mardi 15 août 2017

owarimashita!

Hé oui, ça y est c'est fini le mois o-bon...


Et je suis loin d'en avoir fini de mon côté: un manga en cours de découverte, une autre série d'animation en cours de visionnage, et par dessus ça, un facétieux sylvain qui vient de me prêter une histoire de fantôme.

Au revoir!

Mais c'est le jeu, et le mois o-bon se clôture aujourd'hui officiellement. Officiellement, hein...

Pas de souci si vous avez encore des billets en retard ou que vous avez oublié de me les envoyer, je sais que ce sont les vacances, donc rajoutez les en commentaire à ce sujet.

En tut cas un grand MERCI aux participants qui ont bravé l'été et la canicule pour apporter leur participation à ce petit challenge encore confidentiel, mais qui grandit d'année en année!

Voici donc le récapitulatif ce 15 août

Récapitulation:

ICI
on chasse les ogres (ou on est pourchassé par eux): Ao Oni
on exorcise les mauvais esprits avec style: Mononoke 
on picole, on fume et on fait de la voyance XXXholic tomes 1 à 9
on écoute le conteur des rues et son petit théâtre de l'horreur: Yamishibai saison 4 
on espère flipper, mais on rigole plus qu'autre chose: Ju-on ( film, 2000)
on flippe, mais pas à cause des spectres: Kurayami Gatari 1 ( Drama CD)on tente de vivre en harmonie avec les créatures invisibles: Mushishi tome 1

Chez Lou

Chez Ma Petite Médiathèque
Présentation du challenge
Les yôkai de maître Hokusai
Manga, Yokai et douceur ( parce que Yokai et Kawaii ne sont pas incompatibles!)


Chez Pativore

Chez Curiosa tempora
Un fantôme jaloux hante les estampes: Seigen
Les spectres de Yoshitoshi s'exposent au musée Ota

chez Mes Madeleines
c'est cinéma:
Histoires de fantômes japonais ( film)
Kaibyô otama ga ike (film)
La lanterne Pivoine ( film)
et lecture
Le miroir aux sortilèges ( lecture jeunesse) - N. Zimmerman
Contes cruels du Japon (BD) -JD Morvan et  SAITO N.


Je suis assez contente de mon mois fantastique: 3 séries animées, un film, 2 manga ( plus un non chroniqué) et un drama CD ( ça c'est la nouveauté de l'année).

Un méga coup de coeur pour Mononoke, une déception avec Ju-on, et des titres de films vintage pour le challenge Halloween de cet automne ou le prochain mois o-bon. J'ai aussi repéré l'édition française de Flying witch ( j'ai parlé de la série animée, mais le manga est en cours de parution ici), et j'ai encore des tas de choses à voir/lire en stock.

Parce que après tout, l'an prochain, c'est la 4° année, et le 4 étant un chiffre qui porte malheur au Japon ( il y a beaucoup d'homophones, 4 se prononce Shi comme le mot " mort". Au quotidien, les gens vont choisir "yon" lecture alternative de 4, pour éviter cette sonorité déplaisante. Donc je ne peux pas louper ça!

et je réfléchis déjà à qui va venir enrichir ma galerie de monstres l'an prochain

Mais déjà rendez vous en octobre- novembre, parce qu'il n'est pas imaginable de passer un mois halloween sans au moins un sujet Made In Japan

lundi 14 août 2017

Mushishi ( tome 1) - Urushibara Yuki

Et je continue à explorer les recoins oubliés de mes étagères pour ressortir une énième série que j'ai mise en pause faute à l'époque d'argent et de place.

Mushishi, est un manga qui a 10 ans tout pile ( en France, il date de 2000 au Japon), mais j'avais d'abord découvert la série animée qui en était tirée, avec un générique qui rappelle un peu Simon And Garfunkel. L'animé est à cette image, un condensé de coolitude un peu hippie, hop, pieds nus dans la verdure, donc j'avais bien aimé.

J'y ai repensé en regardant Mononoké, on y retrouve un personnage solitaire qui se déplace avec une grande boîte dans le dos à la recherche de créatures plus ou moins fantastique, mais c'est à peu près le seul point commun.
Autant Mononoke a une approche très coloré, très baroque et quelques scènes d'actions, autant là, on est dans les teintes pastel, et l'introspection.



L'énigmatique héros se nomme Ginko, et va de lieu en lieu pour aider les gens à résoudre leurs problèmes de Mushi, en échange d'artefacts produits par ces créatures étrange ( encore une différence avec L'apothicaire, Ginko a une raison disons commerciale d'utiliser ses talents, et revend à un antiquaire les artefacts qu'il récupère)
Ginko est un mushishi, un expert des mushi ( le terme existe en japonais moderne, sous cette forme: 虫.Il signifie tout simplement "insecte", ou plus générale " petite bête, bestiole", et sert de clé pour construire d'autres kanji liés à cette idée, des variétés d'insectes, des escargots, des araignées.. des bestioles, donc!)

Mais ces petites bêtes là ne sont pas exactement les mêmes que celles étudiées par Jean-Henri Fabre ( qui limite plus connu au Japon qu'en France de nos jours), mais des entités primitives. Pas vraiment des yôkai, même si leurs manifestations dans le monde humain y ressemble beaucoup, là on est vraiment dans la pensée animiste chère au Shinto. Les mushi de l'histoire sont des créatures si primitives qu'elles dépassent le classement entre animal et végétal. Presque simplement des manifestations énergétiques le principe même de la Vie ( oui, on est à ce niveau là de métaphysique dans ce manga!)


Mais évidemment ce genre de manifestations peut causer des soucis au quotidien aux humais qui les subissent, allant du simple inconfort ( la première histoire met en scène un garçon dont les dessins prennent vie indépendamment de sa volonté, et qui, pour ne pas renoncer à sa passion, vit isolé, afin de ne pas avoir à subir les questions du monde entier), à de réels problèmes de santé lorsque les mushi parasitent les gens ( on a un village entier dont les habitants deviennent sourds, leurs oreilles sont parasitées par des mushi qui se nourrissent de sons, ou au contraire, par d'autres qui se nourrissent de silence, rendant la vie impossible à leurs infortunées victimes qui vient dans un bruit permanent à en devenir dingues, puisque le silence est absorbé:il leur pousse sur le frnt des cornes qui captent et amplifient tous les bruits;
une autre histoire met en scène une petite fille devenue hypersensible à la lumière car ses yeux sont aussi parasités par un mushi. Oui, ces deux histoires sont un peu écoeurantes..)

Parfois, les choses peuvent être encore plus tragique, comme l'histoire de l'homme qui rêve de catastrophes, lesquelles se réalisent. Le village le remercie de ses rêves prémonitoires qui leur permet d'échapper aux catastrophes, mais c'est l'inverse qui se produit, ses rêvent créent les catastrophes; Et là encore, c'est un mushi qui en est responsable.

Donc débarrasser les gens de ces désagréments est nécessaire, mais pas n'importe comment. On l'a dit, les mushi sont un principe vital, on ne se débarrasse pas d'un principe vital, et s'il est impossible de vivre avec, on essaye juste de limiter les dégâts ou de le renvoyer à la nature qu'il n'aurait pas du quitter.
Car en plus d'être philosophique et métaphysique, ce manga est écologiste.


Je m'aperçoit que même s'il m'a plu, je l'avais aussi mis en suspens parce qu'il me manquait des clés pour le comprendre. L'adaptation animée simplifiait les choses et était moins dure à suivre. Là, il y a beaucoup de non-dit, qui me paraissent maintenant plus clairs, en m'étant penchée sur la pensée shito et le fantastique asiatique.
Par exemple, et c'est vraiment un truc de base, les mushi qui parasitentles oreilles sont appellés les "Unn" pour ceux qui mangent les sons et les "A" pour ceux qui mangent le silence.

Ne connaissant à l'époque pas ce détail, ce n'est qu'à la relecture que j'ai tilté, parce que j'ai depuis VU des temples. Les statues de gardiens à l'entrée ( que ce soit des chiens lions, des renards, ou des personnages divins..) sont toujours deux, l'un avec la bouche ouverte, l'autre avec la bouche fermée.




Celui qui a la bouche ouverte dit "A" ( premier son dans le classement syllabaire japonais), celui qui a la bouche fermée dit " nnnn"( dernier son dans le classement syllabaire, et seule consonne isolée du japonais). Un peu comme en grec lorsqu'on parle de "l'alpha et l'Omega" pour évoquer quelque chose du début à la fin.
Sympa non?
On va plus loin?
Et si je vous disais que c'est tiré d'une tradition qui est loin d'être cantonnée au Japon?
A+UNN ( enfin, un u nasalisé), c'est le AUM sanskrit, qui est justement la vibration vitale, le son primordial.

