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dimanche 5 février 2017

your name ( long métrage animation 2016)

Ca y est j'ai enfin pu voir le dessin animé qui a fait un carton l'année dernière au Japon et un peu partout au Japon en ce début d'année. Il vient à peine d'être programmé dans ma ville. Enfin, c'est toujours mieux que rien je pensais sincèrement qu'il allait passer à la trappe de la programmation. Et ouf, ils ont pensé à le proposer en VOST.

Et c'est une jolie surprise.. enfin, surprise, ça me fait quand même un peu sourire de voir les médias annoncer Makoto Shinkai comme une révélation, ça fait quand même des années qu'il travaille dans l'animation sur divers formats.
Donc quand mon cinéma annonce " la nouvelle pépite de l'animation japonaise", j'avoue avoir la mini satisfaction de l'avoir découvert bien avant lui, quand traîner sur les sites de vidéo fansub éatit encore considéré comme un loisir de geek/nerd/ nolife et autres appellations plus ou moins sympa dont nous affublaient les médias " sérieux".
Ca a changé, hein, maintenant que les gens délaissent la TV au profit des abonnements vidéos en ligne...

Hé oui, Makoto Shinkai, j'avais chroniqué ici il y a 3 ans son court métrage " Hoshi no koe" de 2002, et justement, Your Name a énormément en commun avec ce premier court métrage, dans les thèmes, dans l'approche, et dans le mélange vie quotidienne et fantastique ou vie quotidienne et SF. La surprise ne sera donc vraiment que pour ceux qui n'avaient pas déjà une légère idée de ce dont était capable le réalisateur. Pour les autres, c'est plus une confirmation qu'une surprise.

Your name ( Kimi no na wa en VO) semble être une variation "terrestre" de Hoshi no koe, dont il reprend l'idée de séparation entre deux personnes par l'espace et le temps, mais en plus léger, plus humoristique, au moins au départ

Mikako et Noboru  du court métrage se retrouvaient séparés géographiquement puisque Mikako partait étudier le pilotage dans l'espace et que les messages qu'elle envoyait à son ami resté sur terre prenaient de plus en plus de temps pour arriver, jusqu'à 8 ans pour un échange entre Proxima du Centaure et la Terre.

Tout commence par une comète, splendide...


Ici, Mitsuha et Taki sont aussi lycéens et séparés de quelques centaines de kilomètres. Ils ne se connaissent pas, mais sont victimes subitement d'un étrange phénomène: un beau jour, les deux vont échanger leurs conscience et vivre la vie de l'autre, qui est justement incroyablement différente de son quotidien. Mitsuha est la fille du maire d'une petite ville de la région de Gifu, vit et travaille comme miko dans le temple familial, s'adonne au tissage traditionnel avec sa petite soeur et sa grand mère, révère les dieux et prolonge les traditions locales, mais dans le fond, souhaite plus que tout pouvoir quitter son trou paumé où il n'y a pas grand chose à faire, et où " aller au café" signifie en fait prendre une canette au distributeur de la gare, desservie par 4 trains /jour. Elle fait donc tout haut le souhait pour sa prochaine vie d'être un garçon, à Tokyo.
Taki le citadin vit, lui, à Tokyo, très occupé entre les études, un boulot à mi temps, les sorties entre amis, une collègue de travail qui lui plaît et qu'il en sait pas trop comment aborder... mais il aime les grands espaces qu'ils ne cesse de dessiner.
Il n'en fallait pas plus pour qu'un matin, Mitsuha se réveille dans le corps de Taki et inversement. Stupéfaction du garçon de se retrouver soudainement confronté à un visage inconnu ( et à une paire de nichons) dans son miroir, et de la fille qui découvre.. un petit quelque chose en plus lui donnant la faculté de faire pipi debout. Oui ça doit être assez perturbant.

Pour leurs amis et familles aussi, qui s'accordent à dire que tous les deux étaient étranges la veille. Eux s'en souviennent à peine le lendemain, ils en gardent juste une sensation d'absence, d'avoir fait autre chose que leurs activités quotidiennes, d'avoir vécu la vie de quelqu'un d'autre...
Sauf que l'expérience se reproduit et même assez régulièrement, bien que de manière imprévisible. Les deux vont donc mettre en place un pacte tacite, en se laissant des messages pour le lendemain via téléphone ou sur un carnet, ou écrit sur la main.

difficile à voir, mais chacun laisse à l'autre un petit "mot doux" à l'autre pour quand il/elle reprendra son identité: sur la joue du garçon " baka" ( idiot) sur celle de la fille " aho" ( crétin-e)

Evidemment, ça vire vite à la chamaillerie "interdiction de tripoter mes seins" d'un côté, "ne vide pas mon compte en banque" de l'autre.. car bien sûr Mitsuha profite de l'aubaine de "piloter" le corps de quelqu'un d'autre pour se goinfrer de pâtisseries coûteuses qui n'existent pas chez elle. Elle lui rendra la faveur en séduisant pour lui la jolie fille qui plaît à Taki, laquelle se montre sensible à cette touche féminine qu'elle ne lui connaissait pas ( un petit côté Cyrano, sur ce coup là, le Taki normal n'arrive à rien avec Melle Okudera en temps normal, ce n'est que lorsque Mitsuha prend les choses en main faisant que Okudera san se montre charmée!). Inversement, Taki, un peu bagarreur, va insuffler à Mitsuha une dose de rébellion nécessaire pour clouer le bec à certains de ses camarades qui se moquent d'elle, de son père, des traditions locales..
Un arrangement gagnant-gagnant malgré les difficultés, mais qui prend soudainement fin vers le milieu du film. jusque là, on était sur une comédie lycéenne sentimentale, teintée de fantastique... Et sans prévenir, on bascule dans un drame à connotation SF.

oui parce qu'il faut que j'en dise un peu plus, promis je ne vous dévoilerai pas la fin.

