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mercredi 21 juillet 2021

Fantômes du Japon (3) - Lafcadio Hearn

Et on continue!
avec les deux dernières thématiques du recueil " Enchantements et désagréments" et " du fini à l'infini". Don c bon, comme auparavant, vu qu'il s'agit de courtes nouvelles dont précisémet la chute justifie le classement dans telle ou telle catégorie, je peux difficilement faire autrement que spoiler. Désolée!


Enchantements et désagréments: une petite série d'histoires plus courtes que les précédentes, sur la thématique des métamorphoses. Cette fois, on y trouve des humains victimes d'animaux ou de plantes qui ont usurpé la forme humaine, parfois sans mauvaise intention, parfois pour faire passer un message, ou vraiment pour nuire.

- Le vampire du fond des eaux: ou L'histoire de Chûgorô. Chûgorô est un soldat de Kyotô, un homme parfaitement normal et sympathique, qui se retrouve malgré lui victime d'un maléfice. En effet, il a un jour croisé une belle femme qui l'a ouvertement dragué, puis emmené dans son palais au fond de la rivière, s'en faisant épouser, mais avec la clause de ne pas révéler ce mariage. Chûgorô s'épuise donc, rejoignant nuit après nuit son aquatique épouse, sans se douter de la vraie identité de celle-ci.
Le texte traduit parle de vilaine grenouille, je me demande si ce ne serait pas en fait un kappa.

- La mort d'un canard sauvage ou Oshidori: où l'on apprend que les canards sauvages Oshidori (les mandarins) sont au Japon le symbole de la fidélité. Un chasseur tue un jour un canard sauvage pour son dîner.  La nuit suivante, l'esprit de la cane vient le hanter sous forme d'une femme qui lui reproche le peurtre de son mari.

- Le message de la mouche ou l'histoire d'une mouche:
Une servante d'une famille de notables, ne fait jamais aucun effort de coquettereie, bien qu'elle soit correctement payée et fournie en vêtements. Lorsque son employeur lui en deande la raison, elle s'explique simplement: lorsque ses parents sont morts  elle n'avait pas les moyen de faire effectuer un service funéraire digne de ce nom au temple. Elle économise donc sou après sou, pour cet objectif, et promet de faire ensuite des efforts. Ce par quoi elle gagne encore plus l'estime de ses employeurs. Elle meurt cependant peu après avoir pu réaliser son projet, et revient, sous forme de mouche, jour après jour chez ses employeurs: il lui restait encore un peu d'argent, elle tente de leur faire comprendre qu'elle voudrait utiliser cette somme pour son propre service funéraire. Qui se fera donc sous la forme d'un inattendu enterrement de mouche, avec plaquette funéraire.

- Le faisan et le parricide, ou l'histoire d'un faisan: Un fermière voit en rêve feu son beau père, l'avertissant qu'il va courir le lendemain un grand danger et qu'elle doit le sauver. Le lendemain même, un faisan qui fuit devant les chasseurs entre chez elle et se laisser attrapper et cacher. Elle en est sûre c'est son beau-père. Lorsqu'elle raconte à son mari ce qui s'est passé, il se moque d'elle et tue le faisan pour le manger, sous prétexte " mon père préfèrerait être mangé par sa famille que par les chasseurs". On ne plaisante pas avec ces choses dans un pays qui croit à la réincarnation, la femme va porter plainte contre son mari, et la justice lui donen raison: tuer la réincarnation de son père reste un parricide.

-Celui qui voulait voir l'éléphant blanc à six défenses ou la légende de Fugen Bosatsu. Le Fugen Bosatsu est une image particulière de Bouddha, monté sur un éléphan à 6 défenses, dont on dit qu'il peut apparaitre à des personnes pieuse, dans des circonstances particulière. Le voir sous cette forme est le souhait le plus cher d'un prêtre, qui va voir son rêve réalisé de manière inattendue, dans une soirée musicale: une courtisane de condition très modeste s'avère être l'incarnation de Fugen Bosatsu, et lui seul peut la voir sous sa forme divine, avec l'éléphant, lorsqu'il ferme les yeux.


-Le "cerisier du seizième jour" ou Jyûroku- zakura
: Un cerisier particulier, très ancien ne fleurit qu'un jour par an, le 16° jour du premier mois lunaire ( donc encore en hiver). Et ce parce qu'il est hanté par le fantôme d'un homme, qui lorsque son cerisier préféré a dépéri, n'a pas hésiter à se sacrifier pour le sauver, sous forme d'échange équivalent : une vie contre une vie.

- l'histoire de " Saule Vert", l'histoire d'Aoyagi: Un samourai égaré dans une tempête trouve refuge chez des montagnards et leur fille, la jolie " Aoyagi", qui se révèle étonnamment raffinée et cultivée pour une montagnarde. L'homme pense qu'elle ferait épouse parfaite et l'emmène donc avec lui, puisqu'il ne peut se marier qu'avec l'autorisation de son chef militaire. Ce qui se fera après quelques péripéties. Jusqu'au jour où sa femme lui révèle sa vraie nature: elle est l'esprit d'un arbre, et doit maintenant quitter son mari malgré elle. Dans la montagne, quelqu'un a coupé son corps physique et elle va donc simplement disparaître.

Du fini à l'infini: cette sélection se penche plus spécialement sur les histoires de réincarnations et de bouddha.

