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jeudi 15 juillet 2021

Fantômes du Japon (2) - Lafcadio Hearn

Et hop deuxième sujet extrait de cet ouvrage, cette fois sur les thématiques " horreurs et malheurs " et " vertiges et prodiges", que j'ai donc gardé pour marquer le coup de O-Bon.

Horreurs et malheurs, comme on s'y attend, met en scène des histoires plus violentes et cruelles que précédemment, on y trouve des yokai connus : le rokurokubi ( goule dont la tête se detache du corps pour aller dévorer les vivants la nuit), le nopperabo ( monstre sans visage) , des cadavres rétifs, des esprits sanguinaires... Ca va saigner. Attention spoilers, parce que ce sont des histoires très courtes, et il est impossble d'en parler sans les résumer, ce qui implique de dévoiler la fin. Donc dans la mesure du possible je tente le coup du surlignage pour révéler le spoiler.

- le fantôme à la tête coupée: Un prêtre errant, ancien samouraï ( et toujours vaillant), hébergé par de braves gens est nuitamment attaqué par cinq "Rokuro-kubi", plus que des fantômes, des créatures fantastiques dont , selon les cas, le cou s'allonge démesurément, ou la tête se détache  pour aller commettre des forfaits. Ses "gentils hôtes" sont bien décidés à en faire leur pitance. Pour les vaincre, il faut déplacer leurs corps et les cacher. Les monstres disparaîtront pour toujours si la tête et le corps ne sont pas rassemblés à l'aube.

- Celui qui avala un fantôme: une histoire à fin ouverte. Un homme, buvant un thé, voit dans sa tasse une étrange apparition. Un fantôme. Il décide malgré tout de boire le thé, et le fantôme avec... et reçoit évidemment le jour même la visite .. du fantôme, bien décidé à se venger de cette affront. Mais... nous ne connaitrons pas la fin de l'hisoire et c'est bien dommage, Lafcadio Hearn précisant que c'est typique des récits fantastiques japonais, à nous d'imaginer ce qui va se passer entre l'homme et le fantôme.

- Le décapité qui mordit la pierre: un condamné à mort, avant son trépas, maudit le seigneur qui va le faire exécuter, promettant de se venger et de le hanter. A quoi le seigneur rétorque: " je ne peux pas acorder foi à vos parole, prouver moi que c'est exact. Il y a une grosse pierre plate au sol, si votre tête coupée vient la mordre, alors j'accorderai du crédit à la menace". Le condamné promet de la mordre.. ce que fait sa tête , sitôt coupée. Et de mourir et de ne jamais revenir hanter qui que ce soit. Le Seigneur savait: seule la dernière menace d'un condamné est dangereuse. En détournant son attention, il a annulé la malédiction, le fantôme a oublié sa vengeance!

- Le fantôme dans visage: Ici il est dénommé " mujina", bien que je le connaisse par ailleurs sous le nom de Nopperabô. Un vieux marchand rencontre une jeune femme éplorée, un soir, pleurant et se cachant le visage. EIl lui propose de l'aider, avant de se rendre compte avec horreur qu'elle n'a pas de visage: ni nez, ni yeux, ni bouche, une face lisse comme un oeuf C'est un yokai. Malheureusement pour qui veut les aider, cette malédiction se transmet instantanément à qui regarde le monstre!

- Le chevaucheur de cadavre: Une histoire assez glauque. Une  femme divorcée, évidemment contre son gré, vient de mourir, pendant l'absence de son ancien mari. elle a proféré à son encontre des menaces et  l'homme risque gros. Pour éviter de se faire déchiqueter par son ex femme, l'exorciste lui donne la seule solution: il doit passer la nuit, assis sur le dos de son ex femme, la tenant par les cheveux, tel un cheval par les rênes, sachant qu'elle va essayer de le désarçonner. S'il survit à la nuit, il sera sauvé de la malédiction... A cheval sur un cadavre... beurk...

- le mangeur de cadavre: Un prêtre errant arrivant dans une village où quelqu'un vient de mourir, apprend qu'il y a là un étrange rite. Dès qu'il y a un décès, tout le monde part, laissant le cadavre seul dans une pièce. au matin, il n'y a plus trace du mort. Le prêtre a vite fait de comprendre: le cadavre est mangé par un  fantôme d'un confrère, mort depuis longtemps, qui habitait autrefois dans la montagne.

- la morte aux mains vivantes: Encore une histoire très louche, de jalousie féminine, et particulièrement cruelle. La femme d'un Daimyo, mourante, fait appeller près d'elle une des concubines d eson mari ( rien que de trèshabituelle), qu'elle dit aimer comme une soeur, lui faisant promettre d'épouser son futur veuf et de bien s'occuper de lui. La jeune femme acquiesce, et la mourante lui demande un dernier service: la transporter sur son dos jusqu'au jardin, pour voir une dernière fois les arbres en fleurs. Et en profite pour saisir sa rivale par les seins , avant de mourir. Mais impossible de détacher les mains de la morte, qui se sont soudées à la peau de la jeune femme. Il n'y a pas d'autre moyen que de les couper.. Mais les mains restent malgré tout vivantes, pinçant et torturant sans relâche la femme... toutes les nuits, et ce pendant dix-sept ans, malgré les exorcismes et prières propitiatoires.

- la légende de la cascade aux esprits: une histoire bien saignante. Les ouvrières, pauvres, d'une filature de chanvre, près du lieu dit de "la cascade aux esprits", font un pari: elle donneront toutes leur paye de la journée à celle qui aura le courage d'aller chercher largent contenu dans la boite à offrandes de la cascades aux esprits. O-Katsu, qui a un enfant en bas-âge, et bien besoin d'argent, se dévoue. Et par voler le tronc, son enfant emmailloté sur le dos. Elle sent bien qu'on essaye de la saisir, lorsquelle s'empare de la boîte, mais revient malgré tout à l'atelier. Où tout le monde va découvrir l'horreur: O-Kastu a le dos trempé de sang, l'enfant a eu la tête coupée.

Vertiges et prodiges:
Un peu de calme et de mystère pas forcément saignant, après le précédent chapitre!

- le prêtre qui écrit avec cinq pinceaux en même temps: L'écriture de Kobodaishi, alias Kukai. Kukai est un authentique prrêtre des VIII°/ IX° sièclle, particulièrement important à Shikoku dont il est originaire, puisque le pélerinage des 88 temps lui est dédié. Mais bien qu'ayant existé en tant que personnage authentique, tout comme Siddharta Gautama un millénaire plutôt ou les philosophes grecs, il est aussi semi-légendaire, et toutes sortes de miracles lui sont attribués. Notamment, comme il était également calligraphe, la capacité d'écrire avec 5 pinceaux en même temps ( un dans chaque main, un à chaque pied et un entre les dents), et de tracer des caractères capables de s'animer. On a donc ici 3 histoires de caractères enchantés.
- le tableau qui avait une âme: L'histoire de Kwashin Koji,prédicateur de rue et peintre de Kyotô, auteur d'un kakemono représentant des démons si réalistes qu'ils terrifiaient la population, laquelle retournait fissa dans le droit chemin pour éviter les malédictions, non sans avoir laissé une obole au prêtre. Le tableau ayant attiré l'attention d'un daimyô, qui voulut l'acheter, le prêtre refusa de se séparer de ce gagne pain, et fut assassiné par un vassal qui lui vola le tableau. Or une fois ramené, le papier s'avéra blanc et le daimyo apprit que le mort, très vivant, continuait à prêcher avec son tableau. Deuxième tentative d'assassinat, deuxième échec: le supposé mort continuait ses prêches intinérant. Arrêté, il finit par s'enfuir en embarquant sur un bateau dessiné sur l'un de ses tableaux :)

- le gamin qui dessinait des chats: lui n'a pas de nom connu, c'est un fils de paysan, inapte aux travaux des champs, mais doué pour la peinture. A ce détail près qu'il ne dessine QUE des chats, encore et toujours. Envoyé dans un temples pour devenir moine, il s'y montre encore inapte, mais son talent pictural va quand même faire des merveilles. Car, de passage dans un temple abandonné, il trouve des panneaux blancs où peindre des chats... sans savoir que le temple est hanté par un démon-rat. Que tous cs chats vont nuitamment s'empresser de chasser .

- celui qui tomba amoureux d'un portrait: La fille sur le paravent. Un homme achete sur un marché un vieux tableau représentant une jolie femme et à force de le contempler, fini par tomber amoureux de cette femme idéale. Au point de s'en rendre malade. Jusqu'au jour où un spécialiste lui explique qu'il y a un moyen de transformer son tableau en femme réelle,bien que le modèle soit mort depuis longtemps. Le peintre était si doué qu'il a pu enfermer dans son dessi  on seulement la forme mais aussi l'esprit de la fille: il suffit alors de lui donner un nom et de l'appeller par ce nom, jusqu'à ce qu'elle se matérialise. Et lui offrir une coupe de saké acheté chez 100 marchands différents, afin qu'elle reste et dise elle-même la suite du rituel à accomplir.
Une variante locale de l'histoire de Pygmalion, donc, plus ou moins.