Comme d'habitude, hop, surlignage pour faire apparaître le texte

Alors que les deux protagonistes commencent à sympathiser à distance, les échanges de consciences cessent soudainement, avec ce message curieux de Mitsuha: " ce soir je vais voir la comète". Or aucune comète n'est annoncée cette année là. Et depuis plus de nouvelles. Désemparé, Taki, va chercher à savoir ce qui s'est passé, avec comme seules informations le nom de la région, le prénom de Mitsuha, et les dessins qu'il fait de ses souvenirs. Jusqu'à trouver quelqu'un qui lui donne le nom de la ville.. rasée 3 ans plus tôt par une chute de météorites qui a tué plus de 500 personnes.. dont Mitsuha. Les échanges de corps se font donc entre le passé et le futur, ou plutôt entre deux espaces temps différents. Sans que ça soit vraiment expliqués, mais les fans de SF auront reconnu le tête des univers parallèles.
Seule solution pour Taki: trouver un moyen de franchir les dimensions en sens inverses, de revenir dans le corps de Mitsuha la veille de la catastrophe et d'utiliser ce moyen pour essayer de prévenir et convaincre les habitants de quitter la zone dangereuse avant la catastrophe


Pour résumer, et sans trop donner d'infos cette fois:
Ce qui s'annonçait comme une comédie sentimentale prend soudain une tournure proche de séries comme Sliders, Code quantum ou Demain à la une.
Ca peut en dérouter certains, surtout s'ils ne sont pas franchement fanas de SF.
De mon côté je lui reprocherai un côté un parfois un peu trop sentimental. La première partie d'exposition, menace d'être un peu longue et , au moment où on se dit que oui, c'est bon on a compris.. paf! révélation surprenante. Mais en en discutant avec les autres élèves du cours de japonais, soit ils n'ont pas compris le côté Sf qui les a ennuyés, soit ils.. ne l'ont pas vu, se concentrant sur l'histoire d'amour. Ce que moi j'ai occulté n'étant absolument pas une sentimentale.

De plus, la narration est confuse parfois volontairement, parfois moins. Mais j'ai bien aimé le fait que le récit de la mésaventure de Mitsuha commence le lendemain de l'échange, lorsque ses amis lui racontent ce qu'elle a fait de bizarre la veille, et qu'elle n'était pas tout à fait elle même, dont elle n'a aucun souvenir, récit qui sera d'ailleurs morcelé au fil du film, tandis que l'expérience de Taki, racontée ensuite dans le scénario, est vue directement alors qu'elle finalement censée être concomitante de celle de Mitsuha et se passer avant ce qui vient d'être raconté, et donc .. avant le début du film.
Cette étrangeté s'explique finalement si on prend en compte ce que j'ai mis en spoiler, mais demande un effort de concentration et de mémoire sur le moment. Soit on s'accroche et on garde les questions pour plus tard, soit on patauge.
De mon côté j'aime bien les récits qui jouent avec la temporalité et ça ne me pose pas de souci, mais ça peut dérouter, c'est vrai. Et de fait, c'est bien le Temps, avec un grand T qui est le sujet central de cette histoire, comme il l'était dans Hoshi no koe. Le générique de fin - si vous le voyez en VOST, la chanson est traduite- ne lisse aucun doute à ce sujet, pas plus de les passages filmés en " time lapse".

Donc dire que Makoto Shinkai est le nouveau Miyazaki ou le nouveau Takahata, quelque part ça me pose problème.
En terme de popularité, ça se comprend , les créateurs de Ghibli étant la référence de l'animation japonaise. D'autre part, non. Shinkai a ses propres sujets, ses propres obsessions récurrentes, et la comparaison n'a pas franchement lieu d'être, tant au niveau des thèmes que des traitements.
On pourrait éventuellement le rapprocher du voyage de Chihiro pour le côté des mondes parallèles, mais c'est à peu près tout. Shinkai est du côté de la SF, pas du folklore fantastique et des yôkai. Le traitement graphique est beaucoup moins enfantin - ce n'est pas une critique- moins rond, moins kawaii et plus réaliste que chez Miyazaki. Heureusement d'ailleurs qu'il cherche son propre style au lieu d'imiter les autres.
La seule chose commune,où on peut réellement voir une influence Ghibli, à mon sens c'est le sens des grands espaces et la qualité de rendu des éléments naturels, des trouées de lumières dans le feuillage des arbres ou des reflets sur l'eau, les couleurs oniriques d'une pluie de météorites ou l'image saisissante d'un sanctuaire perdu au milieu d'un cratère de volcan envahi d'herbes.
je ne m'en lasse pas, les décors sont vraiment splendides