- Le mort qui protesta contre ses voleurs ( Shiryô) et le magasin de porcelaine hanté par la haine (Ikiryô): ces deux courtes histoires sont en fait deux face d'une même situation: dans la première, le fantôme d'un haut fonctionnaire mort, accusé faussement de malversation et dont la famille va être spoliée, revient prouver son innocence: prenant possession du corps d'une de ses servantes, il va donc prouver ses dire en refaisant les comptes. Un fantôme tout à fait habituel, donc. Dans le second, un employé de magasin, très compétent, est poursuivi par le fantôme d'un vivant, ce qui n'existe pas en Europe. Dans la tradition japonaise, c'est psible: un sentiment violent, en particulier d'aversion, peut venir hanter la victime exactement comme un fantôme vengeur. Ici, l'homme est trop compétent en fait, il est détesté par la femme de son employeur, car elle s'imagine qu'il va faire preuve d'ambition et spolier son propre fils de son héritage. Sa haine démesurée a pris forme à son insu et elle n'a même pas conscience de la situation, elle a au contraire tout fait pour cacher son aversion pour lui. La solution est simple pour contenter les deux partis: éloigner le bon employé en l'envoyant ouvrir une succursale dans uen autre ville, il ne sera plus sous le nez de la vieille dame, et le "fantôme de l'inimitié" disparaîtra tout seul, sans dommage pour personne.

- l'enfant qui naquit deux fois ou la renaissance de Katsugoro:
Un petit garçon , Katsugoro, demande un jour abruptement à sa soeur de qui elle était l'enfant dans sa vie antérieure. Elle ne le sait pas alors que lui se souvient parfaitement de sa précédente famille et de son précédent nom. Il s'appellait Tozo venait d'un autre village, et est mort de maladie plusieurs années plus tôt. La famille voulant en avoir le coeur net, envoie donc le gamin avec sa grand-mère en visite chez sa première famille, folle de joie de le savoir à nouveau vivant.

- Devant la Cour Suprême: ha, une histoire du VIII° siècle pour illustrer le concept de " dieu injuste", des dieux non reconnus par la doctrine bouddhique (en gros, païens) que l'on prie mais dont les bienfaits finiront par amener le malheur. Kinumé, une jeune femme, a failli mourir de maladie et a été sauvée par "le dieu de la Peste" prié par ses parents. Cependant ce n'est pas gratuit, et le dieu ne peut la sauver qu'en échange de la vie d'une autre femme, son homonyme, qu'elle lui désigne. Le dieu va donc faire mourir son homonyme. Mais la justice divine bouddhique ne l'entend pas de cette façon et procède à un échange: après quelques jours de coma, c'est la seconde Kinumé, la victime désignée, qui se réveille dans le corps de la première. Mais l'histoire se finit bien: les familles passent un accord, la survivante qui a le corps de l'une et l'esprit de l'autre malgré elle devient donc l'unique héritière de DEUX héritages :D

- Le samouraï qui fit ouvrir les portes de la naissance, ou l'histoire de Umetsu-Chubei: Umetsu Chubei est un samourai qui, involontairement, va rendre service à une divinité. En remerciement de quoi, il se vera doté d'une force surhumaine, ainsi que tous ses descendants.

- Celui que le passé désigna pour connaître l'avenir, ou une histoire de divination: Ici, le narrateur nous parle de divination, à travers une histoire de voyance, qu'il tient d'un voyant, pour illustrer un proverbe " le diseur de bonne aventure ne connaît pas son propre destin"

- Sur la montagne des crânes d'hommes, fragment: Le boddhisatva acompagne un pélerin sur le lieu où il doit avoir une révélation, mais le chemin est long et fastidieux, il s'agit en fait d'une montagne d'os et decrânes humains. Sans savoir où cette coute histoire allait amener, j'ai beaucoup aimé la chute, complètement philosophique.

- "Et le temps lui-même est une illusion" ou " Dans le cercle": celle là est .. impossible a résumer. Il s'agit d'une discussion philosophique sur le concept de réincarnation et d'éveil, qui est loin, très loin d'être aussi positif que se l'imaginent beaucoup de gens.
A Ushiku, le plus grand Bouddha du monde.



lundi 19 juillet 2021

Il va y avoir du sport!

Parce que je viens de discuter de ça avec Kiona sur facebook  qui présentait une liste de manga au sujet du  foot.Il y a quelques années j'avais une petite tradition personnelle: l'été, je regardais une série animée de sport. Je n'ai plus vraiment pu regarder d'animé depuis que j'ai recommencé mes études, très prenantes.

Mais en remontant au tout début, je me souviens de Jeu Set et Match ( tennis), le rythme de la vie ( gymnastique), Jeanne et Serge (Volley), Olive et Tom, L'école des champions (football)  dans mon enfance. D'où le fait que je cite les titres français, tels que les connaissent les gens de ma génération :)

Mais je me disais qu'il y a des séries sur à peu près tout et n'importe quoi. Et qu'on doit presque pouvoir reconstituer le programme des jeux olympiques rien qu'en dessins animés et /ou manga
Pari tenu!

Je cherche donc des titres qui parlent de sport, ou  bien au minimum, où le sport est une partie importante de l'intrigue ( par exemple le principal personnage de X day pratique l'athlétisme mais ça n'est pas le coeur de l'intrigue, ça pourrait aussi bien être n'importe quelle autre sort ou loisir, donc, je ne sélectionne pas!).
Pour ne pas avoir non plus une liste trop longue, je rassemble les sports proches ( genre les sports nautiques ensemble, même si je sais qu'il y a une différence entre l'aviron le kayak et la voile, ou les différentes épreuves de cyclisme ensmble)

Programme officiel des JO:

  • Athlétisme (du 30 juillet au 8 août)
    Suzuka

  • Aviron (du 23 au 30 juillet)
    Canoë/kayak (du 25 juillet au 7 août)
    Voile (du 25 juillet au 4 août)
    Regatta ( manga)

  • Badminton (du 24 juillet au 2 août)

    Hanebado! ( manga non traduit)

  • Baseball (messieurs) / softball (dames) (du 21 juillet au 7 août). Le sport préféré au Japon, plus que les arts martiaux!
    Touch ( Théo, la batte de la victoire).

