mercredi 6 juin 2018

Senses (film 2015)

Il y a quelques temps, j'ai pris la décision, difficile j'avoue, je mettre l'étude du japonais en pause. Pour diverses raisons.
Ce n'est pas un arrêt, mais.. une pause, pour laisser la place à d'autres langues, qui correspondent  d'autres souhaits, d'autres priorités.
Mais je ne tire pas un trait sur 5 ans d'études de la langue et 4 voyages. J'en parle plus longuement ici

Il faut croire que j'ai vraiment du mal à m'en détacher: je l'annonçait le 25 mai, et le soir même j'étais devant les délice De Tokyo avec un pote, suivi dès le lendemain d'une expo sur l'Asie et le dimanche soir devant Zatoichi...
Mais avant de partir en vacances j'avais commencé à voir cette série de films ( 3 films exactement, découpés en 5 parties),  il date de 2015, mais est sorti le mois dernier en France. Et j'attendais donc d'avoir vu l'intégralité pour en parler.

Hop affiche:
Le vrai titre est donc Happy Hour, en kana dans le texte. Mais le titre à l'international n'est pas dénué de... sens, et reste pertinent.

Hop bande annonce, qui invente le concept de "série cinéma".. bon autant dire une pentalogie, comme pour les romans de Shimazaki Aki, si on compte les parties  ou une trilogie si on compte les films.



Donc nus avons 5 parties, liées au 5 sens: dans l'ordre toucher ( et on sait à quel point le Japon n'a pas une culture a priori tactile), entendre, voir, sentir et goûter.

A travers l'histoire de 4 copines qui approchent de la quarantaine. Jun et Sakurako se connaissent depuis l'école, et à leur duo se sont ajoutées, au fil du temps Fumi et Akari. Depuis les 4sont inséparables, font régulièrement des activités ensemble ( pique-niques, sorties, expositions, animations...) qui leur permettent à toutes de prendre du temps pour elles. en effet chacune doit faire face à un quotidien, au mieux  quelconque, au pire, déprimant. Leur amitié et leurs sorties sont leur soupape de sécurité, le seul moment où elles peuvent être elles-mêmes, en toute sincérité, sans avoir à ménager un mari ou une belle famille.

Sakurako est l'exemple type de la ménagère japonaise un peu cliché: femme au foyer, un mari qui travaille, un fils ado un peu difficile, une belle mère qui squatte.. toute une famille qui prend pour acquis le fait qu'elle doive passer sa vie entre la cuisine, le linge et le ménage, sans même penser une seconde à lui dire que ses plats sont bons. son mari n'est pas méchant, mais la regarde à peine, ou alors, some un élément du décor qui a de soi. Seules ses copines la félicitent, et semblent apprécier ses efforts.

Akari est pète-sec, un poil grande gueule et autoritaire, notamment dans sont travail d'infirmière. Elle est très compétente, mais se met toute seule la pression: de fait , elle est constamment sur la défensive, minée par la hantise de faire une erreur qui pourrait entraîner une catastrophe pour un patient ( et pour sa carrière: elle explique être obligée de souscrire une assurance très chère pour faire face aux frais juridiques en cas d'erreur médicale).Et son caractère très droit, limite psycho-rigide l'a menée par le passé u divorce, elle a donc aussi du mal à faire confiance aux gens. Pour elle , ses copines sont les seules qui acceptent ses sautes d'humeur et bouderies sans en prendre ombrage.

Pour Fumi, tout semble aller bien: un travail au centre culturel, un mari éditeur, serviable, qui participe aux tâches ménagères et avec qui elle discute ..sauf qu'on se rend vite compte qu'il s'agit de discussions creuses, de façade, de celles que pourraient avoir de simples colocataires. Et que consciemment ou pas chacun fait tout pour éluder les vrais sujets.

Quand à Jun.. elle avoue enfin à ses copines une chose qu'elle gardait pour elle depuis longtemps, pour ne pas peiner Akari, pour ne pas les impliquer plus que de raison: elle est en pleine procédure de divorce. Son mari n'est pas méchant, mais ennuyeux comme la pluie. Il ne se passionne pour rien hormis sont travail de biologiste et de n'est jamais soucié de ce qu'elle ressentait ( enfin ça c'est sont point de vue. Dans un sens, elle ne s'est jamais non plus vraiment soucié de chercher à le comprendre). Mais lui refuse de divorcer...

Mais voilà, 4 femmes en plein échec sentimental, en butte aux difficultés à communiquer.. mais se connaissent-elles vraiment entre-elles? Se connaissent-elles elles-même?
Le brusque départ de Jun, qui n'a pas gagné son procès ( "mon mari est ennuyeux" n'est pas une raison valide de divorcer lorsque l'autre partie s'y oppose, et ses mensonges cousus de fil blanc pour le faire passer pour méchant et sadique n'ont convaincu personne) met tout le monde face  à ce que personne ne voulait voir : d'abord parce que c'est elle qui avait fait se rencontrer ses copines de divers cercles. Leur amitié peut-elle perdurer sans celle qui en est le ciment?
Et puis 2 divorcées sur 4, ça pourrait bien donner des idées aux deux autres, qui constatent leurs échecs sentimentaux.
En tout cas, elle sème involontairement des graines de révolte dans les esprits.
Même l'ennuyeux mari se révèle moins insensible qu'il n'y paraissait, capable de réflexions profondes sur le sens de la vie... mais malgré tout ces deux là n'étaient juste pas faits l'un pour l'autre.

J'avoue que j'ai été étonnée par ce film.. long, où il ne se passe pas grand chose.
Le cinéma l'a présenté comme un film sur les gens qui disparaissent sans laisser d'adresse, et sur la réaction de ceux qui restent. Je ne m'attendais pas vraiment à quelque chose sur l'échec sentimental, le divorce et le fait d'écouter ses propres sensations et opinions, avant qu'il en soit trop tard.
Il n'y a pas beaucoup d'action, certains passages sont longs au moment du visionnage, mais sont justifiés dans la narration, comme le long moment où Fumi, son mari, Sakurako, et le mari de un prennent part à une lecture en direct d'une longue nouvelle par une jeune écrivaine...suivie d'un débat, mais leurs réactions subtiles à ce moment là vont entrainer une nouvelle lecture des personnages, la mise a clair de non-dits,etc... Ou l'atelier de "connexion sensorielle" au tout début.. qui fait prendre conscience aux copines qu'elles sont dans la survie et non dans l'écoute de leurs sensations, ce qui va mettre en place toute la prise de conscience et les réactions qui s'ensuivent.

