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mercredi 4 septembre 2024

Nana tomes 1 à 3 - Yazawa Ai

 Voilà une lecture que je n'avais jamais faite, et pourtant ce manga fleuve (21 tomes) a déjà presque 25 ans.
Il faut dire que deux choses me rebutaient particulièrement: le graphisme, avec ses personnages ultra filiformes à la limite du bonhomme bâton, et l'un des personnages centraux ( la meuf chochotte qui se plaint sans cesse)

Mais un jour d'ennui, dans une bibliothèque où c'était l'un des titres disponibles, je me suis donc tapé les 3 premiers tomes.
Et.. même si le graphisme et l'héroïne ne sont effectivement pas ma tasse de thé, c'est pas si mal. Pas oufissime, mais pas si mal et j'aime bien les personnages secondaires, Jun, Keisuke, Shin et sa situation particulière, Yasu qui est vraiment le pote qu'on aimerait tous avoir, et  Nana- O - la -punkette.


Donc de quoi que ça parle? De deux nanas qui se nomment Nana ( oui, elle est facile celle-là), soit en japonais, " Sept" ( avec ma date de naissance bourrées de 7, je pourrais aussi être une nana, je dois dire). Le 7 est un chiffre assez ambivalent au Japon, associé au bonheur et à la chance comme dans beaucoup de traditions ( les sept divinités du bonheur), il est aussi assez mal perçu dans sa lecture d'origine " shichi", qui sonne comme " la mort et le sang", donc pour éviter cette sonorité mal aimée, on préfère lui donner sa lecture typiquement japonaise " nana". Le chiffre porte bonheur en Asie est plutôt le chiffre 8, et Hachi,"8" est aussi le surnom que Nana O donne à Nana 4 pour la charrier et se différencier, et au fil des tomes, ce surnom est utilisé par d'autres personnages.

Mais qui sont ces "Nana". Le premier tome est une sorte de prologue, qui par moitié, présente des deux personnages centraux, dotés du même prénom.

Nana Komatsu, c'est la fifille, la barbie, celle qui aime la mode, les couleurs flashy, les fleurs, et les trucs girly. C'est aussi une sentimentale, mais.. dans le mauvais sens du terme. Elle est malheureuse en amour parce qu'elle tombe amoureuse tous les 2 jours, parfois même de garçons à qui elle n'a pas adressé la parole, se fait des films, et... devient très vite envahissante, ce qui d'une part fait fuir les gens normaux, mais la désigne aussi comme proie parfaite pour les hommes mariés en quête d'une aventure sans lendemain. Et c'est ce qui lui arrive, son amant plus âgé qu'elle part à Tokyo pour le travail et la plaque, elle va donc se jeter dans les bras d'un camarade de sa promo en école d'art. Ecole d'art qu'elle a choisi pas vraiment par goût, mais pour rester avec Jun sa meilleure amie. Car Nana K est une suiveuse, qui ne s'intéresse aux choses que pour séduire le nouvel élu,de son coeur, et n'a pas de goûts ou d'avis vraiment personnel. Problème: toute sa bande de copains à réussi les concours d'entrée en fac à Tokyo, elle non, et donc, elle doit attendre un an avant de les rejoindre.

Nana Ôsaki, c'est tout le contraire: punkette à tatouages, piercings, style tout droit sortit de Camden à Londres, elle a ses goûts , son franc parler, ne se laisse pas marcher sur les pieds.. et est heureuse en amour. Elle a une relation harmonieuse avec Ren, le guitariste du groupe de punk rock dans lequel elle est chanteuse. Mais Ren se voit offrir une place de guitariste dans un autre groupe prometteur à Tokyo, et c'est l'occasion de sa vie de percer nationalement en tant que musicien professionnel. C'est donc nana qui rompt, ne voulant pas le suivre en tant que "petite amie du guitariste d'un autre groupe", elle veut faire es preuves en tant que chanteuse et ne montera à Tokyo que lorsque la possibilité de devenir elle aussi chanteuse professionnelle se présentera.

Et c'est dans le train que les deux filles que tout oppose, y compris leur statut social, se rencontrent ( Nana Ô vient d'une famille pauvre, a été abandonnée très jeune par ses parents  aux soins d'une grand-mère qui lui a vite inculqué la nécessité de trimer pour avoir ce qu'elle veut, Nana K  est la deuxième d'une fratrie de 3, dans une famille asse remuante mais solidaire, et plutôt aisée, ce qui lui permet de faire ses études sans vraiment travailler. N'ayant pas le besoin absolu de gagner son argent, elle ne prend de petits boulot que pour draguer quelqu'un). Cette rencontre aurait pu rester sans importance si le hasard ne les remettait pas en contact, quelques jours plus tôt, lorsqu'elles cherchent à se loger. La solution est vite trouvée: devenir colocataires.
Et contre toute attente, elles s'entendent bien, et c'est le début d'une histoire d'amitié fusionnelle, qu'on devine relatée quelques années plus tard par Nana K., qui insiste sur l'importance que Nana Ô a eu sur son avenir, sur le modèle de femme indépendante qu'elle a été pour elle, incapable au début de comprendre qu'un travail est quelque chose de sérieux. On ne sait pas encore ce qui a pu se passer, mais toujours est-il que Nana Ô est devenue une boussole qui l'a aidée à ne pas sombrer lorsque la dépendance affective l'entraînait trop loin.
Et pour moi, Nana K devient supportable grâce à Nana Ô et Jun qui la charrient et la fon revenir sur terre, comme la lectrice que je suis aimerait le faire.

Car c'est bien de l'importance de l'amitié lorsque les choses deviennent difficile qu'il est question, mais aussi de thèmes sérieux: comment trouver son équilibre dans le monde du travail, comment devenir adulte dans une société aussi peu tolérante que le Japon l'est en ce qui concerne les marginaux ( Nana Ô et ses copains), comment supporter les inévitables ruptures, amicales ou amoureuses...
Il y a aussi d'autres thèmes encore plus sombres, telle la prostitution juvénile qui était et est toujours un fléau au Japon.

Pour ces points là, la série est intéressante et mérite qu'on ferme les yeux sur son graphisme ( qui s'il est plutôt moche de mon point de vue, a au moins le mérite d'être différent et personnel, c'est déjà pas si mal pour un shojô, beaucoup sont des copies conformes les uns des autres. Donc plutôt une bonne surprise, puisque je m'attendais à le trouver décevant au vu de son succès général.