    oui il y a une série sur les filles qui jouent au baseball!
    Cinderella 9
  • Basketball 3x3 (du 24 au 28 juillet)
    Basketball (du 25 juillet au 8 août) Trop de choix: Slam dunk, Kuroko no basket, Real, I'll
    Va pour Kuroko, car le mot basket figure dans le titre

  • Beach volley (du 24 juillet au 7 août)
    Harukana receive
    Pour une fois, il y a une raison scénaristique d'avoir des filles en maillot de bain, ce qui j'espère n'est pas trop prétexte à du fan service (hahah) à deux balles ( re haha)
    C'était ça ou " crazy beach" ( ce titre est aussi fin que les mailles d'un filet de volley)


  • Boxe (du 24 juillet au 8 août)
    Ashita no Joe, forcément, un des pionniers du manga de sport
    Et boxe féminine, oui, il y a un manga: je ne connais pas du tout, ça paraît en ce moment, mais voilà une fille qui sort des standards habituels du manga! Et un manga qui met une boxeuse baraquée au premier plan!
    Saotome loves boxing

  • BMX (du 29 juillet et 1er août)
    Cyclisme sur piste (du 2 au 8 août)
    Cyclisme sur route (24, 25 et 28 juillet)
    VTT (26 et 27 juillet) Pas de détail, je rassemble là tout ce qui est vélo!
    Over Drive
    Et pour le keirin ( sur piste donc)


    Aoba Jintenshaten Keirin challenge ( non traduit)

  • Equitation (du 24 juillet au 7 août)
    Jumping

  • Escalade (du 3 au 6 août)

    Iwakakeru, climbing girls

  • Escrime (du 24 juillet au 1er août)
    En garde!

  • Football (du 21 juillet au 7 août). Bon , c'est l'évidence...
    Captain Tsubasa/ Olive et Tom

    Mais il y a aussi un manga sur le foot féminin, ce qui me fait très plaisir , même si je me fiche complètement du foot :D
    Sayonara Football

  • Golf (29 juillet au 7 août)
    King of Golf ( aucune idée du contenu, je vois qu'il a dépassé les 35 tomes, mais n'a pas été traduit, ni en français ni en anglais)

  • Gymnastique (du 24 juillet au 8 août)
    Retour dans les années 80: Hikari no densetsu/ Le rythme de la vie ( très irréaliste de mémoire, avec des gymnastes qui flottaient en l'air pendant des dizaines de secondes )

  • Haltérophilie (du 24 juillet au 4 août). Oui, j'en doutais, mais il y a un manga sur l'haltérophilie. Il a l'air d'en baver le p'tit.
    Juryo again

  • Handball (du 24 juillet au 8 août)

    Sôkyû boys ( non traduit)

  • Hockey sur gazon (du 24 juillet au 6 août) Il y a UN manga qui parle de hockey sur gazon.
    My lovely hockey club

  • Judo (du 24 au 31 juillet): là, la difficulté est d'en choisir un, le judo c'est un peu l'un des symboles du Japon.
    Uchikomi

    Yawara

  • Karaté (du 5 au 7 août): forcément, avec le judo l'autre symbole sportif du Japon ( mis à part le Sumo). Mais je suis étonnée , car il n'y a pas tant que ça se manga sur le sujet, apparemment.
    Karate heat
    Pour la blague, je peux rajouter Judo Boy, vieille série des années 60 qui parlait.. beaucoup plus de karaté en fait, le héros pratiquant les deux arts martiaux.

  • Lutte (du 1er au 7 août)

    Dangan Tackle ( non traduit)

  • Natation (du 24 juillet au 5 août)
    Free!

  • Natation synchronisée (du 2 au 7 août): PAS de MANGA! ( ça y est on a trouvé le sport sans manga, et ça m'étonne beaucoup, en tout cas, je n'en ai pas trouvé)
    Par contre il y a un film et une série, sur les garçons qui en font

    Water boys

  • Pentathlon moderne (du 5 au 7 août). Le pentathlon regroupe escrime, équitation, natation, cross et tir au pistolet. Donc on peut se reporter à ces différents sports.

  • Plongeon (du 25 juillet au 7 août) ( oui  il y a un manga pour le plongeon aussi!)

    Dive!! ( avec les !!,  car il y a un dive sans point d'exclamation. pas DU TOUT la même chose, il semble y être plus question de  heu..fondements que de fonds de piscine)

  • Rugby à 7 (du 26 au 31 juillet)
    Ce blondinet n'est vraiment pas taillé pour le rugby!

    All out!!  désolée, c'est du XV, pas du 7.

  • Skateboard (25 et 26 juillet, 4 et 5 août)
    Sk8tr's

  • Surf (du 25 juillet au 1er août)

    Wave!! ( décidément, les !!), apparemment c'est plutôt un animé, mais comment ne pas éclater de rire devant ce cliché de surfer qui se la raconte?

  • Taekwondo (du 24 au 27 juillet)

    Un manwha ( forcément le taekwondo est coréen) The god of Highschool

  • Tennis (du 24 juillet au 1er août)

    Happy ( qui parle d'une fille qui devient championne de tennis pour éviter la mafia et la prostitution..super joyeux en effet)
    Alors oui, je sais, il y a "prince du tennis", mais...je suis bien plus tentée par le titre d'Urasawa!

    Jeu, set et match: juste pour le moment nostalgie . Parce que c'était un anime sur le tennis où on voyait rarement des scène de tennis, dans le fond.
    Kaleidoscope hippie, ça date de 1973
    S'il vous rappelle quelque chose, c'est normal, c'est l'équipe qui a adapté La rose de Versailles
    C'est parti pour la francisation d'époque: Karine, Hélène, Jean...

  • Tennis de table (du 24 juillet au 6 août)
    ben.. ping-pong, le bien nommé.

