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vendredi 13 août 2021

A la découverte du sumo

On continue avec le sport, après les JO.

Parce que l'occasion s'est présentée, pendant mes vacances chez tonton. Il aime bien la culture japonaise et m'a dit " tiens, ce soir, il y a une diffusion de tournoi de sumo, je le regarde si ça te tente".Bon allez, pourquoi pas, je n'en ai jamais vraiment vu. C'est quand même un des symboles du Japon, et j'aime bien découvrir ce que je ne connais pas ( on a aussi regardé les concours de caisses à savon, de dressage de chiens, et de lancer d'avions en papier )

S'il y a bien une chose à laquelle je ne pensais pas m'intéresser un jour, c'est le sumo ( enfin, deux choses: j'ai découvert l'an dernier la danse classique et j'ai trouvé ça intéressant. Je vous laisse combiner dans votre tête les concepts de sumo et danse classique. Je parie que vous avez Fantasia en tête)

Et en fait j'ai trouvé ça très intéressant, en particulier à cause de tout le contexte rituel et mythologique qui entoure la pratique, au delà du simple sport. Car oui, c'est du sport, malgré le physique atypique de la plupart des pratiquants, au moins en ce qui concerne les professionnels. Bon, il ne viendrait pas à l'idée de dire que " la lutte gréco romaine n'est pas du sport, les lutteurs sont trop lourds". Et la plupart ont une souplesse étonnante (enfin, pas trop pour moi qui sais d'expérience qu'on peut être lourde, ronde et très souple), mais là, on a quand même vu des gens qui vont de 95 à 200 kilos - voire parfois plus - se démener.

estampe de Kuniyoshi


En France, il y a très peu de chaînes qui diffusent les tournois de sumo, et c'est sur la chaîne cablée de l'Equipe que nous l'avons regardé.

L'avantage est que les deux commentateurs distillent au fil de leur commentaires des informations sur l'organisation des tournois, ce qui est interdit ou autorisé, les tenues, les grades des lutteurs, traduisent parfois le sens des pseudonymes, ou le contexte religieux et traditionnel de ce qu'on voit.
Par exemple , pour quelle raison les lutteurs sont surnommés " est" et "ouest"? Parce qu'ils représentent la lutte mythologique entre le dieu de l'est et le dieu de l'ouest.

Ce qui permet de sortir des clichés, et de comprendre qu'il y a justement tout ce contexte et que ce n'est pas simplement un sport un peu étrange ou deux gros bonshommes en pagne se poussent l'un et l'autre jusqu'à ce qu'il y en ait un qui tombe ou sorte de la zone délimitée.

Pour en savoir plus sur le sport qui passionnait Jacques Chirac, et ses règles, les lutteurs, le lexique.. c'est par ici, et c'est en français

 Ou intéressant aussi, parce que c'est un sujet qu'on ne peut pas éviter: les limites du calcul d'IMC dans le sport à haut niveau.  Car oui, les lutteurs sont en surpoids, impossible de dire le contraire mais un surpoids qui n'est pas celui de quelqu'un qui se gave de chips sur son canapé: ce n'est pas du bide-à-bière (en gros le gras est sous la peau, pas entre les organes, je sais exactement pour ma part quelle est la différence, étant personnellement concernée: du gras sous la peau, malgré une alimentation peu sucrée, de bons muscles en dessous et aucun problème de santé ou d'analyse... et je suis loin de manger du chankonabe à tous les repas)

Et donc juste par curiosité, je vous montre en échantillon 3 des participants que j'ai vus. Un Bulgare et un Géorgien . Parce que ces deux là ont exactement la même taille (1m91), et seulement 11 kilos d'écart, et pourtant leurs physiques sont très différents (j'avoue, je suis un peu stupéfaite par le Bulgare qui a plus de poitrine que je n'en ai jamais eu, même avant de passer sous le bistouri, je soupçonne un problème hormonal chez ce monsieur). Et donc répartition totalement différente du gras et du muscle pour deux personnes qui n'ont pas plus de 11 kilos d'écart, une paille pour des gens de cette taille. 

Certains ont même le problème inverse et n'arrivent pas à dépasser les 100 kilos.
Voilà le plus petit de la compétition,
un japonais d'1m68 et 95 kilos, et qui parait minuscule par rapport à ceux de presque 2 m. Du coup, j'ai très envie de l'encourager, lui " vas-y mon gars, montre leur que tu peux battre des géants! Au nom de tous les petits de la terre"
Il y a donc des concurrents aux physiques et aux origines bien plus variées qu'on pourrait le penser a priori.
 
Les découvertes:

- oui, c'est intéressant pour qui apprécie en général les sports de combat, et du moment qu'on vous donne les clefs pour le comprendre. En particulier sur les règles ou l'organisation qui ne se fait pas par poids comme en boxe ou en judo. On peut donc avoir sans problème un affrontement entre le "petit" de 95 kilos et le géant de 220. Et ce n'est pas forcément le plus grand et le plus lourd qui va gagner, si le plus petit a une meilleure techique ou sait mieux profiter d'une occasion.

- tout le contexte traditionnel/ culturel mythologique, ça c'est même passionnant. Et ça explique pourquoi les athlètes (car ce sont des athlètes quand même malgré le surpoids) sont considérés au Japon comme demi-dieux: ils incarnent lors des combats le rôle des dieux.

- Etonnamment, dans une société aussi traditionnaliste et eu ouverte à l'étranger que le Japon, il ya pas mal de lutteurs d'origine étrangères. Ils prennent des pseudonymes japonais, parfois prennent aussi la nationalité japonaise, mais sont quand même identifiés selon leur natinalité d'origine. Les deux lutteurs les plus hauts classsés dans le tournoi que j'ai regardé sont deux mongols ( et la Mongolie a aussi une forte tradition de sports de combat, de lutte en particulier)
Mais il y avait des pays moins attendus: le bulgare et le géorgien précités et un brésilien pour ceux que j'ai vus, mais j'ai appris que parfois des américains, des russes ou des hawaiens arrivent au niveau professionnel. Donc plus international qu'il n'y parait. Même si les pro sont tous formés au Japon.