Donc oui, un film à voir, un réalisateur à découvrir pour certains à suivre pour d'autres, avec déjà une thématique temporelle que je trouve passionnante.Le film n'est pas parfait ni exempt de longueurs, mais il place quand même la barre très haut pour la suite, avec un niveau d'exigence scénaristique qui fait plaisir à voir. Je n'ai pas vu " voyage vers Agartha " du même réalisateur, mais à en juger par le résumé, il y a encore des thèmes similaires, le temps, la séparation, les multivers etc... Et "5cms par secondes" creusait aussi cette idée d'amitié à distance par correspondance.
Pas vu non plus "Le jardin des mots", qui attend que je me décide à le regarder, tiens, pourquoi pas en avril pour notre challenge. Mais de ce que je peux constater, oui, les thèmes de prédilection de l'auteur sont donc bien le temps et la distance, et leur influence sur les relations humaines.
Et en prime, la bande annonce pour vous convaincre si ce n'est déjà fait?


mercredi 6 juillet 2016

Akira ( long métrage)

Profitant de la rediffusion de ce célébrissime animé récemment à la TV française, j'ai pu le découvrir. En effet, j'étais persuadée de l'avoir vue, mais non, j'ai du confondre et ça s'est mélangé dans ma tête avec le manga qui en est à l'origine, et que j'avais , lui, feuilleté.

Mmmm comment dire, je me souviens que dans les années 80, il avait été une des principales oeuvres visées par les ligues genre Familles de France, pour sa violence extrême. Et peut être que c'était le cas en 88, mais depuis, on a largement vu pire...
Malgré tout, ce n'est effectivement pas pour un public jeune, déjà parce que oui, la violence, mais surtout les thèmes durs: les jeunes délinquants, la drogue, et les tests sur cobayes humains. Au delà de la violence, ça requiert de connaître un peu le manga.
Et comme la majeure partie des gens, je crois, j'adore cette moto futuriste!

Donc de quoi ça nous parle: de la destruction de Tokyo, par une bombe atomique en 1988. Sur ses ruines est reconstruite Neo Tokyo, ville gangrenée par la corruption et la drogue où des bandes de loubards à moto, désoeuvrés et bagarreurs font régner encore plus le désordre.


 Lors d'un accident, en tentant d'éviter un curieux enfant au visage de vieillard, l'un des jeunes motards, Testuo, blessé, est emmené par les autorités qui décident, après quelques tests de routine, d'en faire un cobaye humain pour un projet ultra-secret. Tetsuo a un potentiel que lui même ignore.
Pour moi la vraie violence est là, dans les tests sur cobayes non-consentants, plutôt que dans les futures colères cataclysmiques de Tetsuo

Ses copains, le chef de gang Kaneda en tête, tentent de le retrouver, mais Tetsuo réussit à s'enfuir et à revenir. Mais personne ne le reconnait: de plutôt discret et effacé, il est devenu instable, violent, et ne sait plus se maîtriser. C'est alors qu'il entend parler d'Akira ( c'est un peu l'arlésienne, on ne le voit jamais), mystérieux personnage dont l'existence même n'est pas prouvée, et que des sectes millénaristes érigent en sauveur. Comme Akira semble lié au projet dont Tetsuo a été la victime, il n'a dès lors plus qu'une idée en tête: trouver Akira qu'il pense être responsable de son état actuel.

et il n'est pas content du tout...
Et ça me désole de dire ça d'un dessin animé de SF: l'intention était bonne, mais... c'est très fouillis.
J'ai du aller voir le synopsis pour comprendre certaines choses et c'est logique: la publication du manga n'était pas finie lorsque l'anime a été réalisé ( par le même auteur, donc, déjà c'est une assurance qu'il a dit ce qu'il voulait et non qu'on ait dénaturé ses intentions), et apparemment les deux ont des fins très différentes. Mais voilà, visiblement le film s'adresse avant tout aux gens qui connaissent déjà les bases du manga et ne s'encombre pas d'une vraie présentation ( "gnéé, c'est qui lui? Et pourquoi cet enfant a une tête toute ridée de septuagénaire? et qui..."  vous voyez l'idée).

Et c'est le principal problème: il diverge de son support d'origine, mais requiert en même tempsde le connaître.
Et graphiquement ça a un peu vieilli, beaucoup de personnages se ressemblent un peu trop pour les différencier immédiatement.
Les différentes intrigues sont un peu précipitées, et tout le côté politique (les politiciens s'affrontent, entre ceux qui considèrent le projet Akira comme viable et potentiellement utile, et ceux qui n'y voient qu'une perte de temps et d'argent) aurait mérité un meilleur développement, pareil pour le groupe terroriste dont fait partie Kei, la fille qui a tapé dans l'oeil de Kaneda. Leur motivation n'est pas très claire, et le lien de Kei avec les autres n'est pas bien clair non plus.

Et à tout ça je vois une raison bien simple: le manque de temps. Comment faire tenir un manga de deux bons milliers de pages en un film de moins de 2h00? En élaguant et en supposant que tout le monde sait déjà de quoi on parle.
Ca c'était pour les points négatifs.

Il y a aussi des choses que j'ai bien aimées dans l'histoire et dans les partis pris de mise en scène: tout le côté " tests sur cobayes humains". Précisément, sur des orphelins, des loubards, des gens que personne ou presque ne regrettera, mais qui n'en sont pas moins humains : malgré tous ses défauts Testuo est un bon copain pour Kaori, une orpheline malmenée par les autres qu'il a pris sous sa protection, et n'hésite pas à se bagarrer pour empêcher qu'elle ne soit agressée.
La vraie violence est là, dans le fait de se servir de gens contre leur gré pour les jeter dès qu'ils sont inutilisable, dans le fait de laisser la délinquance s'installer, dans la corruption des politiques.