  • Tir (du 24 juillet au 2 août). PAS  DE MANGA, ni anime, ni film, en tout cas, pas sur le tir en tant que sport. Les recherches ne font ressortir que des titres sur la police, le western, la SF où les personnages utilisent des armes à feu ( et Cow Boy Bebot ou Trigun ou que sais-je sont très bien, mais cn'ont aps leur place ici.

  • Tir à l'arc (du 23 au 31 juillet)
    Bon, je trouve du Kyûdo, c'est ce qui est le plus proche


    Ten Wo Iru ( non traduit)

  • Triathlon (26, 27 et 31 juillet): natation, vélo, course à pied, se reporter à ces sports

  • Volleyball (du 24 juillet au 8 août)

    Haikyu!!
    Et bien sûr, je ne pouvais pas ne pas le citer
    Ces noms, ils étaient déjà bien ringards quand j'avais 10 ans
    Jeanne et Serge

  • Water-polo (du 24 juillet au 8 août)
    Seika gakuen joshi suikyuubu Monogatari ( oui, titre complet), un 4koma non traduit qui parle d'un club féminin de waterpolo . Tellement peu connu que je ne trouve pas d'images, hormis la toute petite qui illustre le lien.

Et je tiens à signaler en marge de tout ça: Running girl, ma course vers les paralympiques.
Comme le titre l'indique, ce sont les jeux paralympiques qui sont mis en avant, via le défi d'une athlète amputée d'une jambe. Une héroïne handicapée, c'est rare.



Le(s)quel(s) vous tente? Je suis assez intriguée par celui sur la boxeuse baraquée, celui sur l'escrime, et Running girl. J'en ai vu certains, surtout les plus anciens je dois le reconnaître,

jeudi 15 juillet 2021

Fantômes du Japon (2) - Lafcadio Hearn

Et hop deuxième sujet extrait de cet ouvrage, cette fois sur les thématiques " horreurs et malheurs " et " vertiges et prodiges", que j'ai donc gardé pour marquer le coup de O-Bon.

Horreurs et malheurs, comme on s'y attend, met en scène des histoires plus violentes et cruelles que précédemment, on y trouve des yokai connus : le rokurokubi ( goule dont la tête se detache du corps pour aller dévorer les vivants la nuit), le nopperabo ( monstre sans visage) , des cadavres rétifs, des esprits sanguinaires... Ca va saigner. Attention spoilers, parce que ce sont des histoires très courtes, et il est impossble d'en parler sans les résumer, ce qui implique de dévoiler la fin. Donc dans la mesure du possible je tente le coup du surlignage pour révéler le spoiler.

- le fantôme à la tête coupée: Un prêtre errant, ancien samouraï ( et toujours vaillant), hébergé par de braves gens est nuitamment attaqué par cinq "Rokuro-kubi", plus que des fantômes, des créatures fantastiques dont , selon les cas, le cou s'allonge démesurément, ou la tête se détache  pour aller commettre des forfaits. Ses "gentils hôtes" sont bien décidés à en faire leur pitance. Pour les vaincre, il faut déplacer leurs corps et les cacher. Les monstres disparaîtront pour toujours si la tête et le corps ne sont pas rassemblés à l'aube.

- Celui qui avala un fantôme: une histoire à fin ouverte. Un homme, buvant un thé, voit dans sa tasse une étrange apparition. Un fantôme. Il décide malgré tout de boire le thé, et le fantôme avec... et reçoit évidemment le jour même la visite .. du fantôme, bien décidé à se venger de cette affront. Mais... nous ne connaitrons pas la fin de l'hisoire et c'est bien dommage, Lafcadio Hearn précisant que c'est typique des récits fantastiques japonais, à nous d'imaginer ce qui va se passer entre l'homme et le fantôme.

- Le décapité qui mordit la pierre: un condamné à mort, avant son trépas, maudit le seigneur qui va le faire exécuter, promettant de se venger et de le hanter. A quoi le seigneur rétorque: " je ne peux pas acorder foi à vos parole, prouver moi que c'est exact. Il y a une grosse pierre plate au sol, si votre tête coupée vient la mordre, alors j'accorderai du crédit à la menace". Le condamné promet de la mordre.. ce que fait sa tête , sitôt coupée. Et de mourir et de ne jamais revenir hanter qui que ce soit. Le Seigneur savait: seule la dernière menace d'un condamné est dangereuse. En détournant son attention, il a annulé la malédiction, le fantôme a oublié sa vengeance!

- Le fantôme dans visage: Ici il est dénommé " mujina", bien que je le connaisse par ailleurs sous le nom de Nopperabô. Un vieux marchand rencontre une jeune femme éplorée, un soir, pleurant et se cachant le visage. EIl lui propose de l'aider, avant de se rendre compte avec horreur qu'elle n'a pas de visage: ni nez, ni yeux, ni bouche, une face lisse comme un oeuf C'est un yokai. Malheureusement pour qui veut les aider, cette malédiction se transmet instantanément à qui regarde le monstre!

- Le chevaucheur de cadavre: Une histoire assez glauque. Une  femme divorcée, évidemment contre son gré, vient de mourir, pendant l'absence de son ancien mari. elle a proféré à son encontre des menaces et  l'homme risque gros. Pour éviter de se faire déchiqueter par son ex femme, l'exorciste lui donne la seule solution: il doit passer la nuit, assis sur le dos de son ex femme, la tenant par les cheveux, tel un cheval par les rênes, sachant qu'elle va essayer de le désarçonner. S'il survit à la nuit, il sera sauvé de la malédiction... A cheval sur un cadavre... beurk...

- le mangeur de cadavre: Un prêtre errant arrivant dans une village où quelqu'un vient de mourir, apprend qu'il y a là un étrange rite. Dès qu'il y a un décès, tout le monde part, laissant le cadavre seul dans une pièce. au matin, il n'y a plus trace du mort. Le prêtre a vite fait de comprendre: le cadavre est mangé par un  fantôme d'un confrère, mort depuis longtemps, qui habitait autrefois dans la montagne.