- Encore plus étonnant, : ces lutteurs étrangers ont aussi un fan club. Apparemment les japonais sont fair-play, pour peu qu'on leur montre du beau sport, peu importe qui gagne. Il doit bien y avoir des ultra-traditionnalistes qui se sentent dépossédés de leur sport national, mais visiblement la majorité des spectateurs se contentent d'apprécier les qualités techniques d'untel ou d'untel, indépendamment de toute autre considération, et ça c'est super.

- Le sumo n'est pas réservé donc à de seuls grands et lourds japonais: il y a des clubs amateurs dans pas mal de pays, où on peut aussi trouver des pratiquants aux physiques plus classiques.Voire de très petits gabarits. E des femmes aussi.
Telles que celles qu'on peut voir sur la vidéo dans cet article dédié au développement du sumo féminin
( et forcément, toute avancée, même si elle ne concerne pour l'instant que la pratique amateur est bonne à prendre. Des femmes qui luttent pour l'égalité, et là, ce n'est pas qu'une expression). Pour les amateurs par contre, hommes commes femmes, il y a des catégories de poids, comme au judo.

Et donc corrollairement la réponse à la questio que vous ne vous posiez pas encore: elles portent le mawashi, le pagne traditionnel sur une combinaison de lutte

- La fédération de sumo voudrait à terme que le sport fasse son entrée aux jeux olympiques, mais pour celà, il faut en passer par la mixité.
Ici un article en français sur la pratique féminine
Et un autre, très intéressant, qui part d'un inciient en 2018: une secouriste parmis les spectatrices montée sur le ring pour secourir un lutteur en détresse a été expulsée, pour cause de traition, qui dit que les femmes ne doivent pas monter sur un ring de sumo. Même lorsqu'il s'agit de sauver quelqu'un en ddanger . Or cette interdiction est récente ( plus ou mois 150 ans, en rapport des quelques 1500 d'existence attestée du sport), et le sumo devient donc aussi au Japon un terrain d'affrontement entre les traditionnalistes et progressistes.

Voilà, une pratiquante, en tenue de combat, et là, oui, il y a des catégories de poids
Yes, we can! ( pas pu m'empêcher)

Je ne pensais pas trouver tout ça là derrière en regardant la semaine dernière un tournoi de sumo avec tonton, mais le cadre s'avère passionnant. En tout cas, ça m'a bien plu, je vais essayer de suivre un peu tout ça de temps en temps.

Certes le sport n'est pas blanc et a été entaché de scandales: bagarres entre pratiquants, souffres-douleurs des entraineurs ( l'ijime existe aussi dans ce domaine et pas seulement au lycée), combats truqués ( il y a de fortes sommes d'argent engagées, des sponsors et des paris et qui dit pognon... ), usage de stupéfiants (cannabis. Ca fait sourire en comparaison avec le dopage organisé à grande échelles dans l'athlétisme, la natation ou le cyclisme dans les années 1980- 90,  mais la fumette au Japon n'est pas seulement illégale et passible d'amende, elle peut conduire en prison).
Ou très récemment, mise à pied de certains pour non respect des restrictions covid.

Ce serait donc mentir que cacher les côtés moins reluisants.

Et forcément, y -a-t-il un manga qui en parle? Oui, un manga et une BD européenne inspirée du parcours de l'authentique champion hawaïen Akebono.

Je ne prétendrais pas tout comprendre, loin de là, mais maintenant c'est un peu moins cliché dans ma tête.👍

mercredi 28 juillet 2021

Fantômes du Japon (4) - Lafcadio Hearn

 De fait, le livre est fini, mais j'avais isolé cette histoire, de par son importance culturelle.

En effet, on en retrouve des traces un peu partout dans les arts, que ce soit picturaux ou scéniques. L'histoire est un classique du théâtre, du théâtre de marionnettes, du rakugo, a été adaptée en film à plusieurs reprises . C'est même le premier film fantastique japonais, muet, en 1910. Elle apparait aussi régulièrement dans les manga directement ou indirectement...




L'histoire, dont la première édition est connue au XVII° siècle, semble une traduction japonaise, issue d'un recueil de contes chinois, le Jiandeng Xinhua et popularisée par le jeu du Hyakumonogatari kaidankai qui consiste à se raconter 100 histoires de fantômes et monstres dans une soirée, à la lumière de cent bougies. A chaque histoire, une bougie est éteinte. Le jeu s'arrête en général à.. 99, afin de ne pas invoquer accidentellement les esprits.
Ce jeu est très connu, et a été par exemple mentionné dans XXXHolic.
En tout cas, le jeu est probablement antérieur à la parution de la traduction du recueil chinois.

 Histoire des fantômes de la lanterne pivoine ou le karma passionnel ( Botan doro)

Estampe de Yoshitoshi, allez savoir pourquoi O-Yoné a l'apparence d'une guenon..

Ici, Lafcadio Hearn se base sur la version du théâtre kabuki.

O-Tsuyu, fille d'un samouraï ne s'entend pas avec sa belle-mère, donc, pour aplanir les difficultés, son père l'envoie habiter seule avec sa servante O-Yone. O-Tsuyu reçoit un jour la visite d'un médecin, accompagné de Shinzaburo, fringuant samouraï. Les deux se plaisent, et O-Tsuyu fait promettre à Shinzaburo de revenir la voir, sinon, elle en mourrait de chagrin. Or il ne peux pas, suivant l'étiquette, revenir seul, et le médecin qui connait le père d'O-Tsuyu comme caractériel, craint d'être tenu pour responsable, si une liaison commençait. Shinzabuto ne peut revenir, et O-Tsuyu, ignorant tout et se croyant oubliée, meurt de chagrin, Yone aussi meurt de tristesse suite à la mort d'O-Tsuyu. Shinzaburo, qui ignore tout, apprend du médecin la mort de O-Tsuyu et O-Yoné, lequel s'empresse d'ajouter de manière moqueuse qu'elle a dû mourir d'amour pour lui, et de ne plus s'en faire, il ne reste plusqu'à réciter des sutra à leur mémoire. (quel sens de la compassion, et c'est médecin, ça? oO)