Je ne remercierait jamais assez Tadashi, notre guide lors d'un voyage au Japon qui a attiré mon attention sur ce fait, et m'a involontairement, des années plus tard, permis de voir ce détail qui m'avait échappé lors de ma lecture.

Je crois que l'auteur de ce manga touche vraiment sa bille en matière de spiritualité orientale ( et pourtant dans ses explications, les pages rajoutées en fin de manga pour l'édition reliée, elle explique ne pas être du tout superstitieuse ni spécialement versée en religion).

Donc oui, techniquement, je dirais que ce manga a un côté animiste qui me plait beaucoup ( le mais de la dernière histoire est présenté comme une entité mouvante, liquide, sans conscience, mais animée d'une vie indépendante). Autant je suis loin d'être branchée par les religions européennes et le monothéisme ( ça m'a toujours paru trop " simple", trop "facile"), autant vous l'aurez compris j'adore tout ce qui touche à la mythologie, aux légendes, et la pensée bouddhiste ou shinto me parle beaucoup, mais alors beaucoup plus. Sans aller jusqu'à devenir croyante ou pratiquante, je suis certaine que considérer un peu plus la nature et les plantes, le vivant dans son intégralité, sans faire de gradation entre végétal et animal ne peut être que bénéfique.


Note perso:c'est d'ailleurs sur ces considérations que non, je ne suis pas végétarienne, même si j'ai par goût plutôt tendance à manger du végétal.
Je fais gaffe à la souffrance animale, et à consommer des choses qui font le moins souffrir possible, des oeufs de poules élevées en plein air par exemple, ou du fromage de vaches qui paissent dans un pré, mais je ne fais pas de distinguo entre une vie animal " supérieure" et une vie végétale qui serait "inférieure". On ne peut pas vivre sans que ce soit au détriment d'une autre vie, quelle qu'elle soit, on peut seulement faire attention à limiter son impact sur la nature, en essayant de ne pas faire n'importe quoi. Qui, par ricochet, nous affecterait aussi, on ne couvre pas impunément des champs entiers de pesticides sans que ça ne nous retombe un jour sur la tronche.

Je pense que c'est un peu le message que veut faire passer ce manga:la vie en harmonie avec la nature n'est pas toujours possible, c'est même souvent une utopie, mais le combat acharné pour lui imposer un point de vue humain est perdu d'avance. Il faut donc trouver un juste milieu pour que les deux parties y trouvent à peu près leur compte. Mais toujours en agissant avec respect.
A vous de voir si ce discours écolo et philosophique vous parle, parce que là, on est loin d'une série de baston contre les monstres. Oui, c'est lent, il y a peu d'action;le graphisme est esquissé et c'est contemplatif. Et ça fait du bien!
au pire, je vous conseillerai plutôt l'animation qui est de mémoire plus abordable au novice.

pas de fantômes cette fois, juste du fantastique teinté de philosophie.



mercredi 9 août 2017

kurayami gatari 1 ( drama CD)

Me revoici avec très logiquement une histoire de fantôme.

Après les séries animées, le film, le manga, j'ai eu envie d'essayer le support audio. Et ça va me donner l'occasion de parler d'un support que j'ai découvert assez récemment, je l'avoue.
Et donc en fouillant le net, j'ai fini par trouver un drama CD horrifique avec traduction en anglais. Oui je m'excuse , il va encore une fois en passer par là.

Pourquoi?

Petit aparté pour les drama CD, je connaissais vaguement, sans plus, c'est une chose qui n'existe pas du tout chez nous. Du coup, a priori, pas de marché à l'étranger contrairement aux romans, mangas, films, etc.. donc les seules traductions trouvables sont celle faites de manière amateur, donc, évidemment illégales, et qui pour cette raison peuvent disparaître du jour au lendemain (enfin, pas la traduction elle même, mais l'ensemble support audio +traduction).

Donc , un drama CD, quoi qu'est-ce? Les choses les plus proches sous nos latitudes seraient les pièces radiophoniques, les saga mp3 ou les livres audio.
Une histoire racontée et jouée sur support CD.

La pièce radiophonique et la saga mp3 sont les plus proches, dans le sens où il s'agit d'un texte écrit ou adapté POUR la diffusion audio, où seul le mode de diffusion diffère, puisque sur CD, achetable dans le commerce. Le livre audio a commencé sur support cassettes et CD, mais le texte est souvent une lecture d'un livre d'abord édité en version papier.

Donc, là on a quelque chose un peu entre les deux.

Est-ce que ça se vend encore? Absolument, au Japon. Alors que le support CD est quasiment passé de mode chez nous, il y a toujours un marché là bas, peut-être de niche, mais réel.
Il y a donc, comme pour d'autres médias une possibilité infinie de textes et de sujets, du plus banal au plus pointu.

Mais coup de théâtre, il y a quelques années quelqu'un a eu l'idée d'inventer le micro 3D (je sais, on va me dire que l'enregistrement stéréo existe depuis longtemps, là c'est un peu différent, il ne s'agit pas de plusieurs micros dans une pièce, mais d'un micro posé devant le narrateur ou la narratrice, ou les acteurs, qui se déplacent autour autour d'un micro muni de zones qui vont correspondre aux deux oreilles de l'auditeur, ou à l'arrière ou en face..
Le résultat à l'écoute est saisissant: pour peu que l'enregistrement soit écouté avec un casque audio, on a réellement l'impression que quelqu'un vous chuchote quelque chose à l'oreille.
Autant dire quelque chose d'idéal pour les histoires de trouille ( imaginez, dans le noir, les bruits de pas dans votre dos, quelqu'un s'approche, s'approche, une voix fantomatique ou un rire possédé qui se fait soudainement entendre près de votre oreille gniiihiiihiiii)

Bon évidemment, comme on est au Japon, il y a un autre domaine qui a vite flairé le potentiel de ce genre d'enregistrements, et c'est, bien entendu, tout ce qui relève de l'érotisme ou du porno.

Donc attention: cette histoire de fantômes possède deux moments, courts, mais qui mettent particulièrement mal à l'aise: il est question à deux reprises d'agression sexuelle, et même si ça se justifie dans le contexte, pour le coup, l'impression d'avoir un pervers qui vous bave dans les esgourdes, et s'apprête à vous coincer contre un mur, c'est proprement terrifiant, bien plus que les grincements et rire de spectres.

Je suppose qu'il y a des gens qui doivent trouver ça émoustillant, pour moi, c'est loin d'être le cas, on est plutôt sur de l'angoisse et une vague nausée à entendre un bruit un peu écoeurant de salingue qui bave. Mission accomplie pour une histoire flippante vous me direz!

M'enfin, lorsque le narrateur interrompt en disant " je n'irais pas plus loin, vous vous connaissez de la suite", j'ai quand même dit, moi, à haute voix: " oui, merci, merci de m'épargner ça, je préfère, je m'en passerai sans problème"!
Et pourtant, j'étais en ligne sur Youtube, en train de lire les sous-titres, donc pas le plus idéal pour l'immersion, je n'ose même pas imaginer l'effet lorsque quelqu'un qui parle couramment la langue l'écoute.

Mais hormis ces deux passages glauques, car là, le réalisme est un chouïa de trop...le reste est plutôt sympa.

Le sujet:dans les années 20, une femme (on ne saura son nom qu'à la toute fin) se rend chez un conteur un peu particulier. Elle se sent possédée par des mauvais esprits, et le conteur est un médium, capable de désenvouter ses clients en mettant au jour l'histoire du spectre qui les hante. Car ce que le spectre veut, quelque part, c'est qu'on connaisse son histoire, qu'elle soit dite à haute voix, ce seul fait pourra le libérer ( et dans le cas présenté malheureusement, c'est lié à deux affaires d'abus sexuel, des meurtres , des abandons familiaux, etc.Tu m'étonnes que le spectre est coriace...)

J'aime bien la voix du narrateur, goguenarde, nonchalante, parfois presque moqueuse. L'histoire qu'il raconte est entrecoupée de saynètes dialoguées du passé, le tout réalisé par le même acteur ( oui, même le cochon baveur... je pense que même pro, il lui a probablement fallu plusieurs prises, si c'est embarrassant à écouter, ça du l'être tout autant à jouer, j'imagine d'ici le type lécher le micro comme une grosse glace. Oui comme ça de suite, c'est moins flippant.)

Mais, rassurez-vous, spoiler, tout ça: les pervers qui bavent vont payer pour ce qu'ils ont fait!

Donc, dans l'absolu, ça m'a bien plu, surtout le fait de pouvoir écouter un texte en VO, avec sous-titres, c'est toujours intéressant lorsqu'on apprend la langue. Je sais qu'il y a des suites, je ne sais pas par contre si j'aurais un jour l'occasion de les écouter, si quelqu'un les aura traduites et mises en ligne, car soyons honnêtes, ce n'est pas franchement quelque chose qui passera les frontières autrement qu'en piratage.