- la morte aux mains vivantes: Encore une histoire très louche, de jalousie féminine, et particulièrement cruelle. La femme d'un Daimyo, mourante, fait appeller près d'elle une des concubines d eson mari ( rien que de trèshabituelle), qu'elle dit aimer comme une soeur, lui faisant promettre d'épouser son futur veuf et de bien s'occuper de lui. La jeune femme acquiesce, et la mourante lui demande un dernier service: la transporter sur son dos jusqu'au jardin, pour voir une dernière fois les arbres en fleurs. Et en profite pour saisir sa rivale par les seins , avant de mourir. Mais impossible de détacher les mains de la morte, qui se sont soudées à la peau de la jeune femme. Il n'y a pas d'autre moyen que de les couper.. Mais les mains restent malgré tout vivantes, pinçant et torturant sans relâche la femme... toutes les nuits, et ce pendant dix-sept ans, malgré les exorcismes et prières propitiatoires.

- la légende de la cascade aux esprits: une histoire bien saignante. Les ouvrières, pauvres, d'une filature de chanvre, près du lieu dit de "la cascade aux esprits", font un pari: elle donneront toutes leur paye de la journée à celle qui aura le courage d'aller chercher largent contenu dans la boite à offrandes de la cascades aux esprits. O-Katsu, qui a un enfant en bas-âge, et bien besoin d'argent, se dévoue. Et par voler le tronc, son enfant emmailloté sur le dos. Elle sent bien qu'on essaye de la saisir, lorsquelle s'empare de la boîte, mais revient malgré tout à l'atelier. Où tout le monde va découvrir l'horreur: O-Kastu a le dos trempé de sang, l'enfant a eu la tête coupée.

Vertiges et prodiges:
Un peu de calme et de mystère pas forcément saignant, après le précédent chapitre!

- le prêtre qui écrit avec cinq pinceaux en même temps: L'écriture de Kobodaishi, alias Kukai. Kukai est un authentique prrêtre des VIII°/ IX° sièclle, particulièrement important à Shikoku dont il est originaire, puisque le pélerinage des 88 temps lui est dédié. Mais bien qu'ayant existé en tant que personnage authentique, tout comme Siddharta Gautama un millénaire plutôt ou les philosophes grecs, il est aussi semi-légendaire, et toutes sortes de miracles lui sont attribués. Notamment, comme il était également calligraphe, la capacité d'écrire avec 5 pinceaux en même temps ( un dans chaque main, un à chaque pied et un entre les dents), et de tracer des caractères capables de s'animer. On a donc ici 3 histoires de caractères enchantés.
- le tableau qui avait une âme: L'histoire de Kwashin Koji,prédicateur de rue et peintre de Kyotô, auteur d'un kakemono représentant des démons si réalistes qu'ils terrifiaient la population, laquelle retournait fissa dans le droit chemin pour éviter les malédictions, non sans avoir laissé une obole au prêtre. Le tableau ayant attiré l'attention d'un daimyô, qui voulut l'acheter, le prêtre refusa de se séparer de ce gagne pain, et fut assassiné par un vassal qui lui vola le tableau. Or une fois ramené, le papier s'avéra blanc et le daimyo apprit que le mort, très vivant, continuait à prêcher avec son tableau. Deuxième tentative d'assassinat, deuxième échec: le supposé mort continuait ses prêches intinérant. Arrêté, il finit par s'enfuir en embarquant sur un bateau dessiné sur l'un de ses tableaux :)

- le gamin qui dessinait des chats: lui n'a pas de nom connu, c'est un fils de paysan, inapte aux travaux des champs, mais doué pour la peinture. A ce détail près qu'il ne dessine QUE des chats, encore et toujours. Envoyé dans un temples pour devenir moine, il s'y montre encore inapte, mais son talent pictural va quand même faire des merveilles. Car, de passage dans un temple abandonné, il trouve des panneaux blancs où peindre des chats... sans savoir que le temple est hanté par un démon-rat. Que tous cs chats vont nuitamment s'empresser de chasser .

- celui qui tomba amoureux d'un portrait: La fille sur le paravent. Un homme achete sur un marché un vieux tableau représentant une jolie femme et à force de le contempler, fini par tomber amoureux de cette femme idéale. Au point de s'en rendre malade. Jusqu'au jour où un spécialiste lui explique qu'il y a un moyen de transformer son tableau en femme réelle,bien que le modèle soit mort depuis longtemps. Le peintre était si doué qu'il a pu enfermer dans son dessi  on seulement la forme mais aussi l'esprit de la fille: il suffit alors de lui donner un nom et de l'appeller par ce nom, jusqu'à ce qu'elle se matérialise. Et lui offrir une coupe de saké acheté chez 100 marchands différents, afin qu'elle reste et dise elle-même la suite du rituel à accomplir.
Une variante locale de l'histoire de Pygmalion, donc, plus ou moins.

- la prisonnière du miroir
: Un petit temple tombe en ruine.Juste pour le plaisir je cite le nom du daimyô local, qui n'a pas les moyens de le faire réparer, très drôle pour les français: le seigneur " Kitahataké". En cas de guerre, c'est toujours la faute du seigneur Kitahataké. En tout cas le seigneur Kitahataké a dépensé trop d'argent en guerres et n'a plus de liquidités pour l'entretien. Donc le prêtre local fait appel à un autre seigneur pour récupérer des fonds. MAis comme celà peut prendre du temps, le prêtre se voit contraint de louer un logement à Kyotô en attendant . Or la maison possède un puits intarissable, même en pleine période de sécheresse, mais auquel une sinistre réputaton est attachée: plusieurs personnes s'y sont mystérieusement noyé, et cet été-là, une voisine venue y puiser de l'eau est aussi retrouvée morte. Se penchant sur le puits il y voit une femme, en train de se farder, et manque se noyer lui aussi.
Jusqu'au jour de tempête où il reçoit la visite du fantôme du puits, qui vient s'expiquer: elle est la première a être tombée dedans et est devnue esclave du dragon qu'il l'habitait, contrainte de faire tomber d'autres victimes pour nourrir le dragon. Le dragon est parti, le puits est à sec, elle vient donc implorer le prêtre de procéder aux rites de purification pour la libérer elle aussi. Il ne s'agit pas d'une vraie femme, mais de l'esprit d'un miroir précieux tombé au fond du puits. Que le miroir soit rendu à la famille de son légitime propritaire, et tous els problèmes d'argent du prêtre seront rapidement réglés en remerciement.

