. Enfin, si on peut dire: elle va plus ou moins développer une sorte d'amitié avec Hijiri, une des personnes qui lui amène du travail, et Monsieur Mitsutsuka, un professeur de physique chimie rencontré par hasard, en oubliant assez souvent que sympathiser avec quelqu'un est une chose, mais entretenir une relation implique quand même un minimum d'effort. effort qu'elle est incapable de faire sans le coup de pouce de l'alcool, et donc, elle ne s'aventure hors de chez elle que lorsqu'elle est passablement ivre.

Ca à l'air ennuyeux et.. hé bien, ça l'est. Pour moi en tout cas.
L'action n'avance jamais puisque soit Fuyuko reste chez elle à picoler, soit elle essaye de communiquer mais n'y arrive pas parce qu'elle n'a pas les idées claires. A se demander comment les autres arrivent à ne pas la planter là comme un radis devant tant d'inertie.

Dommage, parce que comme Seins et Oeufs, par moments, il y a quelques idées intéressantes, mais pas très bien menées ou exploitées. Celle de quelqu'un trop introverti qui sombre involontairement dans l'alcool pour se donner du courage est un bon départ, mais il faut quand même la faire évoluer, pas rester sans cesse à ce point A sans aller plus loin.

Il y avait aussi une idée intéressante: la seule chose qui.. on ne va pas dire intéresse, mais fasse sortir Fuyuko de son inertie, ce sont les lumières: celle qu'elle sort voir la nuit, une fois par an, le soir de son anniversaire, et qui scintillent aux fenêtres. Ce qui fait qu'elle va avoir un vague sujet de conversation avec un professeur de physique. Pour elle , les lumières sont un plaisir visuel, pour lui, c'est surtout un champ d'étude, les ondes, les photons tout ça...Ils ont un sujet d'intérêt commun, mais visiblement, pas sous le même angle d'approche.

Le traumatisme subi aussi lorsqu'elle avait 14/15 ans aurait été intéressant, mais.. non. Victime d'une agression sexuelle, mais elle n'est pas vraiment ni choquée, ni en colère, ni révoltée, ni quoi que ce soit. a peine si elle a conscience d'être une victime. On dirait que tout ça lui passe complètement au dessus, comme tout le reste.

Elle était déjà renfermée sur elle-même auparavant, a n'arrange pas les choses, mais ça n'est pas non plus l'élément déclencheur qui pour justifier ce blocage.
Hijiri est plus intéressante ( une femme forte, à qui Fuyuko aimerait ressembler, qui aime les difficultés parce qu'elle aime relever des défis) mais... peu exploitée.
Et, du coup, la toute fin ou Fuyuko et Hijiri semblent être enfin devenues vraiment bonnes copines fait presque tâche,tant elle n'a pas été suffisamment amenée pendant.. tout le reste. Il y a un trou de 2 ans entre le récit et sa conclusion, entre l'immobilisme et enfin un changement de situation.. et c'est pile ce qu'on aurait voulu savoir, comment Fuyuko a enfin réussi à surmonter ses réticences, qui est éludé.

Et c'est encore plus  déconcertant de trouver des qualités à quelque chose de si.. platounet par ailleurs. De ce que j'ai vu sur les blogs,soit on adore, soit on déteste, et bien même pas dans mon cas. Je l'ai fini juste parce qu'il ne me restait que quelques pages à lire, mais sans y trouver beaucoup de plaisir. Je ne peux même pas parler de déception, vu que je n'avais pas énormément d'attente sur ce livre.

2° lecture du même auteur, et 2°fois que je lui reproche les mêmes choses, ça s'annonce mal, je sens qu'elle n'est tout simplement pas pour moi. Alors que le courant est passé de suite avec Yoshimoto Banana par exemple. Dommage.
5 avril: thématique spéciale "plume féminine".



mercredi 4 avril 2018

oreillers de laque ( tome 1) - Sugiura Hinako

Hop plus d'un an et demi après le tome 2 ( en fait je l'avais lu depuis un moment mais je viens de me rendre compte que je ne l'avais pas chroniqué, avant de le rendre à la personne qui me l'a prêté), voilà enfin le tome 1.Mais comme il s'agit d'histoire indépendantes ,l'ordre de lecture n'est pas très important.