M'enfin dans ce cas là, j'ai envie de dire " un peu plus de hurlements démoniaques et un peu moins de bave, SVP!"

Si vous voulez tenter le coup, c'est ici. Ne vous focalisez pas sur la première piste, forcément un peu bancale, car on plante le décor et on intègre un peu comme on peut une explication sur la meilleure manière d'écouter l'histoire, au cas où l'auditeur/trice ne serait pas habitué/e aux enregistrements 3D.
En tout cas, je reconnais que la technique a un potentiel intéressant.. je me demande s'il y a des histoires policières ou SF enregistrées comme aussi, tiens...
(heu quoique, oubliez cette dernière suggestion, on est au Japon, ça dériverait vite du genre enlèvement par des extra-terrestres chelous pleins de tentacules)


C'est parti, avec l'inévitable pochette type shojô manga ( ce qui est assez cocasse vu le contenu tout sauf mignonnet, mais bleu-vert-mauve, ce sont mes couleurs favorites)



samedi 5 août 2017

Ju-on (film, 2000)

Et voilà, après The Ring et Dark water, il était temps que je regarde le 3 célèbre film d'épouvante japonais

Ce n'est plus un film de Nakata Hideo, adapté d'une nouvelle de Suzuki, mais c'est Shimizu Takashi le réalisateur.

je n'ai pas trouvé l'affiche originale, mais l'affiche internationale se fout déjà bien de nous en jouant sur les mots: " par le même directeur que The Ring". Mais attention, le réalisateur n'est PAS  le même

Et, ça me peine de dire ça, mais on sent de suite la différence, dans la manière d'installer la tension et le mystère. Et Shimizu n'est pas aussi doué que son compatriote, avec pourtant une base similaire: une histoire de hantise, une ou plutôt deux fantômes bien décidés à en découdre et à faire crever de trouilel le maximum de gens.

Tout commence dans le vif du sujet, par un meurtre.dès la séquence d'ouverture, un homme tue sa femme, et son chat sous les yeux de son fils de 5 ou 6 ans. On ne saura pas ce qu'il advient de l'enfant, en tout cas, pas de suite.

Hop séquence suivante, intitulée Rika: Rika, bénévole d'un centre social, vient à la place d'un collègue voir ce qui se passe dans une maison apparemment abandonnée. Il y règne une pagaille monstres,  il malgré les nombreuses paires de pantoufles dans l'entrée qui semble indiquer que plusieurs personnes y habitent, Rika n'y trouve que madame Tokunaga, une vieille dame prostrée et quasiment invalide, qui ne peut pas elle seule avoir mis un pareil désordre,y compris à l'étage. L'étage d'où proviennent d'étranges bruits. Evidemment, on miaule, le coup classique c'est un chat. Mais il y a aussi des grattement qui viennent d'un placard, fermé au rubaun adhésif. Lorsqu'elle l'ouvre, elle y trouve enfermé un petit garçon, visiblement maltraité, et fait ce qu'elle doit faire, appeler les services sociaux, pour leur signaler la présence de celui qui dit s'appeler Toshio. Au même moment, elle aperçoit une inquiétante forme brumeuse et noire qui s'attaque à la mamie. qu'arrive -t-il a Rika? On ne le saura pas, enfin pas tout de suite..
Vous le sentez venir le problème majeur du film?

logique de film de trouille: si tu es dans un endroit chelou et que tu entends des bruits au grenier, la seule chose à faire est d'aller y voir avec pour seule arme une lampe de poche ( on sait pas, ça pourrait aussi bien être des bandits armés en cavale, ou des assassins bien vivants, rien de dangereux donc)

Hop séquence suivante: deux personnes arrivent dans la maison, le fils de la dame et sa belle file et... KWA? ils arrivent et ne constatent rien d'anormal? Mamie vient d'être attaquée par un monstre il y a 2 minutes...
Hé non, parce que faut le deviner, mais le film est découpé en séquences, portant chacune le nom du personnage qui va être hanté ou au moins voir le fantôme, mais elles sont dans le désordre. La Séquence précédent se passe en fait après la suivante, où le reste la famille découvre que leur maison est hantée. La belle fille meurt de trouille, le fils fait dégager sa soeur Hitomi qui venait dîner et part cacher le cadavre de sa femme dans le grenier avant de se suicider.

C'est donc maintenant Hitomi qui va être hantée jusque chez elle par des fantômes visiblement très collants, capables de téléphoner et d'imiter la voix de son frère, son apparence, de sonner aux portes, et de détraquer la télé.
Et Rika: après son appel, les services sociaux font intervenir la police, et on la trouve prostrée aux pieds de la vieille dame morte ( de peur!)

Enquête pour retrouver donc l'équipe de police qui avait enquêté 6 ans plus tôt sur le meurtre de Saeki Kayako par son mari et sur la disparition de toujours non élucidée de leur fils Toshio
Attention spoiler: il est mort.
Ben oui, il a toujours l'apparence d'un enfant de 5 ans et il est bien blanc quand même... enfin pas toujours.

Donc vous l'aurez compris, le problème majeur, c'est la forme en saynètes qui coupe complètement le rythme, là où au contraire, il faut prendre le temps d'installer une ambiance. Et là où les deux films de Nakata réussissaient leur pari avec un budget pourtant limité. Mais non, tout va trop vite, et les personnages meurent à la pelle avant même qu'on ai pu retenir leurs noms.
L'autre problème, c'est le maque de constance de l'apparence des fantômes: Toshio a parfois l'air d'un enfant normal quoique battu, parfois d'un fantôme bien blanc ( j'y reviendrais), Kayako a parfois l'aspect d'une brume noire, et parfois celle d'une femme fantômatique qui rampe au sol en grinçant.

Donc peu de moyens, d'où des effets fauchés, ça peut être intéressant, et l'idée d'un maquillage très artificiel est assez bien trouvée ( le gamin est entièrement passé au maquillage blanc, avec du liner noir, qui fait très fantôme de théâtre, il ne dénoterait pas au Kabuki).
Par contre, là où The ring avait trouvé une idée géniale pour donner un air étrange à Sadako ( prendre une actrice de théâtre, la faire marcher à reculons en la filmant, et passer la bobine dans l'autre sens pour lui donner des mouvement totalement irréels), Ju-on ne fait.. rien de spécial. Les fantômes ont donc des déplacements normaux, et font trop.. vivants.
Encore toi? Tu te rends compte qu'avec ton air de Casper le gentil fantôme, les gens sursautent parce que tu les surprends, pas parce que tu leur fais peur. T'es mignon, mais va jouer ailleurs
Et Kayako est plus ridicule que flippante lorsqu'elle descend les escaliers en rampant et en cliquetant.J'ai bien rigolé plusieurs fois, mais... du côté boiteux du film, qui essaye d'imiter The Ring, sans y parvenir ( j'vous jure à la énième apparition de Toshio, planqué sous une table de restaurant, là, au dessus: je me suis écriée : "ptain! t'es encore là toi, quel pot de colle! Si on joue à cache cache, tu nous foutra la paix?"


mais c'est pas vrai.. barrez-vous de mon pageot ou je vous exorcise à grand coup de sel dans la tronche!
Dommage, il s'en fallait de peu pour que ça soit un bon film, mais sa construction peu convaincante, et sa manière de tout précipiter en font un film raté, qui donne pleinement le temps de se rendre compte que justement, il avait des qualités... mal exploitées.Là on a une maison hantée, tous ce qui y rentrent finissent pas mourir ou disparaitre, au bout d'un moment, c'est pas lapolice qu'il faut appeler, faites venir un exorciste, ça sera plus simple et plus raide.

gniii, ça c'est ce que je déteste: trouver qu'un film est d'autant plus raté qu'il avait des cartes en main pour être sinon bon, du moins potable.
Ca ne me plait pas de casser un film, j'aurais voulu l'aimer. Mais là, tel quel, j'ai du mal à comprendre comment il a pu faire un tabac au point d'avoir 5 suites et 2 remakes américains. Et probablement d'autres à venir.

Sinon, comme on peut s'en douter, deux cartons  au cinéma finissent toujours par se rencontrer ( alien, c'était énorme, Predator, c'était énorme, donc, si on faisait alien Versus Predator pour voir qui va gagner?! et Freddy Vs Jason...) il y a donc eu l'an dernier "Sadako Vs.Kayako" que je n'ai donc pas vu, même pas sûre qu'il ait été distribué en France.
Fantôme contre fantôme en gros :D
Apparemment le film n'a pas eu d'excellentes critiques, mais par contre la promo en a été assez fun: un match de base-ball de fantômes.



Et une mini-déception de plus


jeudi 3 août 2017

Yamishibai saison 4

Joie et bonheur!! Ils reviennent...
Enfer et Malédiction!!  Ils ont modifié la formule...