- A propos d'un mort et d'une cloche: ou plutôt en anglais " d'un miroir et d'une cloche". La légende de la mugen-kane, cloche fondue à partir de miroirs de bronze, et maudite par une femme qui regrettait d'avoir du donner son miroir: le miroir ne fond pas, on comprend qu'elle ne voulait pas réellement le donner et est la risée de tout le village. De honte elle se suicide, mais auparavant maudit la cloche: après sa mort le miroir fondra, la cloche sera fondue.. mais celui ou celle qui arrivera à la briser à force de la faire sonner gagnera une éoemet somme d'argent. ce qui dot arriver arrive, les gens se succèdent jour et nuit pour sonner la cloche au points que les moines n'en peuvent plus et la jettent dans un marécage. Impossible de la sonner, mais les japonais ne manquent pas d'astuce, ni ce superstition: qu'à cela ne tiennt, toyt objetc peut devenir symboliquement la cloche, ils façonnent donc plein d'objets variés pour les casser, déclarant que c'est la cloche, symboliquement, en éprant être chacun l'élu du fantome de la femme: le tintamarre continue de plus belle.
Une histoire plutôt originale, mais d'une narration assez étrange, qui part en tout sens. Peut-être est-ce la traduction depuis l'anglais qui est en cause.

Un furisode aux couleurs particulièrement ardentes

- Le grand incendie de la robe aux longues manches: un furisode ( titre original), kimono à longues manches. Lors d'une fête une femme voit un samourai aux vêtements de couleur éclatantes. L'homme autant que le vêtement lui plaisent beaucoup. Mais impossible de retrouver l'inconnu! Dans l'espoir d'attirer son attention, au cas où elle le rencontrerait à nouveau, elle se fait confectionner un kimono tout semblable à celui du monsieur, le porte souvent, et prie devant lui en esprant se concilier les dieux. Mais malgré tous ses efforts, elle ne le revoit pas, et meurt soudainement. Le vêtement précieux donné au temple est vite revendu: tutes ses propriétaires succèsisvent meurent le jour même où elles décident de le porter, après avoir déclaré êtres hantées par le fantôme d'un bel homme. Pour purifier le vêtement, le prêtre décide de le brûler. Mais iprégné de la passion de la dame, le vêtement brûle.. envoyant des éctincelles dans tout le quartier, qui se répandent partout en ville, déclenchant le " grand incendie du kimonon à longues manches" ( à Tokyô en mars 1657). Un incendie de deux jours, tout à fait réel, et rvraisemblablement causé par le rituel de purification d'un furisode maudit. 65% de la ville a été détruit. Une manière radicale de déclarer sa flamme à quelqu'un!




jeudi 1 avril 2021

Kamigami no asobi (série d'animation, 2014)

 Donc voilà, puisque j'en parlais au sujet de Tsukimi, en mentionnant brièvement cette série, qui n'avait pas eu droit à son sujet, bien qu'elle a été une bonne surprise, il est temps.

La série date de  2014, et adapte vaguement le sujet d'un jeu vidéo de drague: une humaine est envoyée dans un monde peuplé de dieux et va devoir en draguer un ou plusieurs - J'avais vu lors d'un voyage au Japon les affiches et publicités énormes pour ce jeu, qui venait de sortir. Le temps de déchiffrer les kanas des noms des personnages, de comprendre qu'il s'agissait d'un otome game sur la mythologie...  J'ai piqué un tel fou rire dans le magasin que j'ai couru aux toilettes pour pleurer de rire. Oui oui, tant ça avait l'air cliché.Ce n'est que le lendemain que j'ai pu, en me préparant mentalement, lire le titre sans memarrer à nouveau. "Kamigami no asobi": le jeu des dieux.

Et donc quand j'ai vu une adaptation en anime, je me suis dit " haaa mais c'est le concept qui m'a valu un fou rire mémorable".

Mais je ne parlerai pas ici du jeu en lui même que je n'ai pas testé.

La série animée a eu la bonne idée de s'éloigner du bête concept de "jeu de drague! on colle une fille aléatoire et sans personnalité dans un groupe de gars qui vont rivaliser d'ingéniosité - ou de harcèlement sexuel -pour se la taper, vu qu'elle est la seule célibataire du coin, et pour tout dire la seule personne de sexe féminin du coin..." pour se concentrer sur une version divine d'"Esprit rebelles": une bande de racailles immortelles doit apprendre à respecter l'humanité tout entière, et c'est pas gagné.

Dans ce genre d'adaptation d'un jeu de drague, il y a eu le consternantissime " Diabolik lovers" qui reste à ce jour le pire navet d'animation (d'un point de vue scénario) que j'ai vu. C'était il y a 6 ans et je me souviens encore de la nullité absolue de ce truc.

Bonne chose, Kamigami est l'anti- Diabolik Lovers, sur un scénario qui s'annonçait pourtant aussi mal parti que possible : une humaine se retrouve coincée pour une raison quelconque dans un lieu peuplé d'immortels. Des dieux cette fois.
Donc, il y avait tout pour partir en sucette, d'autant que l'héroïne s'appelle également Yui, comme celle de Diabolik, mais divine surprise (oui j'ai osé), elle se bouge et personne ne va tenter de la manger.