Donc, oui,  j'ai bien aimé ce film fleuve ( et heureusement que le cinéma a décidé de programmer de manière assez rapprochée les 3 parties - spécificité de la diffusion en France apparemment, il était diffusé d'une traite au Japon, sans avoir à attendre des semaines ou des mois entre les 3 parties), a priori peu passionnant, mais que j'ai trouvé pertinent. Sans en avoir l'air, il en dit beaucoup sur une société différente de celle qu'on connait, sur ses spécificités, sur les rapports humains... qui décidément ne sont facile nulle part sur le globe, quelle que soit l'approche qu'on choisit: taire les problèmes ou les ressasser... il n'y a pas de solution miracle. Mais visiblement, rien ne se fera si l'ont ne fait pas d'abord une réflexion sur soi-même.. et ça c'est fichtrement intéressant.
Je le recommande, pour peu qu'on aime le côté tranche de vie.

Donc voilà, je n'en ai certainement pas fini avec le Japon, sa langue et sa société ( et ses onsen, le film en parle beaucoup).
Mais pour le moment, c'est la solution que je retiens: continuer à voir des films et à écouter la langue pour ne pas la perdre, à défaut de la pratiquer activement.

une critique intéressante et développée du film, où je retrouve pas mal de mon ressenti.

jeudi 31 mai 2018

Les délices de Tokyo ( film 2016)

Et hop, le second film.
Celui là, je l'avais raté à sa sortie, et là encore quand il a été rediffusé il y a quelques jours sur ARTE. Pas eu le temps de le voir en streaming.

Mais mon pote a eu la bonne idée de l'enregistrer, j'ai donc enfin pu le voir.



Un film qui m'a laissé une impression.. disons mitigée.Tiré d'un roman que je n'ai pas lu, je l'ai bien apprécié sur le moment, mais quelques jours après .. presque oublié en fait.
Pourtant l'histoire est assez mignonne, dans le genre tranche de vie et amitié improbable entre des laissés pour compte.
Mais voilà, est-ce que c'est parce qu'il a eu un assez bon succès à sa sortie? Ou que je l'ai raté plusieurs fois  et qu'à force d'en entendre parler, j'en espérais mieux?

Un monsieur qui n'aime pas ce qui est sucré tient pourtant un stand de rue de dorayaki, ces succulentes crêpes fourrées à la pâte de haricots sucrée ( le goût se rapproche de la purée de châtaigne européenne.
Ses crêpes sont excellentes, mais la farce assez moyenne. Et alors qu'il recherche quelqu'un pour l'aider à tenir le stand, fréquenté par une poignée de lycéennes, la candidate qui va se présenter est une vieille same septuagénaire. Le gérant n'est pas spécialement intéressé par l'idée d'employer une très vieille dame, mais elle insiste, lui fait goûter sa propre pâte An ( c'est le nom de la préparation et le titre original du film), et force est de constater qu'à eux deux, ils peuvent faire des dorayaki comme personne. C'est donc Madame Tokue qui aura le travail, et la nette amélioration de la qualité des produits va faire de la petite boutique un vrai succès commercial.
Mais il y a toujours un mais, que ce soit Sentaro le gérant ou Tokue la vieille dame, tous deux cachent un secret qui fait d'eux des paria. C'est ce versant surtout qui est intéressant:l'oppression d'une partie " invisible" de la population qui n'hésite pas à marginaliser les gens qui ne sont pas aussi lisses que la société le souhaiterait. Le sort qui a été celui de Tokue est, lorsqu'on le découvre, absolument abominable: séquestrée depuis sont adolescence dans une maison de santé, car elle a une maladie, pourtant non contagieuse.
Avec l'aval de sa famille et de la société: on cache les moutons noirs, même s'ils n'ont rien fait de répréhensible, parce qu'avoir une malade dans la famille, c'était la honte- et ça l'est probablement toujours dans certaines familles.

Par contre Wakaba la lycéenne qui hésite à quitter le parcours scolaire pour chercher du travail n'est pas très bien utilisée à mon sens, c'est un personnage silencieux, et au final assez incolore...

Mais Kirin Kiki  l'actrice qui tient le rôle de Madame Tokue campe une mamie absolument adorable et ça fait tellement plaisir que le personnage principal ne soit pas la jolie fille, mais la vieille dame.
Mais c'est un peu le problème, du coup elle est si convaincante qu'elle éclipse les deux autres.

Donc bon, sympathique, à voir une fois, mais sans plus... il ne me laissera pas un très grand souvenir.
Et par contre je meurs d'envie maintenant de manger des dorayaki ...

mercredi 30 mai 2018

Zatoichi ( Film 2003)

Profitant de mon WE parisien chez un pote, afin d'aller en particulier voir les expositions sur les fantômes d'Asie et la cartographie... asiatique, on a joué a fond le jeu et je reviens avec 2 nouveaux sujets films japonais pour conclure le mois japonais.
Qui aurait du finir le 30 avril mais a en fin de compte été prolongé jusqu'à demain.
Et donc premier des deux, Zatoichi, que malgré sa réputation et son lion d'argent, je n'avais pas eu l'occasion de voir.

Ou plutôt j'avais du en voir un autre, ancien, des années 60, car le personnage est récurrent au cinéma depuis les années 60, et au centre de, je viens de vérifier: 26 films. Mieux que James Bond et Batman réunis.

