dimanche 8 février 2015

Le poids des secrets t. 1 et 2 - Shimazaki Aki

 Lors de ma commande de fin d'année, j'ai vu que la première pentalogie de Shimazaki Aki était à présent éditée en coffret rassemblant les 5 tomes. Comme j'ai beaucoup aimé au coeur du Yamato - que je n'ai pas fini, le 5 tome n'était pas disponible à la bibliothèque -ni une ni deux, je me la suis auto-offerte.
Le poids des secrets est plus ancien (de 1999 à 2005) et je viens de voir qu'elle vient d'entamer une autre série de roman, au titre global non encore défini. Miam!

Au moment de rédiger le même problème que la première fois s'est présenté à moi: les 5 tomes sont indépendant et peuvent être lus sans ordre précis, mais comment chroniquer: un par un, ce qui ferait 5 chroniques courtes? ou globalement pour une seule beaucoup plus longue et dense?
J'ai choisi une 3 solution, découper, pas tout à fait arbitrairement, car si on retrouve les mêmes personnages de volume en volume, chacun se focalise su le point de vue précis de l'un d'entre eux. Avec en toile de fond une catastrophe ( bombe atomique, guerre de Manchourie ou tremblement de terre du Kanto) et des secrets de famille, de ceux qu'on cache pour épargner les gens , et qui font d'autant plus de dégâts le jour inévitable où ils ressortent.
On suit l'histoire d'une famille sur plusieurs générations ( attention ça se complique assez vite, j'ai du me faire un petit tableau généalogique au bout d'un moment). En fait j'ai rassemblé les deux premiers tomes, car ils se passent à la même époque et concernent la même histoire, vu par chacun des protagonistes.

Tome 1: Tsubaki ( Camélias): Dans les années 90 probablement. Yukiko, une vieille dame, vient de mourir d'un cancer, probablement consécutif aux irradiations subies dans sa jeunesse. En effet, Yukiko était une survivante du bombardement du 9 août 1945, à Nagasaki. elle n'avait jamais accepté d'en parler, sauf la veille de sa mort, où pour la première fois, elle a évoqué cette catastrophe auprès de son petit fils, en prononçant des paroles ambigües " il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais, pour moi ce n'est pas la guerre ni la bombe atomique". Le fin mot de l'histoire, elle le révèle dans une lettre posthume laissée à sa fille: Yukiko a commis un assassinat dans sa jeunesse, qui par une étrange ironie du sort, est passé inaperçu: le jour même, la bombe a rasé précisément le quartier en rase campagne où elle et sa famille avaient déménagé justement pour courir moins de risque. Impossible de retrouver le corps et de savoir si la victime est morte empoisonnée ou sous la bombe. Par la même occasion, elle révèle un autre secret: elle a un demi-frère, Yukio, du même âge qu'elle, qu'elle a bien connu en tant que voisin mais a qui elle a caché leur lien de parenté lorsqu'elle l'a découvert, "pour le protéger". C'est ce deuxième secret qu'on verra dans le tome 2, où on découvre que Yukio savait déjà une partie de la vérité, et que Yukiko aurait peut être mieux fait de s'expliquer pour le bien de son frère.
nota: à l'interieur du coquillage est écrit: Yukiko, en hiragana, l'un des deux syllabaires japonais

Tome 2: Hamaguri (Palourdes). Même histoire, vue cette fois du point de vue de Yukio. Yukio est le fils d
naturel de Mariko, né dans les années 30, autant dire, la honte absolue. Traité de bâtard toute sa vie, ses seuls moments de joie étaient, pendant sa petit enfance, les sorties au parc avec sa mère, où il rencontrait un homme et sa file. Yukio et la gamine dont il ignorait le nom, jouaient ensemble à Kaiwase, un jeu qui consiste à rassembler par paire des coquilles de palourdes. Puis sa mère s'est mariée avec Monsieur Takahashi, qui l'a adopté, et tous ont déménagé à Nagasaki, ou personne ne connaissait la vérité. L'ironie du sort cette fois, par rapport au tome 1, c'est que Yukio a compris dès l'âge de huit ans qu'il avait une demie soeur: la petite fille du parc et que l'homme du parc était son vrai père. Par contre, il n'a jamais su son prénom, et ne l'a pas reconnue, ni elle ni son père, lorsqu'ils sont arrivés une douzaine d'années plus tard, pas du tout par hasard, pour habiter la maison mitoyenne. Yukio et Yukiko, le frère et la soeur ont donc vécu comme voisins pendant 2 ans, sans se reconnaitre, et sont même tombés amoureux l'un de l'autre. Yukio ignorant le nom de sa soeur, mais sachant qu'elle existe, Yukiko n'ayant pas reconnu son camarade d'enfance, mais cachant leur parenté lorsqu'elle la découvre par hasard, et fuyant Yukio au lieu d'éclaircir les choses.
Nagasaki 1945

Et là encore, c'est un carton plein, j'ai bien aimé, l'écriture est agréable ( en français dans le texte), pas renversante, mais agréable. Mais surtout, j'aime bien la narration: les coïncidences n'en sont pas vraiment, et donc ne paraissent pas énormes, et il y a quelque chose d'une tragédie dans cette histoire de gens qui pour éviter de blesser les autres, gardent un silence dont le résultat entraîne une réaction en chaîne - si j'ose dire - est, au final, plus désastreux que ne l'aurait été la révélation des secrets.
Et du fait que la même histoire soit vue par deux narrateurs différents, le 2 tome apporte des précisions, oblige à revoir ce qu'on a pensé du premier. C'est ce deuxième tome qui donne de l'intérêt au premier, en soulignant l'échec des décisions prises par Yukiko dans le tome 1.

Prochaine étape, les tomes 2 et 3, qui remontent d'une génération, et vont s'articuler autour des parents de Yukio et du tremblement de terre de Tokyo en 1923.

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