Et donc comme je le disais déjà pour l'autre tome, la série n'est plus éditée, mais on peut encore la trouver d'occasion sur le net.



Si la suite évoque le petit peuple, en revanche ce premier tome est vraiment centré sur des instantané, des "images du monde flottant" (traduction de ukiyo e, les estampes auxquelles le graphisme fait constamment référence), des instantanés de la vie des prostituées du quartier chaud.
Mesdemoiselles Rossignol, Hautes-Herbes, Kimono-de-lin, Plaine-neigeuse ne sont pas des courtisanes de luxe,juste des prostituées normales qui travaillent à Yoshiwara et leurs clients, habitués ou de passage ne sont ni riches ni célèbres, juste des commerçants ou artisans, dont elles espèrent qu'ils ne les oublieront pas lorsqu'elles auront payé leur dette et fini leur contrat. Ho, pas tant pour devenir leurs femmes légitimes ou leurs maîtresses officielles, mais être employée dans leur commerce ou en tant que cuisinière ça serait déjà bien. Alors faute de mieux on manigance, on se fait offrir de petits cadeaux, le summum étant d'arriver à soutirer à un client aisé un serment écrit qui pourra servir plus tard, pour le faire chanter.
Les clients ne sont pas moins manipulateurs: inventer une histoire et se faire passer pour un meurtrier en cavale pour pimenter la passe, ou jouer les tolérants pour se faire apprécier et bien voir d'une prostituée que l'on souhaite revoir... ces petits arrangements sont monnaie courante à Yoshiwara, où de petites servantes au destin tout tracé apprennent dès l'enfance les ficelles du métier avant de devenir à leur tour courtisanes.

A celà, s'ajoute " du vent sur les fleurs"qui donne son titre au recueil ( bizarrement, le titre retenu pour le recueil est celui de la...j'ai failli écrire nouvelle, parce que c'est ça finalement, ce sont des nouvelles dessinées, donc de la seule histoire qui ne se passe pas au bordel, ou dans le quartier chaud, mais en plein air), une saynète humoristique tirée des "contes curieux de l'ère Tenpô", où une jolie fille draguée dans la rue par des types très lourds les calme instantanément... en faisant pipi debout. Car comme Madame Arthur elle a un " je-ne -sais-quoi" en plus ( c'est un acteur de théâtre spécialisé en rôles féminin, un onnagata)
Et puis on croise aussi quelques tanuki au coin d'une case,  pour faire bonne mesure.

les mercredis, c'est journée manga!

mardi 30 janvier 2018

Pays de Neige - Kawabata Yasunari

Ho un billet, après presque 2 mois et demi de silence. Non , ce n'est pas que je ne faisais rien, mais j'ai été bien occupé par un MOOC assez costaud ces dernières semaines.

Pour conclure le challenge Cold Winter (sur mon autre blog), j'ai tout naturellement eu envie de faire un détour par le Japon, et ça tombe bien, la thématique étant, l'hiver, le froid, etc.. j'avais "Pays de neige" en réserve.

J'avoue que je ne connais que peu Kawabata, ma seule rencontre avec lui, jusqu'à présent, était une adaptation de "Tristesse et beauté " en monologue théâtral, il y a des années.
C'est donc sans trop savoir à quoi m'attendre que je me suis attaquée à un de ses textes les plus connus.




On y suit pendant 3 années Monsieur Shimamura, érudit tokyoïte, pendant ses vacances dans une station thermale de montagne, dans le bien nommé " Pays de neige". Car de la neige il y en a en effet partout et très longtemps dans ce coin montagneux. Et pas seulement la neige,mais la blancheur est partout, et à la neige répond le maquillage blanc des geisha, et plus tard la clarté de la voix lactée.