Et la version de 2003, celle de Kitano, hé bien je ne l'avais pas vue ( de mémoire, j'ai en fait vu peu de films de Kitano: Dolls, oui, j'en suis sure, Sonatine et Hanabi, et je ne sais plus si c'était l'été de Kikujiro ou Aniki.


j'aime beaucoup cette affiche, où le sabre fait presque office de pinceau de calligraphie.
Rappelant au passage que la calligraphie faisait partie intégrante du bushido, le code des samouraï


Et tout tourne autour de ce personnage de l'ère Edo, un mystérieux masseur itinérant et aveugle, mais pourtant redoutable au sabre - et évidemment quasiment imbattable en combat nocturne, puisqu'il se bat à l'oreille - qu'il camoufle astucieusement dans sa canne de marche. Et donc ce curieux  et charismatique personnage va de vile en ville, façon "lonesome cowboy" ou Zorro, et rend service à la population en éradiquant les mafieux qui oppressent les villageois. Il va ici être hébergé par une paysanne, qui vit avec son neveu, adulte mais incompétent notoire, un faignant dont la seule activité dans la vie est de jouer, et perdre, au tripot du coin. Zatoichi va vite se rendre compte que le tripot en question est tenu par des mafieux.
L'histoire va se compliquer d'une vengeance exercée pas un duo de geisha ( une femme et son frère travesti en danseuse) à la recherche des gens qui ont massacré leur famille des années plus tôt.


Et bien sûr la version de Kitano hé bien,c'est un film de sabre, comme tous les précédents de la série Zatoichi..mais revu et corrigé à la sauce Kitano: violence très stylisée ( et rapide, parce que trancher quelqu'un en deux d'un coup de sabre, ça ne prend pas beaucoup de temps, au contraire, donc pour le coup les combats sont assez réalistes), sang rouge plus que vif, et.. gags absurdes venus de nulle part. Tel le voisin de la paysanne, un  dinguo qui se prend pour un samourai et passe son temps à courir en rond autour des maisons, muni d'une lance,  et d'un drapeau dans le dos, chaussé de geta et seulement vétu d'un fundoshi ( slip  traditionnel japonais,ce que portent les sumo, vous voyez?).
Ou le neveu qui, ayant appris que la danseuse est un homme déguisé, se met en tête de se maquiller pour être aussi beau que lui.... vivante preuve que ça n'est pas une question de maquillage.
Beaucoup d'absurde et de gags sortis de nulle part, mais aussi jusque dans le scénario qui est à la fois  un hommage au film de sabre, avec des combats bien classes, mais aussi une parodie avec flashbacks et coups de théâtre pas si loin de ceux qu'on pouvait avoir de manière très sérieuse dans les films de ce genre, mais juste un peu plus poussés, juste un peu " trop", histoire de bien se placer dans la parodie ( l'identité du boss de la mafia.. ha c'est lui, ha non c'est pas lui.. non en fait c'est l'autre..), et final mi bollywood, mi claquettes, avec les "morts" de l'histoire qui reviennent saluer. On est bien dans une perspective très théâtrale ( et bon sang, cette toute dernière image, après le générique, complètement dans la dérision).

Il y a quelque chose d'intéressant, un fil directeur sur l'apparence et la fausseté: des deux fausses geisha, la remarque revient sans cesses: elles sont jolies toutes les deux, surtout la fille en rouge.. qui n'en est pas une. Le chef des bandits est bien caché, et bien malin qui pourra le retrouver. Mais au fait, cet aveugle.. l'est-il réellement?
Le regard aussi est omniprésent: l'aveugle se colle de faux yeux sur les paupières pour faire rire, les bandits regardent les filles.. mais ne voient rien, le neveu veut être admiré

Donc oui, j'ai bien aimé ce film de sabre et d'humour, parodique et qui m'a fait passer un bon moment.

dimanche 29 avril 2018

The prison boys ( jeu android gratuit)

Et on continue ce mois japonais avec un jeu android qui est vraiment mon coup de coeur de ces derniers mois. The Prison Bys est un mélange entre plusieurs styles: une grosse partie de visual novel, une bonne dose d'enquête policière, de la recherche d'objets cachés, et une louche d'escape game.
avec en plus, un ambiance années 30 très sympa, jusque dans le style art-déco des menus  et la musique de vieux film un peu tango, un peu nostalgique.

Et un scénario franchement bien ficelé, ce qui n'est pas toujours le cas pour les jeux gratuits.
Et très souvent noir ( je l'avais commencé dans l'optique d'en parler pour le challenge Halloween, mais je n'avais pas assez progressé alors pour en parler)

Et le graphisme très manga est soigné aussi, je vais surveiller les autres productions du même développeur.
Allez, le seul moins que je vais mettre est le problème récurrent de style manga: tout le monde est supposé avoir entre 18 et 25 ans, et .. ces policiers ont l'air d'avoir au mieux 14 ans .
L'intrigue est sombre, vraiment sombre. Attention, on va parler d'extrémisme politique, de répression et de tortures policières, d'emprisonnements arbitraires, de meurtres, de prostitution, de misère et de trafic de drogue. Rien que ça.
Mais les personnages y compris secondaires sont très bien écrits, attachants à leur manière et dans leur histoire qu'on découvre par petites touches.

Le Japon, dans les années 30. Après la 1°guerre mondiale, le pays a opté pour une politique très répressive, et mis en place une police politique spéciale ( qui a réellement existé) nommée Tokkô, qui enquête pour tuer dans l'oeuf toute tentative de rébellion contre la politique en place.
C'est au sein même du Tokkô qu'on va enquêter, en pilotant les jeunes recrues Tetsu et Nagi.



Tetsu est un orphelin issu de la riche famille Akatsuki, élevé depuis l'âge de 8 ans par la toute aussi riche famille Saeki.Il s'entend très bien avec Nagi et Naoya, les enfants de la famille Saeki qui l'ont accepté comme 3° frère. Et tout trois font partie maintenant de la police Tokkô, pour diverses raisons: pour Naoya et Nagi, c'est une manière de prendre de force leur indépendance de leur famille qui, sans ça, déciderait de tout pour eux, à l'ancienne mode, alors que le pays est en train de s'occidentaliser (carrière professionnelle, mariage, et tout ça). Pour Tetsu, plus qu'un choix idéologique, c'est un moyen d'être indépendant le plus vite possible - comme on s'engagerait dans la légion étrangère en France- afin de ne  pas peser trop financièrement sur les gens qui l'ont recueilli qu'il tient en haute estime, contrairement aux deux "vrais" frères Saeki, qui ont depuis toujours conscience d'être des pions pour leur famille qui en disposera en fonction de ce qui leur servira le mieux pour assurer leur statut social ( oui c'est horrible, et tout le jeu est comme ça, quand je vous disais que c'est très écrit et recherché pour un jeu gratuit!)