Mention aussi aux astucieuses ouvertures, qui présente par instantanés, une journée des copines: 1 - Nana O attend dans le salon, 2- elle est rejointe par Nana K, 3 - Elles partent ensemble, etc... et forment une BD sans paroles à elles seules

samedi 27 juillet 2024

Running girl - Shigematsu Narumi

 Et c'est le grand retour du manga/ animé sportif de l'été.

J'ai repéré celui-ci à la bibliothèque où je travaille, et le sujet m'a paru intéressant, puisqu'on y parle de handisport.

Graphiquement, il n'est pas renversant, même s'il faut lui reconnaître un  grand soin apporté au réalisme des prothèses, validé par toute une équipe de consultants dans ce domaine.
Narrativement non plus, dans le sens où on retrouve le schéma ultra classique du personnage central qui a un problème, doit le résoudre et va le faire avec brio, soutenu par une équipe soudée d'amis.. et quelques opposants jaloux de ses succès, et sous la houlette d'un "maître" grognon qui poursuit ses propres buts.
Mais faire une oeuvre novatrice n'est pas le propos, l'objectif est de faire connaître le domaine du handisport, qui, il faut bien l'admettre, est encore le parent pauvre lors des diffusions médiatiques.



Ici, Rin, lycéenne de 16 ans, amputée  d'une jambe suite à une maladie, va retrouver l'énergie et l'espoir en découvrant l'athlétisme handisport. Son talent et sa ténacité la font repérer de monsieur Kazami, prothésiste, qui a justement d'un sprinter à son service, pur être le "représentant" de ses lames de course. en effet, la société pour laquelle il développe les lames estime que le projet est trop couteux pour un retour sur investissement suffisant, et menace de fermer cette section si ses lames ne se distinguent pas lors d'une course régionale. Kazami lui, vise plus haut: il espère que les lames de sa fabrication mèneront un athlète jusqu'aux jeux paralympiques.

Rin a besoin des prothèses de compétition de Kazami pour retrouver le goût de vivre via le sport, Kazami à besoin d'une athlète talentueuse pour prouver la qualité de ses prothèses. Ces deux-là vont donc devoir travailler ensemble pour mener à bien cet objectif avant l'échéance des jeux de Tokyo ( le manga date de 2020)


Et donc en trois tomes on suit son parcours non jusqu'aux jeux paralympiques, mais jusqu'aux épreuves de sélection pour ceux-ci, car pour elle la victoire est moins la sélection, que les étapes qui y mènes, comment elle passe en 2 ans de lycéenne déprimée par sa maladie, et ce qu'elle a perdu, à athlète motivée pour se surpasser. C'est aussi le parcours de changement qu'elle amène aux gens qu'elles rencontrent: Kazami, dont au départ l'objectif est très personnel, se rend compte que ses prothèses peuvent vraiment changer la vie des gens qui en ont besoin. Kei, la championne d'athlétisme du lycée, orgueilleuse et individualiste, qui découvre au contact de cette nouvelle camarade - dont l'enthousiasme malgré le handicap la pousse à intégrer un club de sport classique-  le plaisir de la course de relai et du travail d'équipe. Le petit garçon passionné de foot, et qui pense devoir renoncer à son loisir après l'amputation, et qui retrouve lui aussi sa raison d'exister avec la découverte du handi-sport.
Et même la mangaka qui en préparant son sujet, a rencontré des sportifs handicapés qui lui ont fait découvrir leur monde, leurs parcours et leur ténacité.
Donc, peu importe de savoir si Rin va se qualifier pour les jeux, et d'ailleurs en seulement trois tomes, tout va à toute vitesse, les personnages secondaires apparaissent et disparaissent.. comme dans la vie finalement, quand on change de club ou d'établissement, on ne sait pas ce que deviennent les anciens camarades, chacun faisant sa vie de son côté.

Donc oui, on peut lui reprocher d'être trop court pour vraiment approfondir certains personnages et leurs relation, et de précipiter un peu les péripéties, mais ce n'est pas non plus l'objectif d'avoir une histoire haletante. Mais c'est une lecture sympa qui a le mérite de mettre en avant un sujet rare et parfois difficile, sans insister lourdement sur le pathos. Je n'en attendais pas grand chose, je le qualifierai donc de "bonne surprise"

samedi 20 décembre 2014

Nibun no ichi - Kiki

 Comme je dois très prochainement recevoir le manga que j'avais prévu pour décembre, mais, vais-je le recevoir à temps, mystère. On verra donc, avec un peu de chance, il y aura 2 billets ce mois-ci.
A tout hasard, on va prendre les devants, déjà, avec un billet " rediffusion" pour remettre en lumière un manga que j'ai beaucoup aimé, mais que personne ou presque ne connait.

C'est un manga dont j'avais déjà parlé sur mon autre blog, mais qui a tellement peu été mis en avant que toutes les occasions sont bonnes pour en parler, car il s'agit d'un mélange bien sympathique de Sf et d'humour pas lourd du tut. C'est frais, c'est léger, c'est sympa comme tout. Puis...(mode otaku enclenché) whaaaa le héros a un skate volant comme Marty Mcfly!!!!

Toute l'action se passe dans un lycée/université.. oui, je vous vois venir, des histoires d'amourettes scolaires? NON! pour une fois, on dérive vers un autre domaine.

Tout commence lors que Shiu, lycéen très peu motivé à suivre ses études, fait la connaissance de Maggy, une collégienne chahutée par les garçons de sa classe, qui la soupçonnent d'être une garçon ( ha, une histoire de travesti? hé non! la encore vous avez tout faux)
En fait Maggy a un frère Jumeau, Jiggy. Mais on ne les voit jamais ensemble, ce qui éveille des soupçons, ils sont même très exactement absents un jour sur deux en alternance. On apprend donc très vite que ces jumeaux d'un genre particuliers sont reliés en permanence par leurs cinq sens, et ne peuvent rester réveillés en même temps: lorsque l'un est réveillé, l'autre sombre en catalepsie, tout en gardant un contact sensoriel avec celui qui vaque à ses occupations. ce qui cause quelques menus problèmes: Jiggy adore les films d'horreurs que sa soeur déteste, et ne peut pour autant éviter de voir via son frère. Lorsque Maggy veut se venger, il lui suffit d'embrasser un garçon pour donner la nausée à son frère. Le titre japonais signifie d'ailleurs " un demi" ou "la moitié d'un".