Alors que je pensais que la série se concluait à la fin de la 3° saison ( qui était différente des deux premières par plusieurs aspects) je vois qu'il y a NON SEULEMENT une 4° saison, diffusée au Japon en début d'année, mais une 5°en cours de diffusion.





C'est donc reparti pour 13 courtes histoires mystérieuses.


On reprend peu ou prou le générique de début des 2 premières séries ( par contre, je le dis de suite, le générique de fin, c'est n'importe quoi: une chansonnette assez banale,même pas dissonante, avec petit accompagnement de guitare. Tout sauf flippant. Et ça casse l'ambiance ( en fait j'ai dit la même chose pour le générique de fin de Mononoké, et j'ai souvent ce ressenti:les génériques de fin qui ne sont pas à la hauteur, et font musique de pub...). Hors sujet. complètement hors sujet.

Chaque saison venant avec son lot de nouveautés, cette fois, l'animation mêle l'animation à des prises de vues réelles, pour mettre en valeur des détails ( la tombe du chat dans l'épisode 1, les bulles de l'aquarium dans le 2°, les ciseaux et les cheveux dans le 3°etc...ou le terrifiant dentiste avec sa pince de l'épisode 9). Et cette incursion du réel dans un monde esquissé, surprenante, est finalement plutôt efficace en donnant justement une réalité à l'élément déclencheur du fantastique.
Autre trouvaille sympa, le conteur change de voix à tous les épisodes, parfois une voix jeune, parfois une voix de grand-père, parfois lugubre, parfois d'un enjouement qui sonne faux. Là aussi, j'aime bien, ça contribue à brouiller encore plus les pistes sur son identité. Même si certaines voix sont moins convaincantes que d'autres.
Moins convaincant aussi, le fait que la voix du narrateur se superpose aux dialogues ( jusqu'à présent, il introduisait l'histoire et la narration laissait la place aux dialogues quand nécessaire).

Mais, et c'est la que va apparaître pour la 1° fois un ressenti négatif sur la série: le graphisme lui aussi semble changer quasiment à chaque épisode, mais sans que ça soit vraiment lié à des choix artistiques assumés. J'y ai cru avec cet épisode 6 au sujet classique de shojô et au graphisme très shojô, mais.. c'est finalement le seul où le parti pris graphique semble motivé.

Il y a beaucoup moins le côté " théâtre de papier" des premières saisons, et on dirait presque que chaque épisode a été réalisé par des équipes différentes. Ça aurait pu être intéressant, mais là, c'est surtout maladroit et l'impression dominante est celle d'une saison" filler", mieux produite, mais paradoxalement plus bâclée que les précédentes, et qui pâtit de la comparaison avec ce qui précédait.
Trop propre, et en même temps trop standard.
Il manque  le côté un peu crade de l'image, la dominante gris -jaunâtre, ou jaune grisâtre qui recouvrait le tout et lui donnait son côté original.

C'est flagrant lorsqu'on regarde l'ensemble des miniatures ici, la 4°série a des couleurs beaucoup plus vives et flashantes que le reste ( et de ce que je vois, ça a été corrigé sur la 5° saison en cours, peut être que les critiques ont fait remonter que ce changement d'approche n'était pas la meilleure idée..)

On passe de ça


A ça:




ou de ça

à ça

j'ai essayé de trouver des images qui se répondent.


Donc oui, pour l'insertion de détails en prise de vue réelle qui donne une certaine originalité et renforce parfois le côté flippant ( ce dentiste.. kyaaaah! tasukete kudasai!!), mais le côté "léché", non, ça lisse trop les choses.
Après, la série dans sa globalité s'est fait tailler un short à cause de ce que je trouve justement ses points forts: graphisme très spécial, animation très spéciale, donc peut-être que l'approche très classique de cette saison 4 aura convaincu ceux qui n'aimaient pas la première version, mais dans l'absolu, qui va regarder une saison 4, sinon ceux qui ont déjà kiffé les 3 premières?

Au niveau scénario, difficile de faire mieux que les fantômes des premières saisons ou les monstres de la 3, donc là, on est plutôt dans une tonalité mystérieuse, moins horrifique, avec des chutes moins marquantes ( quand il y en a)

Mais un détail qui ne trompe pas: j'ai beau fouiller le net à la recherche d'une image un minimum flippante de la saison 4, voilà le maximum de ce que j'arrive à trouver:

une silhouette fantomatique vue de loin..
Je vous rafraîchis la mémoire? Voilà ce qu'on avait avant.


Hé oui, c'est bien de rester dans la suggestion pour faire mouliner la cervelle du spectateur, au lieu de gros effets gores appuyés, mais il faut quand même un peu de trucs chelous, parce que n'oublions pas que les épisodes font 3 minutes, et donc la série ne peut pas se payer le luxe d'un film qui va prendre son temps pour semer les bizarreries et distiller le malaise.
Là, la saison 3 y arrivait bien avec des génériques malaisants et évolutifs au fil des épisodes pour l'ambiance globale, et des épisodes à chute pour le punch.

Donc globalement une saison en dessous des précédentes: graphisme propre et assez impersonnel, générique de fin très.. générique, et tonalité moins horrifique ( qui donc sacrifie une fin " choquante" pour rester dans un doute un peu frustrant, on peut toujours se dire que les personnages ont rêvé ou halluciné, là où, avant, il y a avait un peu plus de fins "choc").
Pour vous donner une idée, avec quelque chose de super connu, prenons " the ring".. hé bien c'est comme si on s'arrêtait au moment où Sadako sort du puits et s'avance, mais avant qu'elle ne passe au travers de l'écran TV. Comme ça..
Oshimai!

(et tiens, je mettrais en parallèle  la souris -saison 4 épisode 3 - où une femme mordue dans son sommeil par les souris qui pullulent chez elle se transforme en souris géante, et l'épisode 9 de cette saison 4 où une dent tombée au sol se rapproche d'une femme qui dort et.. et rien au juste, on ne saura pas ce qui va se passer.)

Donc sans être fvraiment mauvaise, je dirais quand même que c'est une mini déception - bien que je m'y attendais, peut-on parler de déception dans ce cas là? - soit la série a atteint sa limite avec la saison 3, soit il s'agit d'un coup de mou temporaire.
Je donnerai quand même sa chance à la 5° saison quand elle sera disponible intégralement, je n'aimerais pas finir sur cette note négative ( et surtout, punaise, mais virez moi ce générique de fin!)

Ça me coûte d'écrire un avis négatif sur une série que j'ai particulièrement aimé jusqu'à présent.J'espère vraiment que ce n'est qu'un passage à vide et qu'elle va retrouver son ton si particulier et repartir dans la bonne direction, celle la plus sombre. Sans être une énorme déception, c'est une déception à la hauteur des qualités des saisons précédentes.


dimanche 30 juillet 2017

XXXHolic (tomes 1 à 9) - CLAMP

En fouillant mes  étagères à la recherche de quelque chose qui colle à la thématique, j'ai ressorti ce manga que je n'avais pas relu depuis.. bien 10 ans. En fait je l'avais laissé en stand-by au niveau du tome 11, attendant de savoir combien il y en aurait en tout pour ne pas m'embarquer dans quelque chose d'interminable.
J'avais racheté ces ainsi que ceux de Tsubasa Reservoir Chronicles à un gars queje connaissais vaguement, au moment où il partait pour aller habiter au Japon. Lui souhaiter se refaire un petit pécule et ne pas s'embarrasser de tomes en français, et moi, je souhaitais découvrir CLAMP dont on m'avait beaucoup parlé ( et dont je ne connaissais que Card Captor Sakura et Lawful Drug, lus... des années avant  je ne sais même plus chez qui! Je dois aussi avoir Trèfle quelque part, j'en reparlerais pour une thématique SF)

J'ai continué les deux séries un moment, dans la mesure où elles sont liées narrativement, puis fini par laisser tomber Tsubasa qui trainait trop en longueur ( genre 2 ou 3 tomes pour raconter une course d'engins volants terriblement peu intéressante ou une partie d'échecs grandeur nature.. booooooring!  Dommage cette histoire de voyage inter-dimensionnel était à la base plutôt sympa.)

Et donc si Tsubasa avait un scénario plutôt Fantasy-SF, XXXHolic baigne pleinement dans le fantastique nippon.
Son piteux héros, Watanuki Kimihiro, lycée qui vit seul depuis la mort de ses parents et a développé des compétences que peu de jeunes de 17 ans ont, en cuisine, entretien domestique, gestion de budget, est tourmenté depuis son plus jeune âge par un don de medium qui lui pourrit la vie.Où qu'il aille, des yôkai le suivent.
Sa vie va changer du tout au tout lorsque, essayant d'échapper à un monstre collant, il atterrit chez Yukô, voyante, spirite, medium.. et sorcière.
Yukô est arrogant, près de ses sous, exhibitionniste, alcoolique, manipulatrice mais surtout, capablede débarrasser Watanuki de ses visions, en échange d'un paiement qu'il acquittera en travaillant gratuitement.
Watanuki devient donc à contrecoeur le larbin de Yukô, qui, promet-elle, le débarrassera de ses visions lorsqu'il aura suffisamment travaillé pour acquitter le paiement de ce service.
Et comme c'est une vraie flemmarde, elle trouve toujours le moyen, de rendre un petit service, ou de donner un conseil, qui bien sur s'ajoute à la facture déjà longue de Watanuki.