Effectivement, il n'y a rien d'autre à faire, donc Shinzaburo prie pour le repos de l'esprit des deux femmes, jusqu'au jour de o-Bon, où.. il rencontre les deux femmes portant une lanterne en forme de pivoine. Surprise des deux côtés, on leur avait justement dit que Shinzaburo était mort, et en discutant ils se rendent compte que le médecin lui-même dit à chacun que l'autre était mort. Commence alors une idylle clandestine ( pour éviter les ragots et en particulier du voisin mèle-tout, et voyant, de Shinzaburo. Mais Shinzaburo a des domestiques, qui l'entendent parler la nuit, et pensent qu'il est tombé dans les griffes d'une .. disons une chercheuse d'or. Et espionnant , le domestique voit quelque chose de pire encore: un  fantôme, le haut du corps est momifié, et elle n'a pas de pieds ( un classique des fantômes japonais).

Et bien sûr, il court informer le voyant de ce qu'il a vu. Qui décide de prendre la situation en main pour éviter le trépas rapide du malchanceux Shinzaburo. Informé de la situation, Shinzaburo qui doute d'être victime de fantomes, va quand même chercher la demeure de O-Tsuyu et O-Yone, à l'endroit qu'elles ont mentionné, et trouve effectivement leurs deux tombes. Il va falloir se faire désenvouter, car sa situation actuelle est le résultat d'un mauvais karma, et d'une erreur commise dans une existence précédente, concernant précisément cette femme: ils se suivent donc d'incarnations malheureuses en incarnations malheureuses.

je vous avoue que j'aimerais bien voir la version pour théâtre de marionnettes

Il barde donc sa maison d'amulettes pour empêcher les fantômes d'entrer. Elles reviennent nuit après nuit, et finissent pas négocier avec le serviteur: il a besoin de son employeur pour vivre, mais accepte d'enlever les amulettes , contre une somme d'argent suffisante pour ne plus dépendre de lui.
Evidemment on se doute de la suite : Shinzaburo est trouvé mort , au lit, accompagné d'un squelette qui l'a étranglé.
Il y a une conclusion intéressante où l'auteur, débat des personnages de l'histoire de son point de vue occidental: Shinzaburo est pour lui un type méprisable, en comparaison des héros de romans d'amour courtois, qui se sacrifient par amour, quand bien même en tant que chrétiens, ils ne pensent pas disposer d'autres vies. Pour lui, Shinzaburo aurait pu accepter d'en sacrifier une puisqu'il en avait d'autres " en attentes" en tant que bouddhiste. Et sa visite au cimetière de légende est décevante, le lieu a été transformé en potager et il n'y trouve qu'une mamie, qui cultive des patates dans l'ancien cimetière et montre deux fausses tombes d'O-Yoné et O-Tsuyu aux curieux venus en pélerinage. Ce retournement de situation absurde est plein d'humour sarcastique qui rappelle l'origine européenne de Hearn :D

Une autre variante de cette histoire, bien plus factuelle, mettant en scène Ogiwara, un veuf, séduit par le fantôme d'Otsuyu, sans que cette fois il soit question de karma.

Il y a bien d'autres histoires de fantômes japonais, telle celles d'Oiwa ou d'Okiku, qui avec celle d'Ostuyu sont les Nihon sai dan kaidan, les " Trois grandes histoires de fantômes du Japon", mais pour une raison ou une autre, Hearn ne les a pas intégrées à son recueil. Ceci dit, j'aim maintena tbien envie de découvrir les ouvrages qu'il a consacrés à la culture antillaise.

mercredi 21 juillet 2021

Fantômes du Japon (3) - Lafcadio Hearn

Et on continue!
avec les deux dernières thématiques du recueil " Enchantements et désagréments" et " du fini à l'infini". Don c bon, comme auparavant, vu qu'il s'agit de courtes nouvelles dont précisémet la chute justifie le classement dans telle ou telle catégorie, je peux difficilement faire autrement que spoiler. Désolée!


Enchantements et désagréments: une petite série d'histoires plus courtes que les précédentes, sur la thématique des métamorphoses. Cette fois, on y trouve des humains victimes d'animaux ou de plantes qui ont usurpé la forme humaine, parfois sans mauvaise intention, parfois pour faire passer un message, ou vraiment pour nuire.

- Le vampire du fond des eaux: ou L'histoire de Chûgorô. Chûgorô est un soldat de Kyotô, un homme parfaitement normal et sympathique, qui se retrouve malgré lui victime d'un maléfice. En effet, il a un jour croisé une belle femme qui l'a ouvertement dragué, puis emmené dans son palais au fond de la rivière, s'en faisant épouser, mais avec la clause de ne pas révéler ce mariage. Chûgorô s'épuise donc, rejoignant nuit après nuit son aquatique épouse, sans se douter de la vraie identité de celle-ci.
Le texte traduit parle de vilaine grenouille, je me demande si ce ne serait pas en fait un kappa.

- La mort d'un canard sauvage ou Oshidori: où l'on apprend que les canards sauvages Oshidori (les mandarins) sont au Japon le symbole de la fidélité. Un chasseur tue un jour un canard sauvage pour son dîner.  La nuit suivante, l'esprit de la cane vient le hanter sous forme d'une femme qui lui reproche le peurtre de son mari.

- Le message de la mouche ou l'histoire d'une mouche:
Une servante d'une famille de notables, ne fait jamais aucun effort de coquettereie, bien qu'elle soit correctement payée et fournie en vêtements. Lorsque son employeur lui en deande la raison, elle s'explique simplement: lorsque ses parents sont morts  elle n'avait pas les moyen de faire effectuer un service funéraire digne de ce nom au temple. Elle économise donc sou après sou, pour cet objectif, et promet de faire ensuite des efforts. Ce par quoi elle gagne encore plus l'estime de ses employeurs. Elle meurt cependant peu après avoir pu réaliser son projet, et revient, sous forme de mouche, jour après jour chez ses employeurs: il lui restait encore un peu d'argent, elle tente de leur faire comprendre qu'elle voudrait utiliser cette somme pour son propre service funéraire. Qui se fera donc sous la forme d'un inattendu enterrement de mouche, avec plaquette funéraire.