- la prisonnière du miroir
: Un petit temple tombe en ruine.Juste pour le plaisir je cite le nom du daimyô local, qui n'a pas les moyens de le faire réparer, très drôle pour les français: le seigneur " Kitahataké". En cas de guerre, c'est toujours la faute du seigneur Kitahataké. En tout cas le seigneur Kitahataké a dépensé trop d'argent en guerres et n'a plus de liquidités pour l'entretien. Donc le prêtre local fait appel à un autre seigneur pour récupérer des fonds. MAis comme celà peut prendre du temps, le prêtre se voit contraint de louer un logement à Kyotô en attendant . Or la maison possède un puits intarissable, même en pleine période de sécheresse, mais auquel une sinistre réputaton est attachée: plusieurs personnes s'y sont mystérieusement noyé, et cet été-là, une voisine venue y puiser de l'eau est aussi retrouvée morte. Se penchant sur le puits il y voit une femme, en train de se farder, et manque se noyer lui aussi.
Jusqu'au jour de tempête où il reçoit la visite du fantôme du puits, qui vient s'expiquer: elle est la première a être tombée dedans et est devnue esclave du dragon qu'il l'habitait, contrainte de faire tomber d'autres victimes pour nourrir le dragon. Le dragon est parti, le puits est à sec, elle vient donc implorer le prêtre de procéder aux rites de purification pour la libérer elle aussi. Il ne s'agit pas d'une vraie femme, mais de l'esprit d'un miroir précieux tombé au fond du puits. Que le miroir soit rendu à la famille de son légitime propritaire, et tous els problèmes d'argent du prêtre seront rapidement réglés en remerciement.

- A propos d'un mort et d'une cloche: ou plutôt en anglais " d'un miroir et d'une cloche". La légende de la mugen-kane, cloche fondue à partir de miroirs de bronze, et maudite par une femme qui regrettait d'avoir du donner son miroir: le miroir ne fond pas, on comprend qu'elle ne voulait pas réellement le donner et est la risée de tout le village. De honte elle se suicide, mais auparavant maudit la cloche: après sa mort le miroir fondra, la cloche sera fondue.. mais celui ou celle qui arrivera à la briser à force de la faire sonner gagnera une éoemet somme d'argent. ce qui dot arriver arrive, les gens se succèdent jour et nuit pour sonner la cloche au points que les moines n'en peuvent plus et la jettent dans un marécage. Impossible de la sonner, mais les japonais ne manquent pas d'astuce, ni ce superstition: qu'à cela ne tiennt, toyt objetc peut devenir symboliquement la cloche, ils façonnent donc plein d'objets variés pour les casser, déclarant que c'est la cloche, symboliquement, en éprant être chacun l'élu du fantome de la femme: le tintamarre continue de plus belle.
Une histoire plutôt originale, mais d'une narration assez étrange, qui part en tout sens. Peut-être est-ce la traduction depuis l'anglais qui est en cause.

Un furisode aux couleurs particulièrement ardentes

- Le grand incendie de la robe aux longues manches: un furisode ( titre original), kimono à longues manches. Lors d'une fête une femme voit un samourai aux vêtements de couleur éclatantes. L'homme autant que le vêtement lui plaisent beaucoup. Mais impossible de retrouver l'inconnu! Dans l'espoir d'attirer son attention, au cas où elle le rencontrerait à nouveau, elle se fait confectionner un kimono tout semblable à celui du monsieur, le porte souvent, et prie devant lui en esprant se concilier les dieux. Mais malgré tous ses efforts, elle ne le revoit pas, et meurt soudainement. Le vêtement précieux donné au temple est vite revendu: tutes ses propriétaires succèsisvent meurent le jour même où elles décident de le porter, après avoir déclaré êtres hantées par le fantôme d'un bel homme. Pour purifier le vêtement, le prêtre décide de le brûler. Mais iprégné de la passion de la dame, le vêtement brûle.. envoyant des éctincelles dans tout le quartier, qui se répandent partout en ville, déclenchant le " grand incendie du kimonon à longues manches" ( à Tokyô en mars 1657). Un incendie de deux jours, tout à fait réel, et rvraisemblablement causé par le rituel de purification d'un furisode maudit. 65% de la ville a été détruit. Une manière radicale de déclarer sa flamme à quelqu'un!




jeudi 1 avril 2021

Kamigami no asobi (série d'animation, 2014)

 Donc voilà, puisque j'en parlais au sujet de Tsukimi, en mentionnant brièvement cette série, qui n'avait pas eu droit à son sujet, bien qu'elle a été une bonne surprise, il est temps.

La série date de  2014, et adapte vaguement le sujet d'un jeu vidéo de drague: une humaine est envoyée dans un monde peuplé de dieux et va devoir en draguer un ou plusieurs - J'avais vu lors d'un voyage au Japon les affiches et publicités énormes pour ce jeu, qui venait de sortir. Le temps de déchiffrer les kanas des noms des personnages, de comprendre qu'il s'agissait d'un otome game sur la mythologie...  J'ai piqué un tel fou rire dans le magasin que j'ai couru aux toilettes pour pleurer de rire. Oui oui, tant ça avait l'air cliché.Ce n'est que le lendemain que j'ai pu, en me préparant mentalement, lire le titre sans memarrer à nouveau. "Kamigami no asobi": le jeu des dieux.

Et donc quand j'ai vu une adaptation en anime, je me suis dit " haaa mais c'est le concept qui m'a valu un fou rire mémorable".

Mais je ne parlerai pas ici du jeu en lui même que je n'ai pas testé.

La série animée a eu la bonne idée de s'éloigner du bête concept de "jeu de drague! on colle une fille aléatoire et sans personnalité dans un groupe de gars qui vont rivaliser d'ingéniosité - ou de harcèlement sexuel -pour se la taper, vu qu'elle est la seule célibataire du coin, et pour tout dire la seule personne de sexe féminin du coin..." pour se concentrer sur une version divine d'"Esprit rebelles": une bande de racailles immortelles doit apprendre à respecter l'humanité tout entière, et c'est pas gagné.

Dans ce genre d'adaptation d'un jeu de drague, il y a eu le consternantissime " Diabolik lovers" qui reste à ce jour le pire navet d'animation (d'un point de vue scénario) que j'ai vu. C'était il y a 6 ans et je me souviens encore de la nullité absolue de ce truc.

Bonne chose, Kamigami est l'anti- Diabolik Lovers, sur un scénario qui s'annonçait pourtant aussi mal parti que possible : une humaine se retrouve coincée pour une raison quelconque dans un lieu peuplé d'immortels. Des dieux cette fois.
Donc, il y avait tout pour partir en sucette, d'autant que l'héroïne s'appelle également Yui, comme celle de Diabolik, mais divine surprise (oui j'ai osé), elle se bouge et personne ne va tenter de la manger.

Et pourtant, sur le papier, le mélange "mythologies du monde et comédie lycéenne" était hautement aléatoire et annonçait un foirage totale.


Donc Yui, une lycéenne japonaise tout ce qu'il y a de plus normale, se retrouve transportée dans un monde étrange par le biais d'un artefact magique. Du classique, jusque là.

Mais déjà, Yui, contrairement à pas mal de ses consoeurs d'animations a une vie, des amis, des loisirs , une famille. Et une fois transportée dans un lieu qu'elle ne connait pas, sa première réaction est LO-GI-QUE: une fois établi qu'elle est vivante et entière, elle va chercher du réseau sur son téléphone pour essayer de se géolocaliser et d'avertir sa famille, les secours, bref, de faire quelque chose autre que chougner.
Et devant l'impossibilité de se situer, essayer de trouver d'autres gens et de leur parler pour voir s'ils peuvent lui donner des indices dans sa quête sont aussi paumés qu'elle.
Et donc elle va rencontrer tour à tour un paquet de types bizarres, plus ou moins collaboratifs, qui n'ont pas plus qu'elle la moindre idée de ce qu'ils font là. 