Ce duo va vite être rejoint par Himawari, jolie fille à couettes qui plaît énormément à Watanuki ( et qui cache un secret qu'on nous fait miroiter pendant des tomes.. aheum. autant dire que la révélation en est platounette et décevante, j'espérais mieux!), et Dômeki Shizuka, camarade de classe de Watanuki, auquel ce dernier voue une antipathie féroce autant qu'incompréhensible. Dômeki n'est pas bavard, mais c'est un bon camarade qui aide sans cesse Watanuki, sans attendre grand chose en retour.
Et pourtant, Dômeki va s'avérer le meilleur allié pour Watanuki, car il a un don d'exorciste. Il ne voit pas les monstres ni les esprits, mais peut les repousser. Watanuki lui les voit, mais ne peut rien contre eux.

J'ai bien aimé relire cette série, il va falloir que je me procure les tomes manquants s'ils ne sont pas épuisés.
Je ne suis pas méga fan de CLAMP, en général, je n'accroche pas trop à leurs graphismes, Et même là, dans le corps du manga c'est parfois limite cartoon et ça me gêne ( corps désarticulés, membres interminables, têtes minuscules, mains énormes..), par contre j'aime énormément les couvertures de l'édition française ( qui a suivi pour une fois les éditions originales), métallisées et satinées qui donnent un côté un peu classe aux tomes), les décors, très art nouveau, avec plein de volutes d'encens - quoique Yukô fume comme une cheminée, ça peut être autre chose - et les costumes qu'elle porte. Là les dessinatrices ont mis le paquet, elle a une nouvelle tenue à chaque chapitre, je devine que c'est ce qui les a le plus amusées.


lafée de la pluie.. elle pourrait se promener à Harajuku sans étonner qui que ce soit


Et aussi pour les couvertures donc, elles ont un petit côté décadent,assez sympa,et pour tout dire, on est quasiment dans l'imagerie publicitaire des années 1980, comme si Mucha avait dessiné des affiches pour vanter une fumerie d'opium.


oui.. des fumées d'encens, on va dire ça
Ou alors c'est moi qui doit avoir l'esprit mal tourné de voir une allusion à la drogue dans quelque chose dont le titre "Holic" fait directement référence à l'addiction ( au sens général, celle de Yukô à l'alcool et au tabac, celle de Watanuki à Himawari, celle de Dômeki aux inari-zushi, celle des esprits à Watanuki, celle des clients de la boutique de magie de Yukô, accros à tout et n'importe quoi: l'internet, le mensonge, une situation qui les enferme, mais les arrange...)
oui, je dois me faire des idées, il a l'air shooté, il tient une pipe a opium, étalé en kimono sur un canapé...

Je crois que je me fais des idées, hein...

L'art nouveau s'inspire des estampes extrême-orientales, et ce manga s'inspire de l'art nouveau. Toute ressemblance avec les gravures d'Aubrey Beardsley est donc parfaitement normale!

Sinon, j'ai bien aimé les petits croisements (les XXX du titre, pour Cross, comme cross over), avec Tsubasa - qui reprend déjà 4 personnages de Card Captor: Sakura, son copain Shaolan, le frère de Sakura et le petit ami de celui-ci, dont j'ai oublié les noms - avec Lawful drug ( on croise les deux pharmacien de cette courte série, au cours d'un chapitre), Yukô qui parle de Clow ( le magicien des cartes de Card Captor), les écouteurs oreilles des robots de Chobits et probablement d'autres que je n'ai pas perçus, dans la mesure où je n'ai pas lu tous les titres de CLAMP.

Et Yukô, bien évidemment, un personnage qui fait plaisir à voir car plein de défauts (qui imaginerait une puissante medium capable de créer des portes dimensionnelles sous forme de petits animaux poilus, affalée sur son tapis en train de cuver sa dernière cuite en ronflant? Ben c'est à peu de chose près le cas)

Donc, une série qui a bien sa place dans une thématique O-bon: l'héroïne est magicienne, le héros voit des monstres, un autre les exorcises, on joue au Hyaku Monogatari, on y croise des kitsune, une parade de monstres, une zasshiki-warashi timide, une petite fée de la pluie autoritaire, des fantômes, des légendes ou croyances populaires...
Et une première participation ( 9 tomes de 125 pages en gros chacune) au challenge BD et au défi lecture RAT a Week , tous les deux sur Chroniques Littéraires

RAT a Week
J'ai donc dépassé les 100 pages dans la semaine, et validé les catégories " lire au moins 5 livres", "lire au moins une BD" et " livres de challenge" ( ici, le fantastique japonais), "lire iun livre dont la couverture comporte du vert" et "commencer une série".
J'étais partie sur "Verre en Terrasse", j'ai  validé " tongs et Paréo" cette semaine (option " que des manga)

samedi 22 juillet 2017

Mononoke ( serie d'animation)

On continue avec de l'animation,je vais essayer de parler d'une série par semaine. Ce sera déjà bien.
Mononoke attendait depuis bien trop longtemps sur mon disque dur que je me décide à le regarder.

Alors oui déjà, je le dis, j'ai donc vu une version fansub, et après avoir bien cherché, il semble que la série ne soit pas licenciée en France. Elle date pourtant de 2007.
Donc, pas le choix, je sais c'est pasbien, tout ça, mais vu le coup de coeur que j'ai eu, je ne serai pas contre une édition officielle...

Deuxième chose à préciser d'emblée: ce n'est pas un spin-off de Princesse Mononoke, malgré la ressemblance de titre ( qui m'a freinée à la base, car je pensais que c'était une série qui allait surfer sur le succès des studio Ghibli). Non, rien à voir.

Et troisième point: cette série ne ressemble à rien de connu, à rien de ce que j'ai pu voir auparavant, on est dans un univers 100% bizarre. Soit on adore, soit on déteste, je pense.
Pour moi, ça a été la première option , bien que j'aie regardé les 2 premiers épisodes d'un oeil plutôt mi-surpris, mi" c'est quoi ce truc?!".
On est projeté dans préambule dans cette ambiance un peu surréaliste, avec des décors pétants de couleurs, à la limite du trip au LSD ( enfin, si j'en crois ce qu'on écrit les gens qui ont tenté...)
Pour tout dire, j'ai même trouvé que la femme blonde aux yeux bleus avec des tâches de rousseurs dans le premier épisode, mis à part sa coiffure et ses vêtements,  aurait pu sans problème sortir d'une animation française des années 70- 80, du genre Les Maîtres du temps par exemple ( et ça aussi, c'est de la bonne came, ne méprisez pas l'animation française de cette époque, jamais!)

Le générique donne déjà une petite idée: si votre truc c'est la sobriété visuelle, passez votre chemin

Donc  de quoi ça parle? Dans le fond c'est assez simple, il n'y a que 13 épisodes qui racontent plusieurs histoires fantastiques, à une époque et dans des lieux indéterminés. avec comme seul point commun un personnage fort Mystérieux " l'apothicaire". C'est tout ce qu'on aura de lui ou presque. Il n'a pas de nom connu, et son métier est, on le découvre vite une couverture. Il s'agit en fait d'un puissant exorciste qui se fait fort d'exterminer les mononoke qui croisent son chemin. Ce terme, à peu près synonyme de Yôkai ou Bakemono, ce sont des esprits parfois maléfiques, parfois neutres, mais ceux de cette séries sont vraiment négatifs. Car il s'agit quelque part de la cristallisation sous forme de monstres des mauvaises actions, des pensées et émotions négatives des humains. Un mononoke peut très bien être le résultat de la frustration, de la colère ou de la rancune de quelqu'un.

et le résultat est en général un monstre assez chelou
C'est pour cela que  l'apothicaire - continuons à l'appeler comme ça, malgré son visage marqué de ce qui ressemble fort à des peintures chamaniques, et qui donnent l'impression qu'il se fout un peu de la gueule des autres en permanence, et ses traits assez peu humains ( oreilles  nez, dents pointues..) - doit connaître 3 paramètres pour vaincre le mononoke: sa forme, sa vérité et sa raison, ce qui veut souvent dire, mettre à nu les secrets les plus honteux des gens qui l'entourent. Et là, on ne fait pas dans la dentelle, ce n'est pas un dessin animé pour enfants, il va être question de prostitution, d'inceste, de meurtre, d'humiliation, d'appât du gain, de faux témoignage...

