samedi 29 avril 2017

Les enfants-loup Ame et Yuki ( long métrage d'animation)

Dans la foulée de Totoro, le cinéma programmait aussi ce long métrage, dont je connaissais le titre et le point de départ, sans avoir encore eu l'occasion de le suivre.

Bonne surprise, donc la programmation jointe avec Totoro a du sens , on y retrouve des sujets communs: Deux enfants qui partent vivre à la campagne, loin de tout, avec un seul parent ( la mère de Mai et Satsuki est malade et hospitalisé, le père de Yuki et Ame est mort), la beauté de la nature et la liberté, loin de la grande ville, le monde rural avec ses avantages et ses inconvénients...




L'histoire commence donc, bien avant de la naissance de Yuki et Ame. Leur future mère, Hana ( fleur) ainsi nommée parce qu'elle est née au printemps, est alors étudiante en philosophie dans un banlieue plutôt tranquille de Tôkyô, et rien ne la prédestine un jour à  devenir agricultrice du fin fond de la campagne.
Plutôt extravertie, elle remarque un nouvel étudiant, un auditeur lire qui est tout son contraire, calme et réservé, et s'impose à lui. De fil en aiguille, Hana et l'étudiant finissent par sortir ensemble, jusqu'à ce qu'il finisse par lui avouer son  secret: il est un loup-garou, et s'il reste discret, c'est pour éviter d'éveiller les soupçons. Un gentil loup-garou, hein, qui n'a jamais mordu un humain.

Qu'à celà ne tienne, Hana n'est pas du genre à plaquer son petit ami pour ce genre de révélation. Après tout, elle étudie la philosophie et le prend donc.. avec philosophie. Les deux  décident donc de ivre ensemble, ont deux enfants: Yuki (neige) une fille née en hiver et Ame ( pluie), son petit frère né un jour de pluie.
Tout va pour le mieux, la famille vit modestement avec le travaille de déménageur du père, jusqu'au drame: Il meurt, subitement, noyé dans un canal, où, une nuit, sa nature de loup l'a amené à tenter d'attraper un oiseau.
Hana se retrouve donc seule avec deux enfants, et le petit pécule laissé par feu l'homme-loup, disparu avant même qu'on sache son nom.
Après quelques temps passés à joindre difficilement les deux bouts, a essayer d'élever correctement deux enfants qui ont hérité de leur père une capacité de métamorphose assez dangereuse en pleine ville, Hana tente le tout pour le tout: partir à la campagne, loin de tout, trouver une vieille maison à retaper et cultiver de quoi manger. Là au moins les enfants pourront grandir et se métamorphoser autant qu'ils le voudront loin du regard des gens.
L'arrivée n'est cependant pas si facile; Il y a peu de gens dans le coin, mais ils sont assez méfiants et critiques envers les citadins qui viennent, ne tiennent pas le coup et repartent au bout de quelques mois.
Mais Hana n'est pas du genre à se laisser démonter et de toutes façons, n'a pas d'autre solution que de s'adapter, le retour en ville avec deux louveteaux remuants étant exclus.

Une très bonne surprise donc, où finalement, le fantastique est presque moins présent que dans Totoro, puisque l'important dans cette histoire, c'est plutôt le changement radical de vie de Hana et ses enfants, qui découvrent la campagne, et la liberté. De courir et de s'amuser, et aussi de faire leurs propres choix de vie, ce qui aurait été à peu près impossible en ville.
Un film triste par moments, vu la situation, mais plein de bonne humeur.
Avec en filigrane une critique sociale intéressante sur la manière dont le Japon agit envers les mères célibataires ou veuves : pas d'aides sociales pour Hana et ses jeunes enfants, au contraire: on la prie fermement de déménager, car, lorsqu'elle travaille, elle laisse seuls ses enfants à la maison, qui font du chahut. Pire elle est même considérée comme une mauvaise mère , dans un pays où la règle tacite pour les femmes est encore d'arrêter de travailler lorsqu'on a des enfants pour s'occuper exclusivement d'eux, laissant leur père s'occuper de ramener un salaire, ce qui est impossible dans la situation présente. Les services sociaux par contre, la surveille, prêts à lui retirer ses "enfants martyrs".
Sur ce point là, ce n'est pas le fantastique qui compte, mais l'impasse où se trouve une veuve avec des enfants, citoyenne de seconde zone, qui n'a droit qu'à des miettes, et encore.

Et je ne m'attendais pas du tout à une telle critique sociale, ce qui prouve une fois de plus que l'animation est loin d'être exclusivement réservée aux adultes.

Réalisé par Mamoru Hosoda, dont je viens de me rendre compte que je n'ai pas encore vu non plus "La traversée du temps", "Summer Wars" ou "le garçon et la bête" ( les deux premiers n'avaient pas été diffusé dans ma ville, et le second, à un moment où j'étais en voyage). Le réalisateur n'a que peu de longs métrages à son actif à l'heure actuelle, mais s'est fait la main sur de nombreuses séries animées dans les années 90, et est donc vu comme un énième '"nouveau Miyazaki", au même titre que Makoto Shinkai.
Erreur, car déjà son style graphique n'a rien à voir avec celui de Ghibli, même si l'influence de Ghibli se sent sur l'attention portée au décor et dans le message écologique. Mais, et c'est tant mieux, il a son propre style.

Ghibli a fait connaître et reconnaître mondialement l'animation japonaise au delà des séries des années 80, et a ouvert la brèche pour de nouveaux réalisateurs, et ça c'est une très bonne chose.
 Avec la "retraite" ( aheum, Miyazaki-sensei vient de dire que, peut être...enfin, il a envie de réaliser un nouveau dernier film :)) des deux réalisateurs principaux de Ghibli, les distributeurs se retrouvent avec une pénurie de films à montrer, alors qu'il y a une forte attente du côté du public. Et donc, il y a fort à parier que dans les prochaines années, on puisse voir sur les écrans des choses très variées, pour notre plus grand plaisir.

La séance ciné du vendredi continue à jouer les prolongations le samedi , toujours spéciale animation

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