mardi 4 mars 2014

Hoshi no koe (manga) - Shinkai Makoto et Sahara Mizu

Après Hoshi no koe, le court métrage spatial poétique de Makoto Shinkai, en regrettant bien sa très courte durée qui laissait de côté beaucoup de choses intéressantes: le cadre temporel, comment l'héroïne Mikako avait réussi a se faire engager dans un programme spatial, ce que sont les robots traqueurs, les extra-terrestres tarsiens.. Voici Hoshi no koe le manga en un tome est paru, qui répond plus en détail à ces questions. Qanoter qu'en dépit de ses personnages lycéens, et sa joli couverture en aquarelle pastel, sa publication dans le magazine "monthly afternoon", magazine de prépublication de seinen, en fait donc un manga a destination d'un public adulte, ou jeune adulte.


Le scénario de base est inchangé: la jeune Mikako est partie comme engagée volontaire en mission spatiale et a laissé sur terre ses amis, dont Noboru avec qui elle tente malgré la distance de garder le contact par mail. Voilà, donc exactement le même fil directeur, mais enfin, on en sait plus sur le cadre de l'histoire:
Nous sommes en 2046, les humains ont conquis Mars en 2039 et installé une base sur la planète, où ils ont découvert des ruines immenses, vestiges d'une civilisation extraterrestre, les " tarsiens" - car basée sur le plateau martien de Tharsis ( oui il faudrait écrire donc "Tharsiens", mais je vais garder l'orthographe donnée par la traducton) . En examinant les ruines l'humanité a découvert bon nombre de choses sur cette civilisation avancée, et la technologie humaine a fait en quelques années  des progrès inimaginables, en particulier, la manière de se déplacer à une vitesse supra-luminique. Mais, du coup, nous ne sommes pas seuls dans le système solaire, la base tarsienne n'était pas vraiment abandonnée, et la première équipe a été décimée par les tarsiens, peu enclins a accepter de partager leur savoir. Et depuis, une guerre fait rage entre terriens et tarsiens pour la domination du système solaire. Les humains ont donc élaboré des vaisseaux de combats rapides et maniable, en forme de robots, les " traqueurs", et c'est à bord d'un de ces traqueurs qu'opère donc Mikako.
Haaa ça fait du bien d'en savoir plus!

et de chapitre en chapitre, on va découvrir les pensées de Noboru resté sur Terre, qui se demande si Mikako a de la chance de pouvoir participer à une telle aventure, si elle a vraiment eu le choix, ou si elle savait depuis longtemps qu'elle ne finirait pas le lycée sur Terre, sans lui avoir rien dit pour ne pas l'attrister.

Plus que Mikako et ses voyages dans l'espace ( même si là aussi, on en apprend un peu plus sur sa vie à bord du vaisseau spatial, si quelques autres personnages font leur apparition, si elle commence à douter du bien fonder de massacrer sans préavis les extraterrestres)  c'est bien à celui qui reste au sol que le manga s'attache, et à son attente, jour après jour, de messages qui mettent de plus en plus de temps à arriver.
Car il s'en rend compte, il est bientôt le dernier à se souvenir de celle qui est partie, les autres lycéens qui la considéraient comme une veinard l'ont en fait très vite effacée de leur quotidien, ce qu'elle a pu devenir ne les concerne plus, qu'ils en parlent en fait comme si elle était morte ( je me demande si en fait, toute cette histoire Sf n'est pas simplement une allégorie du deuil - réel ou du deuil d'une relation mise à mal par la distance). Et tandis qu'il se dit qu'elle doit être trop occupée pour penser à lui, à eux, au contraire, elle n'espère qu'une chose: revenir.

Ce qui n'était que suggéré dans le court métrage, mais prend plus de poids en manga.
C'est un manga avec relativement peu de texte, et beaucoup de cases vides qui instaurent une ambiance  mélancolique et contemplative, entre de brèves séquences de baston intersidérale.

Une vraie réussite, il est  tout à fait dommage qu'il n'ai pas été traduit en français, mais une traduction en anglais est disponible ici, en ligne. Mais encore une fois, il y a peu de texte donc, je vous le conseille, l'anglais n'est pas insurmontable et les précisions apportées par le manga n'entament pas la teneur poétique du court métrage, tout en lui apportant un peu plus de chair. Un très joli manga, on peut lui reprocher un graphisme un peu impersonnel, mais c'est vraiment tout ce que je vois à redire ( donc je conseillerai plutôt de voir le film d'abord)

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