Et elle comprend quand même que quelque chose n'est pas normal quand elle voit dans le ciel une île flottante ( pas le dessert, plutôt digne d'un tableau de Roger Dean) et Pégase.
Oui, le cheval volant de la mythologie grecque.
et
donc, ce qu'il se passe: Zeus, LE zeus ( sous l'apparence d'un petit garçon tout mignon mais très égoïste) va rassembler tout le monde et s'expliquer à peu près dans ces termes:
 Je m'ennuyais alors j'ai trouvé un moyen de me divertir en pourrissant la vie des autres
Yui tu es une terrienne tout ce qu'il y a de plus banal, un échantillon parfait de médiocrité humaine.J'ai donc décidé de faire de toi l'instructrice d'une bande de racailles de niveau olympique. Ce sont tous des dieux avec un gros gros problème mental et /ou relationnel. A toi de leur faire comprendre ce que sont les humains, leur valeur collective - même si ce sont des connards individuellement - et à convaincre tous ces jeunes glandeurs de dieux que les humains ne sont pas des jouets (enfin sauf pour moi). Tu as une année scolaire pour leur apprendre l'humilité et la compassion. Si tu rates, vous serez tous coincés ici pour l'éternité. Pas de souci, leurs pouvoirs sont scellés, ils ne pourront rien te faire, moi par contre je peux cramer la tronche de tout le monde en un claquement de doigts, donc filez tous droit.


Bon, on l'a dit, tous sont complètement tarés un peu indisciplinés.
Du côté de l'équipe grecque nous avons Apollon (con comme un verre à pied, et qui surnomme l'héroïne " madame la fée", dragueur comme, ben le dieu de la beauté, mais qui se prend des râteau à cause de la présence d'un concurrent aux mêmes attributions), Hadès ( qui a du mal a assumer son statut de roi des enfers, et pense attirer le malheur sur tout le monde, bref: être un chat noir), et Dionysos ( qui se fout de tout et ne s'intéresse qu'à cultiver de la vigne où qu'il soit)

Yui et ses amis grecs: Dionysos, Hadès et Apollon. Quand même, quand tes potes sont des dieux, c'est la classe.
Et vous avez vu: elle se marre, personne ne tente de la torturer ou de la menacer, c'est la pause repas entre amis. Et ce n'est pas elle le déjeuner.


Côté mythologie nordique, Balder ( l'équivalent nordique d'Apollon, mais comme il est aimé de tout le monde à cause d'un sort jeté par sa mère, il complexe: personne ne l'apprécie réellement spontanément, pour sa personnalité ou ses qualités, c'est l'effet du sort, trop le seum ) Loki (remuant dieu du feu et meilleur ami- WTF!- de Balder, ça, c'est le gros nawak mythologique, ils sont supposés se détester quand même), et Thor qui ne sert pas à grand chose concrètement.

Et pour l'équipe japonaise, Tsukito le dieu de la Lune (qui y est tout le temps, dans la lune) et Susanoo le dieu du vent, ou de la mer, j'ai un doute. Mais il fait un peu double emploi de "type remuant" avec Loki.
Et donc il va falloir convaincre ces glandeurs de s'allier entre eux pour contrer les plans ridicules de Zeus, qui a apparemment décidé de régenter aussi les autres mythologies, et tout en arrivant à leur faire comprendre qu'il ne faut pas martyriser les humains, que ce sont des créatures sensibles. Un peu comme " écraser les insectes, c'est pas très gentil"

Et on rajoute les deux figurants égyptiens sous employés, Thoth ( bibliothécaire caractériel), et Anubis ( le " toutou", qui ne fait qu'une apparition de quelques secondes par épisode, un cameo, donc)

Choisi ton dieu favori ( bon il manque ici Zeus et Dionysos, et Thor qui n'a pas non plus un rôle important, ça aurait fait trop de grecs et de norvégiens, probablement)

Raisons pour lesquelles c'était une bonne surprise:

- L'héroïne n'est pas 100% molle, a des lignes de dialogues, essaye de trouver des solutions par elle-même plutôt que de chougner à la première difficulté. Quitte à s'opposer frontalement -et à coup de katana- à Zeus. Ou a un dieu qui ne veut pas bouger sur le ton " si ça t'amuse d'être ici c'est ton problème, mais on est dans le même bateau, et là ça devient mon problème, JE veux rentrer chez moi, et pour ça s'il faut que je te traîne par la peau du  biiiiiip , je le ferai. YEEEEES!

- On lui a assigné une tache et elle fait de son mieux pour la mener à bien, dès qu'elle comprend que c'est sa seule manière de rentrer dans son monde d'origine.

- Il y a un scénario qui pioche, même en les distordant, dans les mythologies d'origine des différents personnages. Donc un peu de portenawak pour les mythologues avertis, mais au final, pas plus que la moyenne des films hollywoodiens, capables de vous coller le concept de "péché" judéo-chrétien en pleine Grèce antique. Mais bon on n'atteindra jamais le niveau cosmique de portenawak de Saint Seiya, et pourtant, j'adore Saint Seiya. Doc le n'imp' n'est pas disqualifiant quand il est assumé ( et LE Choc des Titans, version années 80 est un délice malgré une chouette robot totalement anachronique)

- La série a le bon goût d'être tragi-comique et de ne pas se prendre trop au sérieux, sauf lorsqu'elle évoque des passages vraiment liés à la mythologie ( le meurtre de Balder dans la mythologie nordique par exemple)

- Cool, on évite le cliché de caser l'héroïne avec le célibataire le plus probable - ici Apollon- pour se concentrer sur les problèmes personnels ou psychologiques de ces dieux, quand même assez gratinés. On ne parlera pas de l'Apollon mythique, dieu de la beauté et des râteaux - même si ce détail jubilatoire est repris! Apollon se voyant involontairement damer le pion par Balder et sa "malédiction" - mais quand même de base un sacré enfoiré, aussi chaud que papa Zeus. ( sisi, regardez les légendes, il s'en s''est pris un certain nombre de rateaux, soit que la femme qu'il poursuit est fidèle à son mari ou pas du tout motivée pour sortir avec un immortel, se sachant mortelle, soit que le monsieur qu'il poursuit ne soit pas spécialement intéressé par les hommes. Non désolée, c'est un jeu de drague hétéro, on ne pourra pas caser Apollon avec un homme et c'est bien dommage)

- L'anime évite l'autre énorme cliché de faire d'Hadès un personnage négatif, parce que la mort c'est pas bien. De fait, mythologiquement parlant, Hadès est plutôt un dieu pépère, qui s'acquitte de sa tâche comme il peut sans se mêler vraiment de la vie des humains , et au final un dieu bien plus digne que ses deux frères, ce qui n'est pas difficile. Et donc Hadès ne sera pas le personnage négatif qu'on attend, mais un type sympa doté d'un humour du type " blagues carambar", un personnage plutôt marrant avec une passion pour les daifuku à la fraise - oui des petits gâteaux japonais.

 Et donc ça va être une autre piste qui va primer que " collons l'héroïne dans les pattes d'un dieu au pif" et c'est très bien. De plus, sur les derniers épisodes le scénario a la bonne idée de choisir une mythologie, la nordique, et de s'y tenir.

Et en point négatif, c'est assez linéaire: 1°épisode = les présentations, les suivants = un personnage = un problème à résoudre et l'histoire ne commence réellement qu'après la moitié. Sur une série de 12 épisodes, c'est un peu dommage.

Et comme on part d'un jeu de drague, il manque de personnages féminins , on voit quelques filles, ce sont juste des esprits collés là par Zeus pour donner l'impression qu'il y a plus de monde ( pourtant il y aurait pu y avoir quelques déesses, genre Artémis, il y aurait tellement eu de potentiel à exploiter une rivalité entre frère et soeur. Ou Athéna qui aurait pu être dans sa période rebelle contre papa Zeus et chercher le soutien de tonton Hadès)

Et je viens de découvrir que le jeu avait ce personnage. qui n'a pas été intégré à la version animée.
Et là je me dis " quoi, une autre nana? Enfin!!! ouaaah, j'adore son kimono, trop cool"
Erreur. Ce n'est pas une autre nana. C'est un dieu du soleil, encore un, avec Apollon et Balder, ça faisit trop de dieux de la lumière.
C'est vrai que dans le bingo des anime, il manquait ici le personnage travesti.

L'autre problème c'est que comme il s'agit d'une comédie lycéenne on aura droit à tous les clichés de la comédie de lycée japonaise: choix de clubs à rejoindre, bad guy sympa au passé douloureux, pièce de théâtre, nécessité de collaborer entre personnages qui ne peuvent pas s'entendre, fête de l'hiver, personnage maudit (et cette fois, ce n'est pas une image romantico- emo), roi de la maladresse qui s'étale de tout son long à tous les épisodes. Et l'inévitable mascotte-conseiller qui ne sert à rien.
Une sorte de sac poubelle qui parle. Et ce n'est pas une image, c'est vraiment un sac animé fait de déchets. C'est là qu'on se dit quand même que l'anime ne se prend pas au sérieux et a été conçu comme une grosse blague.