- Le faisan et le parricide, ou l'histoire d'un faisan: Un fermière voit en rêve feu son beau père, l'avertissant qu'il va courir le lendemain un grand danger et qu'elle doit le sauver. Le lendemain même, un faisan qui fuit devant les chasseurs entre chez elle et se laisser attrapper et cacher. Elle en est sûre c'est son beau-père. Lorsqu'elle raconte à son mari ce qui s'est passé, il se moque d'elle et tue le faisan pour le manger, sous prétexte " mon père préfèrerait être mangé par sa famille que par les chasseurs". On ne plaisante pas avec ces choses dans un pays qui croit à la réincarnation, la femme va porter plainte contre son mari, et la justice lui donen raison: tuer la réincarnation de son père reste un parricide.

-Celui qui voulait voir l'éléphant blanc à six défenses ou la légende de Fugen Bosatsu. Le Fugen Bosatsu est une image particulière de Bouddha, monté sur un éléphan à 6 défenses, dont on dit qu'il peut apparaitre à des personnes pieuse, dans des circonstances particulière. Le voir sous cette forme est le souhait le plus cher d'un prêtre, qui va voir son rêve réalisé de manière inattendue, dans une soirée musicale: une courtisane de condition très modeste s'avère être l'incarnation de Fugen Bosatsu, et lui seul peut la voir sous sa forme divine, avec l'éléphant, lorsqu'il ferme les yeux.


-Le "cerisier du seizième jour" ou Jyûroku- zakura
: Un cerisier particulier, très ancien ne fleurit qu'un jour par an, le 16° jour du premier mois lunaire ( donc encore en hiver). Et ce parce qu'il est hanté par le fantôme d'un homme, qui lorsque son cerisier préféré a dépéri, n'a pas hésiter à se sacrifier pour le sauver, sous forme d'échange équivalent : une vie contre une vie.

- l'histoire de " Saule Vert", l'histoire d'Aoyagi: Un samourai égaré dans une tempête trouve refuge chez des montagnards et leur fille, la jolie " Aoyagi", qui se révèle étonnamment raffinée et cultivée pour une montagnarde. L'homme pense qu'elle ferait épouse parfaite et l'emmène donc avec lui, puisqu'il ne peut se marier qu'avec l'autorisation de son chef militaire. Ce qui se fera après quelques péripéties. Jusqu'au jour où sa femme lui révèle sa vraie nature: elle est l'esprit d'un arbre, et doit maintenant quitter son mari malgré elle. Dans la montagne, quelqu'un a coupé son corps physique et elle va donc simplement disparaître.

Du fini à l'infini: cette sélection se penche plus spécialement sur les histoires de réincarnations et de bouddha.

- Le mort qui protesta contre ses voleurs ( Shiryô) et le magasin de porcelaine hanté par la haine (Ikiryô): ces deux courtes histoires sont en fait deux face d'une même situation: dans la première, le fantôme d'un haut fonctionnaire mort, accusé faussement de malversation et dont la famille va être spoliée, revient prouver son innocence: prenant possession du corps d'une de ses servantes, il va donc prouver ses dire en refaisant les comptes. Un fantôme tout à fait habituel, donc. Dans le second, un employé de magasin, très compétent, est poursuivi par le fantôme d'un vivant, ce qui n'existe pas en Europe. Dans la tradition japonaise, c'est psible: un sentiment violent, en particulier d'aversion, peut venir hanter la victime exactement comme un fantôme vengeur. Ici, l'homme est trop compétent en fait, il est détesté par la femme de son employeur, car elle s'imagine qu'il va faire preuve d'ambition et spolier son propre fils de son héritage. Sa haine démesurée a pris forme à son insu et elle n'a même pas conscience de la situation, elle a au contraire tout fait pour cacher son aversion pour lui. La solution est simple pour contenter les deux partis: éloigner le bon employé en l'envoyant ouvrir une succursale dans uen autre ville, il ne sera plus sous le nez de la vieille dame, et le "fantôme de l'inimitié" disparaîtra tout seul, sans dommage pour personne.

- l'enfant qui naquit deux fois ou la renaissance de Katsugoro:
Un petit garçon , Katsugoro, demande un jour abruptement à sa soeur de qui elle était l'enfant dans sa vie antérieure. Elle ne le sait pas alors que lui se souvient parfaitement de sa précédente famille et de son précédent nom. Il s'appellait Tozo venait d'un autre village, et est mort de maladie plusieurs années plus tôt. La famille voulant en avoir le coeur net, envoie donc le gamin avec sa grand-mère en visite chez sa première famille, folle de joie de le savoir à nouveau vivant.

- Devant la Cour Suprême: ha, une histoire du VIII° siècle pour illustrer le concept de " dieu injuste", des dieux non reconnus par la doctrine bouddhique (en gros, païens) que l'on prie mais dont les bienfaits finiront par amener le malheur. Kinumé, une jeune femme, a failli mourir de maladie et a été sauvée par "le dieu de la Peste" prié par ses parents. Cependant ce n'est pas gratuit, et le dieu ne peut la sauver qu'en échange de la vie d'une autre femme, son homonyme, qu'elle lui désigne. Le dieu va donc faire mourir son homonyme. Mais la justice divine bouddhique ne l'entend pas de cette façon et procède à un échange: après quelques jours de coma, c'est la seconde Kinumé, la victime désignée, qui se réveille dans le corps de la première. Mais l'histoire se finit bien: les familles passent un accord, la survivante qui a le corps de l'une et l'esprit de l'autre malgré elle devient donc l'unique héritière de DEUX héritages :D

- Le samouraï qui fit ouvrir les portes de la naissance, ou l'histoire de Umetsu-Chubei: Umetsu Chubei est un samourai qui, involontairement, va rendre service à une divinité. En remerciement de quoi, il se vera doté d'une force surhumaine, ainsi que tous ses descendants.