Et pourtant, sur le papier, le mélange "mythologies du monde et comédie lycéenne" était hautement aléatoire et annonçait un foirage totale.


Donc Yui, une lycéenne japonaise tout ce qu'il y a de plus normale, se retrouve transportée dans un monde étrange par le biais d'un artefact magique. Du classique, jusque là.

Mais déjà, Yui, contrairement à pas mal de ses consoeurs d'animations a une vie, des amis, des loisirs , une famille. Et une fois transportée dans un lieu qu'elle ne connait pas, sa première réaction est LO-GI-QUE: une fois établi qu'elle est vivante et entière, elle va chercher du réseau sur son téléphone pour essayer de se géolocaliser et d'avertir sa famille, les secours, bref, de faire quelque chose autre que chougner.
Et devant l'impossibilité de se situer, essayer de trouver d'autres gens et de leur parler pour voir s'ils peuvent lui donner des indices dans sa quête sont aussi paumés qu'elle.
Et donc elle va rencontrer tour à tour un paquet de types bizarres, plus ou moins collaboratifs, qui n'ont pas plus qu'elle la moindre idée de ce qu'ils font là. 

Et elle comprend quand même que quelque chose n'est pas normal quand elle voit dans le ciel une île flottante ( pas le dessert, plutôt digne d'un tableau de Roger Dean) et Pégase.
Oui, le cheval volant de la mythologie grecque.
et
donc, ce qu'il se passe: Zeus, LE zeus ( sous l'apparence d'un petit garçon tout mignon mais très égoïste) va rassembler tout le monde et s'expliquer à peu près dans ces termes:
 Je m'ennuyais alors j'ai trouvé un moyen de me divertir en pourrissant la vie des autres
Yui tu es une terrienne tout ce qu'il y a de plus banal, un échantillon parfait de médiocrité humaine.J'ai donc décidé de faire de toi l'instructrice d'une bande de racailles de niveau olympique. Ce sont tous des dieux avec un gros gros problème mental et /ou relationnel. A toi de leur faire comprendre ce que sont les humains, leur valeur collective - même si ce sont des connards individuellement - et à convaincre tous ces jeunes glandeurs de dieux que les humains ne sont pas des jouets (enfin sauf pour moi). Tu as une année scolaire pour leur apprendre l'humilité et la compassion. Si tu rates, vous serez tous coincés ici pour l'éternité. Pas de souci, leurs pouvoirs sont scellés, ils ne pourront rien te faire, moi par contre je peux cramer la tronche de tout le monde en un claquement de doigts, donc filez tous droit.


Bon, on l'a dit, tous sont complètement tarés un peu indisciplinés.
Du côté de l'équipe grecque nous avons Apollon (con comme un verre à pied, et qui surnomme l'héroïne " madame la fée", dragueur comme, ben le dieu de la beauté, mais qui se prend des râteau à cause de la présence d'un concurrent aux mêmes attributions), Hadès ( qui a du mal a assumer son statut de roi des enfers, et pense attirer le malheur sur tout le monde, bref: être un chat noir), et Dionysos ( qui se fout de tout et ne s'intéresse qu'à cultiver de la vigne où qu'il soit)

Yui et ses amis grecs: Dionysos, Hadès et Apollon. Quand même, quand tes potes sont des dieux, c'est la classe.
Et vous avez vu: elle se marre, personne ne tente de la torturer ou de la menacer, c'est la pause repas entre amis. Et ce n'est pas elle le déjeuner.


Côté mythologie nordique, Balder ( l'équivalent nordique d'Apollon, mais comme il est aimé de tout le monde à cause d'un sort jeté par sa mère, il complexe: personne ne l'apprécie réellement spontanément, pour sa personnalité ou ses qualités, c'est l'effet du sort, trop le seum ) Loki (remuant dieu du feu et meilleur ami- WTF!- de Balder, ça, c'est le gros nawak mythologique, ils sont supposés se détester quand même), et Thor qui ne sert pas à grand chose concrètement.

Et pour l'équipe japonaise, Tsukito le dieu de la Lune (qui y est tout le temps, dans la lune) et Susanoo le dieu du vent, ou de la mer, j'ai un doute. Mais il fait un peu double emploi de "type remuant" avec Loki.
Et donc il va falloir convaincre ces glandeurs de s'allier entre eux pour contrer les plans ridicules de Zeus, qui a apparemment décidé de régenter aussi les autres mythologies, et tout en arrivant à leur faire comprendre qu'il ne faut pas martyriser les humains, que ce sont des créatures sensibles. Un peu comme " écraser les insectes, c'est pas très gentil"

Et on rajoute les deux figurants égyptiens sous employés, Thoth ( bibliothécaire caractériel), et Anubis ( le " toutou", qui ne fait qu'une apparition de quelques secondes par épisode, un cameo, donc)

Choisi ton dieu favori ( bon il manque ici Zeus et Dionysos, et Thor qui n'a pas non plus un rôle important, ça aurait fait trop de grecs et de norvégiens, probablement)

Raisons pour lesquelles c'était une bonne surprise:

- L'héroïne n'est pas 100% molle, a des lignes de dialogues, essaye de trouver des solutions par elle-même plutôt que de chougner à la première difficulté. Quitte à s'opposer frontalement -et à coup de katana- à Zeus. Ou a un dieu qui ne veut pas bouger sur le ton " si ça t'amuse d'être ici c'est ton problème, mais on est dans le même bateau, et là ça devient mon problème, JE veux rentrer chez moi, et pour ça s'il faut que je te traîne par la peau du  biiiiiip , je le ferai. YEEEEES!

