samedi 8 octobre 2016

Ringu ( long métrage)

Oui, j'ai gardé volontairement le titre sous sa forme d'origine pour le différencier de son remake américain The Ring.
Et bien qu'il soit passé dans la culture populaire (au point que je connaissais l'allure bringuebalante du fantôme, repris, cité, décliné) je ne l'avais pas encore vu dites donc.


L'intrigue est simplissime: une rumeur circule chez les enfants et les adolescents, au sujet d'une vidéo étrange. Lorsqu'on l'a vue, le téléphone sonne, et à partir de là, on est condamné à mourir une semaine plus tard. Pile.
Tout commence par deux copines de lycée, qui passent la soirée ensemble et s'amusent de cette histoire. Tomoko raconte à Masami avoir vu cette fameuse cassette, justement une semaine plus tôt. en l'absence d'autre témoin, Tomoko meurt ce soir là, et Masami est internée en psychiatrie. et tous ceux qui avaient vu la vidéo en même temps que Tomoko sont mort aussi le même jour qu'elle, littéralement morts de peur, une expression de terreur sur le visage.

Justement, Reiko,la tante de Tomoko, journaliste qui quelques jours plus tôt, interrogeait des jeunes au sujet des rumeurs centrées en particulier sur la ville d'Izu, se voit impliquée personnellement par la mort mystérieuse de sa nièce dans cette sombre affaire. Elle mène donc l'enquête sur la mort de Tomoko, enquête qui l'amène à l'endroit où elle et ses amis ont passé quelques jours de vacances et à trouver cette fameuse cassette.
Et à la regarder.
Mauvaise idée.

Maintenant Reiko n'a plus qu'une semaine pour trouver la raison de cette malédiction et essayer de l'éviter. Ce en quoi elle va être aidée par son ex-mari, qui a des dons de médium.

La principale question est : quelle est cette malédiction exactement, et Reiko va-t-elle trouver un moyen d'y échapper?
oui, c'est un squelette qu'elle tient. Ca me fait penser aux estampes macabres dont on parlait cet été.

Et j'ai bien aimé. Je ne dirais pas adoré, mais je me suis laissée prendre à cette histoire de cassette vidéo maudite. Alors disons le de suite, oui, j'aurais du le voir à sa sortie, parce que même s'il n'a que 18 ans, les technologies ont fait un bond en avant, et ça a un petit côté suranné qui m'a faite sourire: les téléphones filaires, les magnétoscopes, les cassettes vidéos...alors qu'en 1997 tout ça était encore bien normal.

Mais voilà, le réalisateur arrive avec 3 bouts de ficelles, une cassette vidéo contenant un film du titre d'"Eruption" ou plutôt  une série d'images au grain crasseux et sans queue ni tête, digne du plus barré des films expérimentaux, à créer une ambiance oppressante. Alors même qu'on voit que le budget n'était pas au rendez-vous et que la réalisation se débrouille comme elle peut.
Mais le fait est là, c'est plutôt efficace.

J'ai quand même pensé en finissant que si moi j'aime bien ce genre de film, qui joue beaucoup plus sur l'ambiance, la suggestion, le hors-champ que sur le gore et le choc, que beaucoup de gens avaient du être déçus (et même j'avoue que ce qui m'a retenue si longtemps de le regarder, c'est que je craignais justement un film plein d'effets gores, saignants au détriment de la suggestion, je trouve ça facile et ennuyeux).
Et en effet, au vu des commentaires de spectateurs, ceux qui ont aimé ont vraiment aimé, et ce qui n'ont pas aimé ont détesté et reprochent la lenteur de l'action, l'absence d'effets spéciaux, le fait qu'on voie peu le fantôme, ça fait pas peur, on ne voit pas les meurtres blabla etc...
Et pourtant , je trouve ces réactions intéressantes, qui poussent à se demander: qu'est-ce qu'on recherche vraiment dans un film de trouille? Donc oui, pour ceux qui veulent du slasher, ce n'est définitivement pas celui-là qu'il va falloir regarder.

Sadako a l'allure d'un fantôme tout à fait classique de la tradition japonaise: vêtue de blanc, dotée de cheveux longs mal coiffés qui cachent son visage, tout droit sortie d'une estampe fantastique
femme fantôme de Sawaki Sûshi
De mon côté, c'est clair: j'aime bien l'inventivité même quand il n'y a pas de budget, l'ambiance (qui joue beaucoup sur la bande son, ça me parle plus que des images choc, et là, c'est bien trouvé) l'art de faire du neuf avec du vieux ( un film de fantômes c'est loin d'être nouveau, le fait pour les héros de devoir agir en temps limité aussi..) et justement je préfère une suggestion où tout peut arriver plutôt que quelque chose qu'on voit venir à des kilomètres.
Après j'ai deux, disons, pas terreurs, mais trucs qui me mettent mal à l'aise: les objets technologiques qui s'allument seuls , depuis que j'ai par hasard vu un bout de Poltergeist quand j'étais gamine ( et je ne vous raconte pas la trouille intense quand mon radio réveil à commencé à tomber en panne et à sonner genre à 4h00 du mat au lieu de 8h30, il y a juste quelques années) Et les téléphones ( feinté le fantôme, tu peux appeler, je m'en fous, je ne réponds pas.et pas la peine d'insister, sinon, je débranche la prise). Donc comme les deux éléments apparaissent dans le film, forcément, sur moi ça marche parce qu'il m'a confrontée avec 2 raisons personnelles d'angoisse.