- Celui que le passé désigna pour connaître l'avenir, ou une histoire de divination: Ici, le narrateur nous parle de divination, à travers une histoire de voyance, qu'il tient d'un voyant, pour illustrer un proverbe " le diseur de bonne aventure ne connaît pas son propre destin"

- Sur la montagne des crânes d'hommes, fragment: Le boddhisatva acompagne un pélerin sur le lieu où il doit avoir une révélation, mais le chemin est long et fastidieux, il s'agit en fait d'une montagne d'os et decrânes humains. Sans savoir où cette coute histoire allait amener, j'ai beaucoup aimé la chute, complètement philosophique.

- "Et le temps lui-même est une illusion" ou " Dans le cercle": celle là est .. impossible a résumer. Il s'agit d'une discussion philosophique sur le concept de réincarnation et d'éveil, qui est loin, très loin d'être aussi positif que se l'imaginent beaucoup de gens.
A Ushiku, le plus grand Bouddha du monde.



lundi 19 juillet 2021

Il va y avoir du sport!

Parce que je viens de discuter de ça avec Kiona sur facebook  qui présentait une liste de manga au sujet du  foot.Il y a quelques années j'avais une petite tradition personnelle: l'été, je regardais une série animée de sport. Je n'ai plus vraiment pu regarder d'animé depuis que j'ai recommencé mes études, très prenantes.

Mais en remontant au tout début, je me souviens de Jeu Set et Match ( tennis), le rythme de la vie ( gymnastique), Jeanne et Serge (Volley), Olive et Tom, L'école des champions (football)  dans mon enfance. D'où le fait que je cite les titres français, tels que les connaissent les gens de ma génération :)

Mais je me disais qu'il y a des séries sur à peu près tout et n'importe quoi. Et qu'on doit presque pouvoir reconstituer le programme des jeux olympiques rien qu'en dessins animés et /ou manga
Pari tenu!

Je cherche donc des titres qui parlent de sport, ou  bien au minimum, où le sport est une partie importante de l'intrigue ( par exemple le principal personnage de X day pratique l'athlétisme mais ça n'est pas le coeur de l'intrigue, ça pourrait aussi bien être n'importe quelle autre sort ou loisir, donc, je ne sélectionne pas!).
Pour ne pas avoir non plus une liste trop longue, je rassemble les sports proches ( genre les sports nautiques ensemble, même si je sais qu'il y a une différence entre l'aviron le kayak et la voile, ou les différentes épreuves de cyclisme ensmble)

Programme officiel des JO:

  • Athlétisme (du 30 juillet au 8 août)
    Suzuka

  • Aviron (du 23 au 30 juillet)
    Canoë/kayak (du 25 juillet au 7 août)
    Voile (du 25 juillet au 4 août)
    Regatta ( manga)

  • Badminton (du 24 juillet au 2 août)

    Hanebado! ( manga non traduit)

  • Baseball (messieurs) / softball (dames) (du 21 juillet au 7 août). Le sport préféré au Japon, plus que les arts martiaux!
    Touch ( Théo, la batte de la victoire).

    oui il y a une série sur les filles qui jouent au baseball!
    Cinderella 9
  • Basketball 3x3 (du 24 au 28 juillet)
    Basketball (du 25 juillet au 8 août) Trop de choix: Slam dunk, Kuroko no basket, Real, I'll
    Va pour Kuroko, car le mot basket figure dans le titre

  • Beach volley (du 24 juillet au 7 août)
    Harukana receive
    Pour une fois, il y a une raison scénaristique d'avoir des filles en maillot de bain, ce qui j'espère n'est pas trop prétexte à du fan service (hahah) à deux balles ( re haha)
    C'était ça ou " crazy beach" ( ce titre est aussi fin que les mailles d'un filet de volley)


  • Boxe (du 24 juillet au 8 août)
    Ashita no Joe, forcément, un des pionniers du manga de sport
    Et boxe féminine, oui, il y a un manga: je ne connais pas du tout, ça paraît en ce moment, mais voilà une fille qui sort des standards habituels du manga! Et un manga qui met une boxeuse baraquée au premier plan!
    Saotome loves boxing

  • BMX (du 29 juillet et 1er août)
    Cyclisme sur piste (du 2 au 8 août)
    Cyclisme sur route (24, 25 et 28 juillet)
    VTT (26 et 27 juillet) Pas de détail, je rassemble là tout ce qui est vélo!
    Over Drive
    Et pour le keirin ( sur piste donc)


    Aoba Jintenshaten Keirin challenge ( non traduit)

  • Equitation (du 24 juillet au 7 août)
    Jumping

  • Escalade (du 3 au 6 août)

    Iwakakeru, climbing girls

  • Escrime (du 24 juillet au 1er août)
    En garde!

  • Football (du 21 juillet au 7 août). Bon , c'est l'évidence...
    Captain Tsubasa/ Olive et Tom

    Mais il y a aussi un manga sur le foot féminin, ce qui me fait très plaisir , même si je me fiche complètement du foot :D
    Sayonara Football

  • Golf (29 juillet au 7 août)
    King of Golf ( aucune idée du contenu, je vois qu'il a dépassé les 35 tomes, mais n'a pas été traduit, ni en français ni en anglais)

  • Gymnastique (du 24 juillet au 8 août)
    Retour dans les années 80: Hikari no densetsu/ Le rythme de la vie ( très irréaliste de mémoire, avec des gymnastes qui flottaient en l'air pendant des dizaines de secondes )

  • Haltérophilie (du 24 juillet au 4 août). Oui, j'en doutais, mais il y a un manga sur l'haltérophilie. Il a l'air d'en baver le p'tit.
    Juryo again

  • Handball (du 24 juillet au 8 août)

    Sôkyû boys ( non traduit)

  • Hockey sur gazon (du 24 juillet au 6 août) Il y a UN manga qui parle de hockey sur gazon.
    My lovely hockey club

  • Judo (du 24 au 31 juillet): là, la difficulté est d'en choisir un, le judo c'est un peu l'un des symboles du Japon.
    Uchikomi

    Yawara

  • Karaté (du 5 au 7 août): forcément, avec le judo l'autre symbole sportif du Japon ( mis à part le Sumo). Mais je suis étonnée , car il n'y a pas tant que ça se manga sur le sujet, apparemment.
    Karate heat
    Pour la blague, je peux rajouter Judo Boy, vieille série des années 60 qui parlait.. beaucoup plus de karaté en fait, le héros pratiquant les deux arts martiaux.