Mais le plus gros problème ici c'est : c'est trop court! 13 épisodes d'une vingtaine de minutes pour arriver à présenter tout le monde PUIS développer une trame narrative, c'est très court ( souvenez vous de mon commentaire sur Diabolik, provant que tout est relatif: 13 épisodes de 12 minutes moins les génériques, ça paraissait horriblement long!)
En l'occurrence, les dieux égyptiens présent sont juste des figurants, et c'est bien dommage. On pourrait faire un " où est Charlie" en cherchant les apparitions d'Anubis, qui a réellement un comportement de chien-chien.

Donc une série très courte, pas exempte de défauts, mais qui partait de très loin. Je n'en attendais absolument rien, je l'avais regardée un peu par curiosité, et ça s'est avéré une excellente surprise, une série beaucoup moins basique et couillonne que ce que je craignais, avec de vrais moments de délire, une héroïne qui a plus de nerfs que les autres, et un scénario, même précipité.
Donc pour le côté blague, j'avais conservé ce sujet pour le premier avril, en lieu et place du sempiternel tome du navet pharaonique habituel que je n'ai franchement plus l'envie de me forcer à lire.

dimanche 29 novembre 2020

1Q84 - tome 1- Murakami Haruki

Comment dire, Murakami et moi, ce n'est pas la franche camaraderie, je lis partout que c'est génial, qu'il mériterait le prix Nobel de littérature..

Or mes deux tentatives avec lui ont été des échecs: au sud de la frontière, lu il y a 6 ans, m'avait semble-t-il bien plu au moment de sa lecture, mais.. force est de constater qu'il ne me reste que des bribes d'une lecture peu marquante, sur fond de jazz, avec une héroïne boiteuse, et des scènes de sexe ennuyeuses. Et pour ce qui concerne "la course au mouton sauvage".. je sais que je l'ai lu, mais, alors impossible de m'en souvenir.
Et donc,vu ma situation d'étudiante, compliquée, et mon manque de temps pour tout ce qui n'est pas mes études, hé bien, j'ai tenté une autre forme: le livre audio. En soi, ce n'est pas un support qui m'attire vraiment. Mais bon, je l'ai trouvé en ligne, donc pourquoi pas.

En tout cas, il est parfaitement adapté à cette période de confinement.

Déjà.. aïe,aïe, dès le chapitre un, un gros problème. Alors que je ne connais rien au livre, mais rien du tout, je ne l'ai pas feuilleté, je ne l'ai pas vu, je n'ai pas lu la 4° de couverture, la seule chose que je savais c'est que l'héroïne s'appelle Aomame, parce que je l'ai entendu dans une lecture audio en russe à la radio... donc pas de chance, avant même que soit mentionné son sac à main, j'avais deviné son "métier" et en quoi consistait son rendez-vous professionnel. De quoi vous plomber la lecture, ou en l'occurrence l'écoute.

Mais bon, je me suis accrochée, malgré ce souci. Il y a des qualités, l'histoire m'accroche un peu plus que les précédentes, peut être à cause des références à la musique baroque/ classique, ou le côté un peu fantastique avec les hallucinations d'Aomame.
J'ai bien aimé le fait qu'il y ait une justification personnelle à ses actions, et à la collaboration qu'elle met en place avec la vieille dame, mais là encore le côté qui revient encore et encore sur des scènes de sexe longues et ennuyeuse me saoule vite ( je m'en fous totalement qu' Aomame ait commencé sa vie sexuelle par une expérience lesbienne, ou qu'elle fantasme sur les vieux chauves...)
donc bon, si je dois continuer, ce sera aussi sous ce format, à écouter une heure par ci par là, en faisant mes promenades. J'aime bien la vieille dame et Fukaeri. Donc bon, peut-être pour savoir ce qui leur arrive.
J'ai bien aimé aussi le fait que le roman évoque des sujets sociaux particulièrement aigus au Japon, le patriarcat, la violence envers les femmes, et la loi qui prend très peu en compte les plaintes, les maris violents presque jamais inquiétés ( ici le suicide d'une femme régulièrement tabassé par son mari est simplement classé comme suicide, le mari n'était pas présent lors de sa mort, donc il est innocent, le suicide n'a rien à voir avec lui). Il y a aussi des choses intéressante sur les groupuscules extrémistes politiques et leur éventuelle dérive sectaires (les témoins de Jéhovah sont mentionnés, un groupe nommé l'Aube aussi, qui me rappelle fort la secte Aum)

Mais c'est loin d'être un coup de coeur, et je sens déjà que rapidement il ne m'en restera pas plus de souvenir que des autres livres.

Donc je me retrouve en porte-à-faux: tout le monde encense cet auteur, au point de dire qu'il mériterait le prix Nobel de littérature, donc j'ai l'impression que c'est moi qui ne pige rien, que je passe à côté de quelque chose...
Mais inversement je ne peux ignorer MON ressenti qui me fait dire que pour MOI, cet auteur là est vraiment surestimé. Ce n'est pas du fait que ce soit un auteur japonais, ou du fantastique, c'est juste que je n'adhère pas à ses délires. J'aurais aimé le trouver génial, comme les autres.
Donc là,je n'ai pas encore décidé sir je continuerai ou non, peut être pas tout de suite, on verra.J'attendrais peut-être la mise en ligne totale du tome 2

Pour la version audio, je l'ai écoutée via une chaîne Youtube, il y a parfois quelques soucis de chevauchement au niveau de l'encodage, et des phrases qui se chevauchent, mais c'est rare.
J'ai bien aimé les voix des lecteurs, mais, pour moi il y a un souci: on ne leur a pas donné d'information sur la prononciation du japonais,et donc on entend parfois des choses comme "Le dit des Heike" prononcé " le dit des Zeiké", "le premier ministre Nakasone"-> Nakazoné ou les nom des stations de métro de Tokyo qui écorchent les oreilles " Jiyûgaoka" -> "Djiu-gaoka"

Ceci dit, pour l'écouter, c'est par là

mercredi 28 octobre 2020

Ludwig Révolution t.4 - Kaori Yuki

 Dernier tome des aventures de Ludwig.

Et plus que deux histoires en fait. La première " la princesse du sel" est tirée de "la gardeuse d'oies à la fontaine" mais Kaori Yuki en a changé le tire pour eviter la confusion avec la gardeuse d'oies tout court, déja adaptée précédemment. Et " la lumière bleue" je suis d'accord ce sont des histoires presque totalement inconnues.



La princesse du sel, (3 chapitres) conclut de manière un peu précipitée il est vrai l'histoire de Julius et Petronella. Mais il vaut mieux un peu précipité que pas de fin du tout.

A la fin du tome 3, la situation était telle que Ludwig savait qui en voulait à sa vie par les informations obtenues du chaperon rouge et d'Hansel et Gretel. Décidé à confronter son père et ces usurpateurs, il avait donc d'une part entamé son voyage de retour vers son pays et d'autre part, envoyé le chaperon rouge à la recherche d'une mystérieuse personne dont il savait qu'elle ne lui refuserait pas son aide. Wilhelm lui, ne sait pas qui sont les commanditaires de ces tentatives d'assassinat.

Purée leurs tronches... même à Halloween ils pèteraient l'ambiance

Et donc cette piste est exploitée, et j'avais totalement oublié ce personnage disons...totalement taré.

Donc à peine de retour Dorothea la sorcière, qui outre son masochisme et sa tendance à vendre régulièrement des potions totalement ridicules contre une forte somme ( ceci aura son explication dans " la lumière bleue"), est une sorcière douée, capable de sentir un maléfice. Celui ci est concentré dans des cristaux de sel disséminés tout autour du château. Elle va donc se donner pour mission d'aller les détruire, non sans avoir auparavant en secret jeté un sort de protection à Ludwig, et lui avoir recommandé de ne rien manger de ce qu'on lui proposerait au château.

Dès lors, si quelqu'un essaye d'attenter à la vie de Ludwig, c'est elle qui recevra le coup, à distance. Ce qui se passe, Wilhelm goûte sans le savoir à une tarte hallucinogène concoctée par Julius, voit des monstres partout, poignarde Ludwig , et est jeté en prison sur ordre du roi, manipulé par Petronella. C'est simple, il suffira de dire à la population " le valet a attaqué Julius sur ordre de Ludwig, s'est retourné contre son maitre et l'a tué avant d'être arrêté. Et bien sur le but était de renverser le roi..."

Et donc Ludwig protégé par le sort de Dorothea , se réveille dans son cercueil avec auprès de lui Julius, qui , versé en magie, se rend vite compte de l'existence d'une protection magique, et vien lui réclamer son coffret d'amethyste " qui contient son coeur"... Objet que Ludwig lui aurait dérobé 4 ans plus tôt lors d'une guerre, car Julius n'est absolument pas le fils du roi, mais un jeune noble du pays voisin, qui a vu sa famille massacrée par Ludwig (?) lors de l'attaque de son pays. Attaque qu'il n'a évidemment jamais commise puisqu'il avait moins de 15 ans à l'époque ( oui ce débauché de Ludwig a... 19 ans et un tableau de chasse digne de Don Juan). Mais il sait qui en est responsable et c'est précisément la personne qu'il veut faire retrouver par le chaperon rouge.