Cette situation peu banale semble d'ailleurs ne pas perturber plus que ça Shiu, qui se retrouve bien vite, à la suite d'un fâcheux concours de circonstances, à héberger dans sa chambre de 3m sur 4 les deux jumeaux en rupture de chambre d'internat. Or ce que l'on apprend vite, c'est que Shui n'est pas non plus un lycéen ordinaire: sous son air nonchalant, c'est un petit génie de la robotique qui s'attelle à fabriquer un robot hologramme afin de permettre aux jumeaux d'enfin communiquer l'un avec l'autre, et leur changer la vie. La sympathique bande de trois devient rapidement une bande de quatre, lorsque débarque Rei, grand dadais un peu hippie capable de communiquer avec les plantes, capacité qui l'a fait entrer dans le petit groupe d'élèves surveillants, informé en temps réel par les bruissements des arbres ( et si on le croit, les arbres du campus sont de vraies commères, qui passent leur temps à se transmettre des potins!). Rei vient donc a son tour squatter la chambrette de Shui, bientôt suivi de Neil, une autre collégienne qui elle, voit des esprits. Ce sont donc 5 personnes et demies qui dorment chez Shui. ou plutôt 5 personnes et un robot canard, l'invention majeure de Shui, un robot super intelligent.. en forme de gros canard jaune.

Là normalement, vous vous demandez si je n'ai pas fumé.. ou si plutôt l'auteur n'a pas fumé...

Mais non, je vous jure... Il est vrai que le côté science fiction peut sembler passer au second plan, car, et c'est la la particularité du truc: la mangaka n'en fait pas tout un plat. Dans le monde qu'elle nous décrit, les mutations comme celles des 4 originaux, ne sont pas monnaie courante, mais ne dérangent personne. Le côté fantastique/SF n'est qu'en rapport du lecteur, pour les personnages, sans être le plus courant du monde, il n'est pas spécialement étonnant de concevoir des robots ou de se balader en skate volant sur le campus.

Car le vrai fond du problème est seulement d'assumer sa propre bizarrerie sans en faire une montagne. La fin est d'ailleurs complètement tirée par les cheveux, il sera question de mutations cellulaires, mais peu importe , l'essentiel n'est pas là. Le but du jeu est de passer un moment de détente en lisant un manga de SF pétillante et fraîche comme un limonade, qui n'est ni angoissé, ni violent, ni prise de tête. Avec des dessins qui vont bien, pas trop esquissés, mais pas trop surchargés, et surtout, sans histoire d'amour! Ce que c'est reposant! A l'image de Rei, le sympathique glandeur, la coolitude est le maître mot de ce manga sans autre prétention que de faire sourire.

Le petit bémol qui gène un peu, c'est le rappel en début des premiers chapitres de la situation, du à une prépublication très échelonnée au Japon. Mais comment ne pas craquer devant Juliette le robot le plus chou du monde?
Pour les curieux, une prévisualisation du premier volume est disponible ici: Nibun no Ichi 1

Et de la même mangaka, est également publié en France un Josei (manga pour lectorat féminin adulte) humoristique également axé sur le côté cool de ses protagonistes: Love Me tender, toujours en cours de publication, avec des délais trèèèèès longs dans sont pays d'origine. Faudra que j'en parle ici à l'occasion.
décembre: SF pleine de bonnes vibration

samedi 11 octobre 2014

Le pacte des yôkai T.1 - Midorikawa Yuki

Mois halloween oblige, le manga d'octobre sera donc une histoire de monstres.. ( le premier manga d'octobre en fait, j'ai une lecture de retard, je vais essayer de la combler ce mois ci)

Le pacte des Yôkai, je ne le connaissais que de nom, ainsi que le petit chat tricolore qui en est la "mascotte" en quelque sorte ( et voui, j'ai aussi ramené de voyage un porte clef à son effigie, on en trouvait partout il y a 2 ans)

J'ai pu trouver le tome 1 à la médiathèque et.. c'est parti.

On fait connaissance dès le premier chapitre de Takashi Natsume, lycéen orphelin qui a passé sa jeunesse trimballé de famille d'accueil en famille d'accueil, pour finir, au moment où commence l'histoire, par être hébergé chez de lointains parents. La raison de tous ces déménagements, c'est que Takashi est étrange. Vraiment étrange. il finissait toujours par effrayer les gens qui s'occupaient de lui en racontant des histoires de monstres. Et pour cause, depuis toujours il voit les créatures surnaturelles, qui semblent lui en vouloir personnellement. Du coup, il tient sa langue, n'en parle plus a personne, et se débrouille tout seul pour essayer de les semer. Et bien sûr, sa réputation de type bizarre ne fait qu'augmenter, lorsque les gens le voient fuir comme un dératé, devant.. rien.

Un jour, alors qu'il tente une fois de plus de se tirer des griffes d'un monstre agressif qui le prend pour quelqu'un d'autre du nom de "Reiko", il casse par mégarde une cordelette de temps qui scellait magiquement "Madara", un monstre enfermé dans une statuette de Maneki Neko, qui lui explique: Reiko était la grand-mère de Takashi, une femme dotée d'un grand pouvoir magique qui avait elle aussi la possibilité de voir les monstres et s'est retrouvée par conséquent marginalisée de la société humaine ( là j'ai envie de dire: comment a-t-elle pu avoir une descendance, si tout le monde l'évitait..). Elle a donc commencé à défier les monstres, qu'elle battait régulièrement à plate couture, les forçant à devenir ses "amis" ( enfin ça s'apparente à de l'esclavage plutôt)/ elle possédait un carnet, ou elle a inscrit tous les noms des monstres vaincus. Or posséder le nom d'un monstre, c'est l'asservir. Et si quelque chose arrive au carnet, si une page est déchirée ou brûlée, le porteur du nom qui y figurait meurt, aussi simple que ça. De fait, les monstres veulent surtout récupérer leur identité avant tout.