Et pour ce qui est de la forme de la série, elle aussi, elle est particulière, quasiment expérimentale. Déjà parce qu'elle dynamite les conventions narratives ( commencer par la fin pour remonter le fil de l'histoire - épisodes sur le zashikiwarashi -  narration circulaire - épisodes sur le noppera-bô, découpage en actes théâtraux...)
Ca peut dérouter au début, mais si on s'accroche, on s'y fait, il faut juste accepter de prendre une histoire au milieu, comme si on arrivait au second acte d'une pièce de théâtre, et les choses vont s'éclaircir peu à peu au cours de l'"enquête".

Et graphiquement... là on est en plein dans les art décoratifs japonais, références aux estampes, à la calligraphie, au théâtre, à la musique, image qui évoque une texture papier légèrement froissé.. bon sang, ça part vraiment dans tous les sens, personnages secondaires caricaturés ( le sens premier du terme manga: image humoristique, de dérision, caricature)  aux visages masqués ou remplacés par des fleurs tourbillonnantes, foule d'anonymes représentée par des mannequins de grand magasin, flocons de neige en forme de fleurs... et au passage des tableaux de Klimt insérés dans le décor.
le samourai, un personnage secondaire le temps de 2 épisodes, mais sa tronche me fait bien rire, avec sa coiffure approximative et son seul oeil visible, il m'évoque un peu Kitarô, du manga "Kitarô le repoussant", qui parle, tiens comme c'est étrange, de yôkai et de monstres
Et , même la série pousse l'expérimentation jusqu'à changer de style graphique pour chaque histoire : j'ai parlé plus haut de la femme blonde, mais il y a un serviteur d'auberge noir dans la première histoire, un type ethnique qui n'a pas grand chose à faire dans le Japon de ce qui semble être la fin de la Période Edo, mais qui cadre bien avec le côté "flower power" de cette première histoire.
La seconde ( Umi-bozo) fait pleinement référence aux estampes de monstres.
"Nue" va encore plus loin avec un décor entièrement gris où apparait la couleur par petites touches et de manières signifiante à l'exception notoire de l'apothicaire et de ses vêtement archi-colorés, seul point d'ancrage visuel récurrent...



Donc la série ose ne pas se reposer sur ses lauriers et c'est quelque chose que j'aime énormément.
Le héros anonyme aussi, bien qu'il soit avare de paroles, est intriguant et se révèle par petites touches, on découvre en quelque sorte un peu de son caractère sarcastique en même temps que sa forme secondaire ( ou sa vraie forme? J'avais raison de penser depuis le début qu'il n'était pas franchement humain.. mais sa nature restera un mystère: est-il lui aussi un esprit? une divinité? J'ai presque envie de pencher pour cette seconde idée, car quelque part il me fait penser aux dieux des traditions hindoues.. mais ça n'est que mon avis!). En tout cas sa motivation n'est pas connue non plus: il ne semble pas agir contre une récompense, ou pour la gloire, ou parce qu'on lui a demandé...


la sobriété visuelle. Et donc notre héros aux oreilles pointues, si ce type est humain, je veux bien payer un verre à l'équipe d'animation entière. Et non je ne vous mettrai pas ici un visuel avec son autre apparence, ça serait du gros spoil.

En tout cas, j'ai repéré une petite erreur de sous-titre intéressante, lorsqu'un personnage s'adresse au héros en lui demandant " Nani desu ka?", phrase traduite par " qui êtes vous?".
Sauf que le sens est plutôt " qu'est-ce que vous êtes?".. question qui dans le contexte concerne plus sa nature que son identité, et à laquelle il répond évidemment par un trait d'esprit en déclinant son métier (pour demander à quelqu'un son identité, la formule est plutôt " dare desu ka?" ou " donata desu ka?" ou "onamae wa nan desu ka?", quelque chose comme ça, mais certainement pas une phrase avec Nani). c'est d'autant plus dommage qu'il y avait possibilité de garder cette formulation ambiguë nature/ métier en français,qui est moins clairement sous-entendue dans " qui êtes vous"?. Oui je pinaille je sais.

Ha et encore un détail qui me plait énormément: en écoutant je me suis rendu compte que j'avais déjà entendu la même voix quelque part assez récemment, une voix avec une petit nuance de provocation et de sarcasme qui colle très bien  au personnage et bingo: le même acteur ( Sakurai Takahiro) a doublé Shôgo, personnage complexe, mystérieux et cynique de Psycho-pass. Abonné à ce genre de rôle on dirait.

Pour reste sur l'ambiance sonore, elle sait se faire discrète, et appuyer la narration pensant les épisodes. Par contre le générique de début est parfaitement à l'image générale de la série: décalé, baroque, avec un accordéon qui sonne plus sud-américain que japonais, un chant volontiers dissonant. Mais, car il faut un mais, et un détail qui cloche.. le générique de fin, je ne peux pas: trop mignon, trop léché, trop quelconque, trop insignifiant, trop hors-sujet en fait. Ca casse complètement l'ambiance bizarre qu'établit tout le reste et c'est dommage de finir sur quelque chose d'aussi sage et attendu.

et j'ajoute encore que le mélange animation classique et image de synthèse est très bien fait et utilisé a bon escient ici, pour donner un effet de profondeur avec les poissons, comme si le plan était vu au travers d'un aquarium


Mais sinon,c 'est un grand oui pour moi, j'ai totalement adoré , tant ça sort de l'ordinaire. Je n'aurais pas été contre une deuxième saison, le folklore est riche et il y aurait eu largement matière à poursuivre. Mais bon, je suppose que la série n'a pas eu assez de succès, payant peut être ses partis pris visuels et narratifs radicaux par un manque d'audience?
En tout cas, Mononoke est la suite d'une autre série " Ayakashi - le théâtre de l'horreur", que je n'ai pas vu , mais où apparaissait brièvement l'apothicaire. Autant dire que je vais aller chercher pour voir cette première série parce que si elle est du même niveau, ça va me plaire.


samedi 15 juillet 2017

Ao Oni ( série d'animation)

Commençons gentiment avec cette très courte série d'animation ( 13 épisodes de 3 minutes, et en comptant les génériques, autant dire que chaque épisode dure en fait 2minutes)

Je suis tombée dessus un peu par hasard au détour de mes habituelles pérégrinations sur Crunchyroll, lors de l'annonce de la série dans le forum l'an dernier en fait.Et le graphisme totalement différent de ce dont on a l'habitude me tentait bien, sans que je sache exactement ce qu'allait être cette histoire d' "ogre bleu".


oui, j'ai totalement été attirée par le graphisme humoristique et ce monstre à tête énorme


Donc, il apparaît qu'il s'agit d'une déclinaison animée d'un survival game amateur, fait sur RPG maker, dont le principe est simple: 4 lycéens partis explorer une maison abandonnée s'y retrouvent enfermés en compagnie de l'ogre bleu - ou plutôt des ogres bleus, il y en a 3 dans la série - et ils doivent trouver la sortie en résolvant des énigmes avant que le monstre ne les trouve et ne les mange. Un "c'est toi le chat" en version un peu plus violente donc ...
Je n'ai pas du tout joué au jeu, mais je le tenterai à l'occasion si j'ai le temps, peut-être pour Halloween.

Mais donc sur ce principe à la fois basique et efficace ( c'est déjà ce qui arrivait aux héros de Corpse Party, que j'ai d'ailleurs laissé en stand by parce qu'il est parfois horriblement difficile et que refaire  50 fois le niveau de l'infirmerie parce qu'on est trop lent d'un quart de seconde.. j'ai très envie de savoir la suite, mais je n'ai pas réussi à passer cette difficulté, même avec une vidéo explicative, parce que je suis toujours trop lente.. et ce n'est que la 1° partie sur 5. Try and die, et ce n'est pas faute d'essayer , je meurs lamentablement à chaque fois),l'animation décline l'histoire de manière disons décalée. Humoristique. Ok, plutôt barrée.

Pas besoin d'énorme caractérisation, on n'est pas là pour faire dans la subtilité. Donc il y a Mika , la fille énergique, Takurô, le garçon cool pour qui Mika en pince, Takeshi le blondinet trouillard et Hiroshi l'intello à lunettes.
Pas besoin d'en préciser plus car j'en parlais plus haut, c'est une mise en image du principe Try and Die. Vous voyez Kenny dans South Park?
Ben c'est pareil, à chaque épisode, nos 4 protagonistes vont mourir lamentablement ( avec pixellisation du sang, ce qui est très drôle vu le graphisme mignon tout en chibi, même les monstres sont kawaii... mais très voraces). et hop, Game Over reviens au prochain épisode.