Celle ci se nomme Amalberga, est sadique et violente au dernier degré, et est surtout la légitime souveraine exilée par son mari. Oui, la reine, la mère de Ludwig, qui lui ressemble au physique comme au caractère. Et purée j'avais oublié à quel point elle est gratinée. Donc avertie que son mari - qui n'est qu'un roi consort- a fait courir le bruit de sa mort, elle s'applique avec son allure de femme pirate, et sa clique de brigands armés jusqu'aux dents pour reprendre son trône.


Oui lareine est complètement tarée, et donc je la kiffe, Kaori Yuki est allée jusqu'au bout de la logique, le fils est largement plus soft que sa mère.

Une dernière petite apparition de la belle au bois dormant ( qui est devenue l'esprit d'une ronce enchantée, car dotée elle aussi d'une ascendance de sorcière elle n'est pas réellement morte, mais a juste changé de forme), pour aider Dorothea mourante, puisqu'elle a pris le coup de poignard destiné à Ludwig.


Sauf que, il reste une dernière histoire " la lumière bleue" qui va enfin éclaircir les raisons de Dorothea. Peu avant de mourir ( ou plutôt de quitter son corps temporaire) elle explique qu'elle va au "pays des morts à la lumière bleue", pour y intégrer un nouveau corps. Elle est immortelle et est maudite, condamnée à se réincarner encore et encore pour rapporter de l'or en grande quantité à son maître - d'où son apparence qui ne change jamais siècle après siècle, et sa vénalité.

Bien des années avant, un mercenaire au caractère épouvantable avait demandé une princesse en mariage et devant le refus de la fille et de sa famille avait juré de se venger. Arrivé chez Dorothea , il s'etait comporté de manière si inacceptable qu'elle l'avait jet dans un puits sans savoir que le puits contenait la lampe bleue magique, qui allait servir la vengeance du mercenaire ( on passera donc sur le fait qu'une sorcière très douée pour repérer les sortilèges aurait ignoré qu'une lampe magique abritant un démon se trouvait dans son propre puits asséché).

Dès lors l'ancien militaire a pu obtenir ce qu'il voulait du démon en échange de beaucoup d'or: le roi a été détrôné, la princesse est devenue sa servante, la population massacrée est devenue son armée de zombies assoiffée d'or, il est devenu roi du pays rebaptisé " pays de la lumière bleue", est immortel dans un corps toujours renouvelé, et a condamné Dorothea a lui ramener toujours plus d'or pour le démon.

Bien qu'il s'en défend, Ludwig a une dette envers elle, et prétextant " avant de mourir, elle s'est exprimée de manière volontairement obscure pour m'intriguer et m'obliger à aller y voir de plus près " , va effectivement aller chercher ce pays maudit.

Ludwig ne sera jamais honnête envers lui-même!

Au final, la fin reste ouverte à une suite, mais heureusement les dernières histoires concluent avec Julius et Dorothea ( qui est au centre de ce tome, yay!). Donc bonne petite relecture d'une courte serie qui a le mérite de conclure à peu près, ce n'est pas toujours le cas avec l'auteur, et de ne pas.se prendre au sérieux. Même si on y retrouve les thèmes habituels: manipulation et sorcellerie, poupées humaines, princesses perverses, travestissements à plusieurs niveaux, masochisme et sadisme, Eros et Thanatos et malheureusement le retournement final un peu trop habituel chez elle du méchant désigné qui est en fait manipulé par quelqu'un d'autre que personne ne soupçonnait. Sur une courte série de 4 tomes, ce n'est pas trop gênant , sur une série comme Comte Cain/ GodChild entièrement basée sur le fait que ce personnage est en quelque sorte le parrain d'une organisation mafieuse, un retournement de ce type dans le derniers chapitre bousille totalement ce que la dizaine de tomes précédents avaient établi ( et alors sur les 20 tomes d'Angel Sanctuary, c 'est un gâchis total)


Et.. oups, Dorothéa s'est réincarnée un peu trop vite, son nouveau corps n'a qu'une douzaine d'années.. et plus de nichons, donc forcément, si elle revient par la suite dans un futur tome, ben..je suppose que le sujet gros nichons sera aussi plus ou moins évacué. En tout cas , elle reste mon personnage favori!

Donc oui, je vais revendre cette série qui m'a bien plu, mais que je ne relirai probablement pas. J'ai besoin de place et d'un peu de sous, donc, il me faut à présent faire un tri sur mes étagères, entre les series finies que je ne relirai pas, ou celles que je ne finirai jamais, celles que je peux racheter en version numérique donc qui n'encombreront plus ma chambre, ce sera la mission de l'année qui vient.



vendredi 23 octobre 2020

Fantômes du Japon (1) - Lafcadio Hearn

Une lecture, et qui plus est, autre qu'un manga mais c'est la teuf !

En fait, celui- ci était prévu cet été, pour marquer le coup de O-bon, je l'avais lu il y a longtemps, mais je voulais le relire un peu auparavant pour en parler. Sauf que j'ai déménagé et qu'il s'est retrouvé au fond d'un carton, je ne l'ai pas retrouvé à temps. Tant pis, ce sera donc un sujet Halloween.

Lafcadio Hearn est un étrange personnage, au chemin de vie très inhabituel. Anglo - grec, dont le prénom évoque l'île de Leucade dont il était à moitié originaire, ce qui était un métissage rarissime au XIXE siècle, le monsieur a eu une vie très chaotique, quelques soucis à se trouver un port d'attache, et a beaucoup voyagé. De ses voyages, il a tiré la matière de plusieurs nouvelles et récits inspiré des folklores des lieux qu'il visitait : Louisiane, Caraïbes et donc Japon. Pour ce dernier , il est l'un des premier européens à s'y être fixé au moment de l'ouverture du pays, à en avoir appris la langue et à avoir mené un véritable travail d'ethnologue en ce qui concerne le folklore et les recits fantastiques en particulier. C'est à lui que l'Occident doit la découverte des légendes et creatures fantastiques japonaises, bien longtemps avant la déferlante de manga sur le thème des yokai et yurei.

Je dois reconnaître que ce genre de personnes atypiques me plaît beaucoup, il va falloir que je me renseigne sur ses écrits concernant les Caraïbes.

Ce sont donc une bonne quantité de contes et légendes regroupés par thématiques que contient l'ouvrage.

Donc vu qu'il y a beaucoup de nouvelles regroupées en 6 parties, je vais morceller.

Et donc voici les deux premières parties: " songes et mensonges" et " amours et retours". Le deux sont peuplés de fantômes, fantômes d'êtres humains ou lieux fantômes, et de yokai.

Songes et mensonges: ici il va etre question d'aventures vécues en rêve, d'illusions, de pays mythiques. Les deux premiers contes sont très connus, mais j'ai une préférence pour le très inattendu " homme requin " de la dernière et la cocasse " Source magique"

- l'aveugle qui faisait pleurer les morts, ou l'histoire de Hoishi sans oreilles: 

l'aveugle Hoishi est un musicien pauvre mais talentueux, qui vit dans un temple et par un concours de circonstance, se retrouve sans le savoir recruté par des fantômes .Jusqu'à ce que des passants signalent aux prêtre que la nuit, Hoishi joue comme un forcené au cimetière. Le prêtre comprenant qui abuse de l'infirmité de Hoishi, lui propose alors un une solution pour le sortir de ce pétrin. Hoishi restera la nuit seul sans bruit dans la pièce et ne répondra pas à l'appel du samouraï fantôme. Le prêtre ayant pris soin de le couvrir entièrement de formules de protections le rendant invisible aux esprits. Mais il a oublié les oreilles, seule partie que voit le samouraï. Deux oreilles flottant au milieu du vide, qu'il coupe pour les ramener comme preuve qu'il est acquitté de sa mission et a ramené la seule partie qu'il a pu trouver d'Hoishi. Et les fantômes  ne revinrent plus. C 'est depuis ce jour qu'il fut surnommé "Hoishi sans oreilles"

- le songe d'un jour d'été ou l'histoire de Urashima Taro. Et l'histoire de la source magique

Urashima Taro à dos de tortue

Une des légendes les plus connues,  qui narre la mésaventure du pêcheur Urashima Tarô, sauvé de la noyade par la fille du roi- dragon de la mer. Il se marie avec elle au fond de l'eau, mais éprouve quelques temps plus tard l'envie de revoir la terre ferme, sa famille et ses amis. Elle lui confie un coffret avec pour consigne de ne pas l'ouvrir. Mais lorsque Tarô se retrouve chez lui, il ne reconnaît rien et pour cause: les quelques jours passés dans le palais sous-marin sont en fait des siècles sur terre. Ses proches sont morts depuis longtemps, on raconte l'histoire légendaire de son naufrage aux enfants et on lui montre le cénotaphe à son nom. De désespoir Tarô ouvre la boîte... Et tombe en poussière, rattrapé par le temps.
L'auteur complète ici par l'histoire de la source magique: un vieux paysan assoiffé se désaltère à une source sans connaître  sa vertu miraculeuse,et lorsqu'il rentre chez lui, il a retrouvé le physique et la santé de ses vingt ans... sa femme s'empresse de s'y rendre et boit à son tour.. et boit et boit... jusqu'à retrouver le physique de ses deux ans. 