Takashi qui possède toujours le carnet dans les souvenirs de sa grand mère va donc devoir accomplir un rituel rendre l'un après l'autre leurs noms et leur liberté aux yôkai asservis par sa grand mère. Au grand dam de Madara qui le colle toujours, espérant récupérer le carnet avant qu'il ne soit entièrement vide, visible de tout le monde sous son apparence de Maneki Neko surnommé " Nyanko-sensei" ou " maitre Griffou" dans la VF. Son apparence réelle, une sorte de gros loup menaçant, n'est visible que de Takashi.

Comment dire. L'idée est bonne mais j'ai du mal à accrocher. Le scénario trop répétitif pour l'instant, chaque chapitre présentant un ou deux nouveau monstre qui récupère son nom et qu'on ne reverra plus. Hormis Takashi et Nyanko Sensei, les autres personnages ne reviennent jamais, du coup il est assez difficile de rentrer dans l'histoire, qui est une succession de sujets indépendants. Chaque chapitre refait d'ailleurs une rapide présentation de l'histoire, ce qui n'aide pas. Dans une magazine de prépublication, qui parait  tous les mois ou toutes les semaines, je comprends. Des lecteurs peuvent arriver en cours de route et être largués. Dans une une version reliée, ça me gêne toujours un peu.
Pas grand chose à dire sur le graphisme, il est assez classique et ne casse pas des briques pour l'instant. L'idée du lycéen qui voit les monstres non plus, n'est pas très novatrice: C'était déjà le cas du héros de XXX Holic et surtout du Cortège des cents démons.

C'est surtout avec ce dernier que la comparaison fait mal.
Le Cortège est une série que j'avais adoré, vraiment. J'avais accroché à fond dès le premier tome. Malheureusement, elle a commencé à paraître en 2007, et n'a pas su trouver son public, et s'est arrêtée en France au bout de 6 tomes alors qu'il y en a 18 ou 19. Cet arrêt est vraiment ma pire déception éditoriale des dernières années. Le graphisme était très joli, plutôt de style réaliste, les personnages secondaires nombreux et attachants, le côté tranche de vie quotidienne allié au contexte fantastique passait très bien. Mais il n'a pas eu le succès escompté. Un éditeur anglophone avait prévu de le publier en anglais, et j'étais prête à acheter les tomes suivants en anglais pour avoir la suite. Mais il n'a  pas donné suite. Et apparemment même en scantrad amateur, personne ne s'est dévoué.

Donc non, ça n'est pas une très bonne lecture. Pas mauvais, mais pour le moment, pas mémorable.
MAIS
Je sais d'expérience qu'un premier tome n'est que rarement convaincant, donc  l'occasion je lirais le deuxième pour voir. D'abord parce que Nyanko Sensei est plutôt marrant, à se la jouer comme yôkai supérieur, je suis meilleur que vous, bande de nases.. tout en réagissant comme un chat qui s'amuse avec une ficelle.
Après pour donner une chance à la série. Bon logiquement par la suite, la série DOIT faire intervenir d'autres personnages récurrents et une vraie trame narrative pour exister. Je pense qu'on reverra le moine et son fils qui apparaissent dans l'une des histoires.

Et puis  elle a été adaptée en série animée, on verra, si je n'accroche pas au manga, il n'est pas exclus que je préfère l'anime. On verra bien . En tout cas pour l'instant, la poursuite de ce titre n'est pas vraiment ma priorité, et si le tome 2 ne me convainc pas plus, je passerai à autre chose. Dommage j'aurais vraiment aimé l'apprécier, mais non, ce n'est pas lui qui me fera oublier la déception de l'arrêt du Cortège.
Il y a des yôkai sur le vaisseau fantôme!
octobre: un shôjo plein de créatures fantastiques

mardi 1 avril 2014

ôke no monshô t 2 - Hosokawa Chieko

et tout de suite, le pourquoi du comment de la déception..

Visiblement l'auteur s'est souvenue qu'elle devait faire un manga pour fifille, et que peut être, les momies animées de mauvaise intentions, les peintures qui prennent vie et les sacrifices humains, c'était un poil too much pour le lectorat visé par l'éditeur?
oui, le rose partout était un mauvais présage

Et donc voilà, nous avions laissé notre blonde héroïne en fâcheuse posture, emmenée par la vindicative reine Isis 3000 ans en arrière. Et elle ne va pas faire mentir la réputation que les mauvaises langues attribuent aux blondes, car elle va vraiment faire connerie sur connerie, c'est même miraculeux qu'elle reste en vie. Jugez -vous même:

A peine arrivée dans l'Egypte antique, elle est découverte inanimée au bord du Nil par Séti, un jeune esclave du chantier de construction royale et sa mère Séphora ( alors là oui, petite précision, souvenez-vous: on est dans les seventies, époque où l'idée était largement répandue que les pyramides avaient été construites par des esclaves sans nombre que l'on tuait à la tâche, et non par des ouvriers ultra-spécialisés triés sur le volet...). Deux esclaves donc qui, bien que la prenant pour une dingue lorsqu'elle jure arriver du XX° siècle, décident de la cacher des gardes royaux qui auraient tôt fait de la repérer avec ses cheveux blonds, et de la grimer en esclave.
et c'est d'autant plus rageant avec ce genre d'effort de décor
Première boulette: sitôt sur le chantier ( de la tombe qu'elle a justement aidé à excaver) Carol la fana d'histoire qui voit l'occasion de faire de l'archéologie en direct perd toute prudence, pose plein de questions,  tente de réformer le statut des esclaves et attire l'attention du général Minue, qui repérant une mèche blonde, garde l'information pour lui, ça peut toujours servir.
Evidemment, elle fonce dans le tas, espérant entrer en contact avec Isis en espérant qu'elle la renvoie au XX° siècle ( Carol, sérieux, cette femme veut ta mort, et uniquement ça!). Mais Isis ne sort jamais du palais, hormis aux grandes occasions, et justement, c'est bientôt le couronnement du nouveau pharaon Memphis. Idée lumineuse de Carol, attendre ce jour là,  se mettre au premier rang, et gueuler bien fort "Isis,houhou, je suis là". Excellent, maintenant elle sait que tu te planques chez les esclaves, elle va venir te faire buter et tes protecteurs avec...
Mais évidemment, elle est repérée aussi par le pharaon. 17 ans. Des hormones en ébullition. Qui n'a jamais vue une blonde de sa vie. Réaction immédiate: fifiiiiiiiille! attraper fifiiiiiille! Non, tu m'auras pas! haa je te tiens, je vais te faire mettre sous clef! Pas grave, je m'enfuis. Zut! je suis repérée.