Là,Mika est en train de dire qu'elle a entendu un bruit bizarre et qu'il faudrait se méfier. bah oui, c'est juste le monstre qui t'a coupé la tête et piétine ton corps, mais bon, tout est normal...



Et j'ai trouvé ça bien drôle, déjà parce que l'humour est totalement noir et absurde, après parce que c'est exactement ce que vivent les joueurs de survival game...
game over, bon, je vais essayer de ne pas mourir bêtement la prochaine f... sprotch! game over!

Mettons nous à la place des héros et des monstres, c'est à désespérer ( on imagine même ici qu'ils restent coincés 70 ans, et continuent, octogénaires, à essayer de semer des monstres tout aussi vieillissants!)

pour survivre  il faut courir plus vite que les monstres, donc.. pourquoi ne pas prendre le concept au pied de la lettre?

Une série purement détente donc, sans grande prétention, pour amateurs de portenawak comme moi, il ne faut pas chercher plus loin.

A noter qu'il y a aussi sur Crunchyroll un moyen métrage d'animation mais.. comment dire?Il dure 60 minutes, j'en ai tenu 7 et demi. Pourquoi?

Le graphisme est moche, mais vraiment moche. Pas moche original, plutôt moche conventionnel, l'animation aussi est assez moche et manque de fluidité. De l'image de synthèse mal ficelée... au cours de ces 7 minutes et des bananes, j'ai eu l'impression que tout avait été modélisé sur un jeu Sims en fait. Et quelque part, c'est une prouesse d'avoir une image de synthèse qui paraît plus plate qu'une animation conventionnelle!

Et ces 7 minutes et quelques m'ont suffi à voir que, de plus, ça n'a rien à voir avec la série d'animation: d'autres personnages, membres d'un club de recherche sur le folklore qui décident de rencontrer le créateur du jeu Ao Oni... Je n'ai même pas envie d'aller plus rien , tellement je n'arrive pas à passer par dessus ce graphisme - qui aurait peut-être pu trouver grâce à mes yeux s'il datait de 1993. Sauf que là, il date de février dernier, donc gloups...

Et comme je n'aime pas casser quelque chose gratuitement, je prouve: sérieusement, visez la tronche du personnage au premier plan. Ben, c'est tout le temps comme ça dès que l'un d'entre eux n'est pas de face. Ha oui et ceux qui sont de face n'ont pas de nez.. même pas minuscule, même pas ébauché ( les deux du fond), pas d'ombrage sous les mentons pour au moins essayer de donner un effet de volume, ça sent la flemme... monstrueuse.Et ça ne pardonne pas quand on adopte un graphisme qui se veut plus ou moins réaliste.


Donc, désolée, j'en resterai là pour ce moyen métrage qui ne m'a pas du tout inspirée.alors que a série, même si elle n'est pas inoubliable m'a quand même fait passer un bon petit moment.


samedi 8 juillet 2017

Le mois O-bon.. 3°édition

Vous l'attendiez tous... ou pas.

En tout cas, moi, je l'attendais, mon petit rendez-vous personnel avec le fantastique nippon, en attendant le plus général challenge Halloween d'octobre.

Pour des raisons personnelles (changement de travail et réadaptation nécessaire, d'autant que je suis arrivée en plein remaniement d'équipe et à devoir organiser quasiment seule des choses qui m'étaient totalement étrangères, formations, etc..), j'ai laissé dormir ce blog depuis avril, maintenant que j'ai pris le rythme et que mon emploi du temps est un peu moins épouvantable et me laisse un peu plus le temps/ l'énergie/le courage d'avoir des activités intellectuelles, il est plus que temps de le réveiller.

Je n'ai pas encore vraiment choisi mes sujets,mais j'ai quelques idées. Je crois que ça sera beaucoup de l'improvisation :D

Et cette année,après le Grand Squelette et la femme démon, ce sera Le fantôme d'Oiwa, du conte Yôstuya kaidan, qui m'accompagnera tout au long de ce mois...
vue par Kuniyoshi


Mise à jour: formidable, nous sommes 3 et peut être plus :)
Ma Petite Médiathèque
et Pati Vore me rejoignent dans l'aventure!
Re- mise à jour, avec Lou et Sylvain de Curiosa Tempora.
er re-re mise à jour pour rajouter Mes Madeleines

6 participants, ce qui est un bon score, en pleines vacances d'été. Je ne pensais pas qu'on y arrive.

Donc bienvenue, ami-e-s yûrei busters.

Récapitulation:

ICI
on chasse les ogres (ou on est pourchassé par eux): Ao Oni
on exorcise les mauvais esprits avec style: Mononoke 
on picole, on fume et on fait de la voyance XXXholic tomes 1 à 9
on écoute le conteur des rues et son petit théâtre de l'horreur: Yamishibai saison 4 
on espère flipper, mais on rigole plus qu'autre chose: Ju-on ( film, 2000)
on flippe, mais pas à cause des spectres: Kurayami Gatari 1 ( Drama CD)
On tente devivre en harmonie avec les créatures invisibles: Mushishi tome 1

Chez Lou

Chez Ma Petite Médiathèque
Présentation du challenge
Les yôkai de maître Hokusai
Manga, Yokai et douceur ( parce que Yokai et Kawaii ne sont pas incompatibles!)



Chez Pativore

Chez Curiosa tempora
Un fantôme jaloux hante les estampes: Seigen
Les spectres de Yoshitoshi s'exposent au musée Ota

chez Mes Madeleines
c'est cinéma:
Histoires de fantômes japonais ( film)
Kaibyô otama ga ike (film)
La lanterne Pivoine ( film)
et lecture
Le miroir aux sortilèges ( lecture jeunesse) - N. Zimmerman

samedi 29 avril 2017

Les enfants-loup Ame et Yuki ( long métrage d'animation)

Dans la foulée de Totoro, le cinéma programmait aussi ce long métrage, dont je connaissais le titre et le point de départ, sans avoir encore eu l'occasion de le suivre.

Bonne surprise, donc la programmation jointe avec Totoro a du sens , on y retrouve des sujets communs: Deux enfants qui partent vivre à la campagne, loin de tout, avec un seul parent ( la mère de Mai et Satsuki est malade et hospitalisé, le père de Yuki et Ame est mort), la beauté de la nature et la liberté, loin de la grande ville, le monde rural avec ses avantages et ses inconvénients...




L'histoire commence donc, bien avant de la naissance de Yuki et Ame. Leur future mère, Hana ( fleur) ainsi nommée parce qu'elle est née au printemps, est alors étudiante en philosophie dans un banlieue plutôt tranquille de Tôkyô, et rien ne la prédestine un jour à  devenir agricultrice du fin fond de la campagne.
Plutôt extravertie, elle remarque un nouvel étudiant, un auditeur lire qui est tout son contraire, calme et réservé, et s'impose à lui. De fil en aiguille, Hana et l'étudiant finissent par sortir ensemble, jusqu'à ce qu'il finisse par lui avouer son  secret: il est un loup-garou, et s'il reste discret, c'est pour éviter d'éveiller les soupçons. Un gentil loup-garou, hein, qui n'a jamais mordu un humain.

Qu'à celà ne tienne, Hana n'est pas du genre à plaquer son petit ami pour ce genre de révélation. Après tout, elle étudie la philosophie et le prend donc.. avec philosophie. Les deux  décident donc de ivre ensemble, ont deux enfants: Yuki (neige) une fille née en hiver et Ame ( pluie), son petit frère né un jour de pluie.
Tout va pour le mieux, la famille vit modestement avec le travaille de déménageur du père, jusqu'au drame: Il meurt, subitement, noyé dans un canal, où, une nuit, sa nature de loup l'a amené à tenter d'attraper un oiseau.
Hana se retrouve donc seule avec deux enfants, et le petit pécule laissé par feu l'homme-loup, disparu avant même qu'on sache son nom.
Après quelques temps passés à joindre difficilement les deux bouts, a essayer d'élever correctement deux enfants qui ont hérité de leur père une capacité de métamorphose assez dangereuse en pleine ville, Hana tente le tout pour le tout: partir à la campagne, loin de tout, trouver une vieille maison à retaper et cultiver de quoi manger. Là au moins les enfants pourront grandir et se métamorphoser autant qu'ils le voudront loin du regard des gens.
L'arrivée n'est cependant pas si facile; Il y a peu de gens dans le coin, mais ils sont assez méfiants et critiques envers les citadins qui viennent, ne tiennent pas le coup et repartent au bout de quelques mois.
Mais Hana n'est pas du genre à se laisser démonter et de toutes façons, n'a pas d'autre solution que de s'adapter, le retour en ville avec deux louveteaux remuants étant exclus.