C'est dans ce cadre pittoresque qu'il a rencontré Komako, apprentie musicienne qui loge chez une maîtresse de musique. Comme il y a peu de travail dans ce coin là, et qu'il manquait de geisha pour égayer les soirées, elle était venue un peu au dépourvu amuser ce client. Non profssionnelle, elle avait tout de suite plus à Shimamura et les deux avaient rapidement entamé une liaison.
Lorsque commence le récit, Shimamura revient pour la seconde fois au pays de Neige, revoir Komako qu'il n'a pas oubliée. Celle -ci entre temps est devenue une vraie geisha professionnelle.
Mais alors qu'il arrive en train Shimamura est intrigué par une autre femme croisée dans le train, Yokô, parce qu'il l'a vue presque fantômatique dans un reflet de vitre, parce qu'elle a un regard vif et perçant, et surtout parce qu'elle a une jolie voix un peu grave. Je peux comprendre Shimamura sur ce point là, étant moi-même souvent plus frappée par la voix des gens que par leur physique. Mais c'est un détail qui m'intéresse, car le texte fait la part belle à la musique: Yokô a une jolie voix et chante dans son bain, Komako joue du shamisen.
Yokô et Komakô se connaissent, mais leur relation n'est jamais explicitée. Entre elle il semble y avoir une certaine affection, mais aussi une rivalité liée à un mourant.
C'est donc une sorte de triangle sentimental inavoué qui se noue entre les deux femmes et Shimamura au cours de ses visites, le tout narré sur un mode assez contemplatif et élégiaque.
En fait, plus qu'un roman, c'est presque une série d'instantanés de la vie montagnarde, comme autant d'estampes à l'ambiance brumeuse ou de leitmotiv musicaux ( la voix lactée, le train, les ivresses à répétitions de Komako, le deuil...)
Apparemment dans son pays d'origine Kawabata est plus considéré comme poète que comme romancier, et franchement, je veux bien le croire. Ca n'a pas du être facile du tout à traduire.

Pas désagréable à lire, mais, et apparemment c'est une constante de l'auteur, avec une fin ouverte qui n'apporte pas de réponse. A savoir donc.
Ca ne me pose pas de gros problème, mais ne le sachant pas a priori, c'est assez déroutant ( je l'ai lu en version e-book et j'ai presque cru qu'il y avait un second tome que j'avais oublié d'acheter)
et juste parce que j'avais envie de finir le challenge Cold Winter sur une image pittoresque, le Fuji-san sous la neige
A savoir donc, et à garder en tête pour d'autre lectures de l'auteur, au passage le premier auteur japonais à avoir reçu le Prix Nobel de littérature - Oe  Kenzaburo est le second et dernier en date.
Sur la fin ouverte, voici une analyse fort intéressante.
et au passsage première lecture du challenge je lis des classiques

vendredi 17 novembre 2017

Le château ambulant ( long metrage d'animation 2004)

Après une soirée du 10 novembre assez saignante et violente ( voir ici), il me fallait bien une histoire mignonne (enfin presque) avec un sorcier sympathique, un démon rigolo,une baraque bringuebalante, une mamie de choc et un navet magique pour me remettre de mes émotions.

Celui-ci, je l'avais vu lors de sa sortie au cinéma,mais pas revu depuis. Et j'avoue que j'en avais oublié beaucoup de passages c'est donc une redécouverte pour moi.

l'affiche originale


Bon, comme toujours c'est du Ghibli, donc il y a des grands espaces, de la verdure, une image qui " respire" ( je ne sais pas comment dire autrement, un film Ghibli, c'est vivifiant comme une promenade à la campagne, voilà!), un peu de fantastique et un propos pacifiste...

Voilà très exactement ce que je veux dire par " dans un Ghibli, on respire"

Tout commence dans une petite ville où vit et travaille Sophie, qui a hérité de la chapellerie de ses parents. Ce n'est pas que l'idée d'être chapelière toute sa vie l'enchante, mais elle s'en accommode, en disant à sa soeur, qui a préféré aller travailler dans une pâtisserie, que c'est son devoir en tant qu'aînée.
Rien ne semble de toute façon l'intéresser vraiment, elle n'a pas d'ambition, ne porte aucun intérêt à la guerre qui enthousiasme le reste de la ville et rien ne semble devoir perturber son existence toute tracée.