  • Lutte (du 1er au 7 août)

    Dangan Tackle ( non traduit)

  • Natation (du 24 juillet au 5 août)
    Free!

  • Natation synchronisée (du 2 au 7 août): PAS de MANGA! ( ça y est on a trouvé le sport sans manga, et ça m'étonne beaucoup, en tout cas, je n'en ai pas trouvé)
    Par contre il y a un film et une série, sur les garçons qui en font

    Water boys

  • Pentathlon moderne (du 5 au 7 août). Le pentathlon regroupe escrime, équitation, natation, cross et tir au pistolet. Donc on peut se reporter à ces différents sports.

  • Plongeon (du 25 juillet au 7 août) ( oui  il y a un manga pour le plongeon aussi!)

    Dive!! ( avec les !!,  car il y a un dive sans point d'exclamation. pas DU TOUT la même chose, il semble y être plus question de  heu..fondements que de fonds de piscine)

  • Rugby à 7 (du 26 au 31 juillet)
    Ce blondinet n'est vraiment pas taillé pour le rugby!

    All out!!  désolée, c'est du XV, pas du 7.

  • Skateboard (25 et 26 juillet, 4 et 5 août)
    Sk8tr's

  • Surf (du 25 juillet au 1er août)

    Wave!! ( décidément, les !!), apparemment c'est plutôt un animé, mais comment ne pas éclater de rire devant ce cliché de surfer qui se la raconte?

  • Taekwondo (du 24 au 27 juillet)

    Un manwha ( forcément le taekwondo est coréen) The god of Highschool

  • Tennis (du 24 juillet au 1er août)

    Happy ( qui parle d'une fille qui devient championne de tennis pour éviter la mafia et la prostitution..super joyeux en effet)
    Alors oui, je sais, il y a "prince du tennis", mais...je suis bien plus tentée par le titre d'Urasawa!

    Jeu, set et match: juste pour le moment nostalgie . Parce que c'était un anime sur le tennis où on voyait rarement des scène de tennis, dans le fond.
    Kaleidoscope hippie, ça date de 1973
    S'il vous rappelle quelque chose, c'est normal, c'est l'équipe qui a adapté La rose de Versailles
    C'est parti pour la francisation d'époque: Karine, Hélène, Jean...

  • Tennis de table (du 24 juillet au 6 août)
    ben.. ping-pong, le bien nommé.

  • Tir (du 24 juillet au 2 août). PAS  DE MANGA, ni anime, ni film, en tout cas, pas sur le tir en tant que sport. Les recherches ne font ressortir que des titres sur la police, le western, la SF où les personnages utilisent des armes à feu ( et Cow Boy Bebot ou Trigun ou que sais-je sont très bien, mais cn'ont aps leur place ici.

  • Tir à l'arc (du 23 au 31 juillet)
    Bon, je trouve du Kyûdo, c'est ce qui est le plus proche


    Ten Wo Iru ( non traduit)

  • Triathlon (26, 27 et 31 juillet): natation, vélo, course à pied, se reporter à ces sports

  • Volleyball (du 24 juillet au 8 août)

    Haikyu!!
    Et bien sûr, je ne pouvais pas ne pas le citer
    Ces noms, ils étaient déjà bien ringards quand j'avais 10 ans
    Jeanne et Serge

  • Water-polo (du 24 juillet au 8 août)
    Seika gakuen joshi suikyuubu Monogatari ( oui, titre complet), un 4koma non traduit qui parle d'un club féminin de waterpolo . Tellement peu connu que je ne trouve pas d'images, hormis la toute petite qui illustre le lien.

Et je tiens à signaler en marge de tout ça: Running girl, ma course vers les paralympiques.
Comme le titre l'indique, ce sont les jeux paralympiques qui sont mis en avant, via le défi d'une athlète amputée d'une jambe. Une héroïne handicapée, c'est rare.



Le(s)quel(s) vous tente? Je suis assez intriguée par celui sur la boxeuse baraquée, celui sur l'escrime, et Running girl. J'en ai vu certains, surtout les plus anciens je dois le reconnaître,

jeudi 15 juillet 2021

Fantômes du Japon (2) - Lafcadio Hearn

Et hop deuxième sujet extrait de cet ouvrage, cette fois sur les thématiques " horreurs et malheurs " et " vertiges et prodiges", que j'ai donc gardé pour marquer le coup de O-Bon.

Horreurs et malheurs, comme on s'y attend, met en scène des histoires plus violentes et cruelles que précédemment, on y trouve des yokai connus : le rokurokubi ( goule dont la tête se detache du corps pour aller dévorer les vivants la nuit), le nopperabo ( monstre sans visage) , des cadavres rétifs, des esprits sanguinaires... Ca va saigner. Attention spoilers, parce que ce sont des histoires très courtes, et il est impossble d'en parler sans les résumer, ce qui implique de dévoiler la fin. Donc dans la mesure du possible je tente le coup du surlignage pour révéler le spoiler.

- le fantôme à la tête coupée: Un prêtre errant, ancien samouraï ( et toujours vaillant), hébergé par de braves gens est nuitamment attaqué par cinq "Rokuro-kubi", plus que des fantômes, des créatures fantastiques dont , selon les cas, le cou s'allonge démesurément, ou la tête se détache  pour aller commettre des forfaits. Ses "gentils hôtes" sont bien décidés à en faire leur pitance. Pour les vaincre, il faut déplacer leurs corps et les cacher. Les monstres disparaîtront pour toujours si la tête et le corps ne sont pas rassemblés à l'aube.