Et à partir de ce moment là, ce passage va se reproduire tellement souvent que, je vous jure que c'est vrai, j'ai lu mon manga avec CA comme bande son à chaque fois qu'un personnage essaye de fuir ou qu'un autre le poursuit
essayons:
la tronche du pharaon sur la vignette du haut + la musique. Ca colle à mort!
Car oui, à partir de ce moment, il n'aura de cesse que de l'attraper et en faire son esclave personnelle, au grand dam d'Isis qui voit sa manigance se retourner contre elle: elle qui se voyait déjà reine, en épousant son frère à la bonne vieille mode égyptienne doit d'une part écarter les prétendantes du célibataire le plus en vue de tout l'orient, mais aussi composer avec la nouvelle tocade du frangin. Et au passage remettre à sa place le sympathique général Potdecolle qui la convoite, elle, en dépit des conventions sociales.

Et quelque part je plains Isis, parce que son frère est vraiment un gamin capricieux, un casse-burette autoritaire dont les sautes d'humeur se soldent le plus souvent par la mort de quelqu'un. Mais Carol est courageuse, et résiste.
Ok, veut résister.
Ok, cède devant l'argument " j'ai mis en prison le type qui t'a aidé, alors tu obéis bien sagement à mes caprices sinon je le fais exécuter".
Mais là coup de théâtre et tentative d'assassinat: le pharaon est mordu par un cobra. Or, on apprend incidemment que Carol, depuis le tome1, a toujours sur elle un contre poison depuis qu'elle a failli y rester de la même manière. Hoo, comme c'est commode, n'écoutant que son bon coeur, elle sauve la vie à celui qui la brutalise depuis des mois, menace de la tuer à chaque instant et dont elle n'a d'autre espoir que de rester l'esclave toute sa vie, qui pourrait d'ailleurs être assez proche s'il met sesmenaces à execution.
Mais mais! espèce de ... de...blonde!!!! Laisse le crever, c'est un emmerdeur, un obsédé et un violent.
Sérieusement, le pharaon stalker me fait mourir de rire: "houhou frangine, regarde ce que j'ai ramené, mon nouvel animal de compagnie". Je ne peux pas prendre ce personnage, supposé être flippant,  au sérieux, impossible!

Donc elle sauve son tortionnaire qui nous fait un bon gros fantasme de l'infirmière: je la veux, je suis le roi, je me fous des convenances, je la veux, trépigne, rage, bave, tempête.
Donc la sorcière envoie le chasseur enlever blanche-neige pour la tuer.
Ah non c'est pas du tout ça, Isis envoie le fabricant de momies enlever Carol pour la buter et en faire un saucisson sec.
Mais le pharaon, n'écoutant que sa maniaquerie, part la sauver.

Comment dire. C'était tellement du gros n'importe quoi, que j'ai bien ri en fait. Les quelques passages de trouille prometteurs du tome 1 on fait place à des dodécaèdres amoureux (oui le triangle est insuffisant à ce niveau), car bien sûr, une blonde est une denrée rare à l'époque et à cet endroit, et tout ce qui porte un pagne se met à convoiter Carol , tel des loups de Tex Avery devant une rouquine ( pour diverses raisons d'ailleurs: le pharaon, parce que  fifiiiiiiiiille!, Séti parce que "tu as sauvé ma mère de la mort, je te suivrais jusqu'au bout du monde", Le général Minue, parce que finalement, elle est moins snob que la reine, le prêtre Kapta parce qu'il collectionne les objets dorés et que ses cheveux feraient bien dans sa collection... sisi..)

Mais c'est tellement outré, tellement exagéré que ça en devient très très drôle: le roi caractériel, la soeur jalouse, l'héroïne irrésistible, le prètre vénal, le second rôle sympa qui ne sert pas à grand chose...
Après avoir bien ri sur la kitscherie du scénario, il y a un détail graphiquement qui m'ennuie énormément: le réemploi de personnages.
Le pharaon est le portrait craché du grand frère -un peu trop ambigu d'ailleurs! - de Carol, Séti ressemble comme 2 gouttes d'eau à Jimmy, l'amoureux transi de Carol à l'époque contemporaine...alors soit c'est pure flemme, et bof bof.
Soit c'est voulu, mais alors là, je vois arriver le truc de la réincarnation avec des sabots tellement XXL que je ne vois pas comment on pourrait tenir 57 nom de dieux de tomes avec ça.
Soit on va avoir droit, au bout de trouzaines de milliers de fuites et d'enlèvements à " hoo tout ça n'était qu'un rêve, c'est pour ça qu'ils avaient la tête de mes proches" et rhaaaaaaaaaa!

Enfin, il faut aussi que je dise du mal de l'équipe qui a fait la traduction. Cette fois il y a une référence très claire à la légende d'Isis, épouse d'Osiris son frère. Très très directe. Mais depuis le début l'équipe continue à écrire: Ashisu, Osirisu, Anubisu, Menfuisu, et même Tebe, capitale de l'Egypte antique. Juste: non! La mangaka a transcrit les noms comme elle a pu en katakanas, d'après la prononciation anglophone qui fait d'Isis " Aïzis". Et l'équipe à gardé la transcription approximative en revenant des kanas à l'anglais. Sérieux, est-ce que c'était un effort surhumain d'aller juste vérifier l'orthographe d'Isis ou Memphis ( d'autant que c'est un site américain, je suis sure qu'ils ont déjà entendu parler de Memphis Tennessee, quand même!), avant d'éditer? Même quand on est amateur, faut bien se dire que l'auteur n'a pas sorti tout ça de son imagination. Même le peuple Hittite ( hitaïte en anglais donc) devient Hitato.  Minute, je vais mourir, ressusciter,  et je reviens!

Ceci dit, j'avais gueulé tout pareil en France, pour une traduction officielle - ce qui est pire- d'une référence au Léthé, qui était devenue " rété le fleuve des enfers" dans  Angel Sanctuary, première mouture.