- Le rêve du papillon et de la fourmi: 

Un homme fait une sieste au pied d'un arbre. Il rêve qu'on vient le chercher pour épouser une noble dame, avec laquelle il part vivre dans une ile dont il est nommé gouverneur, poste où il reste pendant 25 ans, menant une vie des plus banales, avec des enfants, jusqu'à la mort de sa femme. On lui annonce alors qu'il peut rentrer chez lui. A son réveil, sa sieste n'a duré que quelques minutes. Il s'est endormi sur une fourmilière, et creusant pour en avoir le coeur net, il découvre que la fourmilière est le palais miniature dont il a rêvé.

- le mangeur de rêves:

 le Baku est une créature mythique, supposé' dévorer les rêves. Il suffit de lui raconter ses cauchemars pour le nourrir. Mais ce qu'un humain considère comme cauchemar peut en fait être un bon rêve, dont le baku ne voudra pas.


un modèle de baku pour tatouage

- la ville qui ne connaît pas la mort et la douleur: 

Horai est une ville mythique qui ne connaît jamais le malheur, c'est toujours l'été, les habitants y vivent éternellement jeunes et heureux....ville enchantée de fées ou monde de fantômes ignorants de leur situation?

- celui qui voulait rencontrer Bouddha ou l'histoire d'un tengu ( homme- oiseau messager des dieux):

 

Statue de tengu

Un vieux prêtre sauve un vautour martyrisé par des gamins, sans savoir qu'il s'agit d'un tengu. Pour le remercier le tengu offre de réaliser son voeu : voir le bouddha avant de mourir. Le tengu accède à cette requête recommandant au vieux prêtre de ne pas se prosterner devant le bouddha, de ne rien dire. On sait ce qui se passe quand un personnage de conte est averti de ne pas faire quelque chose: il le fait, pour son malheur.

- la gratitude de l'homme-requin: 

Totaro vient en aide à un désespéré. C'est un homme-requin exilé de la mer, que Totaro installe dans un étang. L'humain et la créature fantastique deviennent amis, jusqu'à ce que Totaro tombe amoureux d'une femme...mais pour l'épouser il doit amener 10 000 rubis à sa famille. C'est à son tour d'être désespéré, au point d'en perdre la santé. Ce qui attriste beaucoup son ami le requin qui pleure beaucoup. Mais les requins ont l'étrange capacité de pleurer des rubis. A condition d'être affectés d'un vrai chagrin, or comme Totaro est ragaillardi suite à cette découverte, que faire? Il n'a pas assez de rubis, mais le requin n'a plus de raison d'être triste. 

Amours et retours: cette fois, il va être question de fantômes et de réincarnation. Histoires d'amour au travers des siècles...et vengeances de femmes trahies. Cette fois j'ai bien aimé la compassion de Benten et l'histoire de O-Tei, les deux avec une fin heureuse. De temps en temps ça fait plaisir. Mais aussi parce qu'elle sont très asiatiques, avec dans le premier cas, une partie de l'esprit d'une femme qui quitte son corps et vit indépendamment d'elle, et dans le second, une réincarnation qui se passe bien.

- la légende du village des joueurs de koto, ou l'histoire de Ito Norisuke

Ito Norisuke, jeune ronin, rencontre une petite servante un soir sur la route et pour lui éviter une attaque, la raccompagne chez son employeur, dans un village très isolé. Pour le remercier, il est invité. Quelle surprise d'etre attendu par la maitresse des lieux, une fort jolie femme de noble famille qui le demande illico en mariage. L'aubaine est inespérée et Ito accepte... sans savoir qu'elle est un fantôme. Ce n'est qu'une fois marié qu'elle lui révèle avoir vécu plusieurs siècles plus tôt, l'avoir rencontré de son vivant, mais n'avoir pu l'épouser à cette époque. Son regret l'a condamnée à errer sur terre comme fantôme. Mais elle promet de venir le chercher 10 ans plus tard. Ito prend la chose avec philosophie, accepte le fait d'être marié à une femme fantôme.. Et attend les 10 ans sans poser de question.

- Histoire des fantômes de la lanterne pivoine ou le karma passionnel. : Celui là est si important que je le garde pour un sujet à part

- Celui qui épousa deux fois la même femme ou la compassion de Benten.


Benten est l'une des 7 divinités du bonheur,ici accompagnée de mon animal totem.

Un jeune homme se promenant près du temple de Benten, déesse de la beauté, trouve un poème écrit sur un rouleau de papier. Il en admire l'écriture et s'imagine celle qui a bien pu rédiger d'une aussi jolie calligraphie: il imagine une jeune femme, qui devient son obsession. Il décide donc de prier Benten pour rencontrer cette mystérieuse calligraphe. Ce qui se passe, il rentre donc chez lui à l'issue d'un mariage organisé par le dieu des mariages lui même, et vit très heureux avec sa femme, invisible pourtant au yeux du voisinage.. Jusqu'au jour où quelqu'un qui ne le connaît pas l'appelle par son nom, et lui explique que la déesse Benten lui est apparue en rêve, annonçant où et quand le trouver et qu'il épouserait la fille de la famille. Quelle n'est pas la surprise du jeune homme de voir une femme pareille à la sienne qui ignore totalement que son esprit est déjà marié depuis plusieurs mois avec son futur époux...
(c'est une chance pour lui que l'auteur de la calligraphie ait bien été une jeune femme, pas un vieux bonze !)

-La première femme du samouraï ou la réconciliation.

Un samouraï pauvre mais heureux en mariage, décide malgré tout de divorcer, pour épouser une femme plus riche dont la famille lui ouvrira la porte d'une belle carrière. Mais la seconde femme est aussi acariâtre que la première était aimable, et l'homme regrette d'avoir aussi honteusement trahi sa première épouse pour de l'argent. Au bout de quelques années, il décide de divorcer de sa seconde femme pour retrouver la première, qu'il retrouve effectivement. Toujours aussi jeune qu'avant, dans une maison pourtant en ruine et envahie d'herbes folles. Pas difficile de deviner ce qui est arrivé à la malheureuse.

- le mariage posthume ou l'histoire de o-Tei.

Nagao et O-Tei sont fiancés depuis l'enfance et doivent se marier quand Nagao aura fini ses etudes. Mais O-Tei meurt avant l'age adulte . Elle promet à son fiancé qu'ils se reverront , et pas dans l'autre monde, s'il a la patience d'attendre qu'elle se réincarne et que sa nouvelle incarnation soit adulte. Problème: où la trouver et comment la reconnaître? Nagao mène sa vie pendant 17 ans, se marie , devient veuf... et un jour en voyage dans un village, rencontre une servante d'auberge, de 17 ans, portrait craché de O-Tei. Lorsqu'il lui demande son nom en lui disant qu'elle ressemble de manière effrayante à quelqu'un qu'il a bien connu autrefois, elle répond instantanément " je suis O-Tei, morte il y a 17 ans, et tu es Nagao mon fiancé, je t'avais dit qu'on se retrouverait" avant de s'évanouir et de perdre tout souvenir de sa révélation. Mais enfin une histoire qui finit bien!

- la femme de la neige ou Yuki- Onna

Pas de fantôme cette fois, mais un yokai des plus connus. Deux bûcherons, un vieil homme et son jeune apprenti,égarés en pleine tempête de neige, trouvent refuge dans une chaumière. En pleine nuit le jeune se réveille et voit une femme vêtue de blanc penchée sur son employeur: elle vient de le tuer, mais épargne l'apprenti par pitié pour sa jeunesse. Mais gare à lui s'il raconte à quiconque ce qu'il a vu, elle le saura et reviendra se venger. Le jeune homme rencontre l'année suivante une jolie femme, nommée Yuki, neige. Elle est très gentille et il a tôt fait de la demander en mariage, un mariage durable et heureux, ils ont dix enfants sans que la femme ne semble jamais changer physiquement.
C'est alors qu'un jour il lui raconte cette étrange rencontre avec une créature surnaturelle à laquelle, comme par hasard, elle ressemble beaucoup. Apprenant la chose Yuki se fâche, car il avait promis de ne jamais raconter cette histoire et vient de la trahir.. auprès d'elle -même. Mais cette fois encore elle l'épargne, avant de disparaître, car les enfants seraient orphelins.