Et donc les 3 font carrière dans cette unité, bien plus crainte qu'admirée par une population très méfiante à leur égard. Autant dire que dans cette circonstance, la suspicion est partout, même entre membres de la police spéciale, car laisser échapper le moindre doute sur le bien fondé des purges, de la chasse aux communistes ou de la torture, serait gagner un aller-simple pour la prison située dans sous-sols du bâtiment de la police, voire pour le cimetière le plus proche.
Gloups, imaginez un jeu où il faudrait piloter les membres du KGB.. ben voilà, c'est presque ça. Alors oui, ça fout mal à l'aise, MAIS, justement, il s'agit de jeunes gens qui vont peu à peu découvrir la réalité de ce qu'ils font et remettre en question l'organisation. De fait, il n'aiment pas ça, les interrogatoires ou la torture, mais les uns pour échapper à leur famille, les autres pour échapper à la misère qui règne dans un pays touché par la crise, ou parce qu'ils sont trop naïfs politiquement,ils n'ont pas eu vraiment d'autre choix que de s'y engager. Et on découvre donc peu à peu les différents protagonistes et leurs raisons d'être là. Personne n'y est vraiment par goût de la cruauté, rassurez-vous.

Dans cette ambiance déjà morbide, se produit un événement particulièrement macabre: un des personnages qu'on venait pourtant de présenter comme presque un des principaux, est trouvé mort pendu, et de fait, il le reste post-mortem, étant celui qui fait involontairement voler en morceaux cette belle organisation de façade. Le général a décidé que c'était un suicide, vous êtes donc priés de valider la thèse du suicide sans bronche. Ce qui n'est évidemment pas la réalité.
L'enquête est donc d'abord de trouver la vraie cause de la mort de XXXX, et que cache la police politique au font de ses sous-sols. Tout en découvrant que parfois les gens qu'on connaît depuis toujours cachent un second visage que l'on imaginait pas.

Et c'est passionnant. Parce que c'est bien écrit, que je le disais, les personnages y compris secondaires ne sont pas aussi simples que l'ont peut le croire au départ, que les énigmes à résoudre pour avancer sont parfois tordues mais pas trop non plus ( et au pire une recherche sur un site de walkthrough peut suffire à débloquer lorsqu'on ne sait plus où aller), qu'il y a une grande quantité de fins possibles ( et je ne vous le cache pas, presque toutes mènent à une mort certaine pour l'un ou l'autre des gentils héros), mais même si c'est violent, ce n'est pas du grand-guignol gratuit. Mais si c'était un manga, ce serait un seinen, par le côté adulte et sombre des thèmes.
Donc pour moi, une vraie réussite (je ne suis pas encore tout au bout, donc je ne connais pas encore toutes les fins possibles)


notre gentil héros Tetsu.
Pour débloquer les fins alternatives, j'ai du le faire mourir plus d'une fois, et j'étais presque à dire  " désolé mon ptit Testsu, c'est le jeu qui m'a obligée, je ne voulais pas" à chaque fois que ça arrive. Car oui, les différentes fins ne font pas dans la dentelle.

Je le disais, c'est gratuit, ce qui veut dire une pub par-ci par là, mais elles ne sont pas envahissantes. Il y a un système de tickets ( 5 par jours avec un bonus sur les 10premiers jours, ce qui permet quand même d'avancer dans l'histoire sans trop traîner. On peu si on veut acheter des tickets pour aller plus vite, et en bonus, supprimer la pub, mais ce n'est pas nécessaire pour avancer du moment qu'on a un peu de patience.
Et lorsqu'on tombe sur une fin, il faut parfois revenir en arrière pour en voir une autre/continuer à avancer dans l'histoire, mais, c'est bien agréable, un chapitre débloqué le reste. Pas besoin d'utiliser de nouveaux tickets, ce qui veut dire qu'une fois que tout chapitre débloqué le reste est est rejouable à volonté ( il y a aussi un petit bonus de cartes à collectionner, qui donnent des informations annexes sur les personnages, je pense qu'une fois qu'on a tout débloqué et tout récupéré, il y a accès à une fin alternative supplémentaire, ou quelque chose de ce genre)

Evidemment le bémol - qui n'en est pas un pour moi - le jeu n'est pas en français, mais existe en anglais, avec la cerise sur le gâteau: hormis quelques rares coquilles, l'anglais est soigné, et je n'ai pas vu de phrases vraiment incompréhensibles.

Donc franchement, je le conseille vraiment: une bonne durée de jeu, plein de fin alternatives, une traduction soignée, une ambiance sombre, des personnages attachants et travaillés, le fond est réussi et servi par une forme qui cadre bien avec l'époque de l'histoire, que demander de plus pour ZERO  euros?
Allez, je conclus en disant que ça me plaît tellement que j'aimerais bien voir un jeu alternatif qui reprendrait les personnages dans d'autres enquêtes ( allez on efface tout ce qui s'est passé et on dit que personne n'est mort).

Pour télécharger, c'est ici.

samedi 28 avril 2018

Le goût du Japon ( Collectif)

J'avais déjà parlé ici du Goût de Kyotô, voilà un second ouvrage de la même série.
Il s'agit de tout petits livres de poches, une centaine de pages à chaque fois , sur des thèmes aussi variés que le café, la couleur noire, l'amitié, l'argent, l'automobile, telle ou telle ville , telle ou telle région..), qui présentent à chaque fois une sélection littéraire  sur le sujet proposé.

une lecture tranquille, où l'on peut piocher à sa convenance un texte de-ci, de-là

Kyoto se rapportait donc à la ville de Kyotô, ici, c'est le Japon en général. on y trouve donc une petite sélection de textes extraits de romans ou d'essai - donc certains que j'ai présentés déjà ici,comme les Japonais de Karyn Poupée, ou récemment Pays de Neige de Kawabata Yasunari.