Même pas la visite à proximité du "château ambulant", curieuse bâtisse métallique mouvante qui ressemble à un gros monstre et que l'on dit habitée par un sorcier dangereux nommé "Hauru" ( Howl dans le texte anglais original, mais je vais garder la transcription nippone des sous-titres)
Personne ou presque ne semble l'avoir vu, mais il y a toujours quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un dont la soeur a été victime d'un maléfice. On prétend même qu'il dévore le coeur de ses victimes. Partant du principe qu'elle n'a aucun risque d'être maudite ou dévorée, Sophie se fiche à peu près totalement de la magie et des magiciens jusqu'au moment où, l'un d'eux vient à sa rescousse alors que des militaires la draguent lourdement. Un dandy blond, plutôt drôle, et sympathique qui propose de l'accompagner pour lui éviter les mauvaises rencontres en omettant de préciser que le chemin va se faire par voie des airs. En marchant dans l'air. Cette rencontre inattendue laisse Sophie songeuse et disons le, un peu sous le charme de cet inconnu aérien et galant.

Moi non plus, je n'en mènerai pas large si quelqu'un m'enlevait au sens propre du terme juste après m'avoir dit "pas de problème, je te raccompagne".
je suis plutôt du genre à hurler " au secouuuuurs, à moi! je veux descendre!"
^$ù*$ù de vertige

Tout le monde l'a deviné, il s'agit ben sûr de Hauru, celui que tout le monde prend pour un monstre. Sauf que Sophie ignore encore son identité.

Manque de chance, il est suivi comme son ombre par la sorcière des Landes, dont il avait pris le parti dans une querelle de sorcier, avant de la laisser tomber pour garder son indépendance. Elle prend Sophie pour la petite amie de Hauru, et pour se venger la transforme en vieille dame octogénaire et rhumatisante. avec impossibilité bien sûr de dire qu'elle est victime d'un sort.

Ce qui serait une catastrophe pour tout le mode est presque un coup de bol inespéré pour Sophie, contrainte de partir, mais qui y voit aussi finalement une occasion de vivre sa vie sans plus se souier des obligations familiales et des conventions. Puisque personne n'ira se soucier de ce que fait une vieille dame.
C'est dans cet état d'esprit qu'elle arrive près du château ambulant, après avoir aidé un épouvantail enchanté, et que.. bon au point où elle en est, autant rentrer, même un méchant sorcier n'ira pas dévorer une coriace mamie.

le "bazar" ambulant serait plus adapté. Mais je kiffe ce truc. Je vous ai dit qu'il y a des portes dimensionnelles qui vous mènent ou vous voulez. Ca n'en a pas l'air mais c'est la classe!



Celui qui l'a laissée entrer se nomme Calcifer, c'est un démon du feu celui qui animé le château métallique: il est condamné à chauffer les lieux, lié par un pacte avec Hauru, et voit la malédiction de Sophie. Et lui propose un marché: qu'elle trouve le moyen de délivrer Calcifer de son pacte, et il lèvera la malédiction qui pèse sur elle.

Le démon le plus chou du monde

Lorsque Mamie Sophie voit enfin Hauru, surprise! Elle s'attendait à tout sauf au secourable inconnu de la veille, aussi avenant avec les jeunes femmes qu'avec les mamies puisqu'il accepte de la loger et de la nourrir en échange de travaux ménagers, et il yen a bien besoin, vu le bric à brac, notre sorcier est aussi flemmard que sympathique.

se retrouver femme de ménage chez le type le plus désordonné de la terre.
Et je sais de quoi je parle, son bureau est aussi en pagaille que le mien
La seule différence c'est qu'il n'y a pas de nourriture qui y traine
Et aussi fanfaron, agaçant, puéril, impatient, qui fuit les responsabilités et la vengeance de la sorcière des landes à qui il a fait faux bond ( bon là, on peut le comprendre, elle est terrifiante et à juré de dévorer son coeur, ce qui ferait peur à n'importe qui. Après, je ne sais pas si en japonais l'image de dévorer le coeur correspond à notre figuré " passer à la casserole", mais à mon avis c'est plutôt ça, vu que la monstrueuse sorcière est visiblement une... " croqueuse d'hommes").

Un excellent magicien, mais doté de la maturité émotionnelle d'un gosse de 10 ans- on saura plus tard pourquoi -  trop content de trouver l'occasion de se faire entretenir par une grand mère d'adoption, voilà pour le monstre que tout le monde craint.
Et c'est super drôle d'avoir un antihéros qui reste attachant tout en ayant autant de défauts qui seraient insupportables chez n'importe qui (punaise pourquoi je pense à mon ex d'un coup? ha oui, il n'avait pas les options " sympa" et "compétent" pour contrebalancer :D)


Alors ce n'est pas le Ghibli le plus facile d'accès, mais il a une qualité qui me le fait classer dans mon top 5: un dessin animé et plus généralement un film, dont le personnage principal est une vieille dame (certes à cause du sort, mais il n'empêche!) et qui nous parle de vieillesse sans  nous dire que c'est une catastrophe parce qu'on a déjà un pied dans la tombe.