C'est vraiment le côté du film qui a le mieux vieilli  alors que les passages les plus purement grandiloquents ont eux, subi l'usure du temps, voire sont parfois complètement  à côté de la plaque dans leur exagération: le passage où Tetsuo va dans l'espace, hop, comme ça pour aller détruire un satellite m'a fait ricaner. Heu, je veux bien qu'il ait des nouveaux pouvoirs décuplés, mais ça reste un humain à la base, qui devrait cramer avec le frottement de l'air à l'aller comme au retour et mourir asphyxié hors de l'atmosphère. Je sais, je sais, " c'est de la SF". Oui, mais là, c'était too much pour moi, et ça m'a cassé l'ambiance en fait. Le côté super sayan passait pour Dragon Ball, qui était dès le départ, résolument irréaliste, beaucoup moins pour Akira qui part sur une base volontairement réaliste. Après, je sais qu'il y a des passages du même type dans le manga, même si je l'ai lu en diagonale, mais, je ne sais pas, je trouve qu'en version papier, ça passe toujours mieux.

 Alors que l'idée de base est une réflexion sur la guerre atomique, et que Akira ( et Tetsuo aussi) est une allégorie de la bombe. Si on fait une allégorie, il y avait moyen de rester un peu en dessous niveau effets spéciaux pour rester dans la subtilité de la réflexion.

J'ai bien aimé par exemple au tout début, la destruction de le ville: une explosion tellement énorme qu'elle se suffit à elle même visuellement, sans AUCUN bruit d'explosion. Ca c'était bien vu et du coup ça marque.

Ou ces enfants aux visages de vieillards, la gamine à tresses maquillée comme une mamie est absolument terrifiante rien que par sa physionomie. On dirait Bette Davies dans " Qu'est-il arrivé à Baby Jane?". Et qu'on se comprenne bien, cette étrangeté EST un des points positifs.
oui, elle est méga flippante.
 L'évolution de Kaneda aussi qui, partant d'un petit glandeur chef de bande, dragueur de filles, dévoile un certain sens des valeurs, et fait tout son possible pour aider son copain Tetsuo.

Ou encore l'apparence du fameux Akira, tellement loin de ce qu'espéraient les sectes. Ce côté dérisoire est aussi une très bonne idée.

Donc des bonnes choses, dont une influence visuelle majeure sur l'animation cyber-punk visible dans les plus aboutis Ghost in the Shell ou le tout récent Psycho Pass. 

Et lui même semble avoir une parenté avec Blade Runner...
Akira le film date de 1988, Blade Runner de 1982, Akira le manga de 1982.. difficile de savoir qui a influencé l'autre là...
 
Et d'autres un peu moins convaincantes: les effets faciles et grandiloquents qui au final desservent plus, en tout cas de mon point de vue, le propos, qu'ils ne l'appuient, et le manque de caractérisation des personnages et de leurs relations, par manque de temps. Du coup les personnages secondaires sont assez expédiés, surtout les seules filles présentes dans l'histoire qui auraient gagné à avoir un rôle plus important. Et même Tetsuo, qui est un loubard, mais sans qu'on n'en sache vraiment plus. Sa relation amitié/ rivalité avec Kaneda est évoquée, mais aurait mérité d'être creusée.
 Du coup, je ne serais pas contre un développement, par exemple en série animée, une dizaine d'épisodes auraient le temps d'approfondir et de mieux expliquer.

J'ai l'air critique comme ça, mais c'est une demie déception, parce que je sens qu'au delà des effets spéciaux, il y avait vraiment matière et potentiel à quelque chose de plus convaincant et je suis restée sur ma faim.

Enfin, ça pourrait être pire, genre: un rachat des droits par Hollywood pour en faire un film live avec des acteurs américains célèbres, ils sont en train de nous massacrer Ghost in the Shell (Et je ne parle pas du choix de l'actrice dont je me fiche éperdument, même si sa moue de fifille me parait mal convenir au personnage,  mais plutôt de la fâcheuse tendance double de Hollywood à "chochotiser" le scénarios et à remplir le vide par toujours plus d'effets spéciaux et d'improbables histoires d'amour).

Ne rigolez pas... un projet d'adaptation d'Akira est dans les tuyaux. Je le sens assez mal... Pour le coup, je pense que je vais plutôt aller lire le manga en entier en fait.

samedi 9 mai 2015

Psycho-pass saison 1

Encore une série que j'ai découverte totalement par hasard en trainant sur les forums geeks, et dès le premier épisode , j'ai vraiment bien accroché à ce mélange policier + SF, un peu dans l'esprit de Ghost in the shell.

Au Japon dans une centaine d'années. La société est sous contrôle d'une entité nommée " système Sybil" qui organise tout au mieux. Les gens sont sélectionnés dès leur enfance selon leurs aptitudes afin de remplir la tâche qui leur convient le mieux. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes tiré au cordeau, plus besoin de réfléchir ou de se compliquer la vie, tout le monde est destiné à être heureux.

Vous savez comme moi que rien n'est plus faux, et qu'il n'y a pas pire cauchemar qu'un monde utopique.