Le tout est divisé en sous thèmes: l' Approche du Japon ( principalement des textes d'auteurs non-japonais qui racontent leurs premiers contact avec le Pays, que ce soient les premiers jours d'expatriés de LafcadioHearn au  XIX° siècle ou la découverte de l'art japonais, bien avant celle du pays de Claude Levy-Strauss); Vivre au Japon ( encore un peu de la vie quotidienne de Lafcadio Hearn, ou l'étude de Roland Barthes sur l'"empire des signes", du père Frois, religieux portugais installé à Nagasaki au XVI° siècle, mais qui donne aussi la parole à des auteurs japonais comme Sôseki ou Kawakami Hiromi histoire d'avoir aussi le point de vue "local" sur la vie quotidienne, avant d'enchaîner sur les étrangetés: Le tatouage vu par Tanizaki, le Kendo vu par Mishima, la philosophie qui sous-tend le Kyûdo, un extrait du dit des Heike , un poème médiéval sur le saké, une réflexion sur le Nô...
Alors oui ce genre d'anthologies est forcément frustrant lorsqu'on trouve un extrait qui attire, mai c'est aussi un moyen de se donner des idées de lectures, donc de temps en temps j'aime bien en lire une et noter des choses que je n'aurais pas forcément trouvées par moi même, ou, en tout cas, pas de suite...

Là en l'occurrence, ça me confirme que j'ai bien raison d'avoir mis Lafcadio Hearn dans ma PAL, j'y ajoute aussi le Dit des Heike, et j'y remets Sei Shonagon ( j'avais commencé son livre de chevet, il y a plus de 10 ans, mais j'avais du l'arrêter pour une raison XYZ à l'époque, et.. je ne l'ai pas retrouvé quand j'ai voulu le reprendre.. il me semble l'avoir retrouvé et rangé correctement depuis mon déménagement..)

lundi 23 avril 2018

Ôke no monshô tome 3 - Hosokawa Chieko

En triant mes articles, je suis retombé sur ce vieux titre, donc j'avais chroniqué les 2 premiers tomes. Je m'en souvenais bien, surtout, de l'énorme déception qu'avait été le tome 2 après un tome 1 assez prometteur.

Je n'avais pas franchement eu envie d'y revenir depuis 4 ans, mais là, je ne sais pas pourquoi, la semaine du shojô aidant, et j'avais besoin de rigoler un peu, je me suis dit " tiens si j'allais voir du côté du manga Benny Hill" ( rapport aux nombre colossal d'enlèvements, de fuites, poursuites, rattrapage, séquestrations, re fuites, re poursuites...).
Oui , comme je lis peu de shojô, j'ai eu envie, avec une bonne dose de masochisme, d'aller rechercher le plus raté que j'aie lu depuis des années.

Parce qu'il y a le bon shojô et le mauvais shojô ( oui, comme pour les chasseurs et le hard-rock). Et làààààà...

C'est parti pour une chronique moquerie. Sifflez j'm'en fous, c'est tellement kitsch que ça en devient rigolo.

Tome 3

J'avais dit en 2014 qu'il y avait 57 tomes, en me demandant qui pouvait bien le suivre depuis le début avec autant d'intérêt, étant donné que les grosses ficelles se voient des le second tome. 4 ans après, la série est toujours en cours, et compte maintenant 62 tomes. Ca doit être un record pour un shojô. Et je sais qu'il y a zéro chance  que j'ai  courage  d'aller jusque là ,mais juste par curiosité, j'ai eu envie de voir  comment le graphisme très seventies avait évolué en plus de 40 ans.
La série a débuté en 76, Carol a 16 ans, la série continue en 2018, Carol aurait donc maintenant 58 ans si la publication avait calqué sa temporalité sur celle du réel. Je ne vous apprends ren en disant que ça n'est pas le cas.. En tout cas le lectorat cible qui avait son âge à l'époque a donc presque la soixantaine.
Le plus étonnant, c'est qu'il doit y en avoir pour s'accrocher, sinon ça aurait fini depuis longtemps. Mais j'ai du mal à imaginer que quelqu'un puisse suivre avec passion depuis 42 ans cette histoire en attendant avec impatience chaque nouveau tome, ou une hypothétique fin.
Allez, c'est parti pour pour la fête du facepalm.

versus tome 62. Elle est toujours ado. Et  je préfère le graphisme vintage du début.
Sérieux, la position des bras? L'impossible angle de sa main et de son coude droits? les proportions? Je ne sais même pas par où commencer pour me désespérer. C'est quand même rare qu'un dessinateur ou une dessinatrice arrive à faire pire qu' avant avec des années de pratique.
Donc le tome 3, qui n'a peur de rien, et surtout pas d'en faire des caisses, s'ouvre carrément sur une citation du livre des morts de l'Egypte ancienne ( via le japonais, traduit en anglais, je ne jugerai donc pas la justesse de la citation, hein...)



Résumé: nous avions laissé Carol, lycéenne américaine qui habite au Caire, 16 ans d'age physique, 6 ans d'âge mental. Une sympathique idiote héroïne blonde victime d'une malédiction antique,  tome 2qui se réveillait à la fin du au bord du Nil, de retour d'un voyage dans le passé, où elle avait été enlevée, séquestrée, réduite en esclavage par un couillon pharaon érotomane, et menacée de mort par la soeur du pharaon en question.

Un qui veut se la taper, l'autre qui veut la trucider. Sans compter un prêtre qui la voulait comme objet de collection, parce qu'il collectionnait les objets dorés, et qu'étant blonde, elle serait décorative dans son appart'. A peu près...en tout cas le rôle de la potiche lui irait comme un gant.

les ravages de la katakanisation des noms retraduits par une équipe qui n'a pas ouvert une encyclopédie sur l'histoire égyptienne.
Donc Ashisu est en fait Isis, et Menfuisu =Memphis, prononcés à l'anglaise.
D'ailleurs, plusieurs équipes se sont partagé les chapitres sans se consulter, et parfois, les noms sont retranscrits normalement.