Une très bonne surprise donc, où finalement, le fantastique est presque moins présent que dans Totoro, puisque l'important dans cette histoire, c'est plutôt le changement radical de vie de Hana et ses enfants, qui découvrent la campagne, et la liberté. De courir et de s'amuser, et aussi de faire leurs propres choix de vie, ce qui aurait été à peu près impossible en ville.
Un film triste par moments, vu la situation, mais plein de bonne humeur.
Avec en filigrane une critique sociale intéressante sur la manière dont le Japon agit envers les mères célibataires ou veuves : pas d'aides sociales pour Hana et ses jeunes enfants, au contraire: on la prie fermement de déménager, car, lorsqu'elle travaille, elle laisse seuls ses enfants à la maison, qui font du chahut. Pire elle est même considérée comme une mauvaise mère , dans un pays où la règle tacite pour les femmes est encore d'arrêter de travailler lorsqu'on a des enfants pour s'occuper exclusivement d'eux, laissant leur père s'occuper de ramener un salaire, ce qui est impossible dans la situation présente. Les services sociaux par contre, la surveille, prêts à lui retirer ses "enfants martyrs".
Sur ce point là, ce n'est pas le fantastique qui compte, mais l'impasse où se trouve une veuve avec des enfants, citoyenne de seconde zone, qui n'a droit qu'à des miettes, et encore.

Et je ne m'attendais pas du tout à une telle critique sociale, ce qui prouve une fois de plus que l'animation est loin d'être exclusivement réservée aux adultes.

Réalisé par Mamoru Hosoda, dont je viens de me rendre compte que je n'ai pas encore vu non plus "La traversée du temps", "Summer Wars" ou "le garçon et la bête" ( les deux premiers n'avaient pas été diffusé dans ma ville, et le second, à un moment où j'étais en voyage). Le réalisateur n'a que peu de longs métrages à son actif à l'heure actuelle, mais s'est fait la main sur de nombreuses séries animées dans les années 90, et est donc vu comme un énième '"nouveau Miyazaki", au même titre que Makoto Shinkai.
Erreur, car déjà son style graphique n'a rien à voir avec celui de Ghibli, même si l'influence de Ghibli se sent sur l'attention portée au décor et dans le message écologique. Mais, et c'est tant mieux, il a son propre style.

Ghibli a fait connaître et reconnaître mondialement l'animation japonaise au delà des séries des années 80, et a ouvert la brèche pour de nouveaux réalisateurs, et ça c'est une très bonne chose.
 Avec la "retraite" ( aheum, Miyazaki-sensei vient de dire que, peut être...enfin, il a envie de réaliser un nouveau dernier film :)) des deux réalisateurs principaux de Ghibli, les distributeurs se retrouvent avec une pénurie de films à montrer, alors qu'il y a une forte attente du côté du public. Et donc, il y a fort à parier que dans les prochaines années, on puisse voir sur les écrans des choses très variées, pour notre plus grand plaisir.

La séance ciné du vendredi continue à jouer les prolongations le samedi , toujours spéciale animation

vendredi 28 avril 2017

Mon voisin Totoro (long métrage d'animation)


Un mois japonais sans au minimum UN film Ghibli? Impossible!

Et justement en Mars, l'un des deux cinémas que je hante le plus a eu la très bonne idée de faire une double programmation d'animation " verte", retour à la nature et tout ça..

En première partie de soirée Totoro, et en seconde les enfants-loups.
Commençons par Totoro, je ne l'avais vu qu'une fois, il y a très longtemps, et sur petit écran donc, ça fait toujours plaisir d'avoir l'occasion de le voir enfin sur grand écran. Même si, et là je sens que je vais me faire huer, ce n'est pas mon préféré.


Totoro, c'est gentil, mignon, plastiquement superbe, je suis d'accord, mais c'est un film ciblé " pour enfants" du studio Ghibli. D'ailleurs, aheum, déception à ce sujet, le cinéma a choisi de le présenter en VF, pensant qu'il y aurait des enfants.. euh... pas tellement en fait, il y avait surtout des aficionados du studio Ghibli , majeurs et capables  de suivre un film en VOST. Je pense que je ne suis pas la seule à avoir eu cette mini mauvaise surprise.

Mais voilà,il lui manque à mon goût ( et c'est pareil pour Ponyo) le côté un peu plus sombre qui fait la patte de Miyazaki. On rit beaucoup, c'est entendu, on s'étonne aussi,mais...voilà.et qu'on ne me dise pas " c'est normal, c'étaient les premières productions, ils sont passés à un style plus adulte par la suite".. tatata, non! Nausicaa de la Vallée du vent date de 1984, Totoro de 1988. Et je préfère Nausicaa, plus adulte.

l'histoire est simple: Mei (4 ans) et Satsuki ( 10 ans à peu près) emménagent loin de la ville avec leur père, professeur d'université, tandis leur mère malade achève sa convalescence à l'hôpital et aura besoin de l'air sain de la campagne pour se remettre tout à fait à sa sortie. Toute la famille vient s'installer dans une vieille maison un peu ruinée et entreprend de la remettre en état. Mais les vieilles maisons réservent parfois des surprises, surtout lorsqu'elles sont à proximité d'un sanctuaire. Les phénomènes étranges ne tardent pas à se produire autour de Mei et Satsuki, qui vont rencontrer les habitants de la forêt, invisibles aux adultes. En particulier, l'énorme créature à l'allure étrange que Mei baptise Totoro, comme celle qu'elle a vu dans un livre d'images.


Totoro est bien, je ne dis pas le contraire, il y a des trouvailles qui m'éclatent beaucoup: le détournement d'Alice au Pays des Merveilles ( Mei suit dans ce qui ressemble à un terrier une créature aux allures de lapin), j'aime bien les noiraudes, sortes d'esprits des lieux abandonnés, et le délirant chat bus ... dont je n'avais jamais jusqu'à présent remarqué que les feux étaient des souris. Ou l'allure même de Totoro, ou plutôt des totoros qui existent en plusieurs tailles et couleurs, oreilles de lapin, griffes de taupes, perchés dans les arbres comme des écureuils et bouches immenses pleines de dents.
attention, la dernière fois qu'une petite fille a suivi un lapin, elle s'est retrouvée dans un monde étrange



un chat rayé au sourire immense et aux yeux jaunes, perché dans un arbre qui peut apparaître et disparaître à volonté.. on en me fera pas croire que c'est un pur hasard


L'influence des histoires de yôkai et de la culture shinto est patente, et il a fallu que j'explique à ma mère ce que représente la corde autour de l'arbre géant dans la culture japonaise: la voie que prend Mei dans les buissons est un chemin "détourné" ( et probablement celui qu'il fallait prendre pour rencontrer Totoro), le chemin officiel passe sous un torii de sanctuaire. Si vous allez au Japon, vous en verrez beaucoup des arbres, ou des rochers entourés de cette corde tressée "shimenawa". Elle indique qu'il s'agit d'un arbre sacré ou d'un rocher sacré, résidence d'une divinité ou d'un esprit , un kami, et qu'il en faut évidemment pas couper l'arbre ou déplacer le rocher, ni faire quoi que ce soit ( jeter des déchets ou crier par exemple) qui pourrait déranger ou mettre en colère le kami du lieu. Là c'est la malchance assurée pour le temple et probablement aussi pour celui qui comment le sacrilège
Totoro et ses semblables vivent dans l'arbre, il y a toutes les chances qu'il soient donc des kami ( en français l'idée était rendu par le père de Mei et Satsuki par " maître de la forêt")
De même lorsque Totoro porte une feuille sur la tête, ce n'est pas seulement pour imiter le parapluie que portent les filles, mais c'est aussi un élément récurrent: mettre une feuille sur la tête, chez les tanuki en particulier, permettrait de se rendre invisible, ou de changer d'apparence.


Evidemment, c'est un échec, puisque les filles le voient quand même!
Sinon, au delà de ça, il n'est jamais trop tôt pour sensibiliser la jeunesse à la beauté de la nature à la nécessité de la protection de l'environnement, ce n'est pas ma copine Laurie , rencontrée lors de mon premier voyage au Japon qui dira le contraire.

Un film mignon et sympathique que j'ai pris plaisir à revoir, mais je maintiens, ça n'est pas mon favori .
Mais il y a un passage qui a bien fait rire  le cinéma entier par son côté un peu n'importe quoi. Lorsque Mei fait une fugue et que les paysan trouvent une chaussure flottant sur un étang et qu'ils commence à le draguer pour la retrouver si elle s'y serait malheureusement noyée. Arrive satsuki qui leur dit que non, ce n'est pas la chaussure de sa soeur et.. " c'est bon arrêtez tout, ce n'est pas la chaussure de Mei"
On a tous eu la même réaction, et ça m'avait déjà faite tiquer la première fois:

"WTF les gars? Ce n'est pas sa chaussure, mais il y a peut être un autre enfant noyé dans l'étang et tout le monde s'en fiche?"

La séance ciné du vendredi, spéciale Studio Ghibli