L'autre grande application du système Sybil, c'est la loi et la justice Pour s'assurer que rien ne viendra perturber le bon fonctionnement de la société, il a été mis en place un contrôle très sévère de l'état nerveux de tout-un -chacun, appelé le Psycho-pass, sorte de code couleur qui varie en fonction de l'état de stress, que la police peut scanner, afin d'arrêter les potentiels criminels AVANT qu'ils n'aient même l'idée de passer à l'acte.

c'est bleu, le chiffre est au dessous de 160, donc, c'est bon..le chef n'est pas encore dangereux
Pour cela les forces de l'ordre disposent d'un pistolet spécial, le "dominateur"qui analyse les données et neutralise de lui même les contrevenants ou potentiels contrevenants, si et seulement si leur psycho-pass dépasse le chiffre de 160.  Plus de réflexion à avoir, le policier n'est là que pour superviser, tout est automatisé. Zéro  prise de décision humaine, donc zéro risque de bavure. La société est divisée en gens "normaux" au psycho pass de couleur claire, et en "criminels dormants" (qui peuvent n'avoir rien fait de toute leur vie et ne rien projeter d'illégal mais sont considérés comme danger potentiels car sensibles au stress) , isolés du reste de la société que leur simple existence menace en théorie. Certains préfèrent d'ailleurs mettre leur "potentiel" criminel au service de la police, en tant qu'exécuteurs, plutôt que de rester enfermé toute leur vie.
une chose que j'ai apprécié dans cette série: des personnages d'âge varié. C'est tout bête, mais là, tout le monde n'a pas l'air d'avoir 25 ans, et ça fait plaisir et ça ajoute en crédibilité.

C'est dans ce monde que commence à travailler Akane Tsunemori, inspectrice débutante, qui va devoir superviser une équipe d'exécuteurs: à eux le sale boulot de neutraliser d'arrêter les gens, car fréquenter de trop près les vrais criminels peut réveiller vos propres instincts dangereux, comme ça la vraie police garde les mains propres et un psycho-pass clair. Car bien sûr, et c'est ce qu'Akane découvre vite, personne n'est à l'abri d'un coup de stress qui peut vous faire passer du jour au lendemain du mauvais côté de la barrière, et plusieurs des gens qu'elle a sous ses ordres ont été auparavant des flics comme elle, qu'une enquête plus dure que les autres a fait basculer du côté "criminels dormants", l'image de Kôgami, le collègue au caractère difficile dont elle se méfie d'emblée car il a a le plus fort risque théorique de basculer du côté des malfaiteurs. Kôgami lui renvoie surtout l'image de ce qu'elle-même pourrait devenir dans un futur plus ou moins proche si elle n'arrive pas à garder des nerfs d'acier.
Dans cet univers, on peut instantanément changer de vêtements grâce à une boîte à hologramme ( le rêve: bosser en pyjama et donner l'illusion d'avoir la tenue réglementaire)

Ce qu'elle découvre aussi, c'est la logique implacable du système Sybil. Dès l'épisode 1, une femme est enlevée et torturée par un criminel, qui se retrouve neutralisé. Sauf que la victime peut à son tour développer des instincts de conservation passant par la légitime défense, et donc la violence. Peu importe, pour le système, la victime devient à son tour criminel dormant à neutraliser. Aucune marge de manoeuvre, aucune place pour la réflexion, ce qu'Akane semble avoir du mal a accepter - on la comprend.

Et bien sûr d'enquête en enquête, une ligne directrice s'amorce: Akane qui se méfie de ces collègues "pas très clairs" et qui se rend compte que ceux que la société rejette sont simplement des humains, pris dans un système inhumain qui tente de tout niveler, et de fait, ne fait que les enfermer un peu plus tous les jours dans un cercle vicieux.

La facture du dessin animé en lui même est classique, conforme à e qui se fait  à l'heure actuelle, rien de spécial de ce côté là, la narration aussi, est c'est quand même plutôt une bonne chose je dirais vu la complexité des thèmes et des réflexions qu'il peut faire surgir au sujet de la justice. Qu'est-ce qui est juste ou pas? Quel niveau d'illégalité peut être toléré? Doit-on condamner des gens sur un simple soupçon, parfois même dès l'âge de 4 ans, avant qu'ils aient commis quoique ce soit, pour préserver la tranquillité théorique de la société?

Que ça fait plaisir, mais que ça fait plaisir de voir ce genre de réflexions jaillir d'un dessin animé. Après que ce soit par la teneur des thèmes abordés que par la violence, ça n'est certainement pas un dessin animé pour les enfants, hein, l'élimination des criminels dangereux est quand même un poil gore. Ok, carrément gore par moment (il y a un épisode où un tueur maniaque fait de l'art avec les cadavres de ses victimes - et un petit clin d'oeil au passage au Silence des agneaux - par exemple, mais ça n'est pas de la violence gratuite juste pour le plaisir de faire du glauque, c'est intégré logiquement au récit.

Au passage, ce dessin animé se paye le luxe de citer le "discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité" de Rousseau, ou Kierkegaard, ça, j'avoue je ne l'avais pas vu venir. D'autres philosophes aussi, ou les tragédies de Shakespeare. Ou le sociologue français tout à fait contemporain Michel Wieviorka ( que la plupart des français ne connaissent pas, je suis restée sidérée de le voir cité dans un anime! et je ne le connais que parce que j'ai fais des recherches annexes pendant mes études de lettres, et qui a écrit en particulier sur les mouvements sociaux, les fondements du racisme et de la violence sociale) Et un anime qui a des références aussi pointues, je n'avais pas vu ça depuis.. en fait non, je n'avais jamais vu ça tout simplement, ça fait du bien de ne pas être prise pour une neuneu inculte.