- la morte trop aimante ou l'histoire de O-Kame

La jeune O-Kame , qui adore son mari est mourante. Elle lui fait promettre de ne jamais se remarier, ce qu'il accepte. Peu après les funérailles de O-Kame, le veuf commence a dépérir, et visiblement pas seulement de chagrin. Il finit par révéler que toutes les nuits, O-Kame dont l'esprit ne trouve pas le repos malgré les offrandes, revient le hanter. Et lorsque les prêtres ouvrent la tombe, O -Kame parait bien vivante et bien nourrie. O-Kame est un vampire, même si ce nom n'est jamais dit, apparemment bien décidée à ce que son cher époux la rejoigne le plus vite possible.

- Le secret que la morte voulait effacer ou un secret mort

Une jeune femme nommée O-Sono vient de mourir, et son fantôme revient, nuit après nuit, comme attiré par la commode où elle rangeait bijoux et vêtements. Le prêtre tente d'apaiser le fantôme en donnant bijoux et vêtements au temple, ce qui habituellement fait disparaître les revenants, mais rien n'y fait , O-Sono revient toujours hanter sa commode vide. Elle n'est pas dangereuse, mais anxieuse à cause d'une lettre qui se trouve cachée sous un tiroir. La promesse du prêtre de brûler la lettre sans révéler ce qui s'y trouve apaise O-Sono qui peut disparaître. Et le lecteur non plus ne saura pas ce qui l'angoissait.

Voilà pour les deux premières parties, la suite arrive très vite, c'est promis, si je ne tiens pas ma promesse, que les fantômes viennent me tourmenter!

Le Japon vu par....un anglo-grec.

mercredi 21 octobre 2020

Ludwig Révolution t.3 Kaori Yuki.

 On continue sur les contestables aventures du pire dragueur des contes de fées.



La fin du tome 3 annonçait l'arrivée de Hansel et Gretel, nouveaux tueurs à gage engagés par Julius, le demi-frère de Ludwig très pressé de mettre ses fesses sur le trône.

Il leur a donc donné la double mission de faire passer de vie à trépas son cher frangin, mais aussi Lisette le chaperon rouge qui a failli à sa mission (tuer Ludwig aurait aussi impliqué de tuer au passage Wilhelm, son seul ami, et elle a une éthique professionnelle. Même si son sens de l'amitié est surtout lié au fait qu'étant sadique elle aussi, depuis que Wilhelm est parti se faire exploiter ailleurs, elle n'a plus eu personne à harceler).

Et donc la première histoire sera celle de Hansel et Gretel. Comment sont ils devenus des meurtriers  à la solde de Petronella et Julius. Et comment encore enfants, ils ont rencontré Ludwig qui a couvert leur fuite.

Et leur histoire n'implique pas de maison en pain d'épice, c'est juste une histoire qu'ils se sont inventé pour ne pas perdre la tête.

Abandonnés dans la forêt par des parents trop pauvres pour les nourrir, Hansel, grand dadais simple d'esprit, et Gretel, petite maligne, ne peuvent compter que sur eux mêmes. Mais alors qu'ils sont sur le point de mourir de faim, avec Gretel malade qui ne voit plus très clair, ils arrivent à une chaumière où est supposée habiter une vieille dame. Celle ci a été tuée par une criminelle qui va se servir des deux enfants pour couvrir son crime. Hansel lui sert de victime pour tester de nouvelles tortures, tandis que Gretel fait le ménage... Jusqu'au jour où elle recouvre la vue, et trouve la criminelle en train de torturer Hansel. Criminelle qui lui rappelle leur propre mère qui les battait sans merci. Gretel grille donc la criminelle avec son arme favorite, le lance-flamme, libère son frère et tous deux vont entamer une carrière dans le banditisme. Cependant dans leur fuite, ils sont couverts par Ludwig encore tout jeune, sans savoir de qui il s'agit.

Et encore moins que la personne qu'ils doivent exterminer est exactement celle à qui ils sont redevables.

Retour au présent: Hansel et Gretel provoquent un éboulis obligeant Ludwig a faire halte dans un village en ébullition: le prince local a décidé d'organiser une grande fête pour trouver sa future femme. Wilhelm et Ludwig sont logé chez un bourgeois qui a 3 filles. Deux  bombes qui prennent plaisir à harceler leur petite soeur, Aschenputtel " la fille des cendres". Et c'est donc parti pour l'histoire de Cendrillon. Une Cendrillon complètement ravagée, qui prend plaisir à être humiliée et traitée en esclave.

Ho oui, punissez moi!

Cendrillon: cas psychiatrique

Pas tant par goût comme Dorothea, mais parce qu'elle a peur de la joie, de la chance qui ne dure pas, alors que le malheur, lui, est quelque chose de stable. Donc pour se bercer d'illusions, et se dire que sa situation est mieux que d'être ignorée, elle part du principe que ses soeurs l'engueulent parce que " qui aiment bien châtie bien" et qu'on la surcharge de travail pour en faire une épouse accomplie qui sait tenir sa maison.

le vrai problème de Cendrillon

Elle est aussi complexée par ses grands pieds, car elle chausse du 42. Et ne peut pas se rendre au bal sans une paire de chaussures élégantes. Que Ludwig lui prête, lui aussi chaussant du 42. Moins par solidarité que par calcul : si toutes les filles vont à la fête où une seule doit être choisie, il y aura des dizaines de déçues à pécho. De plus se sachant traqué par des tueurs, il estime qu'il y a moins de risques dans une foule ( ce qui n'est qu'un point de détail pour Hansel le maniaque de la hache et Gretel, l'adepte des grillades au lance-flammes.

Or ce que personne ne sait c'est que le si parfait prince du coin est un dingue des reptiles, et qu'il organise sa soirée pour retrouver la fille aux pieds immenses qui , un jour dans un pré, a piétiné et blessé par mégarde et sans s'en rendre compte Isolde. Son animal de compagnie, son lézard favori. C'est un otaku des reptiles qui veut se venger.

Quelque part, Aschen est le choix parfait pour lui: elle estime que plus on l'humilie, plus c'est une preuve d'affection, et parle aux souris qu'elle élève dans son grenier. 

Il n'y a que ces deux histoires dans ce tomes, celle de Cendrillon occupant 3 chapitres. Et meme si l'intrigue secondaire progresse un peu, de mémoire, ca ne mènera pas loin, car le tome 4 est le dernier, et ne conclut pas. Kaori Yuki a interrompu sa serie pour congé maternité et ne l'a pas reprise ensuite. Un tome hors série " Ludwig fantaisie" est paru des années après, et je ne l'ai pas, mais apparemment, il ne conclut pas non plus, c'est un bonus qui exploite la petite sirène d'Andersen et le conte de la princesse Kaguya. L'auteur avouant qu'elle ne pouvait plus.exploiter vraiment d'autres contes des frères Grimm, car ils ne mettent plus en scène d'humains, en tout cas, pas de type" princiers".

Et on ne peut pas sans cesse transformer son héros en animal.

Ce tome 3 manque cruellement de  Dorothea qui n'y apparaît presque pas. On sait qu'en fin de compte, Ludwig recrute pour lui-même Lisette, sans emploi puisqu'elle a failli à sa mission, et la charge de retrouver quelqu'un, mais je dois dire que je ne me  plus du tout à ce moment de l'intrigue, si ce fait est exploité ou non.

Dommage l'idée de départ de faire une version trash des contes de fée était sympa et commençait à prendre un peu plus de corps avec les nouveaux personnages ( qui permettaient au passage de ne plus se contenter de gags sur les nichons), mais on sent par contre déjà un manque d'inspiration sur le caractère ( ou plutôt les lubies) des personnages secondaires: Aschen est masochiste, ce qui fait double emploi avec Dorothea, ses soeurs sont des allumeuses, ce qui est le cas de pas mal des autres figurantes, l'otaku des reptiles rappelle un peu l'otaku du tome 2. Mais j'aime bien Lisette et Wilhelm, et Hansel et Gretel. Dont les histoires sont plus glauques et moins parodiques.


mercredi 14 octobre 2020

Ludwig Révolution t.2 - Kaori Yuki

 Et on continue sur la lancée des aventures du prince le moins royal du monde.



Toujours aussi arrogant, mais qui ne sait pas ce qui l'attend.