- Celui qui avala un fantôme: une histoire à fin ouverte. Un homme, buvant un thé, voit dans sa tasse une étrange apparition. Un fantôme. Il décide malgré tout de boire le thé, et le fantôme avec... et reçoit évidemment le jour même la visite .. du fantôme, bien décidé à se venger de cette affront. Mais... nous ne connaitrons pas la fin de l'hisoire et c'est bien dommage, Lafcadio Hearn précisant que c'est typique des récits fantastiques japonais, à nous d'imaginer ce qui va se passer entre l'homme et le fantôme.

- Le décapité qui mordit la pierre: un condamné à mort, avant son trépas, maudit le seigneur qui va le faire exécuter, promettant de se venger et de le hanter. A quoi le seigneur rétorque: " je ne peux pas acorder foi à vos parole, prouver moi que c'est exact. Il y a une grosse pierre plate au sol, si votre tête coupée vient la mordre, alors j'accorderai du crédit à la menace". Le condamné promet de la mordre.. ce que fait sa tête , sitôt coupée. Et de mourir et de ne jamais revenir hanter qui que ce soit. Le Seigneur savait: seule la dernière menace d'un condamné est dangereuse. En détournant son attention, il a annulé la malédiction, le fantôme a oublié sa vengeance!

- Le fantôme dans visage: Ici il est dénommé " mujina", bien que je le connaisse par ailleurs sous le nom de Nopperabô. Un vieux marchand rencontre une jeune femme éplorée, un soir, pleurant et se cachant le visage. EIl lui propose de l'aider, avant de se rendre compte avec horreur qu'elle n'a pas de visage: ni nez, ni yeux, ni bouche, une face lisse comme un oeuf C'est un yokai. Malheureusement pour qui veut les aider, cette malédiction se transmet instantanément à qui regarde le monstre!

- Le chevaucheur de cadavre: Une histoire assez glauque. Une  femme divorcée, évidemment contre son gré, vient de mourir, pendant l'absence de son ancien mari. elle a proféré à son encontre des menaces et  l'homme risque gros. Pour éviter de se faire déchiqueter par son ex femme, l'exorciste lui donne la seule solution: il doit passer la nuit, assis sur le dos de son ex femme, la tenant par les cheveux, tel un cheval par les rênes, sachant qu'elle va essayer de le désarçonner. S'il survit à la nuit, il sera sauvé de la malédiction... A cheval sur un cadavre... beurk...

- le mangeur de cadavre: Un prêtre errant arrivant dans une village où quelqu'un vient de mourir, apprend qu'il y a là un étrange rite. Dès qu'il y a un décès, tout le monde part, laissant le cadavre seul dans une pièce. au matin, il n'y a plus trace du mort. Le prêtre a vite fait de comprendre: le cadavre est mangé par un  fantôme d'un confrère, mort depuis longtemps, qui habitait autrefois dans la montagne.

- la morte aux mains vivantes: Encore une histoire très louche, de jalousie féminine, et particulièrement cruelle. La femme d'un Daimyo, mourante, fait appeller près d'elle une des concubines d eson mari ( rien que de trèshabituelle), qu'elle dit aimer comme une soeur, lui faisant promettre d'épouser son futur veuf et de bien s'occuper de lui. La jeune femme acquiesce, et la mourante lui demande un dernier service: la transporter sur son dos jusqu'au jardin, pour voir une dernière fois les arbres en fleurs. Et en profite pour saisir sa rivale par les seins , avant de mourir. Mais impossible de détacher les mains de la morte, qui se sont soudées à la peau de la jeune femme. Il n'y a pas d'autre moyen que de les couper.. Mais les mains restent malgré tout vivantes, pinçant et torturant sans relâche la femme... toutes les nuits, et ce pendant dix-sept ans, malgré les exorcismes et prières propitiatoires.

- la légende de la cascade aux esprits: une histoire bien saignante. Les ouvrières, pauvres, d'une filature de chanvre, près du lieu dit de "la cascade aux esprits", font un pari: elle donneront toutes leur paye de la journée à celle qui aura le courage d'aller chercher largent contenu dans la boite à offrandes de la cascades aux esprits. O-Katsu, qui a un enfant en bas-âge, et bien besoin d'argent, se dévoue. Et par voler le tronc, son enfant emmailloté sur le dos. Elle sent bien qu'on essaye de la saisir, lorsquelle s'empare de la boîte, mais revient malgré tout à l'atelier. Où tout le monde va découvrir l'horreur: O-Kastu a le dos trempé de sang, l'enfant a eu la tête coupée.

Vertiges et prodiges:
Un peu de calme et de mystère pas forcément saignant, après le précédent chapitre!

- le prêtre qui écrit avec cinq pinceaux en même temps: L'écriture de Kobodaishi, alias Kukai. Kukai est un authentique prrêtre des VIII°/ IX° sièclle, particulièrement important à Shikoku dont il est originaire, puisque le pélerinage des 88 temps lui est dédié. Mais bien qu'ayant existé en tant que personnage authentique, tout comme Siddharta Gautama un millénaire plutôt ou les philosophes grecs, il est aussi semi-légendaire, et toutes sortes de miracles lui sont attribués. Notamment, comme il était également calligraphe, la capacité d'écrire avec 5 pinceaux en même temps ( un dans chaque main, un à chaque pied et un entre les dents), et de tracer des caractères capables de s'animer. On a donc ici 3 histoires de caractères enchantés.
- le tableau qui avait une âme: L'histoire de Kwashin Koji,prédicateur de rue et peintre de Kyotô, auteur d'un kakemono représentant des démons si réalistes qu'ils terrifiaient la population, laquelle retournait fissa dans le droit chemin pour éviter les malédictions, non sans avoir laissé une obole au prêtre. Le tableau ayant attiré l'attention d'un daimyô, qui voulut l'acheter, le prêtre refusa de se séparer de ce gagne pain, et fut assassiné par un vassal qui lui vola le tableau. Or une fois ramené, le papier s'avéra blanc et le daimyo apprit que le mort, très vivant, continuait à prêcher avec son tableau. Deuxième tentative d'assassinat, deuxième échec: le supposé mort continuait ses prêches intinérant. Arrêté, il finit par s'enfuir en embarquant sur un bateau dessiné sur l'un de ses tableaux :)