Voilà donc Carol de retour au Caire en 1976, qui a au passage commodément perdu la mémoire de ses divers enlèvements et péripéties antiques. Sauf qu'elle a plus où moins des flashs inexplicables, où elle entend des voix qui la menacent de la retrouver où qu'elle soit. En bonne santé, mais ses proches la trouvent distante, inquiète et sur le qui-vive, ce qui peut se comprendre ( et en plus cette fille a la poisse: où qu'elle passe les meurtres se produisent à moins de 100 m d'elle)


Ho, un cadavre éviscéré et préparé comme une momie antique, on lui a même enlevé le cerveau par les trous de nez...regardez les enfants et instruisez vous!
Sinon, il vous vient à l'idée d'appeler la police, bande de clampins? Au lieu de débattre en disant que quand même  " c'est très cruel"...
accessoirement, cette case me fait marrer. Il ne manque qu'un chien et on se croirait dans Scoubidou.

Son frère Ryan ( le mec en pantalon pattes d'eph' qui semble passer sa vie à cloper où qu'il soit, salon des parents ou réserve de papyrus antiques, bravo champion...) se dit que pour son bien-être, il faudrait peut-être qu'elle reparte quelques temps avec lui aux States. Avoir perdu la mémoire et vu un cadavre de près n'est peut-être pas très bon pour sa santé mentale. Tu m'étonnes...

Mais Carol ne veut pas: l'archéologie c'est sa passion, et elle ne veut pas non plus s'éloigner de Jimmy, son petit copain. Et donc, promis, juré craché, je vais revenir, et on va boire ensemble l'eau du Nil pour sceller le pacte.
De mon côté, la seule conséquence possible que je vois à cette action c'est de choper une amibiase.

Mais alors qu'elle visite le temple d'Abou Simbel avant de repartir bien plus de force que de gré, qui donc lui apparaît?

Allez, je brise de suite ce suspense insoutenable: Isis, la soeur du pharaon qui vient juste de passer 2 tomes à essayer de tuer Carol.
Qui lui dit, les yeux pleins de larmes, à quel point son frère est triste depuis qu'elle a disparu, qu'il la cherche partout, et n'écoute plus personne, avant de conclure logiqment par " c'est pour ça que je vais te buter et lui montrer ton cadavre pour qu'il comprenne qu'il doit définitivement laisser tomber l'affaire" ( en fait ce manga est bourré de répliques absurdes de ce genre, qui devaient peut être effrayantes ou mignonnes, ou que sais-je en 1976, mais sont hilarantes en 2018).
Avant de la pousser du haut d'une falaise ( ouiiiiiiii, merci Isis, j'avais tellement envie de le faire!)

Tentative de meurtre qui a pour effet de réveiller ses souvenirs en criant " haaaa je tooooooombe, je me souviiiiiiens de toooooout maintenaaaaaaant".

Je ne vous cache pas que j'aimerais tant qu'Isis arrive à ses fins. Mais non c'est le tome 3, il y en a 62 et c'est encore en cours. Ce n'est pas demain la veille que Carol va crever. Navrée!

Plouf dans le Nil. Et lorsqu'elle émerge: retour en antiquité. Tant d'imprévisibilité scénaristique me sidère :D

Et évidemment lorsque le général Laglue - en fait il s'appelle Minue, mais j'ai envie de l'appeler Potdecolle ou Laglue, ça lui va mieux-  la retrouve vivante près de 10 jours (antiques) après sa disparition dans le fleuve, tout le monde en déduit qu'elle n'est autre que la fille du dieu du Nil.

Joie et bonheur pour le pharaon qui a découvert le concept de syndrome de Stockholm avant même que la ville n'existe et se dit que s'il la séquestre suffisamment longtemps et la fait bosser comme esclave, elle restera volontairement. Et qui enchaîne des phrases type " puisque tu me repousses, qu'on te jette en prison, la journée tu fabriqueras des briques d'argile au soleil et si tu tentes de t'enfuir j'ai donné ordre qu'on te coupe les mains, qu'on te tartine de boue et qu'on te laisse mourir dans le désert... Pourquoi tu me détestes alors que je t'aime?"

parce que c'est le seul facepalm que j'ai trouvé qui soit relié à l'idée de pharaon.
Euh... je peux me tromper, mais je pense que foutre quelqu'un en prison, le menacer et le torturer n'est pas la meilleure approche possible.
Après, c'est supposé être un shojô, (bien que certains aient du mal  à le classer  et l'estiment être un seinen. J'ai du mal à le croire avec la couverture du tome 62: des coeurs du rose et "princess comics". Mouais, il y a peu de chances.), mais j'avoue que le diablotin cynique en moi a presque envie de voir la chose évoluer en SM.

Sinon, vieux, t'as pensé que si c'est la fille du dieu du Nil comme tu le crois, c'est une très mauvaise idée que de la torturer et de se mettre à dos son papounet? Hmmm? Yep, le dieu qui fait déborder le fleuve tout les ans pour fertiliser les rives et faire pousser la bouffe.

D'autant qu'elle fait des "miracles" auprès des esclaves. Ouaip, carrément!

Avec sa science "basique" du XX° siècle, elle sait transformer l'eau boueuse qui empoisonne les esclaves en eau potable, avec du sable, du charbon et des cailloux (euh, certes.. c'est une méthode classique de filtration, mais de là à dire que c'est une base de la connaissance pour une gamine de 16 ans du XX° siècle. Ca ne l'est pas non plus au XXI° au passage). Ce qui fait que tout les pécores du coin croient dur comme fer qu'elle est vraiment liée au dieu du Nil.

mais bien sûr, c'est la base des bases pour un enfant du XX° siècle.

Car évidemment, les techniques de survie en milieu hostile sont enseignées dès l'enfance dans les riches familles du XX° siècle, en même temps que les danses de salon ou la reconnaissance des couverts. Merci Mme de Rotschild.
C'est moi ou bien... nonon, rien.

Non, parce que, par contre, savoir filtrer l'eau à la méthode antique devait effectivement faire partie des connaissances de base pour ne pas mourir de soif de l'égyptien lambda qui vivait à la frontière du désert avant même de savoir marcher.