L'autre bon point, c'est la technologie: les créateurs se sont vraiment fait plaisir à imaginer une technologie du futur. Montres et déguisement holographiques par exemple. Non parce que c'est ballot, mais quand je vois une série ou un film de SF censé se passer dans 50 ou 100 ans, où tout le monde bosse sur Windows 8 et ou la technologie est le must de 2012, ça me fait plutôt rire. Là, ça va, on a encore de a marge.
Après les images sont sous titrées en anglais, mais la série est facilement trouvable en streaming sous-titré français, ou doublé en français (elle a été récemment diffusée sur France 4, en VF mais je ne pense pas qu'elle soit accessible en replay. Mais pour moi, c'est VOST obligatoire, j'ai un mal infini à voir des séries récentes en VF)

Une série qui est un gros coup de coeur pour sa première saison, je pense que je chercherais la suite pour cet été.

samedi 20 décembre 2014

Nibun no ichi - Kiki

 Comme je dois très prochainement recevoir le manga que j'avais prévu pour décembre, mais, vais-je le recevoir à temps, mystère. On verra donc, avec un peu de chance, il y aura 2 billets ce mois-ci.
A tout hasard, on va prendre les devants, déjà, avec un billet " rediffusion" pour remettre en lumière un manga que j'ai beaucoup aimé, mais que personne ou presque ne connait.

C'est un manga dont j'avais déjà parlé sur mon autre blog, mais qui a tellement peu été mis en avant que toutes les occasions sont bonnes pour en parler, car il s'agit d'un mélange bien sympathique de Sf et d'humour pas lourd du tut. C'est frais, c'est léger, c'est sympa comme tout. Puis...(mode otaku enclenché) whaaaa le héros a un skate volant comme Marty Mcfly!!!!

Toute l'action se passe dans un lycée/université.. oui, je vous vois venir, des histoires d'amourettes scolaires? NON! pour une fois, on dérive vers un autre domaine.

Tout commence lors que Shiu, lycéen très peu motivé à suivre ses études, fait la connaissance de Maggy, une collégienne chahutée par les garçons de sa classe, qui la soupçonnent d'être une garçon ( ha, une histoire de travesti? hé non! la encore vous avez tout faux)
En fait Maggy a un frère Jumeau, Jiggy. Mais on ne les voit jamais ensemble, ce qui éveille des soupçons, ils sont même très exactement absents un jour sur deux en alternance. On apprend donc très vite que ces jumeaux d'un genre particuliers sont reliés en permanence par leurs cinq sens, et ne peuvent rester réveillés en même temps: lorsque l'un est réveillé, l'autre sombre en catalepsie, tout en gardant un contact sensoriel avec celui qui vaque à ses occupations. ce qui cause quelques menus problèmes: Jiggy adore les films d'horreurs que sa soeur déteste, et ne peut pour autant éviter de voir via son frère. Lorsque Maggy veut se venger, il lui suffit d'embrasser un garçon pour donner la nausée à son frère. Le titre japonais signifie d'ailleurs " un demi" ou "la moitié d'un".

Cette situation peu banale semble d'ailleurs ne pas perturber plus que ça Shiu, qui se retrouve bien vite, à la suite d'un fâcheux concours de circonstances, à héberger dans sa chambre de 3m sur 4 les deux jumeaux en rupture de chambre d'internat. Or ce que l'on apprend vite, c'est que Shui n'est pas non plus un lycéen ordinaire: sous son air nonchalant, c'est un petit génie de la robotique qui s'attelle à fabriquer un robot hologramme afin de permettre aux jumeaux d'enfin communiquer l'un avec l'autre, et leur changer la vie. La sympathique bande de trois devient rapidement une bande de quatre, lorsque débarque Rei, grand dadais un peu hippie capable de communiquer avec les plantes, capacité qui l'a fait entrer dans le petit groupe d'élèves surveillants, informé en temps réel par les bruissements des arbres ( et si on le croit, les arbres du campus sont de vraies commères, qui passent leur temps à se transmettre des potins!). Rei vient donc a son tour squatter la chambrette de Shui, bientôt suivi de Neil, une autre collégienne qui elle, voit des esprits. Ce sont donc 5 personnes et demies qui dorment chez Shui. ou plutôt 5 personnes et un robot canard, l'invention majeure de Shui, un robot super intelligent.. en forme de gros canard jaune.

Là normalement, vous vous demandez si je n'ai pas fumé.. ou si plutôt l'auteur n'a pas fumé...

Mais non, je vous jure... Il est vrai que le côté science fiction peut sembler passer au second plan, car, et c'est la la particularité du truc: la mangaka n'en fait pas tout un plat. Dans le monde qu'elle nous décrit, les mutations comme celles des 4 originaux, ne sont pas monnaie courante, mais ne dérangent personne. Le côté fantastique/SF n'est qu'en rapport du lecteur, pour les personnages, sans être le plus courant du monde, il n'est pas spécialement étonnant de concevoir des robots ou de se balader en skate volant sur le campus.

Car le vrai fond du problème est seulement d'assumer sa propre bizarrerie sans en faire une montagne. La fin est d'ailleurs complètement tirée par les cheveux, il sera question de mutations cellulaires, mais peu importe , l'essentiel n'est pas là. Le but du jeu est de passer un moment de détente en lisant un manga de SF pétillante et fraîche comme un limonade, qui n'est ni angoissé, ni violent, ni prise de tête. Avec des dessins qui vont bien, pas trop esquissés, mais pas trop surchargés, et surtout, sans histoire d'amour! Ce que c'est reposant! A l'image de Rei, le sympathique glandeur, la coolitude est le maître mot de ce manga sans autre prétention que de faire sourire.