Et puis le principe est intéressant: des gens regardent une vidéo zarb, non pour ce qu'elle est, mais à cause de la rumeur qui est- autour. Pour le plaisir de se faire peur sans vraiment y croire. Les personnages secondaires sont des spectateurs de film d'horreur, et on regarde des spectateurs de films d'horreur  qui regardent une série de morceaux de films bien plus inquiétants que celui qu'on est soi même en train de voir ( sérieux, je ne sais pas si vous avez déjà vu des films expérimentaux, mais sinon fouillez le net il y en a à la pelle. C'est souvent tellement barré que c'est encore plus dérangeant que n'importe quel film volontairement horrifique).

Mise en abîme de l'action de regarder un film de trouille.. pour quelle raison?

L'ami fossoyeur en parle très bien ici, vidéo que je lie régulièrement sur mes blogs ( malgré son erreur sur le slender man) parce que le questionnement me paraît essentiel.
PAF! L'inquiétante étrangeté ( qu'on retrouve beaucoup en ce moment dans les débats sur la robotique et la "vallée de l'étrange"), et c'est là dessus que joue Ringu (et j'aime bien le procédé tout simple, choisi pour rendre les mouvements saccadés et peu naturels de la revenante: filmer l'actrice qui marche à reculons, et inverser la bande. Quand on n'a pas de budget, faut compenser avec des des solutions que n'aurait pas reniées George Méliès)
le cosplay  le moins compliqué du monde

D'un autre côté, il y a des éléments sociaux que j'ai trouvés intéressants, avec mon oeil d'occidentale, sur la société japonaise, car le quotidien d'un pays n'est pas celui des autres.
Une mère divorcée qui a la garde de son enfant, en France, c'est courant, au Japon, et surtout il y a presque 20 ans, pas tant que ça. D'autant plus qu'elle travaille tard.
Son fils 6 ou 7 ans semble livré à lui-même, ce qui ferait frémir ici. Hé non, il est courant au Japon, justement parce que les parents travaillent tard, qu'un enfant de cet âge là sache se faire à manger, ou réchauffer son dîner, dîner seul, se laver seul, et aille seul à l'école. ce qui pourrait paraître une source d'angoisse dans ce cas... est parfaitement normal.

Allez pour le plaisir, quelques petites parodies ou références
Sawako, l'héroïne de Kimi ni Todoke, n'a pas de chance, non seulement son nom rappelle le célèbre fantôme, mais son physique aussi, ce qui complique sa vie sociale, car c'est une fille sympa.. qui terrorise tout le monde sans le vouloir.

Sunako-chan ( Yamato Nadeshiko shichi henge), elle, fait tout pour cultiver la ressemblance.. dans la mesure où c'est une otaku fan de films et de séries d'horreur qui n'apprécie rien tant que de pouvoir regarder ces derniers enfermée dans sa chambre décorée de squelettes et autres mannequins anatomiques.
Le dessin animé n'est pas 100% génial, ni le manga d'ailleurs, mais les délires de Sunako-chan ( représentée constamment en chibi, sauf dans les moments humoristiques quand elle pète un câble. L'inverse de ce qu'on attendrait) sont plutôt sympas.

Et quelques fanarts:
pas cool de faire subir ça à un pauvre spectre

dans le film elle a eu de la chance que la TV de Ryûji soit posée sur le sol. Son entrée aurait pu être plus fracassante que terrifiante.

et puis... pourquoi pas la version " mignonne histoire d'amour". Il y a toujours moyen de se faire passer la bague au doigt.


Ils vécurent heureux et terrifièrent beaucoup d'enfants!

bon il y a du thé au Japon aussi


3 commentaires:

  1. Brrr, voilà un film que je serais incapable de regarder ! :-)

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    1. Pas de souci, je l'ai vu il y a plus d'un mois... et je suis toujours là, la malédiction n'a pas opéré :D
      Allez, faut que j'essaye de voir Ju-on ou Dark Water avant la fin du mois.

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  2. Tout à fait le genre de film que je ne regarderai pas. Les fantômes chinois me font flipper!

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