J'adore Mamie Sophie, beaucoup plus dynamique, drôle et forte en caractère que quand elle était jeune, 2 jours plus tôt.

Mieux, ajoutons les deux sorcières: Suliman est semble-t-il en fauteuil roulant, mais reste une femme à poigne et une politicienne manipulatrice.
La sorcière des landes cache son âge réel sous un " maquillage" magique ( elle se fait vieille, mêmes ses maléfices ne tiennent plus la route très longtemps et perdent en efficacité), mais reste incorrigible lorsqu'elle retrouve son apparence réelle, de mamie décrépite mais qui n'a pas les yeux dans sa poche quand un bel homme passe dans le secteur.

D'ailleurs, en y réfléchissant, alors que les autres films sont plus axés sur le monde de l'enfance, celui-ci et dans une moindre mesure Porco Rosso, parlent quand même pas mal... disons de séduction, au sens large.
Et des déguisements qu'on met pour plaire aux autres, qui fatalement, empêchent d'être soi: le magicien souffre d'un manque de confiance en lui qu'il tente de cacher (en changeant de couleurs de cheveux puisqu'il se trouve moche en brun!) et se montrer tel qu'il est réellement est une épreuve qu'il ne peut paradoxalement surmonter que face à une mamie... qui n'en est pas une, mais face à qui il peut laisser tomber l'attitude frimeuse. Et n'est jamais aussi adorable que lorsqu'il admet ses faiblesses.

Je trouve cette ironie savoureuse. Et dites moi dans quel dessin animé européen ou américain on pourrait trouver un truc aussi complexe ( d'oedipe, et d'infériorité, oui aussi un peu quand même)

Le film n'a pas eu le succès escompté, mais quelque part ça n'est pas trop étonnant. d'une part il procède part tableaux plus que linéairement.
D'autre part, il est sorti peu après Chihiro, et Hauru ressemble beaucoup à une version adulte de Haku ( magicien? ok. coiffure à frange? ok. Peut se transformer en animal? ok. Peut voler? ok. A mangé un truc ensorcelé qui le rend instable? ok...)
Peut être que les ressemblances étaient trop marquées à peu de temps d'intervalle.

j'ai failli oublier Navet!

Mais bon, voilà, seulement dans le top 5, et non dans le top 3 parce que malgré tout, un oiseau géant ne peut pas rivaliser avec un dragon ( et surtout j'adore Chihiro et sa galerie de monstres et yokai en tout genre)

Voilà mon top 3 pour les curieux
1- Princesse Mononoké
2-Le voyage de Chihiro
3- Porco Rosso ( inattendu, hein? Le corbeau géant est même battu dans mon estime par un cochon volant. Oui,mais Porco Rosso était le film qui m'a fait découvrir Ghibli, alors il mérite son podium)


jeudi 16 novembre 2017

Black rose Alice ( manga en 6 tomes)

A la suite d'une discussion sur Facebook, je me suis rendu compte que je n'avais pas encore chroniqué ici cette courte série de Mizushiro Setona.

et pour cause, autant il est facile de dire qu'on a adoré quelque chose, ou  de descendre en flamme quelque chose  qu'on a détesté (mais toujours en argumentant, la critique n'est jamais gratuite), autant il est plus difficile de trancher quand on est dans le " oui, mais..."
Et la on est pour moi clairement dans le " Oui, mais..."

je suis d'accord, la couverture du tome 1 pique un peu les yeux: du rose, des roses, des ronces et une gothic Lolita qui tire la tronche. Alors que l'histoire au début au moins est plutôt sombre.