Car pendant qu'il court le monde avec pour consigne de ramener une fiancée digne de ce nom, le roi, qui ne se fait pas beaucoup d'illusions, a décidé d'epouser sa maîtresse de toujours et de légitimer son fils caché, qu'il pense bien plus apte à régner que cet obsédé sexuel de Ludwig. Le petit Julius est de fait un... sale gosse manipulateur, bien décidé à faire passer son demi-frère de vie a trépas, histoire de s'assurer de pouvoir s'asseoir sur le trône, juste au cas ou papa changerait d'avis.

Et donc forcément, à qui faire appelle, sinon au meilleur snipoer de la region qui en plus a une dent personnelle contre Ludwig?

Et Ludwig, pendant ce temps que fait-il?

Il visite d'autres contes un peu moins connus ( en tout cas moins connu du public japonais de 2007): Rapunzel, Demoiselle Maleen, le roi grenouille et la gardeuse d'oies.

Et les héroïnes sont aussi gratinées que précédemment.

Première héroïne, Rapunzel.

Oui la jolie fille est une psychopathe
particulièrement violente


Qui est une mégère capricieuse et violente, du genre à capturer les oiseaux pour les manger tout crus parce que sa livraison de nourriture tarde. De fait la sorcière qui la détient prisonnière n'est autre que Dorothea, la maso, mais occupée ailleurs - à poursuivre Ludwig de ses assiduités - elle fait livrer la nourriture de Rapunzel par un chat noir nommé Damien ( elle a aussi des serpents, Jason et Carrie, et ce detail m'éclate). Et donc en l'absence de la sorcière, Rapunzel a réussi à mettre la main sur un prince, très incompétent, nommé Silvio. Un brave garçon très fils à maman, mais qu'elle se tape, faute de mieux. Elle est d'ailleurs enceinte, donc une fois de plus, pas un bon choix.De plus elle est dangereuse, sans le vouloir: les réponses volées par ses parents dans le potager de Dorothée etaient des légumes magiques destiné à fabriquer de la lotion capillaire. Dorothea l'a donc gardée avec elle le temps de voir s'il y avait des effets secondaires et...oui. non seulement ses cheveux poussent sans cesse, mais ils s'animent seuls et étranglent des gens quand elle s'énerve. Et elle s'énerve beaucoup,et vite, la garder enfermée est donc un moyen de l'empêcher de nuire. Et voilà enfin une explication tordue mais logique à cette malédiction capillaire.

Décidément, c'est bien Dorothea que je préfère dans ce manga

Et donc, oui, nous avons le retour de Dorothea la maso, mais enfin arrivent d'autres personnages masculins bien débiles, après Barbe bleue schizo, Silvio le benêt. Et plus tard il y aura Christo l'otaku. Ludwig a abandonné sa collection de cadavres mais est toujours sadique et obsédé. Pas un pour rattraper l'autre. 

Candidate n°2: Demoiselle Maleen.
Maleen est une malchanceuse qui s'est amourachée 7 ans plus tôt d'un type dont ses parents ne voulaient pas et qui, pour la faire changer d'avis, l'ont emmurée vivante avec une bonne , dans une tour, avec des provisions pour 7 ans, et vogue la galère, on reviendra dans 7 ans voir si tu es plus raisonnable. Or ce que Maleen ne sait pas c'est que son pays a été ravagé par la guerre, et que sa famille est morte depuis longtemps. C'est Ludwig qui la libère involontairement en s'amusant avec un vieux canon sur le champ de bataille.


La première réaction que Maleen, quand Ludwig lui dit que ce n'est pas lui qu'elle attend? L'assommer avec un vase, "il délire, tapons-le pour qu'il aille mieux"

Et oui, elle est bonne à enfermer, enfin, elle vient de passer 7 ans enfermée et justement il y a des séquelles :elle parle au vase

Là encore ce n'est pas la bonne pioche: Maleen qui est devenue dingue, parle aux objets inanimés et le prend pour son fiancé. Elle va le suivre jusque dans le royaume suivant , et essayer de l'épouser de force en prenant la place de la fille du roi local.  Une monomaniaque donc, mais qui a un autre problème autrement plus grave: c'est un fantôme, qui n'en a pas conscience. Il n'y  avait pas assez de nourriture, elle et sa bonne sont mortes depuis longtemps.

Candidate n°3: Kathrin.

Une gamine aux paroles particulièrement blessantes et qui ne sourit jamais.
Accessoirement,c'est le seul personnage d'allure un peu asiatique, c'est assez rare chez Kaori Yuki d'avoir un personnage typé japonais.

Elle est encore une petite fille capricieuse et au physique banal, mais par suite d'un concours de circonstance Ludwig , qui s'est amusé avec une marionnette grenouille de Dorothée, se retrouve maudit: hormis la sorcière elle même, tout le monde le voit sous l'apparence d'une grenouille. Il doit pour que la malédiction soit rompue, être embrassé par la première personne croisée depuis le moment de la malédiction: Kathrin. Qui déteste les grenouilles, même celles qui parlent, et ne croit pas à cette histoire de malédiction. Mais de fil en aiguille, à force de discuter avec la grenouille , elle finit par lui raconter ce qui lui pèse: elle a l'impression d'etre insignifiante, son père père semble l'ignorer, n'est jamais là pour elle, n'écoute qu'à moitié ce qu'elle lui dit. La mésaventure aura un effet positif sur Ludwig qui se rend compte que, incroyable! Une fille, ça pense! Et que lui même a été dans le même cas de solitude désespérée avant de rencontrer Wilhelm, son seul ami ( qu'il martyrise, on est d'accord). Et que mine de rien, cette rencontre a changé sa vie. Bon il reste un connard, mais un petit peu moins con à partir du moment où il en prend conscience. Et Kathrin? Elle est trop jeune, et fini même par avoue " en fait je le préférais en grenouille plutôt qu'en bellâtre "

Candidate n°4: Albertina. Les deux Albertina. Une brune et une blonde. Elles ont le même prénom et le même âge, l'une est une riche noble, l'autre est sa servante et elles se detestent. La riche Albertina est promise à Christo l'otaku. Il n'a jamais vu sa tête, car le portrait qu'elle lui a envoyé a été déchiré et.. on ne voit dessus que son opulent bonnet E. Quand a Christo le binoclard complexe, il a cherché qui était le célibataire le plus convoité - Ludwig bien sûr-  et a envoyé à Albertina le portrait de Ludwig. De son côté, elle fait rédiger depuis toujours ses lettres d'amour et broder les cadeaux pour son fiancé par sa bonne. Elle est une princesse après tout, elle n'a as besoin de savoir coudre ou broder, les domestiques sont là pour ça.


Clin d'oeil contemporain sympa: Albertina est une noble très imbue d'elle même.
Réaction de l'otaku: " il y a toujours des mégères comme çadans les jeux de drague, laissez-moi le temps de faire une simulation sur console,je saurai l'apprivoiser"

 Or comme Albertina arrive, Christo poursuit sa logique personnelle: faire enlever Ludwig pour lui servira de doublure le temps des noces. Mais si Ludwig est intéressé par les nichons du portrait, se retrouver au milieu d'une affaire de jalousie entre femmes et d'usurpation d'identité ne l'enchante pas et donc il va devoir pousser Christo à se montrer tel qu'il est ( et ce n'est pas joli joli, l'Otaku a un côté vraiment tyrannique) pour  poursuivre son voyage.

Et donc ça continue, de manière un peu plus soft mais toujours aussi barré, avec de nouveaux personnages ( je vous annonce l'arrivée tranchante d'Hansel et Gretel, déjà mentionnés en passant dans l'histoire du chaperon rouge au tome 1. Et ce sont des " collègues de travail" du chaperon, en quelque sorte. Mais comme elle échoué plusieurs fois, Julius décide que 3 tueurs sont plus sûrs qu'un seul, qui en plus agit à sa guise).


Mesdames, Messieurs, Hansel, le géant spécialiste de la faux, et Gretel, la miniature adepte du lance-flammes

Une courte série violente et délirante, qui ne fait pas dans la dentelle c'est vrai, mais pour une fois Kaori Yuki ne se prend pas trop au sérieux et joue réellement sur un tableau comique, c'est donc plutôt sympa ( c'était aussi le cas pour Bloodhound, qui n'a pas eu de second tome. D'une manière générale, c'est dommage, ses mangas prometteurs n'ont pas de suite,je ne sais pas si c'est par manque de succès ou parce qu'elle s'en désintéressé. Et j'ai aussi fini par m'en désintéresser, je n'ai absolument pas lu Royal doll Orchestra, je ne sais même pas si elle a fait autre chose ensuite)

Donc bon, pour le moment je relis avec plaisir, mais ce ne sont pas non plus des mangas que je vais garder, ils iront ensuite rejoindre ma liste " à revendre", l'an prochain, je vais faire un très gros tri de mes étagères.