Enfin voilà, on finit ce tome avec Carol revenue par miracle à son époque lorsqu'un petit bout du sceau magique se décolle, elle retrouve sa famille, ouf, tout est bien qui finit bien, on en restera là, hein...à part si vraiment j'ai envie de me refaire à un moment ou un autre une lecture à la Benny Hill, mais je pense que je trouverais autre chose à lire. C'est quand même rageant, un potentiel pareil, et le voir partir en cacahouète en seulement deux tomes. En même temps, un manga qui arrive à être relou au bout de 2 tomes, ça doit être une sorte de record, je me demande s'il y a vraiment des lecteurs qui le suivent réellement avec passion depuis le début.

ôke no monshô t. 1 - Hosokawa Chieko

Voilà un manga que j'ai voulu tenter, l'ayant trouvé à lire en ligne, en traduction anglaise. Par curiosité,tant son parti pris de départ me paraissait à la fois promettre du grand n'importe quoi barré, mais aussi, pourquoi pas une bonne surprise.
et c'est ce que j'ai espéré à la lecture du premier tome, pas mal mené, un peu angoissant, avec une héroïne malmenée, ça laissait présager du bon.. au moins je l'espérais, sur quelques tomes, tout en étant persuadée que ça allait finir par tourner au nawak pénible, vu qu'il y a actuellement 57 tomes au Japon , et que plus il y a de tomes, plus il y a de chances que ça se ramasse un jour ou l'autre. Et la série n'est d'ailleurs pas finie.

Donc, ôke no monshô, l'emblème royal, qu'est-ce que c'est?
Un shôjo, vaguement historique, qui nous raconte les (més)aventures de Carol Reed, une lycéenne américaine passionnée d'archéologie, scolarisée au Caire, car son père, richissime entrepreneur, finance une campagne de fouilles en Egypte. Carol est têtue comme une mule, emportée, pétulante, et plutôt sympathique, même si ses 16 ans lui font souvent commettre des bourdes et des imprudences. Peut-être un poil agaçante par moment lorsqu'elle se comporte en gamine gâtée, mais bon, pas le genre de personnage dont on va souhaiter à chaque page qu'il lui arrive le pire.

Carol..notre enthousiaste héroïne

 Elle me fait penser à Véra de scoubidou, avec ses cheveux courts  et ses lunettes - dans le tome 1 en tout cas, elle change de graphisme par la suite on dirait- et ça c'est un bon point.
 Sa vie va soudain  basculer lorsque les fouilles de son père révèlent la tombe en parfait état d'un pharaon totalement inconnu nommé Memphis ( oui bon, je sais, c'est une ville, mais apparemment tout le monde s'en fiche), mort à 18 ans, trois millénaires plus tôt, probablement assassiné. La momie est ramenée en ville pour être examinée.
Mais hélas, Carol est aussi maladroite qu'enthousiaste et a tôt fait de casser une tablette en argile qui n'est autre qu'un sceau magique qui retient prisonnière une autre momie, bien cachée dans la tombe, que personne n'a vue, la soeur du pharaon, qui revenue à la vie n'a de cesse que de retrouver ceux qui ont dérangé leur repos éternel et enlevé le petit frère.
le réveil de la momie
Et Isis ( Aishizu en kanas, mais visiblement personne de l'équipe de traduction n'a fait le rapport avec la légende d'Isis et Osiris), de momie desséchée revient vraiment à la vie, reprend son apparence de femme vivante, accompagnée d'un chien noir nommé Anubis, et part chercher son frère dans le Caire de 1976.

Perdue dans ce monde moderne, elle tombe sur Carol, qui propose de l'héberger (ouah! la gaffe XXL), le temps de mener ses recherches. Isis qui est plus fine que Carol comprend très vite que son père est le commanditaire des fouilles, et décide alors aussi simplement que ça d'éliminer toute la famille. Alors que Carol commence à faire des rêves très angoissants, où les peintures murales prennent vie pour l'entraîner dans le passé, où on l'accuse de terrorisme et de tentative d'assassinat sur la personne du pharaon, où Isis lui apparaît en reine cruelle adepte des sacrifices humains ( alerte scénario: euh, ça c'est plutôt en Amérique centrale, les amis!),

oui alors ça c'est du shôjo,

 Isis version XX° siècle élimine peu à peu le reste de la famille: D'abord le père, qu'elle fait mordre par un cobra, puis c'est au tour de Carol, qui survit de justesse à la même tentative d'assassinat (attendez, un shôjo, où l'héroïne voit victime de sacrifice humain puis manque mourir empoisonnée dès le tome 1?!). Et enfin Ryan, frère ainé de Carol qui échappe de justesse à une tentative de meurtre ( grand frère qui ressemble de manière suspecte à Isis et Memphis, ça sent le rebondissement d'ici). Jusqu'à ce en désespoir de cause, le sceau ayant été réparé, Isis doive repartir dans le passé, en emportant avec elle un "souvenir", qui est autre que Carol.
Ta-dam! fin du tome 1 ( et j'ai simplifié): Notre héroïne se voit donc, après avoir failli être assassinée, offrir un allez (simple?) pour l'Egypte ancienne, en compagnie d'une femme  cruelle et sournoise qui veut sa peau.

Alors après, oui, c'est un tome 1, au niveau graphisme, ça pêche un peu, d'autant que c'est du manga vintage, donc avec un style très années 70 ( genre la Rose de Versailles si vous connaissez), mais moi, j'aime bien, les dessins entièrement à la main, qui ne dégoulinent pas de trames dans tous les sens, finalement ça passe pas mal avec moi. Et cerise sur le gâteau, les pages couleurs à l'aquarelle une fois imprimées en gris, ben ça donne toujours un résultat plus agréable à l'oeil que les colorisations numériques dans les mêmes circonstances. Et Isis, n'est pas la méchante type juste pour être méchante: sa situation est assez triste dans le fond: perdue à une époque qui n'est pas la sienne, aveuglée par sa vengeance et réellement désespérée de la disparition de son frère, son seul parent au monde. Ajoutons à tout ça quelques moments de trouille plutôt surprenants dans un shôjo, ça fait plaisir à voir.