- On lui a assigné une tache et elle fait de son mieux pour la mener à bien, dès qu'elle comprend que c'est sa seule manière de rentrer dans son monde d'origine.

- Il y a un scénario qui pioche, même en les distordant, dans les mythologies d'origine des différents personnages. Donc un peu de portenawak pour les mythologues avertis, mais au final, pas plus que la moyenne des films hollywoodiens, capables de vous coller le concept de "péché" judéo-chrétien en pleine Grèce antique. Mais bon on n'atteindra jamais le niveau cosmique de portenawak de Saint Seiya, et pourtant, j'adore Saint Seiya. Doc le n'imp' n'est pas disqualifiant quand il est assumé ( et LE Choc des Titans, version années 80 est un délice malgré une chouette robot totalement anachronique)

- La série a le bon goût d'être tragi-comique et de ne pas se prendre trop au sérieux, sauf lorsqu'elle évoque des passages vraiment liés à la mythologie ( le meurtre de Balder dans la mythologie nordique par exemple)

- Cool, on évite le cliché de caser l'héroïne avec le célibataire le plus probable - ici Apollon- pour se concentrer sur les problèmes personnels ou psychologiques de ces dieux, quand même assez gratinés. On ne parlera pas de l'Apollon mythique, dieu de la beauté et des râteaux - même si ce détail jubilatoire est repris! Apollon se voyant involontairement damer le pion par Balder et sa "malédiction" - mais quand même de base un sacré enfoiré, aussi chaud que papa Zeus. ( sisi, regardez les légendes, il s'en s''est pris un certain nombre de rateaux, soit que la femme qu'il poursuit est fidèle à son mari ou pas du tout motivée pour sortir avec un immortel, se sachant mortelle, soit que le monsieur qu'il poursuit ne soit pas spécialement intéressé par les hommes. Non désolée, c'est un jeu de drague hétéro, on ne pourra pas caser Apollon avec un homme et c'est bien dommage)

- L'anime évite l'autre énorme cliché de faire d'Hadès un personnage négatif, parce que la mort c'est pas bien. De fait, mythologiquement parlant, Hadès est plutôt un dieu pépère, qui s'acquitte de sa tâche comme il peut sans se mêler vraiment de la vie des humains , et au final un dieu bien plus digne que ses deux frères, ce qui n'est pas difficile. Et donc Hadès ne sera pas le personnage négatif qu'on attend, mais un type sympa doté d'un humour du type " blagues carambar", un personnage plutôt marrant avec une passion pour les daifuku à la fraise - oui des petits gâteaux japonais.

 Et donc ça va être une autre piste qui va primer que " collons l'héroïne dans les pattes d'un dieu au pif" et c'est très bien. De plus, sur les derniers épisodes le scénario a la bonne idée de choisir une mythologie, la nordique, et de s'y tenir.

Et en point négatif, c'est assez linéaire: 1°épisode = les présentations, les suivants = un personnage = un problème à résoudre et l'histoire ne commence réellement qu'après la moitié. Sur une série de 12 épisodes, c'est un peu dommage.

Et comme on part d'un jeu de drague, il manque de personnages féminins , on voit quelques filles, ce sont juste des esprits collés là par Zeus pour donner l'impression qu'il y a plus de monde ( pourtant il y aurait pu y avoir quelques déesses, genre Artémis, il y aurait tellement eu de potentiel à exploiter une rivalité entre frère et soeur. Ou Athéna qui aurait pu être dans sa période rebelle contre papa Zeus et chercher le soutien de tonton Hadès)

Et je viens de découvrir que le jeu avait ce personnage. qui n'a pas été intégré à la version animée.
Et là je me dis " quoi, une autre nana? Enfin!!! ouaaah, j'adore son kimono, trop cool"
Erreur. Ce n'est pas une autre nana. C'est un dieu du soleil, encore un, avec Apollon et Balder, ça faisit trop de dieux de la lumière.
C'est vrai que dans le bingo des anime, il manquait ici le personnage travesti.

L'autre problème c'est que comme il s'agit d'une comédie lycéenne on aura droit à tous les clichés de la comédie de lycée japonaise: choix de clubs à rejoindre, bad guy sympa au passé douloureux, pièce de théâtre, nécessité de collaborer entre personnages qui ne peuvent pas s'entendre, fête de l'hiver, personnage maudit (et cette fois, ce n'est pas une image romantico- emo), roi de la maladresse qui s'étale de tout son long à tous les épisodes. Et l'inévitable mascotte-conseiller qui ne sert à rien.
Une sorte de sac poubelle qui parle. Et ce n'est pas une image, c'est vraiment un sac animé fait de déchets. C'est là qu'on se dit quand même que l'anime ne se prend pas au sérieux et a été conçu comme une grosse blague.

Mais le plus gros problème ici c'est : c'est trop court! 13 épisodes d'une vingtaine de minutes pour arriver à présenter tout le monde PUIS développer une trame narrative, c'est très court ( souvenez vous de mon commentaire sur Diabolik, provant que tout est relatif: 13 épisodes de 12 minutes moins les génériques, ça paraissait horriblement long!)
En l'occurrence, les dieux égyptiens présent sont juste des figurants, et c'est bien dommage. On pourrait faire un " où est Charlie" en cherchant les apparitions d'Anubis, qui a réellement un comportement de chien-chien.

Donc une série très courte, pas exempte de défauts, mais qui partait de très loin. Je n'en attendais absolument rien, je l'avais regardée un peu par curiosité, et ça s'est avéré une excellente surprise, une série beaucoup moins basique et couillonne que ce que je craignais, avec de vrais moments de délire, une héroïne qui a plus de nerfs que les autres, et un scénario, même précipité.
Donc pour le côté blague, j'avais conservé ce sujet pour le premier avril, en lieu et place du sempiternel tome du navet pharaonique habituel que je n'ai franchement plus l'envie de me forcer à lire.