Enfin, bref, un prêtre finit quand même par se dire que si elle est vraiment d'ascendance divine, lui faire du tort est peut être un risque de se prendre une malédiction dans la tronche. Et que, bèèèè, faudrait p't'être éviter. ENFIN!

Mais le tome se conclut par un suspense terrible... hé oui car Carol, considérée comme demi-déesse, et forcée par la populace à envisager un mariage avec le pharaon - qui vient de tenter de la faire crever de deshydratation- auquel elle a répondu en gros " Bon, j'vais réfléchir. M'embrasse pas je pue <pelle> Ho bon, finalement, fais comme tu veux", rencontre par hasard un marchand sur le heu... marché dont le lecteur sait déjà qu'il est l'héritier du royaume de Palestine, venu ici à la recherche de sa soeur qui avait disparu alors qu'elle venait par là justement pour se marier avec le Pharaon.
Ho mais que vois-je arriver? Un enlèvement ?noooooon pas possible...

Bon, j'ai bien rigolé, je sais que ce n'était pas le but, je sais aussi que je n'irai pas très loin dans cette histoire qui devient de plus en plus absurde à chaque page. P't'être qu'un jour j'en lirai encore un ou 2 tomes, à petites doses (parce qu'il est disponible gratoche en ligne et que j'aurais envie de rire ou de me moquer) Mais ça s'arrêtera là.
Par contre j'ai trouvé pas mal d'avis de gens qui eux aussi trouvent ce titre abusivement mauvais, et le mettent en parallèle avec une autre histoire de voyage dans le temps " Anatolia Story"  bien plus réussi de l'avis général.  Et il semble beaucoup plus court!

Apparemment, il est dispo en scan trad en français mais je n'arrive pas à l'afficher chez moi. Et déjà ça menace de promettre: il est interdit aux moins de 18 ans. Merci de cliquer sur le lien uniquement si tu as plus de 18 ans. Ca me fera toujours marrer ce genre de "précaution"

Yes! du sang! de la violence! des gros mots!
Mais, surtout, j'espère, un scénario qui arrête de considérer que l'enlèvement est un ressort miracle tous les 2 chapitres pour faire avancer l'histoire.

promis le prochain shojo sera un bon!

samedi 14 avril 2018

Week-End Marathon lecture

Que je vous explique...

Ce week-end, mes camarades du mois japonais proposaient un Read-A-Thon, alias RAT pour les intimes, alias marathon de lecture pour les francophones.

Auquel je ne devais pas participer, puisque c'était plutôt marathon musical pour moi.
Sauf que,  je devais covoiturer avec quelqu'un ..dont la voiture est en panne.  C'est rageant de devoir renoncer au super WE de stage ET au concert.. mais bon, c'est pas notre faute.
Et moi qui ne suis pas du matin, me voilà un samedi, réveillée depuis 7h 30 pour des
うめ.
Pas de solution de secours, même pas eu le temps de prendre le petit dej'.




Que faire.. bon bah.. marathon. Que je n'avais pas prévu, donc je vais commencer par me faire un thé, histoire de réfléchir.
Du Genmaicha, pour rester dans la thématique.

Et comme il me faut,toujours, systématiquement, un jeu de mot débile  et des illustrations sur les rats à chaque fois que je prends par à un RAT, c'est donc logiquement Yuki de la série Fruits Basket qui va me servir de fil rouge.

ma tronche quand j'ai compris ce matin que je devais faire une croix sur mes  projets musicaux....

Je n'ai pas vu cette série depuis très longtemps en fait. De mémoire, j'aimais bien le rat, mais je ne pouvais pas encadrer le chat parce que le personnage " mauvais caractère mais sympa au fond, mais qui cache un lourd secret", ça a tendance à me gaver rapidement. Surtout dans une série qui joue quand même beaucoup sur la comédie.

Je kiffais bien le serpent ( au moins le représentant de mon signe est un vrai personnage comique), le sanglier à la force colossale sous ses allures de petite fille, le chien glandeur, la vache aussi me faisait pas mal rire.. et c'est tout en fait.
nan y'a pas, le serpent bargeot reste quand même mon préféré dans cette histoire de dingues...


Le lapin, "trop choupinou kawaii" me donne surtout l'envie de sortir le pot de moutarde et les petits légumes, je déteste ce genre de personnages.

Après je n'ai vu que la série, et pas lu le manga, donc, tous les signes n'apparaissaient pas je crois ( je n'ai pas de souvenir du cheval ou du coq, pas sûre qu'ils y soient dans la version animée)
Les autres, soit ils ne m'ont pas marquée ( je crois me souvenir qu'il y avait le mouton et le singe), soit ils me gavaient à commence par l'héroïne, tellement positive malgré les malheurs que j'avais envie de lui foutre des baffes. Alors que j'aimais bien ses deux copines.

Mais bon, je n'ai pas le manga sous la main, donc ce ne sera pas ma lecture du jour.
J'en prendrai un autre et j'ai déjà ma petite idée.
Sinon, les lectures qui étaient en attente: le livre du thé ( parfait donc pour ce matin ) et le goût du Japon.
Ce sont des livres assez courts, donc je vais commencer par là, et on verra par la suite.

Pause Repas: hop, une cinquantaine de pages pour le goût du Japon, et en parlant de goût...

oui, j'ai fait ma cochonne, je lave la nappe à la prochaine lessive ( quand il arrêtera de pleuvoir, donc)
De la soupe miso- épinards ( oui en sachet) et une poelée de légumes pour chop suey au shirataki et tofu. 

Vite fait: on fait bouillir le shirataki quelques minutes et on poele ça avec les légumes à l'huile de sésame, c'est plus asiatique.
Assaisonnement de sauce soja, cristaux d'huile essentielle de citron vert - parce que je n'avais pas de ponzu, donc sauce soja et citron vert, ça s'en rapproche- ciboulette et graines de sésame.