Pour le lire (en ligne et en anglais jusqu'au tome 11 en suivi), c'est ici

Bon jusque là ça allait plutôt bien: ambiance fantastique, voyages dans le temps, quelques scènes un peu flippantes, Mais hélas arrive le tome 2.. et les choses se gâtent déjà..d'où la programmation de ce billet pour le 1° avril d'ailleurs, parce que je pense vraiment que c'est le manga type à lire au Xème degré.

samedi 22 février 2014

X-Day - Mizushiro Setona

Un shôjo lycéen, Hé oui!
Oui, mais attention pas n'importe lequel, on n'est pas ici dans le gentil-mignon-rose-cucul-la praline, puisqu'il va être question de souffrance psychologique chez des lycéens.. et un prof.

La première que l'on rencontre est Rika, élève de terminale, ancienne championne de saut en hauteur de son lycée, qu'une blessure à la jambe a  éloignée de la compétition pour quelques temps. Seulement voilà, si la blessure physique est guérie, le mental ne suit pas: elle n'arrive pas à se décider à reprendre, elle hésite elle cherche des faux-fuyants en prétendant se consacrer au bac, pour ne pas affronter sa peur. Aller au lycée chaque jour est devenu une véritable angoisse, car tout lui pèse, et surtout la sollicitude des camarades et de la prof de sport qui tentent de la convaincre de reprendre. D'autant que son petit ami vient de la quitter pour une autre athlète. Alors elle fait comme si. Comme si tout allait bien, comme si la rupture ne l'avait pas affectée, comme si elle était au régime pour expliquer son manque d'appétit .. et pour éviter de voir du monde, elle prend ses repas en salle informatique. Un jour, par curiosité, elle va aller voir le chat de l'intranet du lycée. Sous le pseudonyme de 11, elle lance la vague idée " le lycée m'ennuie, j'aimerais qu'il n'existe pas". Et certain vont prendre au sérieux cette idée, et la mettre en forme sur un chat personnel: puisque tous ont des problèmes liés au lycée, la solution est simple: le faire sauter, purement et simplement

Il y a "polaris", Nanaka au lycée, une fille très discrète, timide, qui ne se sent pas elle-même en uniforme, et change véritablement du tout au tout lorsqu'elle s'habille en Lolita gothique. Toujours sous pression, elle cache un véritable mal-être que la moindre petite contrariété peut pousser à des réactions violentes ou autodestructrices. D'autant que, même si ça n'est pas clairement dit, il semble que son caractère effacé au lycée fasse d'elle la "poire" idéale des corvées dont les autres veulent se débarrasser.

Il y a "Jangalian", M. Takano, le professeur de sciences naturelles, ce qui étonne les autres au premier abord. Mais lui aussi va au lycée à reculons: d'un caractère plutôt introverti, il n'aime que ce qui est "mignon" - chose mal vue chez un homme au Japon, et cache donc le plus possible cette part de sa personnalité. Et ce d'autant qu'une de ses collègues le harcèle sexuellement- ou en tout cas, il le ressent comme ça. Mais , comme Polaris, avec qui il s'entend au final très bien, c'est un personnage instable, pas taillé pour la lutte, et à qui le moindre événement quotidien peut faire péter un câble.

Et enfin, "Kin-san",  Kumihiko, dont tout le monde se demande ce qu'il fait là: élève de première  gentil, serviable, populaire, qui a de nombreux amis et de bons résultats scolaires. Alors pourquoi vouloir rejoindre ce projet explosif? En fait, il est le seul de la bande qui ai un réel problème, sérieux, et pas seulement du à des nerfs fragiles ou a une perception des événements quotidiens trop exagérée. Un problème qui a priori n'a rien à voir avec le lycée ( enfant battu par une mère instable mentalement) mais voilà, il veut se rendre "utile à quelqu'un" - même si l'auteur sous entend qu'il trouve là un exutoire aux coups qu'il se refuse à rendre.
Mon préféré de la bande des quatre, car justement, le seul qui vit réellement une situation tragique, et n'en fait pas - pas assez- une montagne. Lui et Rika sont plus crédibles car justement, moins outrés, moins excessif que les deux autres. On sent qu'ils peuvent faire face, ce qui risque d'être beaucoup plus compliqué pour la Lolita et le prof hypersensible. Et pourtant, pour avoir vécu successivement le harcèlement moral au collège et au travail, les situations de Polaris et Jangalian me "parlent" plus.
les couvertures de la première édition. Les 2 tomes ont depuis été réédites en un seul, c'est dommage,  car on perd la continuité entre les deux couvertures qui forment une seule image - voir en dessous

Et donc voilà, 2 tomes, où on assiste d'abord à la rencontre des différents personnages, et à la mise en place de leur projet dans le tome un. Vont-ils passer à l'action par la suite?

En fait, rien n'est moins sûr, car finalement, ces 4 laissés-pour-compte, qui souffrent de ne pouvoir être eux-mêmes au quotidien, peuvent se laisser aller entre eux à la tristesse, à dire leurs angoisses, à la crise de nerfs, ou simplement, compter les uns sur les autres. Ce qui fait le lien entre eux, c'est justement le fait d'avoir un projet dingue ( ils n'ont même pas conscience qu'en fait, ça s'appelle purement et simplement un attentat) et de trouver à chaque fois des raisons de le repousser. Car de complices, ils deviennent amis, ce qui leur manquait le plus à tous.

Donc un thème loin, très loin des amourettes habituelles, avec des sujets pas faciles, et en filigrane une critique de la société japonaise dans son ensemble, de la recherche de performance qui écrase les individus et leur sensibilité, de la nécessité de ne pas faire de vagues, même dans des cas graves, du harcèlement organisé ( l'ijime n'est pas implicitement cité, mais il plane dans le cas de Polaris). Le lycée est un microcosme carcéral -  l'éditeur français fait référence dans la post-face à l'étude de Michel Onfray sur le décor carcéral des institutions d'enseignement-  qui représente la société dans son ensemble. Les graphismes sont assez spéciaux, pas super mignons, mais c'est une caractéristique de cette mangaka très originale, donc on aime ou pas, mais elle a un style immédiatement reconnaissable de série en série (à l'occasion il faudra que je parle de "l'infirmerie après les cours" de la même dessinatrice/ scénariste)