Tout commençait pourtant très bien, avec la mise en parallèle de 2 histoires en miroir.
La première au début du XX° siècle, à Vienne: Dimitri est un jeune chanteur d'opéra au talent prometteur qui a eu la chance qu'un noble le prenne en sympathie dès sa jeunesse et lui offre une éducation que ses origines tziganes ne lui auraient jamais permis d'avoir autrement. Mais évidemment, si son talent, son charme et son don pour le baratin lui ouvrent des portes ( et notamment celles des chambres de riches dames avides d'une aventure extraconjugale), il se heurte à ce qu'on appelle maintenant le plafond de verre.
Et ne pourra jamais espérer aller plus haut dans la bonne société: animer des soirées oui, être ami avec le fils du noble, oui, mais être l'égal des nobles non.
Bien évidemment, Dimitri est amoureux d'Agniezka, une femme qu'il ne pourra jamais épousée, car elle est riche, noble et fiancée au fils de la famille qui l'a éduqué.
En tentant de fuir cette situation compliquée, il est écrasé par un fiacre et s'en sort par miracle. Mais pas sans changement:il ne doit sa survie qu'à une graine qui a pris possession de son corps au moment où il allait mourir et l'a maintenant en vie.
Avec un effet secondaire inattendu et problématique pour un chanteur: sa voix peut maintenant, sans qu'il le veuille vraiment, pousser des gens au suicide.
C'est un homme étrange qui lui explique ce qu'il se passe: les vampires existent, le vampirisme ( version Setona) est une sorte de parasitisme végétal, et va devoir maintenant une femme chez qui.. planter la petite graine au sens propre ( oui oui, il est question de reproduction par graines dans cette histoire). Mais attention, il n'a droit qu'à une seule tentative, puisqu'il mourra aussitôt après. Un chanteur qui ne peut plus chanter ET un Don Juan qui ne peut plus séduire!

Pour lui ce ne peut être qu'Agniezka, dans son idée, elle ne pourra pas lui dire non, sauf que...coincée avec quelqu'un qui veut abuser d'elle, elle préfère encore se suicider.
Dans son remord, Dimitri trouve un moyen de garder "endormi" le cadavre d'Agniezka, jusqu'au moment où il trouvera une âme compatible pour la ressusciter, pour quelque part, rattraper son erreur. Mauvaise idée, on est d'accord.

Seconde histoire:au Japon, début du XXI°siècle.
Azusa est enseignante, pianiste amatrice, approche de la trentaine et se débat dans une histoire d'amour compliquée.
En effet, un de ses élèves, mineur, la drague tant et plus et Azusa est sur le point de céder aux avances du jeune homme, et de s'engager dans une relation interdite et condamnée par la société.
Lorsque tous deux sont victimes d'un accident, Dimitri, qui surveillait déjà Azusa avec un certain intérêt, voit là une occasion de faire revivre Agniezka et propose à Azusa un marché: le garçon survivra, sans séquelles, mais en échange, elle doit lui confier son âme.

Azusa accepte et.. se réveille quelques temps plus tard dans le corps d'une blondinette européenne de 18 ans.
Entourée de 4 hommes inconnus.
Qui lui expliquent cash le détail du marché qu'elle a passé avec Dimitri: On lui laisse du temps, mais elle va devoir choisir soigneusement l'un d'entre eux, coucher avec, sachant que ça sera le dernier choix qu'elle fera puisque elle même autant que l'heureux élu mourront peu après. En attendant, c'est elle la reine de la ruche.

Je ne vous ai présenté là que le premier tome, c'est vrai.

Ca part bien hein?
Accidents, suicide,marché démoniaque, une approche totalement différente du thème du vampire ( vu à la fois comme un parasitisme végétal et comme un écosystème symbotique.Amis arachnophobes , je crois que vous feriez mieux d'éviter ce manga), un contexte ouvertement sexuel ( mention à Azusa qui, une fois le choc passé lance directement à la cantonade " alors il faut que je couche avec de morts?... bon, qui passe en premier?" Je n'ai pa le tome sous la main, mais c'est à peu près ça, avant d'apprendre qu'elle n'a qu'une chance et qu'un seul pourra planter la petite graine - oui cette expression n'est pas dans le manga,mais elle aurait du, tant c'est de mise!)

En fait les 3 premiers tomes sont assez sympas, puisqu'ils présentent les 3 autres protagonistes, avec un sérieux concurrent pour Dimitri.
Mais les 3 suivants perdent en intérêt.
Ma Petite Médiathèque est encore plus critique que moi.