Le petit bémol qui gène un peu, c'est le rappel en début des premiers chapitres de la situation, du à une prépublication très échelonnée au Japon. Mais comment ne pas craquer devant Juliette le robot le plus chou du monde?
Pour les curieux, une prévisualisation du premier volume est disponible ici: Nibun no Ichi 1

Et de la même mangaka, est également publié en France un Josei (manga pour lectorat féminin adulte) humoristique également axé sur le côté cool de ses protagonistes: Love Me tender, toujours en cours de publication, avec des délais trèèèèès longs dans sont pays d'origine. Faudra que j'en parle ici à l'occasion.
décembre: SF pleine de bonnes vibration

mardi 23 septembre 2014

Ghost in the shell ( long métrage d'animation)

Puisque c'est la semaine des robots, j'en profite pour revoir ce film que j'avais vu à sa sortie en 1995, sans bien tout comprendre. Il faut dire qu'outre les robots, il est question de piratage informatique, de net, d'autoroutes de l'information.. toute choses qui en 1995 ne me parlaient pas. Le net ici en était à ses balbutiements, et je n'ai pourtant pas été parmi les derniers à m'équiper. Comme pas mal de monde, la famille a attendu 1998 et le début des offres qui ne coûtaient plus un bras pour s'y mettre.

Donc, comment dire, pas mal de choses qui m'ont parues claires maintenant m'étaient restées opaques à l'époque. En fait j'avais gardé deux images en mémoire: le générique absolument, magnifique qui montre la construction de l'héroïne - donc quelque chose d'extrêmement moderne - sur fond de musique traditionnelle japonaise réorchestrée ( là où on attendait une bande son hypermoderne!), pour un résultat totalement envoutant. Ca et les secrétaires-robot aux doigts ramifiés pour taper plus vite.
ça serait super-pratique!

Et je ne résiste pas à vous mettre ici le générique que je trouve fascinant.


Le film est tiré d'un manga sorti fin années 80, début années  90. Le premier film date donc de 1995, la thématique a été depuis déclinée avec un 2° film " Innocence" en 2004 - que je n'ai pas vu, hormis le générique auquel j'ai moins accroché, le design des robots me plaît moins. Une série d'animation " stand alone complex" en 2004/2005, et un 3° film " stand alone complex" en 2006.
C'est un peu la pagaille, mais c'est bien du premier film que je parlerai ici.

En 2028, les robots sont bien intégrés dans la société, et il n'est pas rare de travailler parmi des collègues plus ou moins humains à divers degrés. Le major Kusanagi, super-policière d'une brigade anti-terroriste d'élite est de ceux là. C'est un cyborg: seul son cerveau est d'origine - bien que le film n'explique pas précisément pourquoi-  son corps est entièrement synthétique, équipé du dernier cri de la technologie en matière de camouflage thermique.

Et encore, même son cerveau n'est plus tout à fait d'origine, il est amélioré par des implants, qui lui permettent de se connecter en réseau avec ses collègues eux aussi équipés d'implants variés, afin de communiquer instantanément et à distance ( maintenant on dirait en wifi). Or ces policiers de chocs connectés vont devoir lutter contre le "puppet master", un pirate informatique, impossible à localiser, qui commence à prendre le contrôle de robots entièrement synthétiques, sans une seule cellule vivante, ce qui est censé être impossible, car il n'ont pas de "ghost" (l'équivalent pour une cyborg de la conscience humaine, ce qui fait qu'il est un individu à part entière, en dépit de son corps mécanique..). Une traque qui va plonger le major dans des réflexion philosophiques et l'amener à se demander ce que c'est qu'être vivant, ce que c'est que l'identité? est-elle humaine, bien que ses collègues la traitent comme telle, elle qui n'a pas grand chose d'humain dans le fond? Comment avoir la preuve que sa propre conscience est bien originale, et non le résultat d'un programme très bien conçu? qu'est-ce que c'est que "penser"?

Un problématique proche de celle de Blade Runner.

Car ce qui est intéressant dans le film, ça n'est pas tellement la trame policière, car de ce côté là, ça reste quand même assez flou au niveau scénario, mais bien les interrogations métaphysiques qu'il pose.

Et si j'en parle maintenant, c'est qu'il y a autour de ce film une actualité qui m'inquiète.. beaucoup...
Une future adaptation américaine en film live ( avec une actrice qui, robot pour robot, a plus la tête à jouer Flash dans une remake US de Real Humans.. et vu le succès de cette série, le remake n'est qu'une question de temps..)
Non c'est surtout que je crains beaucoup que les questionnements métaphysiques soient évacués au profit d'une énorme mise en avant des effets spéciaux, et que le scénario nous rajoute une histoire d'amour pipeau. Vu le pédigrée du réalisateur, j'ai peur, j'ai très peur! D'autant que le cyberpunk en prise de vue réelle, ça peut donner des pépites ( je parlais de Blade Runner, mais eXistenZ aussi.. seulement voilà, aux manettes il y avait respectivement Ridley Scott et David Cronenberg en pleine forme. Mais ça peut aussi donner des bouillons plus ou moins ridicules, et je vais être gentille, je ne vais pas balancer.. oups, ça m'a échappé)

Puis il y a quand même pas mal de scènes de démembrement de robots. Va transcrire ça en prise de vues réelle sans faire classer le film en horreur/gore. Et transcrire le dialogue intérieur de personnages qui discutent par réseau. Autant dans un film d'animation ça ne me pose pas de problème, autant dans un film  normal, la voix off a vite tendance à me gonfler.