Le tome 2 est complété par "le dernier dîner", un histoire de science-fiction par très réussie  et un peu trop  christique à mon goût: dans un monde ou n'existe plus ni pluie, ni soleil naturels, mais où l'on est habillé comme le petit Lord Fauntleroy, le bétail a été remplacé par des hybrides humains-bovins. Les vaches ont maintenant l'allure d'humains de très grande taille, doté d'oreilles de vaches. Et qui sont élevés pour leur viande. Un jeune humain va créer des liens d'amitié avec un veau, et refuser de le manger. Mouais, amitié sacrifice , tout ça, d'accord, mais le parti-pris de départ est quand même tiré par les cheveux: si on élève le bétail pour sa viande, en tout cas par ici, et si on le mange - enfin, à part les végétaliens - c'est bien PARCE QUE les bovins ne ressemblent pas à des humains. Donc des bovins humanoïdes, qui font preuve de jugement, de sensibilité, qui peuvent parler et essayer de fuir leur destin.. et tout ça sans que PERSONNE ne remette en cause cet état de fait, ben non, ça n'est pas convaincant. En fait, l'idée un peu boiteuse de départ aurait mérité paradoxalement d'être un peu plus développée ( un seul chapitre!) pour gagner en crédibilité. Là tel quel, on se demande où l'auteur veut en venir: allégorie sur l'esclavage? dénonciation de la consommation de viande? référence un peu relou a Jésus? ( car quand les japonais tentent d'exploiter les légendes - hé oui, je dis légendes! - chrétiennes, et c'est assez souvent, ça devient vite un gros bazar.
Donc, une courte histoire qui servait à faire le nombre de pages requises pour l'édition, mais tout à fait dispensable.

En tout cas hormis cet ajout peu convaincant, un manga que je recommande chaudement pour son sujet, sa dénonciation subtile de la pression sociale et ses personnages en marge qui tentent de s'en sortir.

vendredi 14 février 2014

otaku girls tomes 1&2 - Konjoh Natsumi

  Voilà un manga parodique dont j'avais lu beaucoup de bien ici et là, Otaku Girls, de Natsumi Konjoh, qui aborde le sujet de l'Otaku en version féminine (nommées les fujoshi )et sur le mode de la rigolade.

 Problème: ça reste quand même un shôjô au dessin ultra classique, qui va nous parler d'amourettes lycéennes. Autant dire qu'il ne part pas gagnant, car ce genre de cadre commence à me fatiguer sérieusement.

Donc nous avons d'un côté le lycéen standard, Abe, qui par un concours de circonstance assez marrant devient le modèle attitré de Rumi Asai, seule membre du club d'arts plastiques de son lycée. Rumi est sympa, pétulante, voire un peu trop, et le naïf Abe en pince vite pour elle. Mauvaise pioche: Rumi est une donc une fujoshi, une fille otaku, fan de yaoi ( histoires d'amour homosexuelles plus ou moins sentimentales ou plus ou moins hot selon le cas), et elle ne voit le monde qu' à travers le prisme de sa passion.
Et se persuade donc qu'Abe est en couple avec son meilleur ami, mascotte du lycée, poursuivi par toutes les filles du coin, et qui voit dans ce malentendu l'occasion de se débarrasser de ses admiratrices pot de colle. Le trio est d'ailleurs vite rejoint par Matsui, une autre otaku, qui a du mal à assumer son obsession pour la série Gundam notamment, et va tenter de pousser Rumi dans les bras d'Abe, afin de se réserver l'autre garçon. Vous suivez? non? c'est normal! Vous n'êtes pas otaku, tant mieux pour votre santé mentale.

Car il faut bien le dire, le titre ne parlera pas à tout le monde, ce n'est pas la peine d'insister si déjà les mots "shojo, otaku, et yaoi" vous laissent perplexes. Et c'est bien là le problème. Autant le début est assez sympa, avec quiproquos rigolos, autant ça tourne très vite en rond, laissant de côté le lecteur qui n'est ni familier, ni spécialement fan de l'univers en question. et le manque d'un mini lexique (par exemple pour "otome road" quartier de Tokyo surnommé ainsi " la rue des jeunes filles", pour son grand nombre de librairies spécialisées, oui, je suis passée là bas un peu par hasard, c'est vrai qu'il y en a à la pelle, aux vitrines décorées d'affiche sans équivoques.. ou plutôt très équivoques).

D'autre part comme je ne suis absolument pas fan de Yaoi, et autres du même style (en fait, ce qui compte pour moi, c'est le scénario, et on ne peut pas dire que le Yaoi brille en général par cet aspect, en tout cas le peu que j'ai pu voir). Donc ça reste quand même très "private joke", le lecteur se retrouve vite dans la peau du héros qui ne comprend rien au fonctionnement des deux folles-dingues. Sauf qu'il persévère. Ce que je ne vais surement pas faire. Apparemment il y a7 volumes, je lis un peu partout que ça se dégrade vers le 4 ou le 5°, sauf que l'ennui pointe déjà son nez dès la moitié du premier pour moi. Ce quatuor de choc qui se veut original sombre déjà dans la banalité, avec des situations téléphonées au possible, on devine déjà la fin, qui dérive sur une très banale double histoire d'amour bien plate, avec héroïne barrée mais finalement très fleur bleue pour ne pas dire potiche.

En fait ce titre aurait pu me plaire mais il est arrivé après d'autres parodies en milieu lycéen qui m'ont plus parlé: Switch Girl, plutôt drôle bien qu'inégal sur le côté négligé que cache toute fille digne de ce nom -impossible de ne pas s'y reconnaître un peu-, et surtout Host Club ( ne fuyez pas devant ce titre qui laisse présager le pire), qui tire à boulets rouges sur tous les clichés du manga lycéen, et même du manga tout court, des scénarios improbables, des films de yakuza, des jeux vidéos, avec cette fois, une héroïne pas potiche du tout, et une autre otaku, beaucoup plus drôle.

Sujet réedité de mon autre blog, mais en relisant ce que j'ai écrit il y a 3 ans, je m'aperçois que je n'avais plus aucun souvenir de ce manga, ce qui confirme donc ce que je disais pas ailleurs:  un titre qui ne pas vraiment, voire pas du tout marquée, et que je n'ai pas envie de poursuivre (ou alors si on me le prête, par curiosité, je n'irais clairement pas l'acheter Je n'ai même pas réussi à trouver preneur pour un échange ou une revente sur les sites mangas. Donc, si vous êtes tentés, ces deux tomes sont disponibles à l'échange ou à l'achat.