 Je suis d'accord sur quelques points: le fait que l'action, et surtout dans les deux derniers tomes, tourne autour du choix qu'Azusa, rebaptisée Alice va devoir faire avec un nombre toujours plus restreint d'options, et le fait qu'elle se "chochotise" de plus en plus, alors qu'elle est supposée être une adulte, avec son vécu d'adulte, dans le corps d'une ado. Pas l'inverse. Et pourtant, c'est un peu comme si la nouvelle apparence extérieure qu'elle revêt vampirisait aussi son esprit.
Je suppose que c'est voulu, mais est-ce que c'est un problème de traduction qui laisse échapper des informations, est-ce que c'est une maladresse scénaristique d'origine, ça, je ne saurais trancher. Peut être un peu des deux.

Pourtant il y avait de bonnes idées, sur, justement l'apparence qui n'est pas forcément révélatrice de ce que l'on est ( j'aime bien Leo, un des autres vampires, qui a tout du type sympa, gentil, prévenant... et incroyablement calculateur, le genre à avoir toujours une solution B sous le coude quand les choses ne vont pas dans son sens); sur le poids des conventions sociales: un tzigane  ne sera jamais intégré dans la bonne société viennoise et toujours renvoyé à ses origines, et une relation majeur-mineur et prof -élève sera toujours sanctionnée par la société ( enfin, sera sanctionné dans le cas où c'est la femme qui est la plus âgée, et même si le garçon est quasi-majeur, soyons clairs, ce n'est pas un gamin de 10 ans, mais un ado de 17 ans qui la trouble),
des choses comme ça qui auraient mérité d'être creusées mais ne le sont pas assez.

Enfin bon, pour moi, le problème majeur, est quand même l'intéressant emploi du cadre musical ( un chanteur dont la voix peut soudainement devenir une arme!) qui disparait presque totalement.
On apprend peu à peu des choses sur les autres personnages, mais finalement leur nombre est un peu trop restreint pour 6 tomes (et il y en a qui quittent le casting en cours de route en plus!), donc on finit par tourner en rond dans un jeu de chaises musicales scénaristique.

donc voilà" Oui, mais..."
Apparemment la mangaka pense ou pensait développer son histoire un peu plus puisque le tome 6 se clôt sur un laconique " fin de la 1° partie". Le dernier tome en date est paru en 2011 au Japon, et pour l'instant, pas l'ombre d'une suite. Peut-être qu'elle aussi se demande comment continuer cette histoire sans trop savoir maintenant par quel bout la prendre pour introduire de nouveaux personnages ( et ça, impossible d'y couper, on ne peut pas faire une suite avec en gros 4 personnages seulement!)

Et pourtant malgré ces réserves je l'ai trouvé sympa, suffisamment en tout cas pour être curieuse de la fameuse suite, si elle paraît un jour. Parce que j'aime bien le graphisme pas facile mais spécial de la dessinatrice, parce que le potentiel sous-jacent n'a pas été assez exploité et que c'est frustrant, alors que les deux premiers tomes étaient très prometteurs.

Ce qui pourrait me tenter, ça pourrait être une préquelle, sur ce qui s'est passé avant Vienne. J'avoue que j'aimerais bien voir le lord cruel qui n'est qu'évoqué dans le tome 1. Histoire d'avoir quelqu'un chose d'un peu plus sombre, dans la lignée de ce que laissait supposer le début
Bon sans aller jusqu'au Marquis de Sade illustré, hein, je n'en demande quand même pas tant!

Nota: je ne comprendrai décidément jamais l'obsession des japonais pour Alice au pays des Merveilles, et étonnamment, la version livre plutôt que celle de Disney. Les références sont partout dans la culture pop, au point d'en devenir un gros cliché qui me sort un peu par les yeux.
Par curiosité je suis allée au café thématique "Alice" à Tokyo - c'était ça ou "Alcatraz", j'ai vite choisi - et c'est très décevant, en tout cas ça l'était en 2011: un café absolument normal, qui ne sert même pas de biscuits inscrits " eat me" ou ce genre de choses. Juste un décor avec des stickers tirés des illustrations du livre, des couleurs de cartes,  et des serveuses vaguement habillées en petites filles anglaises du XIX°