- le gamin qui dessinait des chats: lui n'a pas de nom connu, c'est un fils de paysan, inapte aux travaux des champs, mais doué pour la peinture. A ce détail près qu'il ne dessine QUE des chats, encore et toujours. Envoyé dans un temples pour devenir moine, il s'y montre encore inapte, mais son talent pictural va quand même faire des merveilles. Car, de passage dans un temple abandonné, il trouve des panneaux blancs où peindre des chats... sans savoir que le temple est hanté par un démon-rat. Que tous cs chats vont nuitamment s'empresser de chasser .

- celui qui tomba amoureux d'un portrait: La fille sur le paravent. Un homme achete sur un marché un vieux tableau représentant une jolie femme et à force de le contempler, fini par tomber amoureux de cette femme idéale. Au point de s'en rendre malade. Jusqu'au jour où un spécialiste lui explique qu'il y a un moyen de transformer son tableau en femme réelle,bien que le modèle soit mort depuis longtemps. Le peintre était si doué qu'il a pu enfermer dans son dessi  on seulement la forme mais aussi l'esprit de la fille: il suffit alors de lui donner un nom et de l'appeller par ce nom, jusqu'à ce qu'elle se matérialise. Et lui offrir une coupe de saké acheté chez 100 marchands différents, afin qu'elle reste et dise elle-même la suite du rituel à accomplir.
Une variante locale de l'histoire de Pygmalion, donc, plus ou moins.

- la prisonnière du miroir
: Un petit temple tombe en ruine.Juste pour le plaisir je cite le nom du daimyô local, qui n'a pas les moyens de le faire réparer, très drôle pour les français: le seigneur " Kitahataké". En cas de guerre, c'est toujours la faute du seigneur Kitahataké. En tout cas le seigneur Kitahataké a dépensé trop d'argent en guerres et n'a plus de liquidités pour l'entretien. Donc le prêtre local fait appel à un autre seigneur pour récupérer des fonds. MAis comme celà peut prendre du temps, le prêtre se voit contraint de louer un logement à Kyotô en attendant . Or la maison possède un puits intarissable, même en pleine période de sécheresse, mais auquel une sinistre réputaton est attachée: plusieurs personnes s'y sont mystérieusement noyé, et cet été-là, une voisine venue y puiser de l'eau est aussi retrouvée morte. Se penchant sur le puits il y voit une femme, en train de se farder, et manque se noyer lui aussi.
Jusqu'au jour de tempête où il reçoit la visite du fantôme du puits, qui vient s'expiquer: elle est la première a être tombée dedans et est devnue esclave du dragon qu'il l'habitait, contrainte de faire tomber d'autres victimes pour nourrir le dragon. Le dragon est parti, le puits est à sec, elle vient donc implorer le prêtre de procéder aux rites de purification pour la libérer elle aussi. Il ne s'agit pas d'une vraie femme, mais de l'esprit d'un miroir précieux tombé au fond du puits. Que le miroir soit rendu à la famille de son légitime propritaire, et tous els problèmes d'argent du prêtre seront rapidement réglés en remerciement.

- A propos d'un mort et d'une cloche: ou plutôt en anglais " d'un miroir et d'une cloche". La légende de la mugen-kane, cloche fondue à partir de miroirs de bronze, et maudite par une femme qui regrettait d'avoir du donner son miroir: le miroir ne fond pas, on comprend qu'elle ne voulait pas réellement le donner et est la risée de tout le village. De honte elle se suicide, mais auparavant maudit la cloche: après sa mort le miroir fondra, la cloche sera fondue.. mais celui ou celle qui arrivera à la briser à force de la faire sonner gagnera une éoemet somme d'argent. ce qui dot arriver arrive, les gens se succèdent jour et nuit pour sonner la cloche au points que les moines n'en peuvent plus et la jettent dans un marécage. Impossible de la sonner, mais les japonais ne manquent pas d'astuce, ni ce superstition: qu'à cela ne tiennt, toyt objetc peut devenir symboliquement la cloche, ils façonnent donc plein d'objets variés pour les casser, déclarant que c'est la cloche, symboliquement, en éprant être chacun l'élu du fantome de la femme: le tintamarre continue de plus belle.
Une histoire plutôt originale, mais d'une narration assez étrange, qui part en tout sens. Peut-être est-ce la traduction depuis l'anglais qui est en cause.

Un furisode aux couleurs particulièrement ardentes

- Le grand incendie de la robe aux longues manches: un furisode ( titre original), kimono à longues manches. Lors d'une fête une femme voit un samourai aux vêtements de couleur éclatantes. L'homme autant que le vêtement lui plaisent beaucoup. Mais impossible de retrouver l'inconnu! Dans l'espoir d'attirer son attention, au cas où elle le rencontrerait à nouveau, elle se fait confectionner un kimono tout semblable à celui du monsieur, le porte souvent, et prie devant lui en esprant se concilier les dieux. Mais malgré tous ses efforts, elle ne le revoit pas, et meurt soudainement. Le vêtement précieux donné au temple est vite revendu: tutes ses propriétaires succèsisvent meurent le jour même où elles décident de le porter, après avoir déclaré êtres hantées par le fantôme d'un bel homme. Pour purifier le vêtement, le prêtre décide de le brûler. Mais iprégné de la passion de la dame, le vêtement brûle.. envoyant des éctincelles dans tout le quartier, qui se répandent partout en ville, déclenchant le " grand incendie du kimonon à longues manches" ( à Tokyô en mars 1657). Un incendie de deux jours, tout à fait réel, et rvraisemblablement causé par le rituel de purification d'un furisode maudit. 65% de la ville a été détruit. Une manière radicale de déclarer sa flamme à quelqu'un!