Le shirataki, ce sont des nouilles de konjac ( igname). Ca n'a pas de goût, ce qui fait que ça se mélange bien à pas mal de choses en fait.
J'ai découvert ça en voyage, et jusqu'à il y a peu c'était introuvable en France, ou seulement en épicerie asiatique si on avait dela chance.
Depuis quelques années, c'est devenu à la mode, car très peu calorique, et ça se trouve sous forme de nouilles ou de tagliatelles aux rayons produits de régime des supermarchés ou en magasin bio.
L'inconvénient, c'est que comme c'est considéré ici comme du produit de régime, beeeen, c'est cher! Alors que pour moi c'est vraiment un ingrédient de cuisine asiatique à part entière comme le tofu, les pousses de soja ou de bambous et les champignons noirs...
De ce que j'ai compris, le konjac sous forme de gelée ou de nouilles est utilisé en Asie plutôt en cas d'aigreurs d'estomac, de problèmes digestifs, etc... ou un lendemain d'agapes ou de cuite pour reposer un peu le système digestif sans sauter de repas.

Et voilà un plat végétarien qui ne restera pas sur l'estomac, c'est le but numéro 1 et léger aussi en calories, c'est le bonus ( par curiosité, j'ai fait le compte sur une application: la soupe, le saladier de légumes assaisonnés, un bout de fromage et une grosse banane, ça fait moins de 500 calories le repas complet... donc pour ceux qui veulent faire un régime, ou juste un repas allégé qui cale quand même le ventre - plutôt ça, vu le prix - ou encore qui veulent tester un nouvel ingrédient d'Asie, c'est une piste à tenter)



bon appétit!

Ce qui va très bien après la semaine "un restau tous les 3 jours" ( oui bon, c'était mon anniversaire,  et comme tout le monde n'était pas libre en même temps, il a fallu faire ça en plusieurs étapes :D)

Allez, un café, et je continue.


Hop, 16h15.. et bonne nouvelle: une bonne âme de l'orchestre a reçu mon SOS, donc ce sera possible pour le concert demain après midi,c'est déjà ça.
Du coup, comme je suis en vacances lundi et que je bossais vendredi, on va dire que le marathon officel" étant prévu de hier à demain, sera donc chez moi décalé d'aujourd'hui à lundi,avec une coupure demain après midi.
enfin, plus d'une, parce que je ne sais pas faire quelque chose pendant plusieurs heures d'affilée. Donc il y a des pauses ménage, courses, etc...
Là, par exemple, je veux faire une recette.. et je n'ai plus de lait d'amandes. donc..pause supérette ( et ce n'est pas comme au Japon où il y en a tous les 100m, j'en ai pour une bonne demie heure, voire 3/4h pour y aller, chercher mes ingrédients et revenir) :(

17h14: tiens qu'est-ce que je disais: le temps d'y aller, de faire le tour, de faire la queue pour la caisse et de revenir.. 1h00

Mais j'ai pu me faire une boisson chaude au maccha ( contexte: j'avais vu ça en voyage au Canada, proposé dans des chaînes de café, du lait au maccha - va savoir pourquoi ils appellent ça "latte" en italien dans le texte. Mais je n'en avais pas goûté parce que j'avais la quasi certitude qu'il s'agissait de lait de vache, et le lait chaud fait partie des choses qui m'écoeurent, rien que l'odeur m'est insoutenable. Alors que froid ça va, allez comprendre.

Et donc voilà le lait d'amande au maccha, c'est tellement facile à faire. A un détail près: je ne sais pas ce que les gens rajoutent pour qu'il soit fluo comme ça, et je ne veux pas le savoir.
Le mien, fait main et même fortement dosé ( comprendre : bien 2 cuillères à café pour 100 ml, j'aime que ça soit un peu amer, et je ne sucre même pas, ni sirop de machin, ni jus de truc, rien...) reste juste gris-vert très clair. Donc soit ils ajoutent des colorants dans la boisson pour la photo, soit ils retouchent le contraste de la photo, mais en aucun cas le maccha n'aura cette couleur flashante. Preuve!

Au final de cet aprés-midi entrecoupé: un tome de manga fini ( vous verrez bien lequel pendant la la semaine du shojo, j'avais envie de rigoler alors j'ai sélectionne exprès un truc kitschouille,), la moitié du livre du thé, la moitié du "goût du Japon", un lait au maccha dans l'estomac, une bonne nouvelle, un évier propre, une lessive étendue dans l'appart sur les chaises et les poignées de portes, et une nappe lavée qui sèchera.. quand elle sèchera.

C'est parti pour la suite des livres entamés.

Dimanche: donc hier soir, lecture d'un tome de manga ( mais que je ne chroniquerai pas ici, c'est une relecture, donc déjà fait).

Et comme c'est mon premier jour de vacances, j'avoue.. je me suis réveillée à 8h30, jais ouvert un oeil, je me suis rendormie.. Donc après, le temps de prendre la douche, de cuisiner, et je dois partir à 14h45 - pour un concert à 17h00. Et je ne rentrerai probablement que tard le soir.

Donc vu la journée qui m'attend, et que je ne sais pas à quelle heure je pourrai dîner, le repas de midi était moins diététique qu'hier...

yep, la nappe moche est en train d'essayer de sécher.
Curry japonais! Il me restait des légumes à chop suey d'hier, et comme je pars en vacances mardi, j'essaye de terminer ce qui est entamé.
Normalement ça se fait avec des pommes de terres, mais je n'en ai pas mis, et de la viande. Sauf que je n'ai plus de poulet, j'ai donc fait une recette végétarienne, en utilisant des protéines de soja déshydratées.
La sauce curry japonaise est différente du curry indien, et on la trouve là bas, soit en pot de poudre à délayer dans la casserole, soit en bouillon cube, à délayer également. Le goût est un peu à mi-chemin entre curry et garam massala.
Il m'en reste de mon dernier voyage, dépassée depuis plusieurs années donc.. mais comme c'est de la poudre, gardée correctement, elle ne se périme pas.
Evidemment, elle n'a pas grand chose de naturel, donc j'en mange rarement. Mais avant de la trouver j'avais réussi à approcher du goût en mélangent du curry indien ( 1/3) et du garam massala  (2/3)
Pour ceux qui veulent la recette, c'est par là. Et du coup, avec les légumes en conserves, c'est plus rapide à faire.