De toutes façons , il n'y aura pas la musique de Kawai Kenji, donc ça  ne vaudra pas grand chose :p ( Le même compositeur a également oeuvré pour la version originale de The Ring entre autre. Ca a un côté progressif .. oh.. oui, en effet, je viens de trouver ça )
Parce que qui dit robots dit Japon...

dimanche 3 août 2014

Library wars ( film)

"Lire c'est penser, nous avons le devoir de garantir cette liberté, les nations qui détruisent leurs livres finiront pas détruire leur peuple", c'est sur cette phrase et sur le réglement intérieur d'une bibliothèque que s'ouvre le film. Immédiatement suivie par une fusillade menée par des costard-cravates dans une bibliothèque, les lecteurs sont dégagés manu militari, les livres sont incendiés.. Nous ne sommes pas en 1984, ni chez Ray Bradbury.. mais dans une uchronie, un futur alternatif.. du genre qu'on a vraiment pas envie de voir arriver.

Et si , en 1988, le Japon avait voté, après maints débats sur la liberté d'expression et la censure, une loi d'amélioration des médias pour restreinte la diffusion d'oeuvres pornographiques, violente ou discriminatoire, ç'aurait été une bonne idée?
Sauf que sous ce prétexte, et grâce à la création d'un "comité de surveillance des médias", les auteurs "à risques" son surveillés, les librairies dépouillées des oeuvres censurées, sous le nez des lecteurs, par des technocrates qui ne cesses de se militariser de plus en plus. Evidemment la population grogne, mais peut difficilement répliquer sous la menace d'armes. Sans compter les groupes de soutien à la loi, extrémistes, qui eux, ne prennent pas de gants avec la vie des lecteurs ou des employés.
2004: le "corps des bibliothécaires" se crée, pour lutter contre la censure: il pourra s'opposer au comité de surveillance et réquisitionner les livres condamnés à la destruction pour les conserver dans les bibliothèques et garantir leur libre accès.
nonon, ce n'est pas une policière, mais une bibliothécaire, puisque j'vous le dis

2019: la mignonne Iku s'engage comme bibliothécaire.. s'engage n'est pas un mot trop fort au vu de l'ambiance et de l'entrainement paramilitaire que nécessite le sauvetage (parfois musclé!) des livres. 15 ans plus tôt, elle a résisté pour sauver un livre pour ados ( du genre aussi subversif que Narnia, hein..), et a été secourue par un type du corps des bibliothécaires.. qui es devenu son modèle, son héros personnel. Mais comment retrouver quelqu'un qu'on a  vu juste une seule fois rapidement, et de trois quart dos, dans une situation tendue?

Ca sent l'histoire d'amour à deux balles hein? Hé bien faux!! Chose inattendue, le film dérive vers la comédie sur le quotidien de cette bibliothèque pas comme les autres: car Iku a de gros problèmes relationnels avec son chef, M. Dojo, petit, complexé, acariâtre, qui la fait bosser comme 15 sous les quolibets de ses collègues. LE chef casse-burette de base. Bon évidemment, elle est du genre flemmarde, on va dire qu'il la malmène car il a senti son potentiel qu'elle n'utilise pleinement que sous la contrainte. Et elle n'a pas son pareil pour repérer les types louches, ceux qui vont aux toilettes feuilleter des revues de mode.. pour en découper les pages " petites culottes et dentelles" - car ça aussi, c'est censuré!

Il y a aussi les collègues, certains cire-pompes, certains compatissants, qui font que finalement, le contexte SF reste en retrait par rapport à la comédie satyrique ( et dans le fond, on parle quand même de deux factions qui' s'affrontent à main armée, difficile de prendre complètement parti pour les bibliothécaires même si leur credo est d'éviter les débordement et surtout les victimes).
Donc autant se focaliser sur la quête d'Iku,  autant chercher  retrouver une aiguille das une meule de foin, sa colocataire ne manque jamais une occasion de la charrier sur ce fantasme , sur le chef ( va-t-il finir un jour par devenir sinon sympathique, du moins, un peu moins casse-pieds?)
j'aime énormément la tronche blasée du chef Dojo, un personnage plus subtil qu'il n'y parait

Ca n'est pas le film de l'année, mais j'ai bien aimé ce mélange bizarre entre comédie et film de guerre. Qui malgré ses gros flingues et ses gros sabots, n'oublie pas d'être assez subtil par moments: j'ai bien ricané sur un passage où on apprend qu'une série de meurtres a été commise par un ado qui possédait chez lui des "livres d'horreur violents" achetés au marché noir.. et on voit clairement le manga " death note".. zut  je l'ai lu, est-ce que ça fait de moi un monstre?. la faute est rejetée sur les livres par le gouvernement, et je trouve ce parallèle très pertinent, à l'époque où à chaque fois qu'un drame se passe, on met en cause  les jeux vidéos...

Mais voilà, en dépit de quelques longueurs, j'ai bien aimé ce mélange original, l'acteur principal vraiment bon (Okada Junichi) l'actrice principale attachante ( Eikura Nana) et la fin ouverte.  Je viens de voir qu'il est tiré d'une série de 4 romans, et que seul le premier a été adapté. Et que les romans ont été traduits en français, donc, à mettre dans un coin de ma mémoire. Il y a également une adaptation en manga et en dessin animé, mais je ne sais pas, ça m'inspire moins en fait.

En tout cas à voir si vous avez du temps libre et envie de voir un film divertissant, avec de l'action et de l'humour,  sans être écervelé.

catégorie cinéma